Piqué au vif

Photo Bruno Barbey - Amoco Cadiz 1978

Photo Bruno Barbey – Amoco Cadiz 1978

Piqué au vif par un vent d’Ouessant, l’oiseau feutré se pose,

Sur un morceau de bois usé par l’eau, qui dérive lentement !

Il attend le moment de repartir ! Une boue, une ecchymose,

Noire, circule près de lui, le devance, par son arrogance de manant !

A quelques milles, un navire, à ventre demi-éventré, déverse,

Un sang caillé, par milliers de tonnes, qui enveloppe du vivant

Sans distinction de forme, de valeur, et court de son commerce

Vers des rivages sableux, vierges, d’une allure de conquérant !

L’oiseau, hélas, à ce moment, curieux, dévoile, majestueux ses ailes !

Dégage un long périmètre d’observation., fasciné par ce fossoyeur,

Cette île noire, vaguante sur les rouleaux de l’eau océanique, fidèles,

A concevoir une onde quels que soient les événements, surtout de malheurs !

Il aperçoit, des corps difformes qui ressemblent à ceux de ses congénères.

Étonné, il tourne en rond, revient, repart, veut s’assurer que ce cauchemar

Est une illusion, un coup de crayon de l’artiste sur un océan de galère,

Une substance hallucinogène, non ! C’est une réalité à ne pas y croire !

Comment ne pas s’affoler ? Ne pas piailler devant ces funéraires,

Cet abattoir à ciel ouvert témoin de ce massacre ? Il remonte en hauteur,

Pique et repêche un des siens, goudronné jusqu’au blanc de l’œil, ulcère

Vivant ! Il infecte son bec, se brûle et plonge avec son cadavre, dans l’horreur !

©Max-Louis MARCETTEAU

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