Ton corps dépressurisé

Oeuvre de Klaudiusz Abramski

Oeuvre de Klaudiusz Abramski

Ton corps dépressurisé par mon indifférence, éclate sur les parois de mon miroir. Ses bris me percent, pourtant, les racines du coeur. J’ouvre la boîte crânienne de mes cauchemars. Je cherche la clé de mon retour vers le seuil. Le seuil de la raison. Raison dépassée, comme une mort. Celle-ci relève ses manches. Je suis trop lourd de mes encrassements successifs. Les artères de mes fosses déglutissent un répugnant magma de folie.  Une écume nauséabonde dessine de son pinceau dégoulinant, les visages de morceaux de chairs fardées. Chairs clouées en toile de fond, grossissent à vue d’oeil et explosent sur le drap moribond, ancien jouisseur, délavé et tachés de nuits cyprinales et spermatique aux voyelles rebondissantes et gémissantes sous une lumière éjaculatrice et stérile, nous étions dans les bras d’un devenir sulfureux, qui tenait l’hameçon de la séparation, évidente et insupportable. Le jeu n’avait pas de chandelle ni de pioche, la porte a claqué, la rue a crié et le quai de gare multivisages était devenu trou noir … et, la Lune crise et l’océan me noie soulagé de ne plus subir mes hurlements de naufragé. Je suis mort, avant ton retour.

© Max-Louis MARCETTEAU

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