À la censure d’aimer

Tom_et son _amoureuse

Tom_et son _amoureuse

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Je ne reviendrais pas sur la censure dont j’ai été victime dernièrement. En effet, j’ai osé jouer les Roméo sous balcon. Un effet nocturne entre voix (légèrement éraillée) la mienne et un instrument à corde appelé guitare largement sous employé dans son office de l’amour courtois ;

Pour la première fois, je m’étais sorti de mon “tiroir”. Mon sept mètres carrés, loué à un marchand de sommeil chinois qui parlait sans accent un français à la Prévert. Je ne lui arrivais pas à la cheville. Une honte de plus à ajouter à ma vie anguleuse, bétonneuse, épineuse, de témoin acteur d’une société dont je suis une peinture floue et tout à la fois rupestre et moderne. Des paradoxes que je peux lire en des magazines qui “causent” d’un temps entre campagne basse-cour et urbanisme de bonne figure aux étages de la modernité : voiture et politesse, le tout enveloppé dans le meilleur du progrès. Suis-je vraiment à la page ?

Je m’égare. En fait, je ne dois compter que sur moi pour “draguer” une belle féminine, blonde (95C, 1.75 m), une croupe à faire pâlir le premier étalon venu. Et que puis-je faire, si ce n’est don de ma modeste et humble certitude de l’aimer pour sa plastique, son déhanché et ses bottes en cuir noir ? Je ne crois plus aux sentiments.

Et ce jour entre la basse nuit et la haute nuit, j’ai pris mon courage à quatre bras avec une brouette d’audace. Je me suis posté sous son balcon et j’ai chanté. Oui, chanté. Chanté avec ce désir d’aimer et surtout d’être aimé.

Pourtant, aucune ombre pour venir me rassurer de sa présence. Et, quelque dix minutes plus tard, une patrouille de police municipale est intervenue pour me rappeler les bienfaits de vie en communauté, dérangement incompris de celle-ci.

Dépité, froissé, presque offensé, la rage au ventre, je suis revenu sur ma terre d’exil, d’asile, mon sept mètres carrés avec pour lot de consolation une glace à la vanille, mon seul dessert de ce soir-là. J’avais ainsi, aussi, le tout… bien glacé.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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