Alors, j’y vais ou pas ?

Oeuvre de George Bellows

Oeuvre de George Bellows

Défi de lateliersouslesfeuilles : A vos claviers #4


Je regarde l’heure. Il est minuit pile. Pile ou face… la fenêtre est ouverte.

Alors, j’y vais ou pas ? Je m’appelle Max ou Louis ou peut-être autrement… je me prénomme le Néant… Invitation au rien sur les lignes d’une vie aux routes sinueuses et traçages à la bêche, pioche, pelle, routes à pied depuis cinq fois cinq de cinq en cinq jusqu’à maintenant…

Alors, j’y vais ou pas ? Je pleure ? Non, je retiens tout là cet endroit qui se fébrilise à ton nom, ce nom de Tout qui fait de moi Néant un rien de quelque chose d’aimer moi qui n’ai pas su t’aimer, moi qui suis ce plongeon vers le mot rongé des traumatismes, j’ai goûté ta peau comme une offrande…

Alors, j’y vais ou pas ? J’ai l’air de quoi dans cette grande ville portuaire ? Un Néant au regard porté sur la Loire qui s’impose comme une femme aux débordements qui ressemblent à tes mouvements de houle entre orgasmes et cris de colère, tu es nue de cette nudité dont le sable est le coquin qui caresse la chaleur de tes berges…

Alors, j’y vais ou pas ? Je souffre oui, c’est vrai mais qu’importe la souffrance elle me porte depuis trop longtemps et me nourrit de son sein toujours trop lourd, toujours inassouvi, cette présence comme une seconde vie qui me taraude là et ici et puis ici…

Alors, j’y vais ou pas ? Je ressens les larmes de mon futur linceul mais suis-je vraiment au bon endroit ? Je suis là et puis ailleurs, toujours dans l’absence d’ici pour un ailleurs dont ma présence apporte ces sourires, ce bien être, ce réconfort… et moi je suis où dans ce mouvement humain qu’une simple accolade de rires, une partition de clown qui ressemble à l’intérieur… Buffet…

Alors, j’y vais ou pas ? Je ne sais pas aimer et me voilà crucifier, alors à quoi bon continuer ? Tu es une absence possédée de la présence de ton aura, position de la rose des vents, et souffle de notre amour de cendres pas d’enterrements en vu de prendre le relais d’une autre souffrance, je reste planté à mon calvaire, le sourire comme un soleil cajoleur, et puis ces nuages ne sont pas pour Toi, Mon Amour, rien ne viendra te remplacer qu’une seule larme de toi pour me sentir vivant…

Alors, j’y vais ou pas ?

(Note : j’ai oublié de fermer le gaz. Je reviens aujourd’hui (car il était hier) même heure, même endroit, rebelote et peut-être dix de der…)

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

8 réflexions sur “Alors, j’y vais ou pas ?

  1. Pingback: A vos claviers #4 – Les textes | L'atelier sous les feuilles

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s