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Photo de Tony Frank - Gainsbourg et sa Marionnette -1973

Photo de Tony Frank – Gainsbourg et sa Marionnette -1973

Blog popinsetcris contrainte écriture.


L’espagnolette grince de son rire journalier. Le vent frais me taloche le plein du visage. Il est matin sur les hauteurs en compagnie d’un gypaète fidèle à sa ronde matinale. Si j’osais, je ferais un signe de la main. Je n’ose pas. D’ailleurs, je n’ose jamais. J’ai l’audace timide, et la naïveté toute disposée.

Les montagnes sont belles sur l’horizon délavé d’un ciel aux paupières fermées d’étoiles. J’observe. Le jour se déshabiller devant moi, l’air de rien, comme un passant qui suit sa route dans le ciel et le signe d’une belle journée.

Et pourtant de toute ma hauteur vous pourriez me poser la question : “Est-ce que vous lapiez la cime des arbres de votre regard nu de désir ?”

Non, je n’avais à ce moment aucune attente. J’étais bien avec ce léger pincement entre la faim et la fin, mais rien de contrariant sur… l’instant.

Je ne fermais pas la fenêtre au bip-bip de ma messagerie qui en ouvrait une autre. Tiens, un SMS de mon ex. J’osais lire, je n’osais pas comprendre. Il était écrit : “si tu lis ce message, c’est que je viens d’embrasser du dixième étage le goudron du trottoir”.

Je me suis assis sur le rebord de mon lit despotique par les nuits de flemmes, d’inconscience relative de désirs. Sur la table de chevet, ta photographie. Mais qu’est-ce qu’une photographie qu’une mort probable qui sourit par inadvertance aux yeux d’une probable personne concernée.

Je n’ai plus de larme depuis que tu es partie, en claquant cette fameuse porte en chêne qui vibre encore quand ma main empoigne la… poignée, je ressens toute ta haine et ce seuil qui d’un talon aiguille a brisé ce même jour comme s’il devait te retenir.

Je suis de nouveau triste, de cette tristesse granitique insupportable. Je me lève. La fraîcheur s’impose maintenant, complètement dans la chambre et à… moi.

Le soleil est une illusion et le sol en contre-bas une certitude que même le tétrapode de service ne peut contester. Il suffit d’enjamber la fenêtre et basculer, s’écraser, se disloquer le crâne, ne plus penser, ne plus souffrir, se rompre totalement… moi la marionnette amoureuse de mon… manipulateur.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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