H²O quand tu nous tiens

Blog popinsetcris contrainte écriture.



Je creuse ce tunnel depuis… depuis… quelle importance. J’écris ces mots comme un ultime message, comme une bouteille à la mer.

Cette eau qui a tout envahi jusqu’à hauteurs à quelque deux mille mètres… il parait. Alors, oui, je suis un tunnelier, nous somme des tunneliers et tunnelières, depuis… depuis… quelle importance.

A cette non lettre, car une lettre devient lettre par la fonction, à la lecture possible, mais à cet endroit le possible est une abstraction, je ne viens pas supplier, seulement « déverser » ma terre d’angoisse sur cette feuille miraculeusement sauvée du désastre planétaire.

J’ai sauvé ma peau grâce à un chariot d’un centre commercial… j’étais en train de faire mes courses comme tous les vendredis soirs après le boulot quand par un phénomène spectaculaire, un revirement de quelques degrés de l’axe terrestre, de la trajectoire même de la planète, de plusieurs tremblements planétaires tétra-méga brutaux, le monde s’est effondré… dont moi qui me suis retrouvé dessous mon chariot avec les nouilles, les carottes, les pommes de terre, l’huile, le sucre… Dans un silence inquiétant, le cœur dans une camisole, j’ai tant bien que mal réagi et avec mon téléphone portable j’ai fait l’application lampe de poche. Des plaques diverses et variées, avaient été bloquées par mon fameux chariot et je l’en remercie.

Enfin passons, après moult péripéties, je n’ai plus revu une seule aube ou un seul crépuscule. Nous sommes une petite vingtaine à creuser un tunnel pour rejoindre un autre… tunnel plus en amont… depuis… quelle importance. Le fait d’y croire nous fait avancer.

Nous avons techniquement des lacunes mais dans notre malheur nous avons traversé par hasard une librairie avec un journal d’un géographe de la région et un ouvrage de terrassement… (l’oxyde de carbone m’atteint le ciboulot). Bref si nous n’avions pas tous les outils et matériaux, nous reconnaissons que nous avons été jusqu’à présent débrouillards pour survivre même en déboulant sur des catacombes dont l’effet est affreusement choquant.

Et le temps passe, la pénurie est là. Voilà pourquoi j’écris ces quelques mots avant que les ruines de notre petite communauté nous servent son ultime assaut.

Et voilà notre pire ennemie que je vois là s’infiltrer… à mes pieds. Je crie tout haut qu’il y a de… l’eau. Il y a des situations cocasses dans le dramatique. De tous les prédateurs ce H2O est le pire… et nous sommes ses prisonniers… bientôt tous noyés… alors, j’écris ces derniers mots… avant de…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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