Call-boy… en attendant

Oeuvre de Lucian Freud

Oeuvre de Lucian Freud

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Rien ne va plus, je n’ai plus de boulot. Contrat pas renouvelé. Macron se débotte et moi je rabote les fonds de tiroirs… de mon frigo : poireaux, carottes, pommes de terre… une soupe pour quelques jours et puis la soupe populaire.

Emploi jeune à la casse et ma vieille caisse en panne. Je vais sortir le drapeau des « révoltés de la Bounty » et ma colère gronde comme le Piton de la Fournaise.

Mais tôt où tard, je reprendrai ma revanche. Ne suis-je pas de ces descendants Normands moi qui suis de Yvetot ?

Je vais partir faire une formation d’ici deux… mois. Une autre pour la déformation de… temps. Je vais devenir multifonctions, multiusages, multistandard, il ne me manquera que le multiforme. Suis-je encore moi-même ou un modèle à disposition pour la structure France du « posez-vous la question ce que pouvez pour la France. » Et toi, le Macron de service, tu te poses la question du comment tu défigures France ?

Suis au bord du bord de la déprime financière et le grelot du banquier qui va lâcher ses chiens enragés d’agios et autres épineux courriers de la menace déguisée en variations allegro-mollo-moloss.

Moins tu gagnes et plus on t’enfonce, l’effet Eurêka mais en moderne, même les Free, les Bouygues… engendrent des frais pour non paiement à l’appel des fonds mensuel, au lieu de couper… net !

Je vais déménager dans les prochains jours et vivre en colocation dans un entrepôt, avec des inconnus qui sont dans le même packaging sociétal que moi. Je n’ai plus les moyens de mon vingt-cinq mètres carrés. Promiscuité assurée sans assurance dégâts collatéraux et vision d’un monde à la fumette d’une bonne beu.

En attendant de devenir le suppôt analement dérangeant, je vais prendre ma boîte à outils du marteau aux tournevis de service et faire preuve de social dans l’aide à la réfection de ce grand local, notre Arche de Noé. (A ne pas confondre avec le marché de Noël).

Et, en attendant ? Eh bien, je viens de me rencarder pour faire quelques passes en tant que… call-boy.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

 

Qu’il me fourre

Oeuvre de Eugène GRASSET -La Belle Jardinière

Oeuvre de Eugène GRASSET -La Belle Jardinière

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Seulement sapée d’un pet-en-l’air sur ma peau ondine et glabre, je me promène, danse, virevolte dans le jardin étoffé de fleurs et d’une fontaine à la nudité d’une sculpture. Je suis comme toujours à ces jours d’été dans mes rodomontades et mon jardinier est discret. Sa réserve m’est précieuse.

Ancien capitaine de bateau-lavoir, le retroussage des lavandières lui a donné des occasions de posséder quelques belles prises entre la brouette et la selle. Il m’est d’autant précieux qu’il est homme dont le popaul a conservé une nature vigoureuse et particulièrement saine. Un bel objet entre mains et entrecuisses, un gourdin qui sait travailler à la cadence de sa cavalière. Et, ce qui ne gâche rien il sait se mettre en valeur quand ma solitude de femme… seule dont les deux doigts n’est plus affaire de compensation, il rapplique en copurchic et s’impose avec respect dans mon lit à toutes les épreuves de mes envies.

Il y a toujours dans le quartier de la fleure-fesse auprès de la maréchaussée, car la rumeur est une tripoteuse de mal savoir et nombre d’esprits se portent à penser qu’une femme seule avec un jardinier doit bien se faire labourer de temps à autre et se faire cueillir la fraise et les bourgeons à bien des heures indues quand la fiente de populace couchaille pour se reproduire.

C’est vrai. Et puis quoi, je suis une femme libre de mon temps avec des rentes bien faites et intérêts de profits. Je m’occupe de mes fesses qui aiment se frotter au membre qui lui plaît. Les dandy d’aujourd’hui ne sont que des sots, des ignorants qui découchent et se moquent comme de leur première chemise des femmes un peu pimbêche, pécore, voire bêcheuse.

Et je paye d’une belle manière mon jardinier fesseur (comme je le nomme dans l’alcôve) et ce n’est pas de fifrelin que je le rémunère. C’est d’une belle bourse comme autant les siennes bien fournies qu’il me fourre de sa liqueur de belles quantités en jets.

Bref, ce n’est pas avec de la poudre de perlimpinpin que je vais le retenir et même si j’ai une croupe de bonnes courbes, d’un pudendum attrayant, je ne suis pas de cette valeur attractive pour un jardinier au regard de la position de mon rang. Pour moi, il n’est qu’un ver-coquin pour me ramoner à l’envi.

D’ailleurs, je l’attends entre les feuillages de ce saule-pleureur, l’entrecuisse bien chaude…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Mario net ?

Photo de Tony Frank - Gainsbourg et sa Marionnette -1973

Photo de Tony Frank – Gainsbourg et sa Marionnette -1973

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L’espagnolette grince de son rire journalier. Le vent frais me taloche le plein du visage. Il est matin sur les hauteurs en compagnie d’un gypaète fidèle à sa ronde matinale. Si j’osais, je ferais un signe de la main. Je n’ose pas. D’ailleurs, je n’ose jamais. J’ai l’audace timide, et la naïveté toute disposée.

Les montagnes sont belles sur l’horizon délavé d’un ciel aux paupières fermées d’étoiles. J’observe. Le jour se déshabiller devant moi, l’air de rien, comme un passant qui suit sa route dans le ciel et le signe d’une belle journée.

Et pourtant de toute ma hauteur vous pourriez me poser la question : “Est-ce que vous lapiez la cime des arbres de votre regard nu de désir ?”

Non, je n’avais à ce moment aucune attente. J’étais bien avec ce léger pincement entre la faim et la fin, mais rien de contrariant sur… l’instant.

Je ne fermais pas la fenêtre au bip-bip de ma messagerie qui en ouvrait une autre. Tiens, un SMS de mon ex. J’osais lire, je n’osais pas comprendre. Il était écrit : “si tu lis ce message, c’est que je viens d’embrasser du dixième étage le goudron du trottoir”.

Je me suis assis sur le rebord de mon lit despotique par les nuits de flemmes, d’inconscience relative de désirs. Sur la table de chevet, ta photographie. Mais qu’est-ce qu’une photographie qu’une mort probable qui sourit par inadvertance aux yeux d’une probable personne concernée.

Je n’ai plus de larme depuis que tu es partie, en claquant cette fameuse porte en chêne qui vibre encore quand ma main empoigne la… poignée, je ressens toute ta haine et ce seuil qui d’un talon aiguille a brisé ce même jour comme s’il devait te retenir.

Je suis de nouveau triste, de cette tristesse granitique insupportable. Je me lève. La fraîcheur s’impose maintenant, complètement dans la chambre et à… moi.

Le soleil est une illusion et le sol en contre-bas une certitude que même le tétrapode de service ne peut contester. Il suffit d’enjamber la fenêtre et basculer, s’écraser, se disloquer le crâne, ne plus penser, ne plus souffrir, se rompre totalement… moi la marionnette amoureuse de mon… manipulateur.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Royalement coulé

Oeuvre de Rene Magritte

Oeuvre de Rene Magritte

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J’ai le plaisir de ramer. Ce cours d’eau est à la fois calme et mystérieux, bordé d’un tissu sauvage et œuvré par le temps végétal. L’onde et l’arthrose de bois des rames sur la paire de dames de nages, causent un cuivré qui frise le silence.

Et ce désir de silence, s’épanche. J’arrête. Mes bras se récompensent d’un moment de repos.

J’aime ce loisir simple dont le corps porte le contact direct avec tous ses muscles. Je suis moi, entièrement, décousu de toute partition royale. Il n’y a pas de Sire, de Majesté. Je deviens un homme, une seule sueur pour humiliation, un seul effort pour me purger.

Je contemple cet environnement forgé. Je suis l’immobile au cœur d’un mouvement. J’ai faim. Oui, mais je suis à vide. Ah, non, j’ai une sucette là dans ma musette elle va me ravigoter en sucre et louange ce moment aux saveurs de la nature et……

Elle au moins elle ne va pas me tirlipoter le ciboulot, me chahuter le régime, me jauger les formes, défigurer le paysage de propositions affligeantes, me dépauler la constitution, me grenadiner les soirs de fièvre…

Et voilà que ces pensées m’obsèdent comme de la poudre à canon. Vite, vite, vite… mes cachets… quelle vie ! J’ai oublié, oublié…

Je reprends mes rames, sucette en bouche, pieds bien calés, j’actionne mes bras et à l’effort d’un appui trop énergique… l’astragale mon astragale une nouvelle fois lâche… cri de douleur.

Je tire sur mon pied… il est coincé dans ce cale-pied à ressort, je m’énerve, frappe violemment d’une rame le fond de barque…

Le soleil me tire dessus… je méprise le ciel gris, les mouettes aux cris de paillardes… où sont mes gardes… je coule… je gloute et regloute et puis je glougloute, un instant d’eau aux narines, brûlures de la trachée et prise d’eau aux poumons, douleurs profondes dans le silence.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Abandon

Oeuvre de Armando Barrios

Oeuvre de Armando Barrios

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Aujourd’hui j’entrave mes premiers mots, mes premières émotions d’un matin crachin oursin à dessein d’imposer sa mauvaise humeur comme une mauvaise herbe envahissante tentacule.

Et puis ce chuchotement qui part de là et va vers ici ou la-bas comment savoir avec mon humeur de dents carriers et douleurs cintrées à col de nuque.

Et pourtant je me sens terriblement vivante à cette empreinte marquée sur ma ligne de vie en collet battu, je m’accroche, m’agrippe, m’empoigne, m’attache, et puis je m’accouple à la caresse de ta bouche salivé et sapide.

Enfin, je cyprine pour toi, mon Amour, ventre à ventre, nos fruits à nos courbes se bandent et se débandent. Tu es ma toison d’or, ma parenthèse infernale, ma tyrannique fleur… et ma morsure.

Tu es ma moisson… et je meurs, sur le parvis de tes mots, de ta lettre, glissée par honte sous la jupe de ma porte, au regard de mon seuil.

J’ai envie de CRIER… Tu es ma raison et mon Ordre. Je ne suis qu’une larve qui jamais ne connaîtra le paradis de notre amour.

Je HURLE… me vide, me dessèche, devient poupée de chiffon entre ces quatre murs d’hôpital…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Alors, j’y vais ou pas ?

Oeuvre de George Bellows

Oeuvre de George Bellows

Défi de lateliersouslesfeuilles : A vos claviers #4


Je regarde l’heure. Il est minuit pile. Pile ou face… la fenêtre est ouverte.

Alors, j’y vais ou pas ? Je m’appelle Max ou Louis ou peut-être autrement… je me prénomme le Néant… Invitation au rien sur les lignes d’une vie aux routes sinueuses et traçages à la bêche, pioche, pelle, routes à pied depuis cinq fois cinq de cinq en cinq jusqu’à maintenant…

Alors, j’y vais ou pas ? Je pleure ? Non, je retiens tout là cet endroit qui se fébrilise à ton nom, ce nom de Tout qui fait de moi Néant un rien de quelque chose d’aimer moi qui n’ai pas su t’aimer, moi qui suis ce plongeon vers le mot rongé des traumatismes, j’ai goûté ta peau comme une offrande…

Alors, j’y vais ou pas ? J’ai l’air de quoi dans cette grande ville portuaire ? Un Néant au regard porté sur la Loire qui s’impose comme une femme aux débordements qui ressemblent à tes mouvements de houle entre orgasmes et cris de colère, tu es nue de cette nudité dont le sable est le coquin qui caresse la chaleur de tes berges…

Alors, j’y vais ou pas ? Je souffre oui, c’est vrai mais qu’importe la souffrance elle me porte depuis trop longtemps et me nourrit de son sein toujours trop lourd, toujours inassouvi, cette présence comme une seconde vie qui me taraude là et ici et puis ici…

Alors, j’y vais ou pas ? Je ressens les larmes de mon futur linceul mais suis-je vraiment au bon endroit ? Je suis là et puis ailleurs, toujours dans l’absence d’ici pour un ailleurs dont ma présence apporte ces sourires, ce bien être, ce réconfort… et moi je suis où dans ce mouvement humain qu’une simple accolade de rires, une partition de clown qui ressemble à l’intérieur… Buffet…

Alors, j’y vais ou pas ? Je ne sais pas aimer et me voilà crucifier, alors à quoi bon continuer ? Tu es une absence possédée de la présence de ton aura, position de la rose des vents, et souffle de notre amour de cendres pas d’enterrements en vu de prendre le relais d’une autre souffrance, je reste planté à mon calvaire, le sourire comme un soleil cajoleur, et puis ces nuages ne sont pas pour Toi, Mon Amour, rien ne viendra te remplacer qu’une seule larme de toi pour me sentir vivant…

Alors, j’y vais ou pas ?

(Note : j’ai oublié de fermer le gaz. Je reviens aujourd’hui (car il était hier) même heure, même endroit, rebelote et peut-être dix de der…)

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Invitation

Oeuvre de John Dawson Watson

Oeuvre de John Dawson Watson

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Je regarde l’invitation. Je suis dubitatif. Elle ne correspond pas à mon calendrier lunaire. Il n’y a que ce viking de pacotille, ce farceur à deux sous, ce paltoquet d’égouts pour m’inviter à la première de l’astrolabe, en hiver.

Pourtant, je souris. Je prends un canon, puis un deuxième. A le gueux, il veut que je sois présent. Il va en prendre plein les mirettes. Tiens, si j’avais récupéré dans cette autre dimension cet iPhone, j’aurai une fois encore imposé ma vision des choses.

Enfin, ce n’est pas important, après tout. J’ai de quoi les occuper et puis cette invitation ne changera pas la face du monde.

Je vais prendre mon manteau tout chaud, mes moufles et autres tissus de bonnes laines et mon sac à dos. Allez, hop, direction le grand ouest. J’en ai bien pour une bonne semaine de marche en chemins de traverses pour les rejoindre tous ces gueux de magiciens et d’alchimistes.

J’ouvre ma porte. Fait un froid d’étoile polaire. Je regarde mon enseigne suspendue de belle ferronnerie : Nostradamus /Conteur.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Tolérance… définition

Oeuvre de Jules Lefèbvre

Oeuvre de Jules Lefèbvre

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Je pose ma valise sur le bord de la route. Il est tard, il fait beau, le ciel est bleu.

Est-ce vraiment ma valise que je pose ? Je recommence.

Hier j’ai posé ma tolérance sur le bord de la route. J’exergue : toute vie commet des erreurs et l’erreur est une tare.

Pas de consensuel possible.

Il manque quelque chose ? Je recommence.

Hier j’ai posé ma tolérance sur le bord de la route et l’ai… tuée.

Mais est-ce hier ? Il y a peut-être dix ans, vingt ans. Ma confidence est-elle anachronique ?

Demain l’aube sera pendue en même temps que moi, haut mais pas court. Agonie en perspective ?

Ma plume ne tremble pas, mon encre s’éparpille et griffe mon incompréhension.

Je l’ai tuée ? Possible. Je suis coupable ? Possible. Je n’ai pas fait exprès.

Pour certains, mes propos vont de l’intolérable à l’outrance… l’outrancier. Intolé… comme intérieur, entôler ? Prison. Enfermement.

J’ai voulu enfermer la tolérance et son effluve sur le parvis de la société qui impose son diktat, car cette tolérance n’est pas celle de ma définition. À la tolérance, il ne faut qu’une seule définition.

En filigrane est inscrit son acte de foi et rien ne sert de creuser même avec une formation en spéléologie. Faut-il le mettre au jour et dire seulement que la tolérance ne doit pas être défigurée. Voilà notre seule définition.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Éphémère gloire

 

Oeuvre de Kazuo Umezu

Oeuvre de Kazuo Umezu

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Gloire et trahison de l’effet à la cause
d’un stylo d’un truc d’un machin,
un coup de bol sur l’assiette du destin
impersonnel de l’écrivain au réglisse
en pose sur son balcon de livres édités
et le palonnier guide de l’imaginaire limé
à la lumière des idées une charlotte
sur la tête l’autre dans l’assiette au ventre
et puis celle-ci dans les bras,
parfum d’effet ylang-ylang au programme
lit et relit position du clystère
et la sodomie s’impose à la gloire
parfois par introduction soulagement
d’orifice à l’autre l’encre éjacule
et les mots les mâchonner les coller
sur lignes en courbes à claquer et palper
de l’oseille un instant le reste de l’œuvre
pour la gloire…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018