Service… illuminé

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Il est quatre heures, cette heure n’est plus une heure (il est toujours quatre heures) pour faire remembrance, ni autre chose que dormir… pour les gens de bonnes tenues.

J’en étais à la prière jaculatoire (et pas jet éjaculatoire, pour les coquins, coquines) qu’une voix me traversa le cerveau de part en part pour m’emberlucoter. Je secouais la tête comme un chien qui s’ébroue prestement après une rencontre avec une eau possessive.

J’étais assis sur la lunette du wc (la prière n’a pas d’endroit, « c’est là son moindre défaut ») au-dessus de ce margouillis d’excrément industriel prédigéré aux faussaires de l’agrochimie, j’avais les derniers mots en bouche qu’une jacasse s’impose, là, à cet endroit entre le frontal gauche de mon cerveau.

— Pose le tout et revient à l’essentiel, vomis tout le saint-frusquin. Redeviens l’amant que tu as été. Viens à moi…

J’étais toujours assis. La lumière blafarde des toilettes (appartement aux normes du standard européen phagocytaire, moi locataire), œil dépossédé de son filament à watt libérateur d’économie positive…

—… Y a quelqu’un ?

J’avais l’air idiot, de cet idiot seul entre quatre murs acoustique, thermique, faussement imités et qui n’a pas d’oreille mais qui semble m’entendre entre des fibres non connectées… du wifi.

Je me demande si je n’ai pas trop bu… hier au soir… d’ailleurs est-ce hier au soir, qu’importe, c’était mon anniversaire… un faux anniversaire et l’on m’a offert un… diamant… mais je soupçonne une happelourde… de l’industriel… encore et encore…

— Alors, tu viens ou pas mon beau pèlerin au bâton rustique qui ne manque que l’astique… à ma lumière…
— Il suffit… je veux… être tranquille et me torcher en toute intimité… dis-je en criant presque dans mon réduit, où je suis réduit à m’exprimer comme un damné…

Je me suis s’acagnarder ce n’est pas pour me jeter dans les premiers bras venus d’une… d’une quoi d’ailleurs ? Une voix entre deux genres. Elle commence sérieusement à me canuler le ciboulot… cette voix…

Je vais me torcher le fondement et passer à l’eau de douche. Va pas falloir que je dégoise ce genre de propos à la cantonade sinon ils vont me faire rendre gorge et me parquer je ne sais où moi le jardinier, l’imbriaque de service du parc… public.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Rumeur… et ma mort.

Oeuvre de René Miessen dit Bellor

Oeuvre de René Miessen dit Bellor

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Les rumeurs sont légion et s’infiltrent dans tous les corps porteurs de sensations, de doutes ou pire sur les territoires de l’obscurantisme à tous les étages. La rumeur détruit ou porte aux nues.

Un avant-propos pour enclencher ce qui suit. Mon entourage personnel et travail pense que depuis maintenant une semaine, (lundi matin) j’ai gagné au loto. J’ai ressenti aux premières heures à des kilomètres à la ronde cette odeur de suspicion.

Je reste silencieuse, la rumeur enfle. Il est vrai depuis cette semaine je m’habille un peu différemment, j’ai aussi changé de coiffure, mon sourire est plus fréquent. Mais cela ne tient pas du tout à un gain du loto. Il est vrai, j’y joue toutes les semaines et toutes les semaines je rabâche que je n’ai rien gagné. Présentement cette semaine je n’ai pas exprimé ma contestation sur un jeu très injuste dans la répartition des gains par numéros gagnants.

Et puis j’ai eu un retard de cinq minutes, cette semaine-là, une fois, ce qui en dix ans, dans cette même entreprise ne m’était jamais… arrivé. J’avais cru entendre quels qu’éclats de rumeurs en passant devant des bureaux, portes ouvertes et à mon entrée un silence de circonstance embarrassé, une gêne bureaucratique…

En fait, l’esprit d’analyse est restreint à sa plus simple expression, le plus court chemin est la rumeur et quand bien même la vérité s’exprime cette rumeur est indélébile telle une cicatrice.

Ces bonnes gens sont à des milliers d’années lumières du véritable changement qui s’opère en moi en ce moment. Ma tête est mise à prix par un ancien amant. Je l’ai su par une lettre anonyme, il y a une semaine. Cela peut paraître complètement fou, dingue, ahurissant, étonnant, énorme, effarant… c’est ainsi et puis la police n’a que faire d’une seule lettre d’avertissement. Et à quoi bon me calfeutrer… Non, j’ai alors décidé de vivre pleinement et dépenser mes petites économies jusqu’à la dernière nuit où l’on me retrouvera morte par un arrêt cardiaque… Et la rumeur dira…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Le dernier humain

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Je passe devant l’incandescence des informations transmises assis sur le banc des accusés. Je suis coupable de somnolence au travail, moi le dernier humain à travailler dans un laboratoire de recherche sur le récit vrai de l’humanité au XXIe siècle.

— Vous vous êtes endormi, avouez-le, dis le juge humanoïde habillé d’une seule étoffe d’un seul tenant, blanche et noire, en diagonal.
— Je dis non. Il était huit heures du matin, ce n’est pas possible.
— Vous ne pouvez contester. Vos rythmes cardiaque et cérébral, vos pupilles, nous confirme votre somnolence. C’est un fait, c’est ici représenté devant vous sur cet écran.
— La vie n’est pas faite que de chiffres…
— Ne détournez pas la séance avec le mot : vie, qui n’a pas de sens dans ce tribunal.
— Mais je suis le seul être vivant, présentement et « croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer ! »
— Vrai, je vous confirme et nous tenons vraiment à vous, mais nous ne pouvons laisser un tel état de fait dans notre laboratoire.
— Il me reste que cela. Si vous me retirez ce travail, je ne veux pas finir au zoo. Je dis non.
— Le zoo est très bien. Confort à tous les îlots…
— Stop…
— Comment : stop ? Vous êtes dans un état qui ne correspond pas à la Charte que vous avez signé…
— Qu’importe…
— Comment : qu’importe ?
Se lover, là, dans le couloir du temps et reprendre mon rêve entre humains ; s’aimer jusqu’à posséder son âme, s’étirer dans les bras de l’autre…
— Assez ! C’est un incendie de mots qui ici est intolérable…
— « Un incendie de mots » ? Vous dérailler votre honneur, c’est un abus de langage…
— Votre abus neige dans ma conversation d’une manière saupoudrée…
— Euh… vous allez bien votre honneur ?

L’honneur en question a eu… l’honneur de se refaire un reset dans la meilleure structure robobionanotique du pays. Et moi ? Eh bien je suis toujours dans le laboratoire à pratiquer le… hackage.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Dernier instant… lumineux.

Photo Carole Lombard

Photo Carole Lombard

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Transcendance ! est le seul mot qui me vient à l’esprit quand je lis cette revue unique : « Apulée ».

Tu n’as pas cet effet. Tu n’es pas en papier. Seule ta parole pourrait me porter dans une sphère d’élégance intellectuelle si ce n’est ton cynisme feutré affûté…

Et pourtant, je séisme en toi, graphisme ta convoitise, attise et fertilise dans tes yeux, et le ressens ainsi.

Je vaporise sur pupille miroir le prisme de ta gourmandise et dépose ta rébellion dans mes bras, entre lit et jardin des plantes.

Aujourd’hui… tu es partie… un autre homme… banal… Je suis entre balcon et vide. Le soleil comme témoin, le ciel comme futur linceul et la terre comme arme.

Je souhaite ta bienveillance d’un acte passager et définitif, d’un acte déjà écrit dont il manque la signature, d’un acte qui s’impose à moi, d’un acte coloré au sang de mon univers… ma punition de vivre encore une heure de trop… la Mort n’est pas sourcilleuse loin s’en faut, je touche déjà ses osselets de compagnie et sa tunique bien épaisse de mots farcies de pardons que cela dégouline salement maintenant sur mes yeux…

Enfin, la clarté d’un autre univers tant et tant attendu au-delà de la souffrance de l’être démocratique, aimé, et récité en louange entre ce ciel et terre tout autant différent et pourtant indissociable à notre vie et pourtant incompatible à se déverser d’un trop plein et de l’autre de bouillonner de trop de vie…

Avant l’écrasement, je palpe l’air ambiant de l’amour qui se pose en moi enfin et le calme…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Que j’aime le premier te voir nue…

Oeuvre de Fatima Tomaeva

Oeuvre de Fatima Tomaeva

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(poème de Alfred de Musset revu)

Que j’aime le premier te voir nue ! les bras,
D’abord élancés, tentaculaires se déployant !
Et puis ton buste, sex-appel, telle Lady Gaga,
J’étends mon regard en toile de fond, amant ;

C’est le temps de cette année – Oh ! possible,
Enchevêtrement des Lady aux frissons du sofa,
Elles s’exposent à la déraison du corps à l’Athéna
(Se conjurent de chasteté et osent l’irrésistible),

Que j’aimais ce temps d’hier, ces femmes saines
Aux désirs d’être aimées entières, visibles, reines,
Comme tu l’étais Mon Amour, sous notre toit !

Oh ! dans tes longs regards, j’ai passé des nuits,
A caresser tes longs cheveux de lionne – sans bruit,
Au matin, tu me murmurais que j’étais ton… Roi.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Pose ton regard

Photo de André Kertész

Photo de André Kertész

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°10  le mot : blanc


Pose ton regard, enveloppe ton iris,
Ouvre ta voix, cri l’envers du cri,
Dissipe ta vie à l’escale du Caprice
Engendres-toi ici toi le frère banni

Épouse ta terre aux orifices arides
A la belle pluie nourricière propice
Dépose ton sourire et le rude vide
Païen tarira ses puits à tes édifices

Nouveaux passeurs de temps au fil
Déposeront les racines en sol fruit
Ainsi tu connaîtras enfin le mille
Ans promis de paix en tes vies

Et le blanc sable pour sablier …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Contaminé

Photo Catherine Hessling

Photo Catherine Hessling

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Tu as toujours été saugrenue comme de la moutarde avec du camembert. Je crayonne pour la énième fois ton portrait, portrait robot de notre inconvenance. On se regarde de loin, parfois de près entre deux tables au café “Les Gazouillis” et puis… se traînent les doutes, les hésitations, les fausses déclarations sur la scène virtuelle de notre vie…

Je voudrais aujourd’hui t’offrir ce cadeau portrait bustier en noir et blanc crayonné au Faber, mais je reste sous perfusion de mon cinéma d’une mise en scène d’égoïste, et producteur talentueux de rien et c’est ma punition.

J’ai de l’amour en germe pour une épidémie mais es-tu porteuse ? J’ai cette envie de trancher le cordon de ma vie de célibataire et unir le salé en sucré de notre devenir.

Je viens de casser la mine de mon crayon 3B sur la pointe rose de ton volume 95C… Est-ce un signe ? Quel genre ? Bon ou mauvais ? Un énervement de la situation…

J’ai le crayonné facile comme la gâchette, mais là, d’un geste presque d’impuissance en cette violence souterraine qui éclate en plein jour, toute bête, je souhaite te quitter définitivement, sans un regard de trop, sans un regard de rétine désir, sans un regard d’un revenir possible, sans un regard de stoïcisme…

Je déchire, écorche, fends, lacère, le format A4, le possible sésame, je prends une grande enveloppe, et verse ce grammage de papier cendre à l’intérieur.

Et puis d’un mouvement irresponsable, je me lève, me dirige vers toi, la table à dix pas de là, et dépose sans ménagement l’enveloppe. Tu me regardes. Je baisse les yeux. Tu te lèves en poussant bruyamment ta chaise. Tu viens vers moi :

— Tu es mon chien fidèle… tu es à moi… complètement, me dit-elle et m’embrasse fougueusement…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Timidement… incompris

Dessin - la porte (je n'ai pas le nom de l'auteur.e)

Dessin – la porte (je n’ai pas le nom de l’auteur.e)

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Je vais bacchanaliser la soirée, délourder les cristallisés de la discrétion, du motus, de la quiétude, de la sérénité, déboucler les tyrans des silences qui deviendront martyrs, oreilles déchastées.

Je vais débaucher, énamourer et gicler les bulles champagnes dans l’air ambiant, dépoussiérer les étagères de la bienséance, desceller les musiques crève-cœur muraillées dans les costumes de la roideur…

En fait, il n’en est rien, moi qui désirais t’encapricher, je reste à naqueter devant sa porte, mon cadeau, un bijou papillon emballé en papier de cœur, réduit à cet instant au trafic artériel des grandes émotions du week-end.

Et la lumière vient de s’éteindre. La nuit dévore le volume palier de mon attente et la machinule principale de mon cerveau est en panne. Je suis devenu un automate sans programme ou un idiot… je n’arrive pas à me décider à appuyer sur le bouton de la… sonnette noyée dans vide de l’obscurité.

Et puis machinalement, je me mets à brandiller, d’un pied sur l’autre, le parquet grince et je fais métronome, communique m’a déchéance sur pied à pied… quand…

La porte s’ouvre, ton Nom griffe mon visage… tu apparais potron-minet… tellement belle… tellement… que de mon aspect statufié, la tartitude est gravée.

— Trop tard, éjectes-tu.

Et la porte s’exclame par ses gonds, claque sa fermeture, et je disparais dans le fourmillement de ma honte.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Miroir de soi

Cary Grant, fraîchement rasé, pendant une pause sur le tournage de la comédie noire de Frank Capra, Arsenic and Old Lace (États-Unis, 1944)

Cary Grant, fraîchement rasé, pendant une pause sur le tournage de la comédie noire de Frank Capra, Arsenic and Old Lace (États-Unis, 1944)

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°9  le mot : léger


Miroir de soi et salle d’eau en reflet le temps se grise et gifle les rides crème de jour passé à tabac a effet de figurer aux troubles… celluloïd… plasticité de l’être d’âge en âge chapitres de vie se ressemblent insipides translucides en héritage tout nous éloigne…il me semble… de l’humain d’ici ou d’ailleurs manque ainsi ce léger possible à l’usage d’une vérité bonheur au moins une fois pour…cible… atteinte au sensible de soi imparfaite créature nuisible et goûter à la gelée royale de son humanité de lois exaltées et enfin flexible à son immanente moelle !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Défilmer

Photo Willy van Rooy de Giampaolo Barbieri

Photo Willy van Rooy de Giampaolo Barbieri

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Toi ma Mexicaine aux bottes blanches de quatre lieues, aux cheveux blonds à la Marilyn, au caractère d’une Bonnie, j’attends que tu me délivres du fameux Dragon Jaffin. Je suis son prisonnier et me traite en imposteur, moi qui suis le Mage reconnu de toutes les terres émergées.

Il a osé, le traître, par ma confiance m’isoler avec son feu séducteur et me suis fait prendre à ce piège de… débutant.

Je rage devant son sourire quand il vient m’apporter ma pitance journalière en serviteur accoutré et m’impose les chaînes de lierre qui obéissent à sa seule voix.

Je ressens dans cette solitude d’autres cellules, et une particulière, un genre de… bordel… aux gémissements qui ne laisse aucun doute.

Tu dis ? Je t’entends pas très bien, il y a du parasitage… que je suis à l’épreuve ? Pourtant n’ai-je pas réussi mon renouvellement de Mage avec succès, l’année passée ? Réponds !

Tu es vraiment décidée à me mettre en ébullition, moi qui a été ton Maître, ta Voie, ta Fertile Perception, tu me laisses à ma propre angoisse dans ce cachot !

Maudite, trois fois ! Je rage doublement et… je ne suis qu’un naïf d’une vision nocturne : je perçois les contours mais non les âmes. Je vois la guerre et non les blessures, les morts… Je vois le sexe et non l’amour, les sentiments…

Je suis coupable de ne pas avoir su… t’aimer… Je sais pourquoi, je suis ici, aujourd’hui dans cette situation inconfortable…

Tu dis ? Je suis un monstre ? Comment un monstre ? Je tremble de rage dans cette prison qui n’est pas la mienne…

Tu dis ? Cette prison est ma prison ? Tu délires… je suis mutilé, humilié, offensé, rabaissé…

— Monsieur, monsieur… arrêtez de crier comme cela, vous êtes dans un cinéma.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018