Possédé…

Oeuvre de Arnold Böcklin -autoportrait - 1872

Oeuvre de Arnold Böcklin -autoportrait – 1872

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Je vais ce soir chez un pote qui se nomme Patrick, de souche irlandaise il parait. Mais moi, je m’en tape le coquillard… la provenance de un tel ou un tel… qu’importe, ça fait six mois qu’on se connaît et ça roule. C’est un pote et dans les potes il n’y a pas d’OGM. Non, non. C’est sincère dans les moments de beuveries et ça… ça n’a pas de prix.

Bref, il m’accueille, non pas à bras à ouverts, mais, avec une Guinness Bitter que j’appelle personnellement « La Gothique ». Son épouse vient du comté du Mayo (à ne pas confondre avec une origine de la Mayonnaise) j’ai retenu facilement avec se raccourcit de la ville de Newport… je crois.

Bref, avant de passer à table, elle nous sert un truc à la crème du Baileys qui est fabriquée, tenez-vous bien, avec du whisky, mais surtout avec des choses incroyables : du cacao et de la vanille. Sa femme, à Patrick est… intelligente. Elle sait plein de choses… et puis elle est… comment dire… bien mise, bien faite…

Il faut vous dire que je suis célibataire depuis un temps certain et pour moi, rien n’a été rose jusqu’à maintenant, c’est même une tendance à l’abonnement de l’expression : recevoir une volée de bois vert… c’est dire que ce n’est pas facile. Et quand je viens voir mon pote Patrick et bien Win (son épouse) est toujours accueillante avec moi. J’en suis ému avec prudence. Patrick est un jaloux (je le suis de lui… mais cela reste entre-nous). Un jour il m’a même avoué que pour garder sa femme, il porte un objet autour de son cou : un trèfle à quatre feuilles en or. Si, si. J’ai cru en rire, je me suis retenu.

Bref, je suis amoureux de sa femme qui n’est pas indifférente à mon ressenti de mâle… et ce soir je suis dans un état d’excitation proche du pri… euh… pria… pisme. En un mot, je bande comme un âne et fais tout mon possible pour éviter une inconfortable vue à Win, irlandaise aussi. Je joue double jeu, je sais, c’est dangereux.

La table nous attend déjà prête, accompagnée d’un Irish stew (ragoût irlandais) au fumet aussi insupportable que “les chiffres et les lettres”. Mais je souris… faussement, genre commercial.

L’ambiance est tournée sur le foot et pourtant, je gribouille dans ma tête des positions à retrousser Win… J’ai comme un vertige. Une sueur froide. Une seconde de panique. Le cœur me manque comme un arrêt brusque d’une rame dans un tunnel en grève de lumière. Nous sommes comme trois passagers à bord d’une aventure et pas de siège éjectable, non, non… Je suis en train de divaguer… je me reprends…

J’évite de vomir le ragoût et accueille le nouveau plat, le Boxty avec une certaine joie et… une sensation de lourdeur inhabituelle abdominale. Win me fait du pied, c’est certain. J’entends tout juste Patrick commenter les derniers scores des équipes… et puis, tout mon corps me lâche. J’ai la joue gauche dans mon assiette. Je ressens deux doigts sur ma carotide… le sourire sardonique de Win et ses quelques mots, avant de sombrer…

— Et bien il y en a mis du temps ce crevard, j’ai bien cru qu’il n’allait pas calancher. On va pouvoir le découper. Tu as préparé le bac de chaux vive…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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