Récompense biodégradable

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Hier, j’ai entendu le mot fidélité. Je suis resté perplexe et puis j’ai rencontré une femme de vie. Non, croisé … est le mot juste. J’étais installé sur la terrasse de mon café attitré, ma bière habituelle et ma cigarette calmante. Je traîne ainsi ma carcasse tous les vendredis soirs après le boulot … une habitue, une occupation.

J’arrose tous les après-midis les fleurs d’une immense résidence de roboïdes dont la tendance actuelle est de fleurir humainement leur environnement. Un rappel d’un bonheur perdu… humain…

Bref, j’ai cru à une déformation de mon champ de vision ou pire à une altération de l’algorithme de mes envies. Mais non, apparemment. Cette femme est passée tranquillement devant… moi. J’ai avalé d’une seule traite ma bière Delfer à me brûler les premiers centimètres œsophagiens.

Je suis le seul humain mâle du territoire. Alors croiser un autre humain, c’est toujours un événement. D’ailleurs, je ne pense avoir côtoyé un autre moi-même. Non… je n’ai pas souvenir.

Je suis dressé et le mors de la punition en permanence pour ne pas me révolter est toujours présent. Je traverse le temps de ma vie comme une chose rare qui appartient à la communauté et on m’octroie quelques occupations pour me garder en vie. Mais je ne sais pas ce que c’est qu’une vraie vie. La mienne est dessinée en craie et pourtant cette vie est un critérium de chaque jour. Je n’ai pas de repos, de vacances dont j’ai entendu quelque part les bienfaits…

J’ai retenu une expression bizarre : « une vie de chien ». Je soupçonne le pire mais qu’est-ce que le pire qu’un mot dont la définition est abstraite par le non vécu de la chose ? Je suis à l’approche d’une mélancolie et je comprends pourquoi…

— Vous avez vu votre récompense ? me dit un roboïde, cette récompense est biodégradable après une seule utilisation…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Fleur, idée de Fleur, parfum détale

Photograhie du film Angels Over Broadway - Rita Hayworth - 1940

Photograhie du film Angels Over Broadway – Rita Hayworth – 1940

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°19 le mot : fleur


Fleur, idée de Fleur, parfum détale
A cœur ouvert fraîcheur de pétales
Possédée, liée, cimentée d’amour
Au mien mon aquarelle tu laboures

Ma patience et mes illusions de toi
Nous dans cet avenir tout présent
Tes racines m’asphyxient, broient
Mon Amour originel de fol amant

A la question le gouffre m’appelle
Et tu restes froide et je t’exhorte
A t’exprimer voix/voie naturelle
La ligne de Notre destin est-elle morte ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Esprit ?

Photographie_téléphone_skype_Esprit ?

Photographie_téléphone_skype_Esprit ?

Suite à une photographie du Blog Les faits plumes je me suis dit : si ce téléphone pouvait raconter un centième de ce qu’il a entendu… et retenu.
Je vais créer ainsi au fil du temps des histories courtes avec une seule contrainte : exclusivement des dialogues… téléphoniques. (merci Lili)
Si cela vous inspire … d’écrire sur ce genre de thème … « Plus on est de fous, plus on rit » …ou pas 🙂


— C’est moi !
— C’est qui ?
— Je t’attends !
— Normal !
— Comment normal ?
— Je suis morte !
— …
— Tu es toujours là ?
— Je t’entends … t’es pas morte, là !
— Si …
— C’est quoi ce délire ?
— Ne crie pas … suis morte mais pas sourde !
— J’arrive …
— Non, non … tu ne peux m’entendre que par ce téléphone exclusivement !
— Et pourquoi donc ?
— Parce que c’est le premier appel téléphonique de ta part pour notre premier rendez-vous au zoo … tu te rappelles ?
— Écoute-moi bien … je suis parti ce matin de la maison et j’ai eu aucun appel de ta … mort. Je vais raccrocher est appeler un médecin
— Mais je suis morte, te dis-je ! Tu ne comprends pas ?
— Non, je comprends pas … je suis … mais putain merde … à quoi tu joues ?
— Ce matin quand tu es parti, j’ai pris ma douche et puis je ne sais pas pourquoi, j’en suis sortie nue, j’ai ouvert la porte de la maison et me suis dirigée vers la plage et l’océan m’a noyé …
— Tu racontes n’importe quoi … t’as encore fumé ?
— Je suis morte … rappelle moi quand tu auras retrouvé tes esprits …
— Allo, allo, allo !!!

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Overdose de mots

Film Surcouf de Luitz Morat - Antonin Artaud - 1924

Film Surcouf de Luitz Morat – Antonin Artaud – 1924

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Je suis dehors. Il fait nuit étoilée et j’ai le nébuleux assis sur le banc public dans la peau de cette ville. A deux pas et trois mots, une péniche est accostée comme un morceau d’histoire pendu au gibet de l’indifférence et coule lentement dans le néant prohibitif de notre temps dépouillé de sa substance nutritive du : prends le temps au temps.

Me sortir est une priorité. Je me prends par la main tous les soirs et me retire les épines des réseaux sociaux, d’une connexion anaconda qui digère l’entité et l’espace de vie à un écran qui me grille les yeux.

Ce soir ma patience est au bout d’une corde. J’attends le moment où d’un cou elle s’enroulera et d’un coup de canif sera tranchée. Pour l’instant je ne tranche pas ma décision. C’est une partie de poker menteur et chacun de mes avis s’enferme dans une tourelle de dénégations où dans une fosse d’affirmations, le tout dans la prolifique passion de les entendre et de les arracher de ma terre comme des oignons trop gourmands de fleurir.

Je suis en chemise, short, tongs en ce printemps qui se reconstruit et dessine de partout sa marque de marqueterie et je respire la frondaison de mes pensées toxiques quand j’aperçois non loin de ma position une femme en salopette violette. Une incohérence dans ma perceptive.

J’ai l’impression que ma rétine divague légèrement sur la droite, la gauche, non… sensation d’un mal de mer et que je vais remettre mon bulletin de santé au maître de cérémonie qui est en train de me piquer…

— Alors ? dit la femme en salopette violette.
— Overdose de mots… passez-moi la sonde de restriction des mots enchaînés, dit le médecin dictionnaire de poche.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

À toi Mon Alina

Photographie de Firooz Zahedi - Sigourney Weaver-1980

Photographie de Firooz Zahedi – Sigourney Weaver-1980

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Il est temps de passer par le bistouri pour changer mon apparence de… garçon manqué. En fait, j’espère retrouver celle que j’aime qui m’impose ce sacrifice de visage au prix de ma faiblesse. Elle me veut comme une houri, une Eve, une Vénus… je redoute ses colères et j’appréhende ma vie sans elle.

C’est vrai je n’ai jamais eu de penchant pour la bistouquette et encore moins de quête pour la quéquette qui s’impose pour mes congénères et ces mots incongrus me laissent froide comme la piste d’atterrissage d’Oslo en hiver.

J’arrive devant la clinique et ma valise fait une sale tête comme moi. Je suis molle, de cette mollesse qui laisse échapper le renoncement, la porte vers la trahison, l’impalpable effacement de mon engagement par amour.

Je regarde ce grand bâtiment de soins, aux personnels de qualité, et aussi au coût de cette transformation en plusieurs étapes, aux crédits, à ma vie écorchée quand elle est absente, à ce moi qui n’est plus moi mais une autre pour une autre que l’amour devra me… transfigurer.

Je me retourne. Allez, une tape sur la fesse, un dernier verre au bistrot juste en face.

Aujourd’hui, c’est le grand jour. Je suis seule et ma souffrance m’appartient… ma tendre Alina.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Casserole

Photographe inconnu - cuisine_casseroles

Photographe inconnu – cuisine_casseroles

Le blog de Lenaïg : Casserole le mot n°6 au jeu des acrostiches.

(Exercice de style – toute ressemble avec l’ustensile casserole est possible mais peu probable)


C‘est un cas en zinC
A la façon d’un aléA
Sur les brûleurs vifS
Soufflés aux forgeS
Entretenues à la purE
Redox dépose son aiR
Où la solution H2O
Libère enfin le seL
Entier de cet … acrostichE

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Inspection d’un temps

Photographie - A l'interieur du Big Ben - Londres- 1920

Photographie – A l’interieur du Big Ben – Londres- 1920

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Mesure de durée au temps autant que le temps démesure son propre temps au temps sablier au regard de l’horloge de la boulière callipyge, là-devant moi, en arrière train, je suis l’improbable client contrôleur qui entre par la petite porte de la ruelle gorgée d’eau.

Je m’installe califourchon sur le sol de la seule pièce du… temps et… j’attends. Je n’ai rien à faire d’autre que d’attendre le sourire sur mon visage, une boîte aux lettres de confiance qui m’apporte tous les timbrés de la terre qui supporte déjà une part d’impossibles idiots, imbéciles…

J’attends le compte rendu de l’espace-temps impétueux devant le tableau noir de craie poussiéreuse blanche presque ingénue qui s’impose, mais je ne suis pas une broutille de temps à me laisser embobiner dans le sens inverse d’une aiguille d’une montre et ou d’un calculateur quantique. Non, non…

Je note que la jeune femme seconde une autre femme et qu’elle écrit avec un calame, c’est un bon point pour elle à l’heure des comptes…

Je ressens ce moment à venir sur l’imperceptible cadran de mon humeur les effets fugaces d’une nuitée en compagnie d’une call-girl au regard envahissant d’être aimée et froide comme de l’azote et qui comptait les minutes avant l’éjaculation des secondes mâles au malaise du précoce et la repasser par une paire de gifles.

Mon temps, ici n’est pas implicite et j’attends la boulière à me rendre compte à défaut de me rendre gorge et je pense à l’intérieur d’un espace intime que la mesure du temps à la démesure du détemps s’étend et intente l’impossible retour sur soi car la seconde est seule à concevoir la naissance, maîtresse de l’instant et de l’éternité à sa froide existence qui ne connaît pas la sensation du… câlin

Je suis le Maître du Temps de celui qui ose poser remontrance sur la seconde de retard qui ne fait pas son travail…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je ne vais pas tenir de nouilles cupides

Photographie de Julien Loize - Campagne Picarde

Photographie de Julien Loize – Campagne Picarde

Défi de Lili littérartiste Poésie de l’aléatoire N°4 (projet d’une lycéenne, à encourager, participer)


Je ne vais pas tenir de nouilles cupides
De fruits de salades de ces comestibles
Possédés de l’envers du décor insecticides
Changer ma peau de ces troubles cibles

Je prends la poudre d’escampette à vie
Sur mon cheval allumé de galoper enfin
Étriers aux champs mon cul à cru de défi
J’ouvre mon sacrifice à l’autel de la faim

La vraie qui se cogne d’un congélateur
Dépouillé du savoir-vivre au parcours
Défiant les valeurs d’un bel équateur
Dépose son envie électrique d’amour

Et voilà la rustique maison des labours
A me procurer des fongus séduisants
Des herbes de principes et le four
De bons pains à présent mon amant

Mais l’hiver approche, j’ai grand froid,
Moi l’urbain je suis en baisse de régime
Pris en main par la diète dans ma foi
Je ne gaze plus, suis vidé de mon estime…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018