La duperie, la vertu, il faut parfois s’asseoir dessus.

Les inconnus

Les inconnus

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La duperie, la vertu, il faut parfois s’asseoir dessus. Ainsi disait un vieil homme qui avait fait don de son mensonge comme d’une donation d’utilité publique, au village. Il avait par ailleurs pignon sur rue des Faux-Semblants, escroquerie qui est de rapport à toutes les époques.

Ce vieil homme était mort dans un lit, fait du bois de la trahison. Normal. “On récolte ce que l’on sème”. Rien de neuf sous le soleil.

Et pourtant, j’ai chaud en ce mois de juillet qui fait l’orgueil bien trop haut du village, seul lieu, au moins, à cent lieues à la ronde où le soleil fait son office. Une domination sans partage qui commençait à effrayer les ouailles des autres contrés. Le diable avait-il élu domicile ?

Le vieil homme mort, chacun pensait que le beau temps allait devoir plier bagage, lâcher-prise, porter ses fruits rayonnants dans d’autres territoires. J’avais entendu de drôles de choses. Comme le vigneron qui du fouet se frottait le dos, comme le charpentier qui d’épingles à linge se pinçait, comme de la blanchisseuse qui d’une tête dans un seau se forçait à la noyade, comme du vacher qui se frottait les parties intimes avec de la vanille … et d’autres choses encore plus étranges …

Notre village devenait fou …foi de fossoyeur …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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L’arnaque est peut-être au bout de la route ?

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Je tourne à gauche puis à droite, le rond point, ligne droite vers ma destination … l’arnaque est peut-être au bout de la route ? J’écoute une symphonie du Modeste Moussorgsky d’une nuit sur le mont chauve. Quel souffle ! Quelle envergure ! Cœur d’un déluge d’émotions, je suis emporté, dévalisé, déraciné …

Je transporte dans ma remorque un canapé rouge installé et fixé par des lanières … une part de ma vie est aux regards de l’indécence, des curieux potentiels montés sur les ressorts de la singularité, des fétichistes des canapés rouges, des rigoristes de la coupe, des puritains déviants, des vertueux globuleux d’envies …

Je suis sans fard, je fonce, droit devant, la ligne droite ne viendra pas se courber de honte devant mon audace de la chevaucher au volant d’une automobile, moteur ronflant de cette belle fatigue d’obligations dépouillées de récompense si ce n’est de la castrer définitivement par ce mépris inconscient et par un jour d’une morale économique de l’envoyer sans un mot, même de remerciement, à la casse, cette fidèle

Et la route s’allonge, s’allonge … elle se bande, se bande … que j’en ai le ventre qui se tord comme une serpillière au rejet de bile absent … je suis de cette sueur qui se prend à dévaler les cicatrices de mon angoisse et je roule, roule …

— Tu vas continuer longtemps ce délire dans cette grange … dans cette voiture qui n’a que le nom…?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Il est minuit et une minute

Dessin animé - Betty Boop s Life Guard - 1934

Dessin animé – Betty Boop s Life Guard – 1934

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Amour, amour … le cri du cœur s’essouffle comme un cyclone qui rencontre une terre trop vaste pour être dominée. L’amour est une terre de vie. Île ou continent, qu’importe. Le temps ne compte pas. Il n’existe pas ou est neutralisé.

Celle ou celui qui gagne la coupe de l’amour est souvent naïf. Il se croit éternel. Il est feu follet, intense certes, mais il brûle la chair de l’âme. Il reste rarement des braises, souvent des cendres … Cet amour montre sa nature quand le couple formé se déforme sur la réalité de la vraie vie. L’amour n’est pas dans la vraie vie. C’est une évidence. C’est aussi une découverte pour les novices. Et rien ne sert de le prier, il nous mène en bateau, tout en étant notre nourricière

L’amour a plusieurs visages et est bien malin qui sait reconnaître le vrai. Ses blessures ne laissent jamais dormir et l’âge les défigure dans les profondeurs.

Je regarde l’heure. Il est minuit et une minute. Je suis seul. Mon Amour est partie depuis bien trop longtemps et pourtant j’attends chaque soir qu’elle se décide à m’enlacer … en vain… amour, amour …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’automne sonne ses premières heures fermentées

Photographie de Julien Delaval - Cevennes

Photographie de Julien Delaval – Cevennes

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°39 le mot : automne


L’automne sonne ses premières heures fermentées
Le feuillage commence à pleurer ses couleurs vives
Le jour dépose ses heures de congés toujours goûtés
Et acceptés par la nature des choses ce tout leitmotiv

Enlacé par les cycles identiques et différents par effet
De vie s’impose et s’oppose à la gestion des mondes
Qui s’adoptent d’une écriture à une autre ainsi greffée
Le complexe s’inscrit aux beautés naissent de ses ondes

D’interactions possédées les nuages du temps pleuvent
Par assemblés l’empalement d’une saison pliée dévorée
Au diktat de sa forme et à nos yeux elle est belle veuve
Joyeuse dans ses difformités excessives et transfigurées !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La Raymonde restera à la maison du maître

Photographie - Manoir de Gibson - Sarlat la Caneda - Dordogne

Photographie – Manoir de Gibson – Sarlat la Caneda – Dordogne

 

Blog Jobougon : Exercice (si vous avez un peu de temps, je vous invite à effectuer cet exercice pour le plaisir …). Voici ci-dessous ma modeste participation.


La Raymonde restera à la maison du maître pour son plaisir. C’est risqué, il faut le reconnaître, seuls les rois rêveurs n’osent y croire. Riez ! J’entends mon mur mitoyen vibrer comme un appel intérieur de la brique, il me mutile méticuleusement mon marteau de chaque ouïe. C’est au plus haut point stressant. Et puis cette similitude entre séismes solitaires (masturbation pour les puristes) et vibration des soliloques du matériau adossé à mon lit, me dérange les neurones et certains diront : “soyons sauvages selon les styles stéréotypés”. Je dis : non ! Si je prends l’exemple d’hier, le vertige du vigile devant la vérité de sa propre identité d’enfant abandonné n’avait rien à voir avec le verdoyant vestige de Virgile. Et pourtant, il dit : “Ne rougis pas de ton troupeau” comme ne rugit pas à ton vrai nom, vigile, tu es des nôtres quoi qu’il advienne. Je l’aime bien ce vigile du super marché. Oui, c’est vrai. D’ailleurs, il m’a dit, un jour de pluie : “Regardez la rivière ruisselante se recouvrir d’une ravissante robe de rosée.” J’ai trouvé ça beau, très beau. Je n’ai rien dit, parce que je ne suis pas poète. J’ai souri. Il m’a souri. Je suis parti. J’ai retenu la phrase. Voici que reviennent mes visions de nuit. Ça clapote dans mon cerveau, très certainement car contre celui-ci, ceux-ci comprennent comment il réagit au manque de sommeil, au manque tout court de la vie normal, moi qui suis le gardien du manoir de monsieur et qui sait charmer ce cruel crotale quand il lui prend des crises de paranoïa contre tout le monde que même le chapelier cinglé crayonne ce charmant chat chanteur dans son vestibule à chaque visite, il lui prend de l’étrangler sur le champ et que moi je le retiens de toutes mes forces et le jette à terre comme un vulgaire sac à patates. Je me retourne une énième fois dans mon lit. J’attends l’aube et ma merveilleuse maman me mitonne méthodiquement mon moelleux muesli au petit déjeuner du matin. Vieille mère, toujours aimante et attentive, ce mot ne va pas sans l’autre. Et puis, d’un demi sommeil à un autre, le réservoir de mes pensées fuit au goutte à goutte, je pleure un peu, je me détourne de mes cauchemars. Raymonde est partie après son office de chair. Il va faire jour, heureusement, je suis encore vie, une journée de plus, je me lève, j’entrouvre mes persiennes, et lentement libérées, les lourdes libellules lévitent légèrement, limitant là les libations libertaires licites. Je souris. J’entends maman. Je t’aime.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Une chienne qui hurle sa nature

Oeuvre de Benjamin West

Oeuvre de Benjamin West

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Je rêve, une fois n’est pas coutume, de ma femme. C’est dire que je n’avais rien d’autre en stock. Mais entre-temps, j’avais rêvé de ma première maîtresse sur une route goudronnée de couleur orange. .. ce qui est assez surprenant car sa couleur préférée est … le bleu … et aujourd’hui, on doit … copuler … si mon agenda le permet…

Une maîtresse, c’est bien mais cela ne sert pas à grand chose. Alors, pourquoi ? Et ce n’est pas demain que le questionnement se pose, c’est aujourd’hui. En effet, elle est … enceinte. La garce! Je ne vais pas divorcer … ma femme à l’argent … En fait, je me retrouve coincé par le collet que j’ai posé moi-même et je paye maintenant le passé pour un avenir incertain.

Elle a bien du charme, cette femme de mes loisirs, mais elle n’a pas payé ma nouvelle voiture … neuve. Elle a le corps que ma femme n’a plus … c’est une évidence purement … sexuelle. C’est bête, c’est même idiot … pourtant qu’en est-il de la tendresse, du respect, de la dignité, de l’attachement … de l’amour, même ? L’amour est une vaste blague pour tenir en respect des liens moraux … la morale se moque de son premier village qui a élu Miss Vertu pour étendard, pour défier un diable, pour édifier une soumission … pourtant le Christ est à terre allongé trois quarts nu comme un sacrifie bien inutile car la chair humaine est reproduction et jouissance, cette souffrance qui jaillit comme une chienne qui hurle sa nature … c’est beau et redoutable et aucune loi pour l’asservir, l’annihiler, l’inhiber …

Mon propos manque de fonds comme une ligne à la pêche : faut savoir jusqu’où je peux m’enfoncer sans couler fatalement. Qu’importe, j’aime une femme d’argent et j’aime une femme pour son cul ! Alors dois-je m’inspirer des mots de Jarry : “L’homme et la femme croient se choisir … comme si la terre avait la prétention de faire exprès de tourner” et j’y pense, d’une envolée de pensée à une autre que la vidange de ma voiture en rodage est pour bientôt.

Il est temps que je sorte du lit conjugal. Il est six/trente. Et ma journée va être bien rempli et pourtant je commence cette journée dans la ouate. Aux deux pieds sur le sol de la chambre toute chaude de la chaleur du chauffage électrique, je regarde ma femme. C’est décidé, c’est entendu, je romps avec … les deux …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’aube au creux de mon ventre

Photographie de Jordan Matter

Photographie de Jordan Matter

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Je suis dans une montgolfière à quelques centaines de mètres de haut, le vertige dans mon sac à dos, je respire cet air comme le lama sur son territoire des Andes.

Impossible de s’évader de cette nacelle et pas de parachute. Rien. Oui, j’ai peur. Cette peur qui s’est calée depuis l’aube au creux de mon ventre. Ce ventre en tablette de chocolat, ne me sert, ici, à rien. Et je voudrais être, ce rien en ce moment. Je crois que je vais virer au jaune dans pas longtemps.

J’essaye pourtant de me concentrer. Le jour se lève en de bouillantes couleurs de jaune et d’orange sur des nuages laiteux aux dessins improbables. Je capte un silence sur cette Terre des airs en vadrouille, une toupie qui s’oppose à l’univers et épouse toutes ces forces. A ce moment-là, je suis humble devant Sa Grandeur, cette Terre, qui m’a donné naissance, qui nous a fait Homme. J’ai en moi une embellie à cette pensée qui ne frôle pas le conducteur de l’engin atmosphérique, technicien qui vapote dans un nuage de locomotive à pleine … vapeur.

Et au frôlement de la seconde suivante où jouir du spectacle de cet environnement d’exception l’était à la seconde d’avant, un déchirement qui me semble de toile me claque dans les tympans. Nous sommes de la surprise, et d’une peur qui n’a pas de nom, si ce n’est le terrifiant de notre situation, tous avec ce désir irrépréhensible de sauver sa peau et de sauter dans un vide qui n’a de distance qui se rapproche à une allure dont la formule ne m’est pas venue de suite en tête que nous percutons le sol dans un fracas d’osier, de flamme, de ferraille, de terre … les cris se sont envolés en fumée …

Et puis, maintenant je danse avec les morts, histoire de m’intégrer dans ma nouvelle communauté… l’air de rien.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018