Vous avez dit mutation ?

Oeuvre Jules Blin

Oeuvre Jules Blin

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Je ne vais pas prendre des barbituriques pour faire plaisir aux gens de l’immeuble. Non. D’ailleurs, tout le monde sans fou. Je vais jouer avec mon martinet nu sous la douche à l’italienne et me prendre une bonne raclée pour petit déjeuner. Cela va me remettre en place les idées positives qui avaient tendances ces derniers temps à se faufiler dans les filets du hamac du laxisme. C’est bien péremptoire. C’est vrai. Je me connais, là est mon plus beau défaut. Car se connaître c’est quand même se chercher les noises et se faufiler dans les spirales des connexions des questions solubles dans un parallélépipède d’eau saline des non-réponses en perspectives …

Vaut mieux bouquiner une bande dessinée aux traits parlants, aux reliefs païens, sur le plancher des vaches dans un hamac que ruminer l’inflation de sa propre humeur sur la fertile position de la dépression au bout d’une corde qui se demande comment elle s’est retrouvée, accrochée, au plafond d’un sous-sol sordide d’un immeuble en voie d’humidité à la signature de l’insalubrité qui ne demandait qu’un peu d’attention au genre humain pour l’entretenir… mais le mot d’ordre est : attiger pour déposséder ce qui est érigé en vivant …

Je vois bien que ce matin … suis en train de me noyer dans un verre de vinaigre. Assis devant ma tasse, trop grande, trop vide, j’ai cette envie de me recroqueviller comme un gastéropode laminé par le cauchemar à la cuisson du beurre maître d’hôtel…

Non, je ne veux pas être dévoré par des inconnus sur le palier de l’indifférence, sur le trottoir sans nom à la lumière d’un lampadaire qui clignote de la lampe comme un défaut de fin de vie. Je vais me battre et gagner cette escarmouche du délire de la solitude, de mon alcool, de ma vie comme une maladie …

— Alors ?
— Alors, des infirmiers sont venus le chercher pour le transporter à l’asile le plus proche …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

5 réflexions sur “Vous avez dit mutation ?

  1. Mais dites moi Max-Louis, si tout le monde sans fou, quel est l’intérêt de maintenir l’asile ?
    Ceci dit, je ne vois pas comment ma remarque pourrait faire avancer un peu le schmilblick !
    D’ailleurs, c’est un peu ce que les gestionnaires du soin voudraient nous faire croire, que c’est la fin des fous. Ce qui voudrait dire que la souffrance est totalement éradiquée, quel bonheur !
    Et pour sauter par dessus le coq et l’âne, j’ai envie de continuer comme ceci.
    A moins que ce ne soit pour conserver en bocal le gastéropode au vinaigre… Auquel cas c’est une bien originale création culinaire.
    Je salue au passage celle, textuelle, qui viens égayer du bout de sa corde votre fenêtre sur le net.
    L’art de la chute y est à tomber par terre tellement. J’en ai des bleus à l’âme.
    Ceci dit, sans attiger d’un iota, vous avez le mordant tout à fait convenable et seyant aux humeurs acides des cornichons aux petits oignons.
    Autant dire inimitable.
    Et si le style se rapporte à votre détachement, autant dire que c’est une belle performance. On aimerait le voir s’aciduler tranquillement vers la douceur du confit. Une petite touche de miel, peut-être ?
    Niarck niarck, ne changez rien. Faites n’en qu’à votre tête, vous êtes le seul à savoir ce qui l’habite.
    Signé : Furaxement pas tout à fait d’accord avec rien du tout puisque tout le monde sans fou.

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