Je le mate depuis un moment

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Il est là mon homme, en salopette, bleu de travail, cul par dessus tête pour réparer notre pompe de puits …

Je le mate depuis un moment.

Au-delà de ma naturelle nudité, ce jour, j’ai le gazon bien ras. Cela ne fait pas bander mon homme du jour, un tantinet contrarié par la machine à remonter la chose … dite d’eau.

Il est aussi d’une autre panne de ce temps où l’homme est une caricature de lui-même. Heureusement, nous, les femmes, avons fait œuvre d’intelligence. Nos ovocytes et les spermatozoïdes de ses messieurs ont été conservés précieusement aux fils des décennies …

La fabrication de gamètes a contraint cette humanité dénaturée par effet industriel effréné à effectuer un réveil trop tardif pour les uns : “merde ! personne nous a informé !” et les autres qui ont souvent ramé pour rien : “merde ! vous n’avez pas écouté nos avis et recommandations !” …

Et par effet, l’homme a perdu entre temps tout moyen d’ériger son propre désir. Et pourtant la formulation du plaisir de la chair étant instinctivement soudé à l’être, il ne pouvait s’en défaire.

J’essaye de le “pousser” au démarrage, au stimulus de l’homme qui commence à s’énerver et est au bord de la grève non déclarative à mon endroit stipulant qu’il n’est pas une bête de sexe et le bon vouloir de la femme n’est pas une raison raisonnable pour le stresser outre mesure, alors que son envie toute légitime est contrariée … et que le dépannage de la machine est plus important que l’excitation de sa bobine …

Et puis, je ressens comme une idée à l’intérieur de moi, une petite bougie qui s’allume, un eurêka en miniature. Une ancienne pratique qui me revient. Celle de “pomper” avec cette expression peu usitée : “pomper le dard”. Il ne faut qu’il prenne peur, mon homme. Comme je ne sais pas dessiner, je prends une paire de ciseaux et du papier obsolète, le tout déposé à deux bras de moi. Je vois ses yeux s’occulter par effet d’une peur compréhensible. Je prends plusieurs feuilles, je découpe, surcoupe, assemble, colle et voilà que prend forme l’essentiel de ma proposition.

L’homme est dubitatif. Il pose un regard, puis un autre regard sous un autre angle et puis un autre. Il acquiesce, branle du chef. Je vais le désencrasser jusqu’à la garde.

… en attendant qu’il me répare la pompe à eau, du puits … je vais le soulager de sa condition pour mon … plaisir…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Publicités

2 réflexions sur “Je le mate depuis un moment

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s