A déneiger ma langue

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 20 au 24 mai 2019


J’ai le coffret dans la bagnole, la bagnole dans le parking, le parking dans le souterrain, le souterrain dans mon immeuble et l’immeuble est ici … et moi aussi.

Ce n’est pas la meilleure cachette pour un … coffret, c’est vrai, mais la conspiration est dans les interstices des regards, des non-dits en nœuds boutonneux , des mots en soubassements haineux, des silences douteux et fielleux, des attitudes polaires, des gestes inattendus et épineux, des haussements imperceptibles de sourcils sinueux … et ne rien dévoiler de mon … est une corvée …

Par principe de base on devrait refuser ce poids de conscience. « Chut ! » me murmure celle-ci possédée de crier sur les toits par le clin d’œil entendu du genre : « elle sait, elle ».

Je grille de vous l’avouer tout de go à déneiger ma langue et d’ouvrir l’écluse de votre étonnement si ce n’est de votre surprise goutteuse. J’initie un semblant d’effet à la confession de mon esprit qui surchauffe sans ventilateur intégré.

Je suis prostré telle la statue de Bacchus à Versailles … quand, un vent inédit dans ma contrée s’enregistre au niveau du cuir chevelu de ma calvitie absente … une idée qui ne devrait pas trahir mon … surgit tel un pschitt de décompression d’un ballon dirigeable même que le verbe taire s’irrite de ne pas avoir eu l’occasion d’annoncer la chose par l’entremise de la parole qui se bronze sur le devant d’un livre dépoussiéré de lettres …

« Mais, oui, c’est bien sûr » me dis-je sans Raymond, il y a un truc … un truc à la polichinelle que j’avais ouïe entre deux portes de commères ou mégères qui entre un panier de légumes et un panier de ragots dévastaient la rue principale du village du Haut …

J’allais percer l’abcès de mon tourment et provoquer une fausse rumeur, genre de rumeur malfaisante pour protéger … mon … secret…

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

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26 réflexions sur “A déneiger ma langue

    • Bon jour,
      Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne ? A tous les niveaux d’une société sauf que les termes sont différents : papotage, cancan, fable, médisance … (mais bon, je pense que tu m’avais compris) 🙂
      Merci de tes mots et passage 🙂
      Max-Louis

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  1. Pingback: LES TEXTES DES PLUMES D’ASPHODELE 9-2019 | LES PETITS CAHIERS D'EMILIE

  2. Des maux, des maux… le corps coincé entre le souterrain de l’immeuble et la langue enneigée , pour sûr , la rate au court-bouillon, voilà bien un truc psychosomatique qui se transformera en mots, pendant que mots comptent doubles au marché, et que les paniers se remplissent… j’adore , Max, merci de ta verve

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  3. Un récit totalement immersif ! Je suis ressortie de ma lecture le souffle court 🙂 C’est qu’il s’en passe des choses dans la tête… surtout quand il faut tenir un secret. Bravo pour la performance qui tient le récit, le sujet et le lecteur dans un même rythme.

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    • Bon jour Laurence,
      Il est vrai qu’à l’écriture il faut tenir la distance sans rien dévoiler et si à la lecture il y a ce ressenti à la narration … c’est : fabuleux 🙂
      Merci de tes mots, passage et compliment 🙂
      Max-Louis

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