Ses couleurs font symphonie

Jeanne de Bourbon

Jeanne de Bourbon

Des mots, une histoire : récolte 19 (participation hors délai)


Dans cet immense jardin entre deux personnages l’arrosoir est au chômage et l’automne prend la pause pour son dernier tableau son ultime souffle dont la beauté fruitée murmure son impermanence au jeu de la vie dans la case moribonde ses couleurs font symphonie sur le trajet

Et l’ancre du temps est persona non grata en un mot tricard et passe son … temps … à tenir un bar obscur à la lumière de quelques minutes errantes à l’expression facile :  » j’en ai pour deux minutes » à la barmaid à la réponse du tac-au-tac avant de les servir : « j’en ai pour deux secondes » et cela au regard d’une gardienne de la paix de boissons surnommée : « T’en as pas pour deux heures » et tout ce temps tous à se retrouver à chœur de requiem à la Mozart

Quand l’été indien égaré sur les terres de cet automne se pointe au bar et demande à la cascade d’un flot en répétition sans bégaiement un Daïquiri Hemingway le teint orange de la barmaid se fait pourpre comme une révélation à la grisaille ambiante comme un appel à l’aventure …

— Perdre mon temps dans ce tableau, je pars, dit-elle en changeant sa tenue par une d’été que lui offre séance tenante l’indien.
— Vient ma Belle de Temps Nouveau…
— Emporte moi à clair d’océan diamant …

Et nos deux épouvantails … s’envolent …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

La fin du Monde frappe à ma porte

Lune_Iotop_2018

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Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— … je me rappelle. Oui, je me rappelle. Je me rappelle. Et puis, non. Je n’ai pas envie de me rappeler. Tout souvenir est trop intense et me fait vieillir me semble-t-il comme si un mauvais miroir m’obligeait m’imposait me commandait tel un mauvais génie à regarder en face de profil de côté d’en haut à la lumière d’un temps à la bougie qui elle n’avait pas la moindre idée que la LED allait naître d’un semi-conducteur comme si un semi-cocher pouvait conduire une charrette une carriole un cabriolet … comme quoi rien ne va plus dans ma tête et je dis n’importe quoi comme pour me tenir éveillé tel un moustique devant une lampe blafarde usée presque pathétique voilée d’une poussière crasseuse de temps d’années qu’elle fait vêtement combinaison d’une plongée dans le temps qui n’est plus le mien celui qui flotte entre deux états d’une théorie des cordes et dont je préfère l’effet de langue d’origine : « string theory » à l’accent à la traduction à la définition légèrement dénaturée du mot «string» qui pourrait laisser rêveur un Tarzan aux lianes distendues de l’esprit par les fameux souvenirs qui s’étirent peut-être eux aussi sur l’expression d’un plafond de verre qui ne va pas tarder à se briser aux morceaux de choix et n’a pas le temps de choisir … non non … pas le temps à ce temps de fin du Monde qui m’attend sur le seuil et frappe lourdement ma porte telle une massue d’un soi-disant barbare chrétien haut de corps l’esprit à pic à cœur de carreau et le trèfle quatre feuilles me sourit une dernière fois … la réalité cette réalité une pâte brisée … un fil funambule… les années au fond du sablier le monstre avale tout … mon puits d’insouciance m’ouvre les bras à me noyer …

— Alors, docteur, comment va-t-il ?
— Delirium post-réalité à double effet … l’effet de mode de fin du Monde fait tous les jours des victimes …
— Irréversible ?
— Irréversible !

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Ce calcaire d’humeur tueuse

Sol_air_Iotop_2019

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Des mots, une histoire : récolte 18 (Participation hors délai)


Ce matin, l’incompréhension me regarde … on se scrute, le temps de la parole du déni s’écrit en noir à la lumière d’une lampe champignon … lampe champignon ? Je pose un pied sur le sol mon lit se dérobe se démolit se désintègre … me voilà à la verticale de la gravité du lieu quand une étincelle de belle envergure presque une flamme filiforme me dit :

— Tu aimes ta salle de bains ?
— J’ai l’impression d’être dans un tourbillon spectral …
— Tu as un beau visage ce matin.
— Arrête ! Tu vois bien que j’ai une sale gueule !
— Wouaaah ! Quelle belle humeur de chien.
— Je ressens une rivière profaner à l’intérieur de moi …
— Voilà une facette poétique intéressante.
— Quand tu auras fini de te moquer …
— Et une douche hydromassante pour retirer ce calcaire d’humeur tueuse ?
— Un bain pour me noyer, oui …
— Tu es bien amer
— Tu divagues …
— Je veux te voir renaître.
— Impossible.
— T’imposes pas le négatif.
— Respirer … respirer autrement …
— Tu as les moyens … prends conscience que je suis là.
— Tu es de trop.
— Non, je suis ta flamme d’espoir …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Concevoir le miracle à la sève d’une idée

Visage_évolutif_Iotop_2019

Visage_évolutif_Iotop_2019

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 16 au 20 septembre 2019


Il fait silence. Silence qu’un même froid glacial prend peur. Cette peur qu’un même bruit n’ose affronter même effrontément. Effrontément un doigt surgit d’un vide qui semble né d’un néant ouvert à la concorde d’un accord sous-tendu par effet d’être animé par le pouvoir d’être. Être par ce crayon à dessein de composer la symphonie de la vie. Vie contraire de la discrétion s’émerveille de ce vide tel un océan avide de prendre toute ses proportions. Proportions se gardent d’être dépasser à la discrétion d’une ombre cuisse de nymphe émue qui s’impose en fond de teint apparaît l’esquisse d’un possible visage. Visage calme débordant de la toile qui se trahit à la déformation d’un excès une tentation de posséder d’activer d’oser s’affirmer sans moucharder à l’oreille d’un créateur divin quelconque que tout arrive. Arrive le déplacement d’une palette de nuancier aux pigmentations de concevoir le miracle à la sève d’une idée d’un mirage peut-être le culte d’un amour vrai. Vrai premier cri de cette toile qui gonfle d’orgueil à compromettre l’image du vivant à l’instantané d’une existence …

Mais chut … le peintre fait naissance …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Mon ombre qui discutait avec ma lampe de chevet

Banc_nantes_gare_Iotop_2019

Banc_nantes_gare_Iotop_2019

 

Des mots, une histoire : récolte 17  (Participation hors délai)


kiosque figuratif, banc bois métal, Loire en contre-bas ensablé, soleil sans filtre, ciel dénudé, le moral matinal s’assoit … vague à l’âme comme l’abyssal qui prend peur de son infinitude … j’ai froid de tout … et en sueur de peau …

Ma révolte s’est arrêtée aux barreaux de la mort quand le néant a pris la forme d’un vide … fractal … au comble de m’animer à tresser des idées mathématiques sur la théorie des cordes … mais une seule corde m’a suffit pour que l’émotion s’en prenne à mon sentiment d’instinct de survie …

Et ce matin, avant mon réveil, trois dés se sont présentés à ma porte, trois inconnus pour me lancer un défi celui d’un choix … aléatoire … alors, j’ai repris une bonne dose de mon whisky favori … mais ils m’ont suivi comme mon ombre qui discutait avec ma lampe de chevet qui se plaignait des heures sup’ du soir …

J’avais cette envie de balancer mes hallucinations mais elles étaient vraiment de moi ? Je retournais sur mes pas, les dés étaient au garde-à-vous et je compris l’importance de mon délire et qu’il fallait en finir au plus vite …

Je suis assis sur ce banc du kiosque en compagnie des trois dès … eux-mêmes assis à mes pieds … Ils discutent fermement sur la manière de procéder à tirage au sort de mon suicide programmé comme d’une évidence déjà écrite sur les lignes d’une vie aux sillons bien marqués…

Et à cet instant précis, je reçois à ce qu’il me semble une claque sur la joue gauche.

— Alors, mon amour, toujours au lit ? Mes champignons pour dormir, étaient-ils bons ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Le Cahier cherche son Origine

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Maison_Joachim_du_Bellay_Liré_Iotop_2018

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 02 au 07 septembre 2019 (Participation hors délai)


Au courage de l’encre de s’exposer au jour et de mourir sur la ligne de démarcation du souffle du mot nu et frais imposant et silencieux et pourtant défiant sa définition sur le regard de cette même ligne frileuse d’être habillée à la couleur de la vie… le Cahier cherche son Origine et suffoque, quant au cœur de cette racine, de la source, le mot : Ignore se pavane dans un jardin à l’Éden dévergondé aux fruits sucrés entre deux jambages et un apex. De fait, le susnommé Cahier est prêt à s’arracher deux accents circonflexes comme deux épais sourcils pour reprendre ses esprits.

Mais ce Cahier veut savoir d’où il vient et ne souhaite pas lâcher l’affaire et même si après cette découverte sa tête blanche de couverture ressemble à une tête de papier mâché à qui l’on vient d’apprendre que ses parents biologiques ne sont pas ses parents adoptifs où… l’inverse… qu’il en fait une baisse de glucose sur l’étagère de service occupée par un Journal Intime égaré par un manque de courtoisie et provoque sa sortie d’étagère et tombe littéralement entre pages vingt-quatre et vingt-cinq dans un grand écart à cent-soixante-dix-huit degrés sans les minutes qui en quelques secondes, offre au carrelage un aperçu de mots bien encrées quand un Écuyer équipé de pied en lettres visiteur d’un autre temps et analphabète s’extirpe d’une phrase et ainsi à même de remettre à la page le Cahier et le servir par défaut. Comme quoi « à qui sait attendre, tout vient à point » ou pour les puristes : « tout vient à point, à qui sait attendre ».

Il n’y a de ruine que le regard absent de l’autre mais ces deux-là sont faits pour s’entendre pour la Recherche sans temps perdu que l’on nomme pudiquement et sans tourner autour du pot même de confiture : « Le Graal ». Cependant, celui-ci a le graal avec un petit g, à ne pas confondre avec un point qui n’a ici aucune place si ce n’est se mettre le doigt… où vous voulez… Donc, sans perdre le fil de la chose et pas du fil à couper le beurre, les deux compères sur le fameux carrelage sont mis au parfum de débarrasser le plancher à la manière d’un dégagisme glacial sans effet de changement climatique et les voilà qui se traînent vers une nouvelle épopée que le seuil de l’incertitude les porte d’un au-delà qui ne le sait pas devant un stylo agonisant qui les hèle par un jet d’encre délayé entre la vie et la mort.

Les deux acolytes ne sont pas des sauvages mais pas non plus des médecins du monde et d’un commun accord proposent une hypothétique aide au stylo qui n’a qu’un seul vœu écrire ses dernières volontés encore visibles comme une dernière cartouche à exprimer à la marge du fameux Cahier qui commence à avoir une réputation sur le territoire du Monde de la Maison (et pas la Maison du Monde pour les puristes … des achats incertains) et ne le sait pas comme le veut l’anti-héros par convention et pas bégueule fait signe d’un consentement en compagnie de son écuyer témoin oculaire du témoignage que va écrire le stylo moribond… que voici les mots :

Les failles s’ouvrent, l’absence du regard,
Les voix s’éraillent à la pensée du seul vide
Page blanche verticale il est bien trop tard
Le temps du repos s’annonce au ciel aride !

A l’évidence le Cahier a comme une coupure de son circuit de compréhension une surtension en ligne marginale mais bien réelle qui interpelle l’écuyer qui est prêt à gommer les mots peut-être singuliers et sacrilèges et se pose la question d’une possible cabale des autres cahiers et autres feuilles dites : volantes, rebelles dans l’âme mais dont beaucoup sont des sdf patentées qui s’acoquinent à des nommés Cartons pas très futés et ras des neurones chlorophylles. Toutefois, Cahier prend acte et lui promet que ses mots seront respectés à lettre et sauvegardés et d’une promesse que personne ne viendra corner la marge ainsi baptisée par un Mont-Blanc Maison qui a rendu l’âme avec une certaine noblesse.

Et quoi qu’il en soit Cahier n’a pas perdu le sens et l’essence de sa démarche et poursuit le contrat qu’il s’est fixé et l’écuyer fidèle parmi les disciples d’une quête étrange mais néanmoins grisante nonobstant les aléas sans tréma à l’horizon de la ligne qu’un parquet fait glisser nos protagonistes plus vite qu’ils ne le souhaitent passant devant des possibles témoins aguerris aux témoignages de premières mains avec ce léger sourire de vérité que l’on y croit mais voilà que nos deux amis traversent une nouvelle pièce du puzzle du Monde de la Maison et s’aperçoivent à un peu tard que les secondes à venir vont devenir vraiment brûlante quand la cheminée les attire et les attise comme un magnétisme qui se gausse de sa puissante attractivité les voilà à deux pages de prendre feu comme paille devant une allumette bien éméchée le lisible d’une peur commune n’échappe pas à la flamme maîtresse qui met tout en œuvre par sa séduction de les réduire en cendre comme deux pêcheurs de Graal qui viennent d’échouer sur le bord d’un brasier sans vraiment comprendre la tournure de l’événement qui les met en péril…

— Ah, je vous ai à l’œil mes gaillards… et même avec les deux yeux… dit une voix de belle intonation, vous pensiez vous dérober à ma main mise, je suis maître de céans ici.

Et voilà que Cahier et l’Écuyer son compagnon se réveillent en sursaut sur la même étagère, étonnés de ne pas avoir été grillés par la Cheminée, sauvés par une main secourable… celle qui tenait le stylo…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Tu prologues et l’essentiel t’échappe

Parapluies_saumur_Iotop_2018

Parapluies_saumur_Iotop_2018

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 31 et origine


Teindre la voix couleur onde sable sur la plage à l’océan d’un ciel d’été à la nudité d’eau … s’engouffrer dans le sang des mots étendus sur la ligne au vent du cri qui souffle sur les os syllabes et consomme à la moelle la vie aux consonnes d’un journal sans domicile à peine né qu’il devient torche cul pour légumes de la pensée ou broyé par la main poisseuse ou souche sans racine … tentacule de la marée vomit son encre d’un volume outré d’ennui à la suffisance de m’adresser la parole un jour de grande joie dépliée dans mon cœur possédé de toi …

— T’as pris ma place …
— Ne crie pas.
— Tu prologues et l’essentiel t’échappe …
— T’es qu’une ordure !
— Normal, tu m’as consommé, je suis à présent un reste palpable.
— Éparpilles ton insolence dans un autre ailleurs.
— Insolence ?
— Mes sentiments ne sont pas une sève enracinée dans le tronc pourri d’une bouteille d’alcool !
— Et ma sève c’est du beurre ?
— Ne sois pas arbitraire dans ton propos.
— T’es qu’une pyramide de mensonges à cœur de venin.
— Arrête ! … ou je te fais sauter la cervelle !
— Et la tienne en même temps, écervelé !
— T’as la langue bien pendue.
— Ton outrecuidance l’est d’autant.
— Tu n’es qu’une imitation une variante crucifiée une apologie du néfaste … une …
— Les mots te manquent ? Tu es en pleine crise, vaurien, je ricane.
— …

… l’oreille de l’immeuble sourd à sa maçonnerie, le palier de service tremble a la détonation d’une arme à feu …

— Dis, t’es mort ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019