Je soupçonne une impatience

Rose_arctique_Iotop_2018

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Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— Alors, ça vient ?
— Non !
— Comment, non ?
— Tu veux t’y coller ?
— Avec de la glu ?
— Très drôle.
— Non.
— Tu peux te dépêcher.
— Je fais à mon rythme.
— C’est de ta faute, aussi.
— Ne remets pas le même disque.
— Tu fais toujours le même chant.
— Pareillement.
— Je soupçonne une impatience.
— Dès plus virulente.
— Tu n’as qu’à prendre sur toi.
— Je fais quoi, là ?
— Tu as pris tes cachets ?
— Quatre, déjà !
— Va pas me faire une overdose.
— C’est de toi que je fais une overdose.
— C’est agréable à entendre.
— Vrai, je me demande pourquoi je suis avec toi.
— T’es libre.
— C’est bien ça le problème.
— Va pas me faire un cas de conscience.
— C’est aussi ça le problème.
— Passe-moi un verre d’eau.
— Tu en as marres de moi ?
— Complètement.
— Pourquoi ne pas me l’avoir dis plutôt ?
— Pas eu l’occasion.
— Parce que maintenant c’est l’occasion ?
— Faut croire.
— Je suis …
— Tu es ?
— Je ne me sens pas bien.
— C’est pas nouveau.
— Tu me cherches ?
— Pour l’instant je cherche une solution à notre problème.
— De couple ?
— Tu crois que c’est le moment ?
— Mais tu viens de me dire que c’était …
— T’es vraiment bête quand même.
— Bon alors, tu arrives à le mettre ce préservatif !!!

… avant internet on discutait vraiment dans les couples … en tête-à-tête.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Je suis le marcheur muet

Mont_st_michel_Iotop_2012

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Blog de Lady MarianneLe petit jeu de Lettres.


— Tu viens d’où ?
— Je vais où, devrais-tu dire !
— Dis-moi ?
— Qu’importe !
— Tout homme vient de quelque part.
— De la matrice.
— Du lieu, faut-il te préciser !
— Qu’importe !
— Ses racines à sa terre.
— D’où je viens, le Nil m’en est témoin aux ancêtres …
— De si loin ?
— Qu’importe !
— Tu es l’exil ?
— Je suis moi et rien d’autre.
— Tu es la mémoire.
— Tout homme est mémoire.
— Pas d’aussi loin.
— Qu’importe !
— D’où tu viens, raconte-moi ton histoire.
— Je suis le marcheur muet.
— Alors, tu es un vagabond !
— Je suis Zargo du peuple des Zingari

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un délire post-humain ?

Arbre_nantes_Iotop_2018

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Des mots, une histoire : récolte 27


… et je remonte le boulevard des Invalides. Il est vingt-trois * vingt-deux. Je passe devant le lycée Victor Duruy, nom d’un illustre inconnu mais dont je sais de source autorisée qu’il était un cancre devenu ministre. Comme quoi cette dualité se marie à merveille et de constater la définition de la  » réussite : accession au dernier poste, c’est-à-dire au niveau d’incompétence,” du père Malraux, une pointure, mais bon il ne doit plus chausser l’espoir de revenir si ce n’est à la rencontre avec qui vous savez et je retiens de lui ce discours sur Moulin (pas le commissaire) un jour de décembre avec cette force de voix presque d’outre-tombe que le temps lui-même avait ses moments de tremblements qui ne laissent pas de marbre même pour une mise au Panthéon… quand non loin de là une auréole me fait un signe, parmi d’autres qui circulent en double alignement sur la partie dédiée à l’évocation, un dénommé Roger Jaudoux mort pour la France à 24 ans en l’été 1944 …

Je m’interromps … aussi incroyable que l’impossible existe, je vois traverser sur ce boulevard, devant mes yeux, un kangourou, oui, un kangourou … je note l’heure en mémoire neuronale … est-ce une hallucination transcendantale, une bizarrerie quantique, un éblouissement austral, un délire post-humain ?

Et bien sûr, pas de témoin si ce n’est des étincelles qui crépitent en farandoles à cet instant dans les arbres secoués par d’autres spasmes internes défiants la théorie du chaos quand un autre phénomène inattendu m’étonne par le simple fait qu’il ait disparu depuis quelques décennies : le pique-assiette.

Oui, je sais … que vient faire ce phénomène dans ce contexte ? Eh bien, je vous le demande ? Ces vestiges d’un temps  » … que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître … » détroussaient les auréoles naïves de quelques pétaoctets de mémoire encore vive pour les revendre à des pro-humanoïdes dissociés …

Je me débranche … le défi annoncé par mon employeur ne sera pas … mon voyage inter-connecté pour touristes vers la planète Terre est un échec …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un tissu qui se fait passer pour anonyme

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Agenda Ironique Novembre 2019

(Agenda Ironique un peu particulier car aux mots anciens ci-dessous (nb 21), les placer (entre dix et quinze) dans des définitions inventées ironiques (au mieux) aux mots choisis par l’auteur.e)


Affolir : Devenir fou.
Amusoire : Moyen d’amuser, de distraire. Cela n’est pas sérieux ; ce n’est qu’une amusoire.
Baliverne : Propos frivole, chose puérile.
Causailler : Converser familièrement de manière peu suivie sur des choses sans intérêt.
Chafourer : Défigurer, barbouiller, griffonner, déformer une chose en la manipulant avec violence
Chamboler : Flâner.
Coqueter : Faire des coquetteries.
Détraper : Tirer du piège, de la trappe.
Embabouiner : Amener quelqu’un par des cajoleries à faire ce qu’on souhaite de lui.
Éplapourdi : Surpris, étonné, ébahi.
Évagation : Terme ascétique. Disposition qui fait que l’esprit se détache de l’objet auquel il devrait se fixer.
Friolerie : Gourmandise, friandise.
Impugner : Attaquer, combattre une proposition, un droit.
Lantiponner : Tenir des discours frivoles, inutiles et importuns.
Paterne : Qui appartient à un père (ne se dit que dans le langage familier ou en badinant).
Quinaud : Confus, honteux d’avoir eu le dessous.
Rimbobo : Retentissement.
Sapience : Terme vieilli qui est synonyme de sagesse.
Se routiner : Se rompre à une certaine chose.
Tabuter : quereller
Turlupinade : Plaisanterie basse, de mauvais goût, fondée sur quelque froid jeu de mots.


Voici les mots et définitions :

BOÎTIER : personne qui boîte de la jambe droite après avoir votée à gauche, mais certains discourtois disent que ce n’est que baliverne.

VOILIER : ancienne expression de la prison de la Bastille qui concerne particulièrement les hommes qui cherchent à se tabuter.

OREILLE : mesure de longueur d’architecte troglodyte qui a eu un rimbobo particulier suite son invention venue jusqu’à nous :  » Les murs ont des oreilles ».

CRAYON : n’est pas de taille à écrire un livre seul, mine de rien et quoi qu’on en dise, sans s’affolir.

HABIT : à part coqueter, c’est un tissu qui se fait passer pour anonyme et qui n’a pas d’adresse au contraire de son cousin : « habite ».

DIMANCHE : n’est pas le jour que l’on croit même si un nommé Jésus a joué, tel un amusoire, à « croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer ».

FEMME : nom commun qui se ne prononce pas comme il se vit et ce n’est pas une friolerie, quoi qu’on pense.

DENTIER : prénom du frère jumeaux de Dante (attesté sur un vélin retrouvé par hasard au château du roi Thibault) inventeur de l’expression : « Qui dante rien, n’a rien », disait-il en toute sapience.

NOUS : erreur souvent commise de l’Amour qui se voit : deux, mais contenant tous les pronoms personnels et ne soyez pas éplapourdi.e, vous êtes prévenu.e.es.

QUILLE : se voit toujours dans l’eau mais certaines finissent dans un lieu étrange nommé bowling, salon de tortures, pour délasser les humains qui aiment chamboler après avoir eu les boules sur une piste d’atterrissage.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Ce Nous était impérissable et méprisable

24h_du_Mans_Iotop_2007

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Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


… quand la vieillesse d’une bouteille de whisky m’avait susurré entre mes mains son appétit de me connaître plus intiment entre mes lèvres j’avais cédé comme un puceau devant l’importance du désir … Nous venait de naître inséparable insécable …

Nous vivait sur un banc de fortune à la misère ambiante parmi d’autres désorientés mais pas déboussolés du magnétisme de poursuivre encore un moment l’ivresse d’une fatalité écrite sur les contours déviants d’une fabrication d’humains à la chaîne de montage dont nous étions les défauts devenus indésirables … et pourtant nourris et logés aux travers des aides …

Ce Nous était impérissable et méprisable aux yeux des autres ceux de la normalité qui d’une exception se permettaient comme cuistres de marins d’eau douce l’octroie d’un écart de conduite comme une expérience à vivre un déboîtement à la convention inscrite qui en vérité pour certains étaient une deuxième nature à l’abri des regards parmi d’autres dépravés …

Bref, Nous avait ses propres codes et vomissait ses tripes aux dégoûts des gens nés pour cravacher et d’autres pour être des cochers à la solde d’une réussite sociale qui n’avait à leur offrir qu’un tombeau en marbre … quand Nous savait que la fosse commune dit « terrain commun » est gratis y compris les prestations attenantes à une sépulture… et tout cela pour une terre commune…

Comme quoi rien ne sert de courir trop vite pour mourir la société Nous prend en charge de part en part … même à part…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Aux interstices du hasard

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Des mots, une histoire : récolte 26


Hier, je cherchais un mot puis un autre et encore un autre à chaque fois j’oubliais le précédent pour m’accrocher à un autre retenu à l’appel de l’impromptu toujours présent comme une liane bienvenue je me retenais à elle et d’un mot à un autre j’en perdais l’essentiel de ma recherche …

Et puis le mot anis s’était présenté habillé d’un verre vert à moitié plein de saveur qui discutait avec une eau dénaturée par effet de serre qui s’était filtrée par décontamination préventive des ions de l’ionosphère valorisant le magnétisme à l’électromagnétisme ignorant ma modeste présence …

Quand est survenu le mot squelette qui s’était attablé comme un cheveu sur la soupe sans la soupe et avait commencé à palabrer entrer ses molaires et taper de ses osselets comme un damné défiant les pro-magnétos et les extrêmos-électros ceux-ci affirmant qu’il avait la dent dure …

Et aux interstices du hasard déboulait le mot rebondir devant eux étonnés de l’intrépide qui ose s’inviter à ce colloque improvisé de haute tension à l’éclairage d’arguments et les paralysaient dans ce contexte d’une mise à jour sous un nouvel angle d’attaque à démonstration toute autre comme si un cheval de Troyes voulait phagocyter ces éléments intrépides …

Mais voilà que le mot renaissance met le holà saluant ainsi une part de rebondissement au placard et une nouvelle vision s’ouvrait pour les protagonistes qui s’interpellaient de nouveau sur le devenir de leurs connaissances et …

Je me retire à pas de loup de cette scène qui me faisait perdre le fil de ma recherche principale pour aller pécher dans un dictionnaire qui prenait l’eau à bâbord quand une malle qui allait prendre ses valises pour un voyage au long court sur un navire à quai désarmé par les larmes de l’écume d’une plage paradisiaque devenue paranoïaque au train de vie chaotique m’enferma d’un trait …

C’est ainsi, qu’aujourd’hui, je trouve enfin le mot de toutes mes dépenses énergétiques de recherches qui a ce pourvoir de reconstruire dans sa totalité le monde … le mot : vide.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Elle avait l’utopie dans les yeux

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Texte_calligraphie_Iotop_2016

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Elle avait l’utopie dans les yeux … aujourd’hui, ils sont vitreux et j’ai les larmes suspendues entre deux mondes : la maison des morts et la maison des vivants …

Elle avait eu un tracé de vie poussiéreux tellement les années s’étaient accumulées les unes aux autres banalement d’une photographie à une autre se superposaient les jours comme une pile de livres tous identiques à l’auteure lisse … péniblement lisse …

Je suis assis sur le bord de la marge … il fait novembre et l’écume poisseuse des feuilles d’automne ont ce sang chromatisé comme traumatisé par sa propre saison qui se dépouille de ses sentiments et déverse ses souvenirs sur une terre de gémissements telle une coulée de lave elle se dégorge …

Le soleil n’a jamais vraiment brillé pour nous deux et pourtant aujourd’hui j’ai le cœur brûlant de t’avoir perdue sans une lettre d’adieu et mon encre sèche à la chorale de mon émotion et nul besoin de mots pour dominer ma fièvre …

Tu m’as abandonné tu Nous as abandonné sur le bord de notre route avec cette phrase :  » il est trop tard » … Oui, il est toujours trop tard quelque part dans une vie et tes lignes sont déjà gommées par l’effet de ma rage … je ne veux plus t’entendre au fond de ce moi qui fait écho de toi comme une cathédrale qui brûle et dont les craquements de notre amour s’enchevêtrent et le plomb fondu de mes larmes creusent tes lignes pour définitivement t’enterrer …

Et la révélation s’ouvre à moi, je n’étais qu’une coquille dans le livre de ta vie … toi mon écriture …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019