La peur salée de l’abandon

Couverture du livre – The morning song – 1883 – de john watkins pitchford

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 19.20


Quand le soleil se lève … je répète : quand le soleil se lève (lève-toi feignant … j’ouvre la parenthèse) la beauté des bas horizons a belle figure en ce cadeau naturel que les yeux émerveillés du spectateur matinal (lève-toi feignant … le café est prêt) prend plaisir à s’ébaudir jusqu’à atteindre le seuil du nirvana qui n’est pas nommé à haute voix et qui se goûte comme un baba au rhum (lève-toi feignant … au nom du rhum) qu’il n’est pas meilleur chauffage pour le gosier que de développer l’extase devant la rondeur flamboyante d’une céleste vue quand chaque jour est de plus en plus inattendu mine rien dans ce bas monde qui se demande si le mot agréable reprendra le bon sens et consentirait au mot ébaudi comme le premier prix de la jouissance enterrant enfin le mot bonheur dans le haut-fond d’un puits dans sa partie la plus obscure celle de la peur salée de l’abandon qui se rit l’impavide de grossir son sol de la tragédie qui vient de se produire là devant ce balcon ouvert au néant de l’horizon étendu de tout son long comme saigné à blanc …

Nul ne se devait d’ignorer qu’il venait de mourir … dans son sommeil … ce matin …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

23 réflexions sur “La peur salée de l’abandon

  1. Pingback: Les Plumes Chez Emilie 19.20-Les textes | LES PETITS CAHIERS D'EMILIE

    • Bon jour Jean-Louis,
      lol … effectivement … le drame se présente tout froid à la chaleur des premiers mots comme pour se rassurer … mais hélas …
      Merci de tes mots et passage. 🙂
      Bonne journée à toi, également, Jean-Louis.
      Max-Louis

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    • Bon jour Laurence,
      Le drame ne se découvre pas toujours devant nos yeux et s’est en s’approchant qu’il se dévoile … inattendu et terrible …
      Merci de tes mots, passage et compliment 🙂
      Max-Louis

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  2. Une fin de vie en poésie dans la douceur d’un petit matin encore embrumé. .. que demander de plus? Merci pour ce texte tout en douceur qui, à pas feutrés a éveillé en moi le souvenir d’un autre dormeur… celui du Val et de Rimbaud.

    Aimé par 2 personnes

    • Bon jour Rowane,
      Ma culture poétique est très imparfaite et … je viens de lire le fameux : »Dormeur du Val » … et j’avoue que votre souvenir de ce poème est en adéquation avec le texte … oui, très juste … et cela me fait dire (et cela depuis assez longtemps) que tout est déjà écrit … et je suis à la fois content que vous ayez relevé cette occurrence et à la fois triste que tout n’est que redite …
      Merci de votre compliment, passage et mots 🙂
      Max-Louis

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      • Ce n’est pas une redite bien au contraire… que de différences entre la mort d’un soldat et celle d’un dormeur dans son lit… et Rimbaud n’avait pas ton style… chacun sa personnalité et sa plume pour apporter sa vision…

        Aimé par 1 personne

  3. Clisser sur un rayon de soleil, de la « petite mort » au « grand sommeil »…quelle bonne surprise ! Et chaque jour d’éternité ne se préoccuper que de voir le soleil se lever, je ne trouverais pas la surprise si désagréable…
    Je te raconterai quand je reviendrai 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Bon jour,
      Oui, l’éternité journalière … un concept dont je ne percevais pas la portée jusqu’à ce moment de ton commentaire … 🙂
      Merci de tes mots, passage et en attente de ton retour … 🙂
      Max-Louis

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