L’Honnêteté des aliments conditionnés à la Parole

Œuvre de Emilio Grasso

Challenge Lune et des participants


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… l’ennui caresse l’envie de connaître la face cachée du Golfe de la Foi qui tient auberge du Serment au service de la Bonne Conviction à la cuisine de la Certitude par l’Honnêteté des aliments conditionnés à la Parole de Sincérité pour une digestion de Confiance…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

La Lune stoïque se ferme à l’angle de l’ennui

Œuvre de Vadim Sadovski

Challenge Lune et des participants


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… l’humain planté sur l’axe terrestre trace par défaut sa route vers le Golfe de la Concorde et chaque jour est un échec chaque jour est une tentative chaque jour est pourtant différent quand le regard de la Lune stoïque se ferme à l’angle de l’ennui …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Au bord de l’eau sur un reflet tout neuf

Photographie Martijn Akse

Blog Émilie : récolte 21.06


J’ai voulu l’accompagner. Elle a dit non. Ce non dans sa bouche raisonne en moi tous les mardis matin à 10h24, l’heure de la signature de l’acte de séparation définitive.

Divorcer n’est pas rien. C’est un tout qui ne laisse rien au hasard. A tout prendre, il ne faudrait rien promettre. Promettre c’est s’engager et s’engager s’est signer un accord … deux accords pour cloisonner le couple.

Aujourd’hui, je maîtrise ma vie… ce qu’il en reste. Ce reste est le fait de la division de nos entités ennuyeuses au milieu d’autres entités assommantes. Et pas un enfant pour solde de tout compte.

Il est mardi matin et je soigne mon oubli au bord de la rivière en compagnie d’une canne à pêche qui semble s’ennuyer au bout de la ligne comme moi au bout du compte.

La canalisation de mes sentiments est une fracture ouverte et j’ai placé une fausse barrière pour la soigner même si je fais semblant de mettre tout en œuvre pour la réparer.

Je souffre à distance. Et rien n’arrêtera cette souffrance. J’en prends soin à la nourrir. Ce lien entre elle et moi nous permet de tenir les longues heures de l’ennui qui nous soutiennent avec ferveur.

Rompre, n’est pas à l’ordre du jour. Jamais. Et me voilà à sourire au bord de l’eau sur un reflet tout neuf qui me fait partager ce moment d’union.

Et voilà que surgit un ornithorynque à la frontière de mon territoire de pêcheur. Et je lui crie :

— Tu vas filer ? hein ! … au trot ! …. animal fumeux… diabolique… tu ressembles bien à mon ex-femme

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Polar : « Dossiers froids »

Une fois n’est pas coutume, je fais un article sur un polar :

Titre : « Dossiers froids » – Patrick Fouillard


Voici la chose :

Un gendarme, d’une bourgade de Bretagne, fraîchement retraité, décide de reprendre des enquêtes cold case (affaire froide) avec l’autorisation de son supérieur hiérarchique avec pour mission de rendre compte tous les vendredis.

Il choisit les affaires non résolues des trois fillettes disparues de la petite ville au fil des années à des intervalles réguliers. Policiers et gendarmes après moult recherches n’ont aucun indice aussi curieux que cela puisse paraître même si tout le monde a été interrogé ou presque. Les dossiers ont été fermés et archivés.

Isidore Lune reprend du début et s’aperçoit après déductions (et pas d’impôts) et filtres (et pas à café) et questions (et pas torturées) que les petites disparues sont toujours dans le cœur des villageois et qu’ils en ont gros sur la patate.

Isidore nous fait découvrir des personnages truculents aux personnalités trempées dans du granit de Bretagne et dont le veiné des opinions ne se laissent pas lire aussi facilement qu’une carte IGN.

J’ai beaucoup aimé lire ce polar de caractère et d’originalité dont la « paisibilté » du personnage principale le retraité Isidore Lune, après trente-cinq ans de métier, n’est qu’apparente. Il porte seul comme un capitaine au long cours ses trois dossiers qui sont des vies humaines dont la charge émotionnelle est intacte.

Si sa principale mission qu’il s’est imposée est d’élucider ces disparitions, il nous fait découvrir au fil de son enquête, qui se déroule presque séquentiellement, ce qu’il est en tant qu’homme sensible et qui ose. Car oser, c’est s’opposer et s’opposer s’est accepté le meilleur comme le pire.

À lire absolument… (à commander sur le web et/ou librairie)

Titre : « Dossiers froids » – Patrick Fouillard(Prix du polar Ouest-France – Lauréat 2020)

L’auteur a un blog ICI

© Max-Louis MARCETTEAU 2021