Azenor et Servan

Oeuvre de George Lundeen

Oeuvre de George Lundeen

Azenor et Servan s’aiment, de loin en tout point.

De champs en vignes, les regards se croisent,

S’accrochent, l’amour est colombe dans le foin,

Feux de paille aux ébats, le ciel est turquoise !

La rumeur s’impose, le commérage à pignon sur rue,

Les amants isolés, larme en larme, au coin du coin,

Les chambres se ressemblent, cœurs en crus, retenus

Aux barrages des interdits, des différences, ses requins !

La famille de l’une : terrienne, aisée, respectée,

La famille de l’autre : paysanne, dure, domestique,

Tout les oppose, de la dot à l’éducation, excepté

Le prie-Dieu comme référence, le cierge en boutique !

Le curé d’embonpoint, réunit les familles à la table

De ses prières, un soir, après les vêpres, sous-pesants

Les graines de discordes, les lierres des a priori, affable

Et ferme il déferre préjugés des uns, des unes, les clans

Se retirent à la décision de l’homme d’Église, à l’honorable

Condition que les tourtereaux passent les braises de la Saint-Jean.

 

© Max-Louis MARCETTEAU

Route tracée

 Photographie de Frédéric Dubois - http://dfred-photographie.fr/

Photographie de Frédéric Dubois – http://dfred-photographie.fr/

 

 

En ce magnifique matin, j’ose un bisou.

Là, sur ton ventre rond de beaucoup,

Un petit galopin naîtra à la mi-août,

Prévu, attendu, ce soleil parmi nous !

 

Une nouvelle vie : comédien, magicien,

Il sera le firmament de notre jardin,

Ce coeur d’amour se nourrira aux mets,

De nos attentions, ce soleil blondinet !

 

Adolescent de ses actions à la Merlin,

De son esprit facétieux à l’Arlequin,

Il sera radieux à mille lieux à la ronde,

Considéré, ce soleil notre mappemonde !

 

Adulte, les clefs de la capitale théâtrale

Lui seront offertes pour son rôle principal,

«La divine comédie», il en sera le Dédale,

Notre fierté, ce soleil au joyau impérial !

 

Aujourd’hui trace le chemin de demain,

Nous croyons à son futur, rien n’est anodin,

A notre chérubin, nous t’attendons avec faim,

De ton sang, tu es des nôtres, soleil divin !

 

© Max-Louis MARCETTEAU

 

A l’ombre

Photographie Peter James

Photographie Peter James

Arbres enfouis jusqu’à bonne taille,

Hautes herbes pour sous-vêtements,

Branchés de vertes bleues médailles,

Vous ne cachez pas vos torses géants !

Aux flèches rayonnantes d’un soleil

Vous acceptez quelques indécences,

Offrez des ombres sous le sommeil

D’une végétation humide et dense !

Arbres enfouis jusqu’à bonne taille,

Se propagent de vos corps robustes

Une puissance sage aux entrailles

De votre terre, cette noble vénuste !

Aux flèches rayonnantes d’un soleil,

Se libèrent des fragrances d’humus

Rares que le promeneur en éveille,

Garde cette richesse, tel un crésus !

©Max-Louis MARCETTEAU

 

L’appel

Photograhie de Khoa Bui

Photograhie de Khoa Bui

Religiosa, ma sœur, amante du Seigneur, tes mains jointes

Enferment tes péchés, tes phantasmes, à genoux, tu pries !

Louve, tu enfantes en ton âme des interdits, cœur hyacinthe,

Ingénue de l’œuvre d’un jour endormi de solitude, tu cries !

Giflée par l’ardeur de tes pulsions, en toi se consume la vie

Intransigeante de la règle, tu respires ton carême sur le sol

Enflammé de tes désirs de corps à corps et lasses, tu plies

Usée, défaite, sur ta croix, à ton alliance, à tes vœux fols,

Soustrait tes mots et vient rejoindre la fièvre des chairs

En dehors du couvent, ton pasteur t’attend à sa prière !

©Max-Louis MARCETTEAU

Vous avez dit Boussole ?

Meeko raton laveur dans Pocahontas 1995

Meeko raton laveur dans Pocahontas 1995

 

Nudité magnétique à la sol-

De Maître de Bouh de Pôle,

Attire de beautés sex-symbols

A la sauce meunière au bol !

Il bout sa sole, en ré mineur,

Au clair de lune à tout’ heure,

A la poêle, à poil perle sueur,

Il les invite à table, de cœur !

Une saveur à en perdre la tête,

Voir la boule, en sa conquête,

Toutes passent à la fourchette,

De lèvres à langue, satisfaites !

Chacune porte un Bouh de sole,

Et de bouche en bonnes paroles,

Effet de good-buzz à la parabole,

Ainsi est née par effet la Boussole,

Un plat du nord, devenu Saint Bol !

© Max-Louis MARCETTEAU

Au seuil inavouable

 

Photographie de James Ratelet

Photographie de James Ratelet

Des âmes ensevelies d’un autre temps, à la montagne

Du Haut Pieu, hurlent les vocables de la rédemption,

S’emportent au vent glacial vers la vallée, rejoignent

Une chapelle esseulée, déracinée des vivants de la dévotion !

 

Elles frappent la cloche au minuit des treize prêtres,

Réunis sur une empreinte à six branches d’or, l’alpha

A l’oméga, à chaque équinoxe, ces maudits êtres

Désignent l’un des leur à recevoir les ordres d’un au-delà !

 

L’élu drapé de rouge, main plaquée sur une minuscule

Broche antique, incrustée d’émeraudes, l’autre prise

D’un cierge à la flamme accrochée au néant, stimule

De sa voix de baryton la fresque des âmes soumises !

 

Au cœur de la nef, l’esprit feuillu d’un forestier,

Entrepreneur de bois sacrifiés à la foi religieuse

Des croix, ouvre le bal de la peur, au son haché

De l’instrument en action et de sa voix rugueuse !

 

A ce tintamarre la décoratrice de service, la Lune,

Flambe sa belle parure grisâtre, diffuse de l’ombre

A effrayer les plus audacieux, influe l’opportune

Envie des défroqués à augmenter leur voix sombre !

 

La prière en canon des douze exaltés, un seul a frémi,

Celui au centre, quand son cierge s’éteint au souffle

D’un démon enragé, une pluie de cendre sur le délit

Des profanateurs, interdits, arrête en chœur leur baroufle !

 

Le silence confesse les inquiétudes et de réagir se garde

De ralentir les cœurs de cette assemblée, jouissant du deuil

Imminent de sa perte prise au piège de leur action poularde

D’avoir invoqué, par erreur sans doute, le mauvais cercueil !

 

©Max-Louis MARCETTEAU

La vieillesse

Oeuvre de Magnus Zeller

Oeuvre de Magnus Zeller

La vieillesse courbe tous les horizons,

Momifie le passé, abandonne la raison.

L’aujourd’hui est une pendaison,

Lente, convulsive, jaunie, garnie

De râles à la succion du poison

Des heures au linceul de l’agonie !

Fuir la mort, subir la vie,

Ouvrir son sac du passé,

Chavirer sur l’onde bleuit,

Briser son miroir et nier

Son existence d’un cri !

La vieillesse aigrie suppure sur les rides

Des regrets pendus dans le crâne, vide !

©Max-Louis MARCETTEAU

Visage

Photo de Giuliano Bekor

Photo de Giuliano Bekor

Visage d’hier, visage troubadour,

Tu m’as pris par ton regard,

Un soir de clair d’amour,

A tes mots étendards !

Visage violoncelle, visage ciel,

Tu m’as fait voyager à la sève

De tes envies passionnelles,

Aux jours mille nuits de rêves !

Visage de peine, visage errant,

Tu m’as embarqué sur ces flots,

Aux ouragans conquérants,

Tes voiles me protégeant !

Visage ardent, visage pétillant,

Tu m’as enrôlé sur les reflets

Océan du bonheur géant,

Main dans la main, parfait !

Visage offert, visage sincère,

Tu m’as donné les arpents

Fertiles de tes sentiments,

Toutes les saisons d’amour !

Visage aimé, visage défiguré,

Tu traces les traits douleurs

Sur mes mains blessées

Des prières en pleurs !

Visage aujourd’hui disparu,

Mes doigts, ses inconnus,

Se refroidissent à bleuir

Sur le miroir de nos souvenirs,

Et je vis, telle une martyre !

©Max-Louis MARCETTEAU

Nuit dévergondée

Oeuvre de Henn Kim

Oeuvre de Henn Kim

A la nuit dévergondée d’un feu sacré,

Des envies d’interdits, les corps nacrés,

Goûtent le blanc des chairs ensorcelées ;

Pénètrent les roses intimes du chaos,

Soufflent les bougies d’un équinoxe,

S’épousent aux bacchanales en écho,

Fusionnent dans les bras des hétérodoxes !

A la nuit dévergondée d’un feu sacré,

Des existences franchissent, fascinées,

Le seuil d’un au-delà aux tabous exprimés !

©Max-Louis MARCETTEAU 2007

 

Habit de sable

https://www.flickr.com/photos/45014902@N08/

Photo de Charlotte Segurel

 

A l’harmattan imparfait, le sable est brassé.

Désert sans fin, temps sans sablier, la vie

Est une gageure dans ce milieu fricassé

De dunes, maîtresses invincibles de ce pays !

Fières, elles avancent de grain en grain,

Métastases libertines, rebelles, tentent

Les terres les plus fertiles à leurs faims,

Et affament l’humain d’une chute lente !

Aucune eau ne vient risquer sa vie,

En ce lieu déshabillé, impudique,

Austère et cependant fantastique,

D’une beauté irrésistible de défis !

Seules les caravanes assurent,

Les trajets de la survie, équilibre

Précaire, des ethnies aux parures

D’une culture, qui en eux, vibre,

Simplement à la dictée de la Nature !

 

©Max-Louis MARCETTEAU

 

Vagues nuageuses

Oeuvre de Harold Jones

Oeuvre de Harold Jones

Vagues nuageuses aux traînes noires, grisées

D’enfanter la tempête accrochée au ciel fondu,

Otage de toutes les variations atmosphériques,

Roulent le tambour du mauvais présage, attisées

De commettre son œuvre sur un bel été rendu

Des couleurs fleuries ingénues, à son tragique !

 

La pluie, exhibitionniste tapageuse, frappe le tempo

De sa venue, impose sa mélodie, dévergonde

Le ru, cause la crue, multiplie les litres d’eau

En mètres cubes en quelques minutes, inonde !

 

Le village, spectateur vitrifié, aux fondations

Centenaires, protégé de son armure végétale,

Compte les grains du sablier sur sa position

Inconfortable, prie et espère le moindre mal !

©Max-Louis MARCETTEAU

A fleur d’orage

Oeuvre de Gelincik Resimleri

Oeuvre de Gelincik Resimleri

Épreuves d’une première fleur,

Souffrance d’un cœur sur un lit de mots

Cousus sur le tissu bleu de la douleur,

Le destin martel ses maux.

 

Épreuves d’une première fleur,

Demain trace déjà une autre liste, une route

Drapée de soie aux étoiles qui l’écoutent,

Épanouies de la livrer au bonheur.

 

Au cœur d’une première fleur,

Sa vie prendra un nouvel élan aux jeux

Nouveaux, elle trouvera les clés, au feu

D’un amour, à ses belles couleurs.

 

Au cœur d’une première fleur,

Elle donnera et sera comblée, ailées

Au défilé de sa vie, reine émerveillée,

Ses nuages n’auront plus de pleurs.

 

©Max-Louis MARCETTEAU

L’hérétique

Oeuvre de Zarbeb - Site : http://www.beb.book.fr/

Oeuvre de Zarbeb – Site : http://www.beb.book.fr/

J’hétérodoxe mon existence feutrée

Au printemps d’une belle religieuse

Fortunée de prières, d’interdits tracés

Par une éducation trop prétentieuse !

 

Pris sur le fait comme un voleur,

Aux chaînes de dévotes bouillantes

D’une justice Romaine, les cœurs

Se donnent la joie et m’argumentent !

 

Jeté sur les pavés souillés à la nuit

Inconsciente, dénudée des étoiles,

J’agonise à sa fraîcheur et cuis

De souffrance au feu d’un scandale !

 

Mon sang se glue sur tes mains,

Crispées sur mon visage cassé

A la douleur dévoilée en ce matin

Aux heures attablées à me déguster !

 

A saoulé mon supplice de résistance,

Je succombe à la rudesse experte

De la question façonnée à l’indécence,

Je vais rejoindre, mon éternité offerte !

 

Je déserte ma vie et tu es là, animée

De tes larmes, tu décimes mon espoir

A te sentir diminuée, infirme, transfigurée,

Tu veux retenir ton homme pour ta gloire !

 

Je déserte ma vie, ma perte, c’est toi !

Tes yeux me cherchent dans les miens !

Je suis déjà parti, mon corps se déploie

Dans tes bras tremblants, moi le païen !

 

 

©Max-Louis MARCETTEAU

Un coq et sa Poule

Oeuvre de Lorene Barioz 2014

Oeuvre de Lorene Barioz 2014

Il était une fois un coq qui s’était égaré de son poulailler !

Affaire étonnante qui bouleversa en son temps le paysan

De la terre Des Œufs de Nuit, sur le versant du métayer

Paul DESPOULES, représentant de la volaille, soi-disant !

 

Ce coq n’avait pas toute sa tête depuis qu’il avait connu

Une poule d’exportation venue du poulailler à la renommée

Tapageuse, au nom par lequel, tout coq raisonnable et têtu,

Se doit de mettre à l’écart, ce nom est : LUXE, une entité !

 

Elle avait débarqué toute pimpante, fardée de la meilleure,

Façon, provocante, bref une Poule de Luxe comme il se doit !

Notre Coq éleva sa crête au-dessus de sa condition à l’heure

Du matin par un chant d’une rare inspiration, un chant de choix !

 

La belle de Luxe sensible, resta tranquillement à sa place !

Notre Coq, renouvela chaque jour son exploit ! Toutes

Les poules étaient ravies, à part quelques favorites lassent

D’entendre une vocalise qui n’allait pas durer, somme toute !

 

Cependant, il tint bon ! Elle fut admirative ! Tous les deux

Se retrouvèrent dans un coin douillet du poulailler, s’aimèrent

A la folie, plumes dans plumes, se becquetant, heureux

Jusqu’à un matin où il réveilla en retard, l’œil amer !

 

Il commanda, qu’il ne fera plus le réveil matin, lui, le maître

De céans couronné de l’amour de sa Luxe, gracieuse amante !

La volaille gronda ! La grève s’implanta avant de disparaître

Par la venue d’un nouveau mâle emplumé de création galante !

 

Il fallait un rival de taille, c’est que compris de suite le paysan !

La Poule de Luxe s’orienta sur le bel organe qui s’exposait !

Notre coq, bien évidemment, déprima ! Il traita de faisan

Son adversaire qui le cocha par le fer du dédain et s’y croyait !

 

Les jours sombres s’ouvrirent sur une fracture du cœur !

Le coq amoureux perdait de ses plumes, de sa vivacité.

Notre paysan s’inquiétait. Il se décida à supprimer le cœur

Du problème : la Poule de Luxe passa à la casserole émaillée !

 

Hélas, le Coq perdit le peu de raison qui lui restait au-dessous

De la crête, en berne, et amplifia un manque de vivre, fatal !

Toutes les poules, poulettes, cocottes, paradèrent en frou-frou

Devant ses yeux tristes, son âme à jamais prise dans la spirale !

 

Le paysan jeta cet emplumé en dehors de son harem, endeuillé !

Pendant de nombreuses années, un coq chercha la sépulture

De sa Poule, picora les terres d’alentours, chanta sa vérité,

Sa peine et mourut, tué par une balle de chasseur, immature !

 

©Max-Louis MARCETTEAU

 

Se mêlent, se fondent et se confondent

Oeuvre de Lena Sotskova

Oeuvre de Lena Sotskova

La femme tient en son fruit, l’homme !

L’homme tient en son arbre, la femme !

 

L’homme tient en son fruit, la femme !

La femme tient en son arbre, l’homme !

Intimement liés en une seule flamme,

Ils croquent à dents la sève pomme !

 

La femme tient en son arbre, l’homme !

L’homme tient en son fruit, la femme !

Ainsi est née de cette union la somme

Des âmes ainsi égarées par le drame !

 

La femme tient en son fruit, l’homme !

L’homme tient en son arbre, la femme !

Couple parfait devant l’autel consomme

Pour avenir paradis et enfers, réclame !

 

L’homme tient en son arbre, la femme !

La femme tient en son fruit, l’homme !

De cette fusion parfaite est née l’Ame !

Et l’Amour scelle à jamais cette somme !

 

©Max-Louis MARCETTEAU

Le Livre s’oublie

Oeuvre de Cai Yushui

Oeuvre de Cai Yushui

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Livre s’oublie;
Son encre perle, et une étoile de Toi naît
Au vide de Ton Espace le cri
du mot est un écho sans fin
Et Faim de Toi, l’encre
Fait Lac et je me baigne de la peau à l’âme
nu et rompu
Je T’appartiens à la …Lettre !

© Max-Louis MARCETTEAU

Possession

Oeuvre de MrCenz

Oeuvre de MrCenz

Ton regard trame le sortilège sur mon âme.

               Envoûté, je perds l’équilibre et plonge nu,

                             Dans le puits de ta bouche qui s’enflamme,

                                          Au contact de ma peau.

Je suis en toi, déchu !

©Max-Louis MARCETTEAU

Eau douce

Photo de Lucien Clergue - 1963

Photo de Lucien Clergue – 1963

Aude est gentille, sourire de Salerne.

Ses lèvres de Messine conjuguent

Le soleil de Parme et de Ravenne,

A celui de Calliope, elles subjuguent !

Aude est douce, regard de Venise.

Elle est gondole sur l’océan de la Vie.

Son horizon est une psyché soumise

Aux mille facettes de ses rêves, folies !

Aude est sage, visage de Toscane.

Œuvre des mains des Grand-ducs

Son histoire se décrypte en filigrane

Quand les lumières en sortent le suc !

Aude est modeste, corps de l’Etna.

Fusionnel intérieur, ses fumerolles

De désir dansent comme les auras

Des toiles du Quattrocento, charnelles.

Aude navigue dans les eaux troubles

D’un monde habillé en arlequin, faquin.

Elle traduit à sa cour martiale en double

Peines, qui tente de la croquer pour festin !

©Max-Louis MARCETTEAU

Domination

Oeuvre de Ira Tsantekidou

Oeuvre de Ira Tsantekidou

Deux amies, passagères en transit, égarées dans l’aéroport

De l’amour fané, croisent, un bel aérostier aux bagages

Affamés de trophées inédits, émoustillent leur corridor,

Effeuillent impudiques leurs fantasmes jusqu’à l’outrage !

Elles l’abordent. Il se laisse prendre aux filets des sourires,

Des cambrures, des nuages bleus d’un futur septième ciel.

L’attelage se forme. Les mots sont absents, seul le plaisir

Du silence complice cimente le trio, aux pensées charnelles !

Une chambre d’hôtel, parloir de l’indécence, les accueille,

Somptueuse, prête et soumise à ses nouveaux arrivants !

Comme un rituel, les premiers gestes d’amants se cueillent

A la lumière voluptueuse et déshabillent, l’encombrant !

Les corps bouillonnent, les esprits frissonnent de désir,

A l’approche du premier amarrage dans la baie Eros !

L’une tigresse, l’autre biche, l’homme se sent fléchir

Par la première, dominé comme le mouton mérinos !

Sourire de vainqueur de la tigresse sur ces deux proies.

L’homme est pris en main. La biche recule, déplaisir

De l’instant, elle est dépassée, submergée. Ses doigts

Sur ses lèvres, assèche sa jouissance, sa seule lyre !

©Max-Louis MARCETTEAU

La Mort se brûle

Oeuvre de Leonid Afremov

Oeuvre de Leonid Afremov

Deux amants d’argent,

Brigands des fols ans

Du bonheur rassurant,

Vivent d’insouciants

Moments pénétrants !

Au jour attirant de l’An,

Fête religieuse de croyants

Aveuglés de mots confiants

De l’Eglise aux mille brillants,

S’avance le coup du Satan !

D’un trait de fer-blanc,

Est coupé le lien diamant

Des amants ruisselants

Du sang du déchirement !

Séparation et abattement

Bercent les deux gémissants

Qui tiennent très fortement

Les mains à la Mort, rigolant.

Pourtant, elle se brûle les pans

De phalanges, criant, déclinant

L’offre de l’ange noir trident

De les recevoir dans son champ !

Les amants vrais, fécondant

L’AMOUR du lever au couchant,

Seront des immortels rayonnants !

©Max-Louis MARCETTEAU