Je me joue la pièce manquante

Dessin de Arthur Art Adams

Dessin de Arthur Art Adams

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J’ai le sirop de l’imaginaire au fond de la carafe, le sucre des mots dilué dans le pain perdu et le fourneau de la fatigue qui me cuit à point. Il me faudrait un remontant. Une femme, par exemple. Genre bon chic, bon genre, en jupe ou robe fourreau …

Il est vrai qu’une boisson chaude, un café par exemple, pour supporter mon moi-même, mon désœuvrement et mon espoir en continuel opposition, tension, lutte parfois violente, pourrait me relever de mon apathie.

Même pas un grain de café … il faudrait que je me bouge, acheter au magasin du quartier … et prendre aussi une belle bougie… tient … me préparer un repas à la chandelle … avec le regard vide de toi mon Amour … une assiette de reproche et un verre de regrets … tout est là … je froisse mes derniers souvenirs et ta voix qui m’échappe une nouvelle fois … et te voilà devant moi hologramme muet, tu souris et ta main vient vers moi et ma main saisit … le vide …

Il est onze/trente, tu es en moi en plein jour de ma dépression … tu me possèdes, je suis le pilleur de ton bonheur passé et nos avenirs prennent chacun une tasse amère …

Je me joue la pièce manquante et nos personnages sont des fleurs qui se fanent à la mélodie de l’Amour qu’une guitare répudiée par un artiste paumé épanche sur le trottoir et … ma corde au cou qui s’impatiente …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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Le paradoxal du signe

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Le paradoxal du signe qui apparaît dans une vie commune, ne vous appartient pas. Comme la myxomatose,  connue, mais dont vous êtes étranger à la chose, elle appartient à un autre secteur de la vie ou … de la mort, selon où l’on se situe sur l’échelle du vivant à deux pattes ou quatre pattes. Je vois d’ici votre rictus et vous pensez, bien malgré vous à la position, de la Levrette. Je dis : non, non. Il ne faut pas tout hyper sexualiser, même si la vie sociétale est question de position …

Maintenant imaginez que vous voyez un wapiti traverser la rue, ce n’est pas obligatoirement le signe d’une rencontre inattendue avec une blonde, 1,75m, 95C, ou d’un brun, 1,80m, yeux bleus, tablettes de chocolat, dans l’heure qui suit. Pour l’instant, il est peu commun dans nos contrées européennes de croiser un tel animal comme d’ailleurs dans un autre registre le hipster, à ne pas confondre avec le bobo qui est en voie de disparition selon certaines sources… enfin, on le souhaite pour certains …

Bref, le signe du signe en signe enseigne que l’éclectisme est flagrant dans ce domaine et pourtant les clés sont identiques. Soyons avant tout des sybarites (et pas six barriques) dans nos vies et le lumineux de nos désirs s’offrira à nous sans aucun signe … apparent …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je suis assis sur le rebord du mot.

Jacqueline Maillan & Daniel Ceccaldi - Pouic-Pouic - 1963

Jacqueline Maillan & Daniel Ceccaldi – Pouic-Pouic – 1963

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L’ivresse des mots vaut bien un paysage magique … muet…

Je suis assis sur le rebord du mot. Il me prend le tournis. Je résiste, et la parole fielleuse est un lasso. Je suis ligoté et aucun pompon de marin ne viendra me sortir de ce moment de flagrant délit de jouissance du mot qui me souffle son existence dans les bronches comme un soufflet de forge …

Je brûle à mon tour de n’être qu’un nom, prénom, numéro analogique … de consonnes à voyelles les sons s’appellent les uns les autres encore et encore …

Lendemain est une hésitation sur la longueur de temps et j’enjambe le pont de la division de l’être en humain sur le territoire herbeux de la ponctuation défiant ce fameux souffle comme une souffrance de vie qui s’étend comme du linge sur une ligne trop tendue étendue … au soleil de fête pourvoyeur de micro-vies pour alimenter une mort manufacturée par le Grand Architecte …

Je viens pour une autre année, un autre âge, poser mon empreinte sur le sable du souvenir de l’autre avec des bougies nommées le bonheur d’additionner une palette de couleurs qui se nuancent mine de rien à la beauté tant recherchée qui apparaît comme si la vieillesse apportait mine de rien encore sa vraie valeur de vie, sa raison d’exister parmi le branchage feuillu de la descendance comme point de référence, d’appui …

Car le mot vieillir a toute cette richesse et son ivresse d’un bon vin aux arômes à fleurir encore et encore …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Il est minuit et une minute

Dessin animé - Betty Boop s Life Guard - 1934

Dessin animé – Betty Boop s Life Guard – 1934

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Amour, amour … le cri du cœur s’essouffle comme un cyclone qui rencontre une terre trop vaste pour être dominée. L’amour est une terre de vie. Île ou continent, qu’importe. Le temps ne compte pas. Il n’existe pas ou est neutralisé.

Celle ou celui qui gagne la coupe de l’amour est souvent naïf. Il se croit éternel. Il est feu follet, intense certes, mais il brûle la chair de l’âme. Il reste rarement des braises, souvent des cendres … Cet amour montre sa nature quand le couple formé se déforme sur la réalité de la vraie vie. L’amour n’est pas dans la vraie vie. C’est une évidence. C’est aussi une découverte pour les novices. Et rien ne sert de le prier, il nous mène en bateau, tout en étant notre nourricière

L’amour a plusieurs visages et est bien malin qui sait reconnaître le vrai. Ses blessures ne laissent jamais dormir et l’âge les défigure dans les profondeurs.

Je regarde l’heure. Il est minuit et une minute. Je suis seul. Mon Amour est partie depuis bien trop longtemps et pourtant j’attends chaque soir qu’elle se décide à m’enlacer … en vain… amour, amour …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

J’ai le bio dans la peau

Oeuvre de Hans Baluschek - City of Workers - 1920

Oeuvre de Hans Baluschek – City of Workers – 1920

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J’ai le bio dans la peau et je hais toute industrie hypocrite. Pourtant je vis dans un appartement HPE (Haute performance énergétique). J’ai honte. Moi qui rêvais de vivre dans une maison en torchis plaqué dans le Lot avec une femme rustique et des enfants de campagne. Je me sens laid, difforme, hideux, monstrueux … non, pas monstrueux … enfin, bon, je ne vais pas non plus me flageller sur la place publique de mon quartier et attendre que le peuple m’injurie et me condamne à mort.

Cela me fait penser à ce fameux film « Fahrenheit 451 » de Truffaut. Rien à voir. Et pourtant il faudrait des pompiers pour éteindre cet emballement du progrès .. mais l’emballement n’est pas maîtrisable. C’est un constat. Il s’arrêta par un manque. Lequel ? Je ne sais pas.

L’obsolescence n’est pas programmée pour la planète terre. Elle se régénère et pendant ce temps, je vais prendre un ticket de métro et goûter l’humains en fond de terre. C’est répugnant et j’aime. C’est ma vie, je chante et fais manche ou chapeau selon. C’est mon second habitat. Je reconnais des visages, des silhouettes, d’un sexe à un autre, ces humains sont si différents et tout à la fois insupportablement indifférents envers les autres. Tous des inconnus aux hormones identiques et réactions parfois inattendues mandatés à survivre en milieu hostile qu’ils ont eux-mêmes fabriqués de toutes pièces …

Je vais rentrer ce soir vers vingt-trois heures, me prendre un café, des grillés, du beurre salé … un peu de Netflix et me replonger dans mes cours en e-learning de cosmétique. Peut-être que ce monde est trop cosmétisé … je suis aussi de ce monde … customisé …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Vous avez dit mutation ?

Oeuvre Jules Blin

Oeuvre Jules Blin

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Je ne vais pas prendre des barbituriques pour faire plaisir aux gens de l’immeuble. Non. D’ailleurs, tout le monde sans fou. Je vais jouer avec mon martinet nu sous la douche à l’italienne et me prendre une bonne raclée pour petit déjeuner. Cela va me remettre en place les idées positives qui avaient tendances ces derniers temps à se faufiler dans les filets du hamac du laxisme. C’est bien péremptoire. C’est vrai. Je me connais, là est mon plus beau défaut. Car se connaître c’est quand même se chercher les noises et se faufiler dans les spirales des connexions des questions solubles dans un parallélépipède d’eau saline des non-réponses en perspectives …

Vaut mieux bouquiner une bande dessinée aux traits parlants, aux reliefs païens, sur le plancher des vaches dans un hamac que ruminer l’inflation de sa propre humeur sur la fertile position de la dépression au bout d’une corde qui se demande comment elle s’est retrouvée, accrochée, au plafond d’un sous-sol sordide d’un immeuble en voie d’humidité à la signature de l’insalubrité qui ne demandait qu’un peu d’attention au genre humain pour l’entretenir… mais le mot d’ordre est : attiger pour déposséder ce qui est érigé en vivant …

Je vois bien que ce matin … suis en train de me noyer dans un verre de vinaigre. Assis devant ma tasse, trop grande, trop vide, j’ai cette envie de me recroqueviller comme un gastéropode laminé par le cauchemar à la cuisson du beurre maître d’hôtel…

Non, je ne veux pas être dévoré par des inconnus sur le palier de l’indifférence, sur le trottoir sans nom à la lumière d’un lampadaire qui clignote de la lampe comme un défaut de fin de vie. Je vais me battre et gagner cette escarmouche du délire de la solitude, de mon alcool, de ma vie comme une maladie …

— Alors ?
— Alors, des infirmiers sont venus le chercher pour le transporter à l’asile le plus proche …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Parlons procrastination

Image Bibliothèque du Château de Groussa

Image Bibliothèque du Château de Groussa

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Si « Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver » nous chante Henri, je dis qu’il n’est pas moins édifiant que ne rien faire n’est pas la liberté, même si l’on est libre de ne… rien faire et rien faire est un oxymore qui me fait penser à « Vient ici, fous-le-camp » de la même teneur mais dans un autre registre… En effet entre le rien et le faire, y a un gouffre que dis-je un océan si ce n’est un écart d’un univers à un autre… pour faire… simple on ne peut pas être dans le rien et le faire.

Alors certains puristes soulèvent le faire et lance d’un rien que le rien et faire sont tout à fait compatibles. Vrai, c’est même tout une affaire et ce n’est pas… rien. Donc, en effet nous sommes bien devant le fait accompli que le rien faire est une occupation, voire un travail comme un autre… Ainsi, l’on prend à contre pied si ce n’est à cloche pied, le fait que faire n’est pas défaire mais bien la négation du rien faire dans toute sa dimension…

Mais, je vois dans l’assistance médusée par de telles assertions, lancées par un bon à rien, moi en l’occurrence, et qui a sans doute, rien d’autre à faire… de n’avoir rien dans la tête… pourtant, il y a incontestablement un savoir faire du… rien faire si on prend l’expression commune de tous les jours. En effet, le rien faire n’est pas du genre à se laissez… faire et n’est pas, à qui pourrait penser par un hasard bien sapé en lunette noire, un faire-valoir, non, non, et non plus un laissez-faire du genre frère aîné nommé laxiste qui à tendance à faire la tête et tenir tête… il faut le faire…

Bref, à notre rien faire, il faut repasser d’un savoir faire au savoir être… tout un art que nous allons aborder dans cette conférence d’une petite heure après un petit jour de retard… dont le thème est la « Procrastination en milieu urbain non Euclidien »…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018