Pensées déviantes

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La patience est un mot dont je n’ai pas d’accointance. Non, non. La patience, c’est attendre… souvent à distance. Et attendre c’est perdre du temps de vie, c’est le contraire de l’accomplissement et une des nombreuses carences de la constitution d’une existence.

Aujourd’hui j’ai cette sensation d’attendre au-delà du raisonnable. Ce bus qui n’arrive pas et ces gens insensibles comme l’eau qui traverse la terre qui se noie…

J’attends parmi d’autres attentes. Longueur d’un temps qui s’étire de bras à bras de minutes torturées, j’accomplis ma souffrance, mon impatience, ma pénitence, mon calvaire…

J’entrevois la ferveur de certains à cette souffrance de la patience déclinée sur le palier de l’attente et à son dernier degré celui du manque, à ronger les ongles des aiguilles de l’horloge du souffle qui fredonne les soupirs comme des râles et à toute aventure possible, la récompense, le trophée de la jouissance, de la libération de l’entrave du manque qui a posé le mot bonheur presque comme une enclume.

Et j’attends ce bus maudit qui ne vient pas et je tourne en rond dans mon esprit trop étroit à ma condition de salissure, de tache indélébile sur le parvis goudronné de cet abri qui m’aspire dans les tréfonds de la fièvre de l’agacement.

A genoux il faudra me repentir de ces pensées et me traîner sur le dallage cadavre de ma cellule… quand un indécis me cloue par ces quelques mots :

— Mon seigneur vous vous êtes égaré de votre diocèse ?
— Non, mon fils… mon chauffeur est en gréve, il se dit comme, nos religieuses, abusés par de nombreuses tâches et heures… Est-ce que Jésus a compté ses heures, lui ? Non, mon fils ! Je vous le dis en vérité…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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Cul et chemise ?

Photographie de George Hoyningen-Huene - 1929

Photographie de George Hoyningen-Huene – 1929

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Je ne vais pas faire l’autruche. Non, non… Il faut sortir du quotidien et ouvrir les yeux… mais tristesse et corde sont dans chaque paluche.

Le temps de relever la tête avant de la perdre. Le temps du pourquoi est à enterrer… attention tout de même à la fosse déjà bien creusée… un faux pas est vite arrivé et le bonheur de l’asticot n’est jamais vraiment loin.

Je vais goûter l’abricot de la vie… ce qui en soi ne veut strictement rien dire.

— Tu fais quoi ?
— Je goûte l’abricot de la vie !
— Ah ? Et… je parie que ta copine t’as largué ?
— Non, non… c’est une expression nouvelle !
— Tendance ?
— Oui, c’est ça !

En fait, cette expression est l’arbre qui cache la forêt.

— Un abricot devenu arbre qui cache une forêt !
— Wouaaaah, c’est la fumette du matin et l’intoxication de la pensée ?

Bref, c’est le mystère. Comme quoi, il ne faut pas s’éterniser sur des expressions dont l’invention est douteuse, mais qui peut porter son fruit… unique.

Aujourd’hui, je sors de mon quotidien. Je vais prendre le frais et me prendre en main à défaut de me donner ce fameux « coup de pied au cul » encore une expression qui me rappelle celle-ci, aussi fameuse, d’un général : « Donnez-moi quinze jours de dictature, je vous décentralise la France à coups de pied dans le cul. » (et pour les puristes, il s’agit du général d’Amandine dans Le Bœuf Clandestin de Marcel le Bien Aymé).

Quoi qu’il en soit, je vais de ce pas à la piscine (une fosse d’eau) noyer mon ennui de vie et y mouiller ma chemise à défaut de la perdre si ce n’est provoquer une rencontre appropriée et devenir… cul et chemise…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Overdose de mots

Film Surcouf de Luitz Morat - Antonin Artaud - 1924

Film Surcouf de Luitz Morat – Antonin Artaud – 1924

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Je suis dehors. Il fait nuit étoilée et j’ai le nébuleux assis sur le banc public dans la peau de cette ville. A deux pas et trois mots, une péniche est accostée comme un morceau d’histoire pendu au gibet de l’indifférence et coule lentement dans le néant prohibitif de notre temps dépouillé de sa substance nutritive du : prends le temps au temps.

Me sortir est une priorité. Je me prends par la main tous les soirs et me retire les épines des réseaux sociaux, d’une connexion anaconda qui digère l’entité et l’espace de vie à un écran qui me grille les yeux.

Ce soir ma patience est au bout d’une corde. J’attends le moment où d’un cou elle s’enroulera et d’un coup de canif sera tranchée. Pour l’instant je ne tranche pas ma décision. C’est une partie de poker menteur et chacun de mes avis s’enferme dans une tourelle de dénégations où dans une fosse d’affirmations, le tout dans la prolifique passion de les entendre et de les arracher de ma terre comme des oignons trop gourmands de fleurir.

Je suis en chemise, short, tongs en ce printemps qui se reconstruit et dessine de partout sa marque de marqueterie et je respire la frondaison de mes pensées toxiques quand j’aperçois non loin de ma position une femme en salopette violette. Une incohérence dans ma perceptive.

J’ai l’impression que ma rétine divague légèrement sur la droite, la gauche, non… sensation d’un mal de mer et que je vais remettre mon bulletin de santé au maître de cérémonie qui est en train de me piquer…

— Alors ? dit la femme en salopette violette.
— Overdose de mots… passez-moi la sonde de restriction des mots enchaînés, dit le médecin dictionnaire de poche.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La Mort… Grande Garce…

Dessin animé - Les Pingouins de Madagascar - Kowalski

Dessin animé – Les Pingouins de Madagascar – Kowalski

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Rien de moins sûr que nous soyons des héros si ce n’est de potentielles poules mouillées goinfrées gavées d’informations sur le bord de nos routes quotidiennes au rôle du mort voyeur alimentaire aux yeux d’une pseudo-liberté embastillée criarde loin de la chérir de l’ébat elle se débat des griffes de lois bornées malavisées ineptes de l’Arcane sans nom qui a son cou porte l’insigne des gibiers humanoïdes et au coup de chaque milliseconde sonne le sommeil au mot éternité qui se déboyaute bidonne se tire-bouchonne son restant de harde la gueuse chante quand même l’hymne de la déchéance décrépitude déclin délabrement et nous sans refuge voix éraillée… elle aura notre peau mais pas notre âme… cette Grande Garce … la Mort …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Quel cirque !

Oeuvre de Chagall - Le Cirque Bleu

Oeuvre de Chagall – Le Cirque Bleu

Agenda Ironique d’Avril 2018 lateliersouslesfeuilles


Tête de poisson et tête de cheval, la constellation se déploie au-dessus d’un océan livide de décomposition possédé à la couleur humaine comme une mauvaise soupe à la grimace à vomir sur la plage des écumes bleues douleurs et griffures de Lune en crise à sa grise évolution de soutirer les démons de nuits bleues noires…

Et la sirène écorchée s’écaille et s’éventre en cette nuit comme une offrande à offrir à l’œil Lune possédé de sa mort comme une révélation de vie torturée et cendrées aux sangs des innocents rêveurs dépecés sur les montagnes terrestres des prières…

Et tout ce monde attend le premier chant du coq comme un premier tour de chant d’un trompettiste sourd et aveugle de connaître l’amour des notes à la caresse de l’onde d’une contre-basse de cordes en larme et pose toute timide dans le coin d’un feu bleu froid…

Et puis un trait de lumière diaphane, une voie lactée enfante enfin le tableau qui se joue du peintre et se rit des dimensions de son imaginaire à la prière retroussée d’un rêve grognant dans son jus jusqu’à l’abîme menottée et pourtant libéré dans une toile prison pour les regards carnassiers… humains…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Zone grise de l’idée en devenir…

Dessin de André Franquin - Idées Noires

Dessin de André Franquin – Idées Noires

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Tout est là, devant moi. Des mots en vrac, des mots qui demandent la transhumance : direction l’alpage. La marge fossé n’est pas d’humeur du genre : « lâche-moi la basque ». Le stylo s’impatiente, son océan d’encre houle sa vague, son agacement, du genre : « je vais en faire une montagne ».

Et pourtant rien ne sort. C’est le vide plein de tout au désordre d’attendre un ordre qui hésite à s’exprimer à se décider d’obéir à sa substance d’être.

Je me souligne au fluo et me plonge la tête dans la salle d’attente du four à mots où mijote un filet de merlan en papillote. Je suis immobile devant la ligne directrice au fouet de m’indiquer la marche à suivre au pas de la cadence folle, folle…

Je refuse de m’embarquer même au mot eau (faux jumeau de moto) sans âme qui ira baver sur les lignes marie chastes aux mouchoirs flottants de la larme facile et dont les enfants auraient aussi l’indélicatesse de dessiner avec leurs doigts peintures, affront de l’alpage qui n’est pas Canson.

Je tourne en rond du rond de rond gribouillage de bienveillance, je commence à entrapercevoir le ciboulot qui se creuse à la création car l’idée ne fait pas dans l’altruisme.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Vous avez dit épi …

Défi de Lili littérartiste Poésie de l’aléatoire N°1 (projet d’une lycéenne, à encourager, participer)


L’épi s’entête s’affole d’avoir perdu pied au moment où l’épicentre de l’épineuse épaisseur du trouble s’évapora en un souffle de fouet aux regards multiple de la galaxie des curieux avides de croiser la peur de cet épi sans tête qui divague sur la chaussée épilée de vie morale.

Épinard de Fer, son ami, n’avait pas l’oraison facile et soulevant son épigastre d’une inquiétude légitime devant l’épicurien … épi … épingla la suceuse variation du trouble au vent dormeur qui n’avait pas le tourbillon, non plus facile et dont l’épine dorsale souvent douloureuse le laissait dans le plat pays des vents ouest sans.

Il n’était pas à prendre avec des épincettes dans ses épisodes transitoires … l’épi … mais il fallait mettre les pieds dans le plat pour le faire réagir avant que l’épi phénomène ne se prenne pour un effet papillon … et l’épiner en toute connaissance de cause pour son bien.

Bref, en toute vérité l’épi avait perdu son K dans l’Épire des cas et il fallait qu’il remonte la pente. Mais le soutenir était épidermique à l’épice bien senti. De fait, l’Épinard de Fer se saoula et perdit lui aussi sa tête avec un mauvais pinard au retour bien arrosé de pluie alla s’encastrer dans un épicéa et expira …

A cet épilogue tragique sans corps ni tête, l’épi se donna le dernier coup d’épi d’épée fort peu …épique.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018