Autres secrets sans être agent

Photographie de Miguel Campos

Sur une idée de Lazuli Biloba le 08/12/2021


— Oh ! Y a quelqu’un ?
— Qu’est-ce ? dit Secret de derrière la Porte.
— Je suis un secret.
— Et ?
— Je souhaite être des vôtres.
— C’est quoi ton secret ?
— Je ne peux le divulguer.
— Bien dit. Il porte sur quoi ton secret ?
— Secret d’État.
— Diantre, voilà qui est alléchant. Tu peux m’en dire davantage ?
— T’avouer que je suis détenteur d’un secret d’État, c’est déjà m’exposer et me mettre à jour.
— En effet, te voilà indéfendable.
— Indéfendable, indéfendable, c’est à voir, dit à voix haute Secret de Polichinelle qui s’impose.
— Ah te voilà ! toi, dit Secret de derrière la Porte.
— Messieurs, dit Secret d’État, de la retenu, l’Esclandre n’est pas bien loin.
— SILENCE ! s’exclame le Mur à des Oreilles.
— Bon alors, on va faire court, dit Secret de derrière la Porte, on va chercher le doyen des Secrets d’État, il jaugera de ta demande.
— Je suis là, dit Secret d’État doyen.
— Je te croyais sourd.
— Oui, à toute divulgation.
— C’est d’un drôle, murmure le Mur à des Oreilles.
— Alors, jeune secret d’État, tu es porteur d’un quelque chose d’important ?
— Tout à fait.
— Dis-moi tout.
— Ici ? à l’écoute de tout cela ?
— Veux-tu venir au Jardin Secret ?
— Ce n’est pas le meilleur confessionnal.
— Ne t’inquiète pas, Secret de Fabrication a bien fait les choses.
— Bon.
— Alors, dis-moi.
— Eh bien, ce secret c’est …
— C’est ?
— Eh bien…
— Oui ?
— C’est comment… manger proprement… un mille-feuille…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

L’âge se regarde dans la glace

Photographie de Stanislav Istratov

Blog oulimots contrainte écriture


L’âge se regarde dans la glace

Tout est perdu, se dit-il, le soleil dans le dos et la musique au bord des larmes.

Les yeux de l’homme, sombres, s’éclairent.

Il ressent dans sa poitrine des coups comme celui d’un martinet en manque d’action.

L’homme s’assied sur la lunette rabattue d’un wc.

Il tient à jouer à la roulette russe : un revolver, une balle.

De son autre main, une photo.

Un dernier baiser factice.

Position du soumis à sa volonté qui tient boutique jusqu’au dernier instant.

La détonation n’aura pas lieu.

Il n’a pas entendu.

De toute façon… il est mort…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

L’herbe n’est pas folle

Photographie de Ilia Ratiani

Blog oulimots contrainte écriture


Le dégorgement du Temps sur le plateau de l’indifférence… La poule rêveuse pond son œuf au plat sur la paille… L’herbe n’est pas folle devant la lame kamikaze de la tondeuse…

Et la parataxe s’enroule dans son hamac quand la synecdoque se réveille sur l’arête de la ligne au voyeur point compétiteur d’être un jour point final…

Le stylo à bille malaxant de bas en haut et de haut vers le bas trop bas son cylindre qu’intervient la pensée d’un luthérien ancrée dans sa profondeur stylistique :  » Si l’on m’apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier. » *

La page encaisse toutes les billevesées, incertitudes, rêveries,fautes et autres mots des dictionnaires et ceux qui n’existent pas comme une damnation…

Page offerte a la ritournelle d’un musicien a la dictature d’une note à l’administration à la baguette à la politique d’un instrument à la voix d’aimer à claire-voie…

Page qui n’a aucun répit à la fois possédée et dépossédée figurée et défigurée elle n’échappe pas à sa condition enclavée entre le déchirement et le froissement…

Page mille morceaux la plus belle est déposée dans un carafon céladon et distillée par l’amertume d’une oraison un soir de pleine Lune sur le rebord d’une marge à la verticale de sa carotide prête au sacrifice…

Page… tu acceptes tout… même le déchirement… comme nous…

*: Martin Luther

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Il faut accrocher les wagons des sourires…

Pingouins Madagascar Kowalski

Blog Émilie : récolte 21.10


Rien ne sert d’être gentil, il faut accrocher les wagons des sourires…

L’apparence de cette affirmation n’est pas un leurre ni de la poésie en catalogue et je ne veux pas me comporter comme un cachalot à la couleur outremer et passer outre à déclarer à la douane de l’outre mesure mon désarroi sous les yeux du tout outre vide, le f perdu, dépossédé de son précieux bien de survie au désert de l’incompréhension…

Bref, quand l’insolite prend sous le bras le frisson, rien ne sert de prier devant le Grand Tout mais prendre ses jambes à son cou (même pour un yogiste averti) et courir très très très loin de toute appréhension malsaine et se cacher sous le regard du ridicule sous le radar des faits divers des podiums des m’as-tu-vu que le premier pingouin (tenu à ne pas être manchot), qu’aucun froid du ridicule ne peut atteindre, demanderait un autographe à chaque vainqueur…

De fait, je ne veux pas citer ici le mot youpi au détriment d’une incongruité mal fagotée qui pourtant aurait la meilleure place, et se rendre compte que la démone de la bi-za-rrrrrre-rie, elle, ne rit pas, même sous les bras, même en danger

Aussi, je ne souhaite pas être détecté dans ce couloir des phrases égarées et rentre directement après le point final … moi qui rassemble la part d’ombre des non-dits de la page… moi, la tache d’encre… blanche…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Mouillée au titre de naître encore

Photographie Iotop_2021

J’ai fait un petit tour sur Scribay. Il y a des défis d’écriture pour s’amuser.


Il perdit la tête au tranchant du sourire de la guillotine habillée du noir sang séché d’un coup au lever du jour déjà en deuil par des jets vermillon que baillaient des nuages vaisseaux filandreux jusqu’à la terre frileuse de douceur et mouillée au titre de naître encore et encore que l’œil du supplicié papillonnait en morse quelques secondes comme un dernier message à la révélation d’un secret mis à jour par le mot fin de son existence qui pouvait enfin souffler sur son solde de tout compte et se retirer sur un autre quai en attente d’une autre existence… l’humour noir en moins…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

L’alcôve de l’amour nous met en branle

Photo de Philippe Images – Grâce

Blog oulimots contrainte écriture


Toute femme est une eau vive … faut-il trouver sa source. Et je n’ai pas scrupule à vous écrire que j’ai découvert des eaux vives à des endroits bien différents …

Si toutes les femmes sont belles quand on les aime … il y a une part de moches même si le cœur est paraît-il beau, ça n’illumine pas le désir soyons honnêtes devant la glace qui nous sourit …

L’alcôve de l’amour nous met en branle pour tenir les promesses sensuelles et les succulents moments qui se tiennent pour ardents comme le feu attise l’appétit d’un sirocco …

Et le rustique s’éprend de la chair devenue animale par effet dévorant l’oxygène développant des audaces des ardeurs des tentations dépossédées de la pudeur qui se découvre en ses retranchements comme tout … le monde …

La poésie s’épanche de sa coloration naturelle, et les onomatopées prennent toutes leurs places …

La prose, elle, bouillonne au parfum vétiver dans son coin … à écrire ce qu’elle ne connaît pas… s’écrit-elle par élégance

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Temps sablé sur le territoire verdoyant et maternel

Veronica

Les petits cahiers d’Émilie. Emilie 21.20



J’écris pour faire sortir des mots qui ne sortent pas … à calmer l’indécence d’autres mots qui gigotent ligotés par la censure au soutien d’une morale qui s’empiffre du pire et conçoit sa douceur par son diktat car tout idéal est dictature.

Être héroïque quand moi-même je me suis bâillonné comme un patient entre quatre murs et une fenêtre qui me fait la gueule toutes les journées passées au gris délavé telle une radiographie géante déliant ses nuances et ses noirceurs comme un état délétère à venir …

Rien n’est moins nue que ma propre vérité qui me regarde l’air cool après avoir déchanté sur ma façon de la déposséder comme une châtaigne de sa bogue, accentuée d’une onomatopée du genre grrr

Toute méditation sur ce sujet est du temps sablé sur le territoire verdoyant et maternel de l’impossible concorde entre moi et mon écriture qui s’élance telle une furie et que je retiens tel le conducteur de char de ses chevaux nourris d’un bon foin d’imaginaire.

Moderari, moderatrix, moderatus… « restons calme et buvons frais » nous dit l’adage et un bon verre de whisky sans modérer la hauteur du verre et la descente du gosier en toute bonne foi à trinquer évite l’embrouille et mon écriture se moque bien de ce que je pense de son penchant pour l’encre ironique tant qu’elle a l’évasion et que je suis en éveil pour l’accompagner …

Nous sommes toujours bras dessus dessous pour le meilleur… et le pire …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

L’accusateur destin t’a condamnée

Film LILITH -1964 – Jean Seberg

Blog Antiblue06 : défi septembre


Bord de l’imbuvable
Lèvres s’ouvrent aux caresses
La soumission

Épitaphe de mon H ma drogue gravée sur le sable de la plage … il y a quelques jours l’accusateur destin t’a condamnée… j’ai tracé sur le sable défiant le temps entre l’impermanence et la permanence un no man’s land qui ne dit pas son nom …

Je veux mettre les points sur les I au fameux destin qui s’étend s’éprend s’en prend et prend … et traîne avec le vent girouette et le mauvais garçon nommé hasard qui ne s’émeut pas d’un parcours trop tôt cisaillé …

Je vais ainsi rouler les R par vibration de message à l’appel d’une partie de l’indécence de la Vie qui se moque de la voie prise et de celle de la voix éprise qui d’un sanglot se bloque sur l’aiguillage d’un cœur brisé …

Je sais que je suis en train de tourner en rond dans l’O d’un lasso tel l’indécis devant une belle pomme à croquer là sur la table de l’envie bellement juteuse à la vue de sa forme tellement à en mordre la chair à la fois tendre et ferme au désir … poison …

Et puis je me retiens aux mors de l’amour à la N de mes remords qui me brassent vers les vagues de mes larmes diluées au cœur de l’acide de mon mouchoir à carreaux brisés me griffent l’âme en zigzagues …

Alors je retourne sur mes pas et je lance mon unique D sur la plage de mon amour à déchiffrer le pourquoi de ta mort sur le rebord de la fenêtre défigurée d’un paysage déchiré par mon incompréhension de toi …

Et j’entends le grondement d’une ELLE un spectre qui dessine sur les flots un tsunami de mots qui s’abat sur mon égoïsme et me rappelle ma promesse de tenir une bougie allumée d’Amour jusqu’à mon dernier souffle …

Toi mon Amour entre bleu ciel et azur océan …mon Hirondelle.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Le fond du bol de la conscience lucide

Film Le Mépris - Godard

Film Le Mépris – Godard

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 11.20 (Hors délai)
(Cette semaine pas de 3ème chapitre du roman Rho-Man Tout en Gala-Tik, qui est en chantier mais Carnetsparesseux est bien présent ICI)


Je préfère le Conteur au comédien, l’Auteur à l’acteur.

Je vois déjà des rictus et autres grimaces de votre visage pris entre les lignes aux mots écrits aux rôles différents de faire violon.

Qu’importe l’expression est libre, l’opinion d’autant et le jeu subtil de faire comme tout le monde me donnent de l’urticaire … quoique je sois comme tout le monde et parfois faux jeton

Cependant j’ai la chance d’appartenir à moi-même, même si la chaîne de mon esclavage permanent me râpe la psyché. Je ne vais pas faire l’ahuri en dénigrant ce que je suis même si l’ombre d’un doute me fait dépenser mon énergie à ce que je suis pour être et être pour ne pas être tout à fait moi par les effets de toutes les manigances de l’extérieur aux influences non négligeables …

Il n’y a pas à gratter le fond du bol de la conscience lucide pour s’apercevoir que la séduction d’un comédien d’un acteur est une représentation sensible de l’être qui nous ment effrontément à notre égo… ou pas.

Je préfère en cela la voix du conteur, les mots de l’auteur. L’un fait création d’un climat, l’autre fait apparition de jeux de rôles. Tous les deux apportent une ambiance, à tous les degrés du suspense à la béatitude sans que je sois soudoyé en tant que spectateur enclin à se laisser prendre par consentement, je l’avoue comme le mistigri qui ronronne parce qu’il est nourri logé par l’habitant nommé : maître.

Et pour conclure, je tiens à mes jeux de rôles : celui de comédien et d’acteur… de ma vie …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

J’adhésive ma vie

Chateau_blain_Iotop_2019

Chateau_blain_Iotop_2019

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


J’adhésive ma vie sur le théâtre de ma scène (ou inversement) figée depuis trop longtemps qui se rit de ma posture d’exil … inconfort en décembre je brûle mes dernières braises au regard d’un fleuve qui se déborde d’une eau de pluie peuplée d’histoires lointaines aux territoires marbrés des jonctions de civilisations inégales …

Inégales … j’attends la création d’un nouvel amour illégal comme d’une résurrection … et visiblement ce mot porte : é-r-e-c-t-i-o-n, symbole caché (?) élément phallocratique par excellence me laisse perplexe devant ma bouteille toute féminine qui tient toujours debout audacieuse provocante à l’allure profane au culot d’être encore pleine alors que j’avais eu son goût au goulot dans le gosier d’un instant à un autre comme une descente sur neige à vive allure sur une piste noire je devais l’être … noir …

Noir … me rappelle en filigrane neuronal Nougaro :  » …je broie plutôt du noir, du noir en dedans … » et je respire l’inconséquence d’une vie qui s’égraine n’érige rien et s’étouffe dans des draps de nuits qui s’enroulent indifférentes sur mes cloisons blanches …

Blanches … je suis dans une bulle en arrêt au stop du croisement chagrin j’ai dépassé la ligne blanche par no-limite de la ligne jaune de celle de la ligne rouge et pas de ligne verte et je m’aligne sur un lit froid de toit pas de ligne d’horizon sans toi pas de ligne de métro pour te rejoindre j’ai que mes lignes …

Mais … le drame est toujours à portée de main, pas le bonheur… dans ce théâtre …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

La fin du Monde frappe à ma porte

Lune_Iotop_2018

Lune_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


— … je me rappelle. Oui, je me rappelle. Je me rappelle. Et puis, non. Je n’ai pas envie de me rappeler. Tout souvenir est trop intense et me fait vieillir me semble-t-il comme si un mauvais miroir m’obligeait m’imposait me commandait tel un mauvais génie à regarder en face de profil de côté d’en haut à la lumière d’un temps à la bougie qui elle n’avait pas la moindre idée que la LED allait naître d’un semi-conducteur comme si un semi-cocher pouvait conduire une charrette une carriole un cabriolet … comme quoi rien ne va plus dans ma tête et je dis n’importe quoi comme pour me tenir éveillé tel un moustique devant une lampe blafarde usée presque pathétique voilée d’une poussière crasseuse de temps d’années qu’elle fait vêtement combinaison d’une plongée dans le temps qui n’est plus le mien celui qui flotte entre deux états d’une théorie des cordes et dont je préfère l’effet de langue d’origine : « string theory » à l’accent à la traduction à la définition légèrement dénaturée du mot «string» qui pourrait laisser rêveur un Tarzan aux lianes distendues de l’esprit par les fameux souvenirs qui s’étirent peut-être eux aussi sur l’expression d’un plafond de verre qui ne va pas tarder à se briser aux morceaux de choix et n’a pas le temps de choisir … non non … pas le temps à ce temps de fin du Monde qui m’attend sur le seuil et frappe lourdement ma porte telle une massue d’un soi-disant barbare chrétien haut de corps l’esprit à pic à cœur de carreau et le trèfle quatre feuilles me sourit une dernière fois … la réalité cette réalité une pâte brisée … un fil funambule… les années au fond du sablier le monstre avale tout … mon puits d’insouciance m’ouvre les bras à me noyer …

— Alors, docteur, comment va-t-il ?
— Delirium post-réalité à double effet … l’effet de mode de fin du Monde fait tous les jours des victimes …
— Irréversible ?
— Irréversible !

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Ce calcaire d’humeur tueuse

Sol_air_Iotop_2019

Sol_air_Iotop_2019

Des mots, une histoire : récolte 18 (Participation hors délai)


Ce matin, l’incompréhension me regarde … on se scrute, le temps de la parole du déni s’écrit en noir à la lumière d’une lampe champignon … lampe champignon ? Je pose un pied sur le sol mon lit se dérobe se démolit se désintègre … me voilà à la verticale de la gravité du lieu quand une étincelle de belle envergure presque une flamme filiforme me dit :

— Tu aimes ta salle de bains ?
— J’ai l’impression d’être dans un tourbillon spectral …
— Tu as un beau visage ce matin.
— Arrête ! Tu vois bien que j’ai une sale gueule !
— Wouaaah ! Quelle belle humeur de chien.
— Je ressens une rivière profaner à l’intérieur de moi …
— Voilà une facette poétique intéressante.
— Quand tu auras fini de te moquer …
— Et une douche hydromassante pour retirer ce calcaire d’humeur tueuse ?
— Un bain pour me noyer, oui …
— Tu es bien amer
— Tu divagues …
— Je veux te voir renaître.
— Impossible.
— T’imposes pas le négatif.
— Respirer … respirer autrement …
— Tu as les moyens … prends conscience que je suis là.
— Tu es de trop.
— Non, je suis ta flamme d’espoir …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Au sud de l’Imaginaire en tenue d’Adam

Charlie Chaplin - Charlot

Charlie Chaplin – Charlot

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 03 au 07 juin 2019


Je suis tailleur de mots sur mon balcon du dixième étage avec vue sur un paysage d’histoires au sud de l’Imaginaire en tenue d’Adam à l’ombilic de l’Idée …

Et j’entends au loin …
… taille le mot tailleur à l’heure de l’ailleurs…

… à la verticale des ailes tu t’enroules sur la pelouse minée à l’antipersonnel des éclats de mots à la plage horaire d’un conte couchant au trois-quart stabilisé par effet d’optique à se perdre sur le devant de la scène …

… taille une part d’audace juteuse a la nostalgie d’un paléoprotérozoïque qui s’admirait aux angles avantageux de ses rayons verts et roses couleurs de cigale inconnue dans nos contrées à l’heure de la lumière L.E.D. genre de luciole dégénérée …

… vois l’arbre généalogique de l’histoire s’enraciner à la croix croisée sans brassière de croisés en croisière des chemins à l’accueil souriant de te recevoir en hôte à l’âme honnête au coeur azur le tout sur l’ardent devoir de l’aimer … la page qui s’encre à la création …

Je suis tailleur d’histoires sur mon balcon du dixième étage et fabrique ma réalité … et je m’y suis perdu …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Comme si le présent était une marionnette

 

Oeuvre de François Schuiten - Autoportrait"- réalisé au Festival Angoulême 2003

Oeuvre de François Schuiten – Autoportrait- réalisé au Festival Angoulême 2003

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 22 et origine


—… alors je retiens deux et pose quatre à l’addition de mes traits tirés par les nuits tangentielles des ombres qui se dénudent au loueur voyeur à la mine patibulaire de l’immeuble d’en face aux fenêtres spectrales aux mille yeux… et je me noie dans les pourquoi du lac du pourquoi boite à rythmes désarticulée moi qui n’ai plus de larmes au sel du désir qui me taraudait comme l’outil du mécanicien de service qui s’essayait à réparer les brisures d’un moteur nommé cœur… à cette mécanique qui se rouille sur le parvis de la page blanche du refus d’aimer… encore… et pourtant ses obscurités en sa cité sont dévorées par la fièvre d’avancer… je crayonne au crayon porte drapeau qui me déchaîne d’une liberté à une liberté soi-disant… crayon racine à t’aimer sur ta peau au format A0000 +++ en grain 0,70 a la fragilité d’une encre vive et solide à l’ancrage je dessine de l’alpha à l’oméga les territoires de ma parole murée dont l’adresse est introuvable dans l’annuaire de mes mots… je joue contre moi-même et les dés du destin se dessinent et se gomment à chaque seconde comme si le présent était une marionnette dans le défilé des images à parader devant le lecteur nu de sa propre consistance et de la lectrice habillée d’un seul trait de possession empalée de connaître la fin d’une histoire qui sursaute à chaque point à la ligne comme un arrêt du cœur et qui reprend à l’essence de l’idée sur une nouvelle route débordée inondée… d’aimer… je suis prisonnier de tous ces traits qui s’appliquent à me droguer jusqu’à la moelle je suis cet esclave de la mine… et le trait maître est puissant et me courbe à sa volonté et je rage d’agir au plus vite moi le perfectionniste de suivre à la lettre les instructions et j’ose à mon corps défendant… jouir…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

A déneiger ma langue

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 20 au 24 mai 2019


J’ai le coffret dans la bagnole, la bagnole dans le parking, le parking dans le souterrain, le souterrain dans mon immeuble et l’immeuble est ici … et moi aussi.

Ce n’est pas la meilleure cachette pour un … coffret, c’est vrai, mais la conspiration est dans les interstices des regards, des non-dits en nœuds boutonneux , des mots en soubassements haineux, des silences douteux et fielleux, des attitudes polaires, des gestes inattendus et épineux, des haussements imperceptibles de sourcils sinueux … et ne rien dévoiler de mon … est une corvée …

Par principe de base on devrait refuser ce poids de conscience. « Chut ! » me murmure celle-ci possédée de crier sur les toits par le clin d’œil entendu du genre : « elle sait, elle ».

Je grille de vous l’avouer tout de go à déneiger ma langue et d’ouvrir l’écluse de votre étonnement si ce n’est de votre surprise goutteuse. J’initie un semblant d’effet à la confession de mon esprit qui surchauffe sans ventilateur intégré.

Je suis prostré telle la statue de Bacchus à Versailles … quand, un vent inédit dans ma contrée s’enregistre au niveau du cuir chevelu de ma calvitie absente … une idée qui ne devrait pas trahir mon … surgit tel un pschitt de décompression d’un ballon dirigeable même que le verbe taire s’irrite de ne pas avoir eu l’occasion d’annoncer la chose par l’entremise de la parole qui se bronze sur le devant d’un livre dépoussiéré de lettres …

« Mais, oui, c’est bien sûr » me dis-je sans Raymond, il y a un truc … un truc à la polichinelle que j’avais ouïe entre deux portes de commères ou mégères qui entre un panier de légumes et un panier de ragots dévastaient la rue principale du village du Haut …

J’allais percer l’abcès de mon tourment et provoquer une fausse rumeur, genre de rumeur malfaisante pour protéger … mon … secret…

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Bling, blang, blung, blim, plouffff

Oeuvre de Beryl Cook

Oeuvre de Beryl Cook

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 19 et origine


Détendues … dévalisées, dépliées, démesurées, débouteillées, dérangées, dégrattées, dépatouillées, dépossédées, dénouillées, déversées, désirées, dévolcanisées, débateaulées, dépailliées, dépoilées, dépelées, déposées, dérapées, déboirées, détroussées, dégringolées, dévalées, détrouillées, dégratouillées, dépassées, détournées, dépouillées, déboulonnées, dépaillassées, détrônées, démoliées, démurées et enfin… désenchantées … bling, blang, blung, blim, plouffff.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

La peinture d’une angoisse d’airain qui m’assomme

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Disparaître, il n’est que temps. J’entrevois le scintillement de la fin comme une aubaine à ne plus souffrir à ne plus aimer à ne plus me demander si demain viendra m’ouvrir ses bras ou les veines.

Ou alors, j’ai besoin de vacances comme un trait d’union entre ce présent insupportable et un présent décidé à ne rien faire comme une balançoire qui ne veut plus supporter ses poids d’un ennui de métronome qui oscille tout en ce riant de la gravité de l’instant et pas z’un … pour s’envoler …

Mais j’ai l’abandon en moi, gravé à la chaude insulte d’être un bâtard comme on disait et puis je ne pleure plus sur mon sort qui est hameçonné à vivre par défaut d’une pâle envie de me foutre en l’air sur la peinture d’une angoisse d’airain qui m’assomme de moitié comme pour me dire : je suis ta haine ….

Et pourtant j’ai l’altruisme comme compagnon de route, le bagage bonnes actions et d’intentions comme humain je suis je reste pour les autres une aide …

Alors, j’écarte Dieu de mon enfer, j’isole le Diable … (étrangement le bien et le mal commencent par les deux premières lettres) et je me remets à jouer de la musique … du trombone…

J’ai encore des frissons. Suis-je encore vivant ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Midi. Le soleil est une anomalie …

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 17 et origine


Midi. Le soleil est une anomalie, les nuages toxiques, la ville possédée … et moi aussi (sans e).

Le monde du-tout-rasé est venu me cueillir à la porte de mon salon de coiffure, un matin de novembre de l’an deux mille soixante-huit. La mode « Bonze » a démarré, après le miracle de la résurrection de la planète. Je ne me souviens plus vraiment de ce miracle et si c’était vraiment un miracle. Toute information étant noyautée dès le départ, et tel groupe d’influence faisait le forcing que la manipulation et les contes-à-dormir-debout étaient légion que toute vérité était salie par effet et mourait comme un embryon à qui l’oxygène de la maman aurait manqué.

Midi. Ma vie est une anomalie, mes projets toxiques, ma femme possédée … et moi aussi (sans elle).

Il me reste la vie. Une aubaine pour certains, une chienlit pour les autres. Questions de castes et de coup-de-bol (et pas la coupe au bol). Conceptuellement, je ne devrais pas exister. Je suis une anomalie dans un programme humain. C’est dire toute l’aventure que je vis est d’autant extraordinaire que je suis devenu le Nostredame de mon époque. Toute anomalie n’est pas sujette à devenir une élimination probable. La preuve, je suis vivant. Une rareté, certes mais débitant du phrasé comme le devin devant ses brebis changées en apôtres pour la bonne cause.

Midi. Le mot est une anomalie, les joies toxiques, les oiseaux possédés … et moi aussi (sans aile).

J’invente des prophéties pour des humains défaits d’avenir sur le parvis de mon salon qui rassemble tous les genres comme des alphabets dont les langages se recentrent les uns les autres pour survivre contre la bactérie informatique au virus du passé à la musique de la voix d’un rock and roll déhanché par la voie du chemin d’un espoir qui s’est lui-même égaré à la boussole du devenir errant en haillon dans la forêt protectrice et matriarcale … et pourtant … pas de miracle …

Midi. La terre est une anomalie, l’air toxique, le cercueil possédé … et moi aussi.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Les nuages saoulés au whiskey sour sur ce tout enfariné

Film Dr Jekyll et Mr Hyde 1931- Acteur Frédric March

Film Dr Jekyll et Mr Hyde 1931- Acteur Frédric March

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


… la folie, la folie, la folie … le faux de la vraie faux se lit sur le champ de blé perdu dans une campagne aux horizons multiples et au temps suspendu comme un jambon de Bayonne au marché branché de Saint-Jean-du-Corail-des-Bois et puis la ténèbre prend acte à la dernière signature d’un soleil rougeoyant par erreur dans un ciel speedball délirant sur les couleurs de l’overdose neuronal et les nuages saoulés au whiskey sour sur ce tout enfariné d’un regard humain qui ne comprend pas encore le mot folie car dans le creux de sa main sa mémoire l’appelle à boire sa propre lie qui constituée d’âmes anciennes aux cris de rédemption les miroirs sourient à son désespoir attaché à l’encre de sa respiration enveloppée par une apnée chronique …

Il est allongé sur l’herbe de son jardin… le leitmotiv en langue de bouche à lèvres : la folie, la folie … il se roule, puis s’époumone … se déshabille de tout … s’éparpille … puis se lève prêt à partir pour l’inconnue rencontrée entre réalité absolue et relative il court il court il court la langue coupée en deux la tête renversée en arrière il crie il crie … la folie vient …. d’un balancé de faux de le fendre puis de le broyer par effet ….

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Un épiderme sensible a l’ambition d’être aimé

Oeuvre de René Magritte – Le miroir vivant

Du blog : Mil et une => écriture conviviale : sujet 15 et origine


personnage éclatant de rire… édenté de l’espoir qui se moque de sa ligne de vie brisée à l’adolescence par effet d’un excès de pouvoir… dont l’horizon c’est ouvert un matin au chant d’un rêve qui avait perdu son chemin entre les arbres d’une réalité reconstituée et d’une langue rose bonbon d’un tableau de maître excentrique et perfectionniste possédé de l’art comme un épiderme sensible a l’ambition d’être aimé… pour s’ouvrir à l’armoire des secrets, à l’alcôve d’une femme qui a posé un regard bienveillant sur les stigmates qui suintent l’angoisse, la peur… brille le chemin de la rédemption comme un trophée… quand les cris d’oiseaux poussiéreux réveillés par les démons des mots heureux, à l’échine courbée, au visage des lettres enfoncées… un melon de belle cuisine surgit, roulé par le mot inadvertance aux pieds du personnage… personnage éclatant de rire…

© Max-Louis MARCETTEAU 2019