Un espace-temps qui ne se dit pas

Photographie Nat Farbman - couple_bord_de_Seine - 1949

Photographie Nat Farbman – couple_bord_de_Seine – 1949

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Il y a des aller et pas de retour. Le drame. Enfin, pas toujours, hein ? Non, c’est des aller simples mais il n’y a pas de retour simple … quoi que, si … un retour, c’est parfois compliqué au contraire d’un aller sur l’allée du changement par exemple et pas d’un aller d’exode autre exemple, c’est l’aller non-voulu, c’est la déperdition de l’aller et peut-être la mésaventure au bout de la route … une rature sur l’onde et pour soi une tombe dans un fossé … sans allant aller mourir dans l’indifférence à l’intérieur d’un chiffre édité dans un livre d’histoire ou un journal de région voire la disparition … l’aller calvaire que personne n’entend … c’est l’indifférence qui claironne …

Un aller-retour, Mon Amour ? J’attends ton retour. Il n’est pas tard. Non. Il est trop tard ? Même pas. Il est un espace-temps qui ne se dit pas, qui ne s’énonce pas, c’est néant de retour … et moi l’amant, je reste plié de la douleur de ton manque de retour … toujours, toujours, toujours …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

J’attends ma résurrection

oeuvre de yumi katsura - défilé haute couture

oeuvre de yumi katsura – défilé haute couture

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J’attends ma résurrection. Elle tarde. Elle est très, très, très en retard. Un prénommé Jésus a attendu trois jours, il parait, selon les rumeurs bien informées. Pour ma part, modeste, j’en suis à quelques décennies.

On peut s’interroger : à quoi peut bien servir une résurrection ? A refaire les mêmes erreurs … ou pas ?

J’ai la tendresse d’un temps passé qui me manque … terriblement … à cette ascension d’amour possédée de vivre à l’invariable effet de jouir … étrange et fabuleux effet comme une drogue de bien être … sans effet secondaire … pas de blessure, pas de traumatisme, pas de douleur …

Aujourd’hui, je reviens d’une bataille … je suis un coq punit par Mars … une nouvelle fois … mais à la différence, je ne chante plus…

Alors, j’attends ma résurrection. Et ma question n’est pas si anodine : est-il possible à un vivant de ressusciter parmi les vivants ? Parce que, pour le dénommé Jésus, son tour de passe-passe : vivant-mort-vivant et hop je t’embrouille, c’est un peu facile pour … un extra-terrestre. Et oui, car il est écrit : “… et fut emporté (enlevé) au ciel ». Il a fait des miracles. J’attends le mien …

Et quoi qu’il advienne, le ressac de ma question me fera chaque jour une ride à se creuser dans ma peau et le brûlant désir de ressusciter me fait déjà griller dans cet enfer …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Un premier pas … mot …

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Un premier pas … mot …
Deux fois le tour du rond point … carré …
Trois gouttes d’eau s’évaporent dans le désert … du néant …
Quatre fessées sur le bord de l’eau …
Cinq bornes à pince pour sortir de ce labyrinthe …
Six fois six trente-six chandelles …
Sept vies pour comprendre cette énigme …
Huit étoiles pour dessiner une croix …
Neuf mois de galère

et je suis né … moi… le texte …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

A la moisson du rêve

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Passage de la limite, passage du lieu, passage entre nuages de vies et non-vies, les feuilles des scénarios songent à se tenir aux garde-à-vous aux revers de dormeuses éveillées entre drap de papillons et couvertures anti-insomniaques …

A la moisson du rêve, premier du nom, le volatile de service pose ses premières images. Le souffle de plus en plus long les mouvements des yeux qui scintillent sur le lustre d’un château … de cartes … et l’escalier en colimaçon, tu cries la bouche collée sur la vitre d’un hôpital … la pluie, une sueur, roule sur ton front et tu projettes de te suicider au premier carrefour d’une rencontre hasardeuse avec une corde pendue elle aussi et qui crie elle aussi sur la même longueur d’onde … ton cou se rétrécie et une lumière rouge s’allume ….

Réveil et sursaut. Tu es à quatre-vingt-dix degrés assise sur ton lit à cent trente de pouls et la nuit silencieuse se crispe, se tord … la lumière blanche éclate tes yeux et tu respires le verre brisé qui est dans ta bouche pâteuse … rien ne vient te sortir de ce rêve pénible même pas un réconfort de ton compagnon qui est assis sur la lunette des toilettes malade des boyaux … rien n’est moins certain que la vie soit une diarrhée tout le long d’un parcours initiatique d’apprentissage qui se solde par une mort sans avoir rien compris et appris …

Et enfin, tu te réveilles vraiment comme un deuxième souffle, un cauchemar de rêve et tu te rends compte qu’il fait grand jour quand tu ouvres tes volets sur … le néant …

Tu es morte.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je viens de débarquer sur la vraie scène de la vie

Oeuvre de Eric Liberge - Mardi gras descendres

Oeuvre de Eric Liberge – Mardi gras descendres

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Je viens de débarquer sur la vraie scène de la vie : la maladie accrochée dans mon intérieur s’est livrée gratuitement, à moi. Là, comme une mort qui ne s’annonce pas, par effet de surprise comme un cadeau empoisonné …

L’incisif m’a secoué le cœur, l’émotion me tiraille les veines, et l’humeur me vague le visage. Au décisif, je décide de l’enterrer dans le jardin médicamenteux de mon ciel le plus bleu …

Je hurle tranquillement comme un nouveau castré, comme à l’arrachement d’un ongle par effet de panaris … et puis, je déroute mes scènes de douleur, me censure avant l’explosion … la déchéance qui me creuse comme une fosse qui n’a pas encore nommée mon nom … me soumet à la diète

Je sors de ma torpeur d’angoisse. Je bois toutes les larmes que mon corps peut fabriquer encore et encore … Je soulève mes poings, haut, très haut … et pas de syndicat pour parlementer avec ce virus, ce maudit virus … de chair en chair, ma longue agonie va me poursuivre jusqu’à l’ultime autorité : la Mort, qui n’a pas de dynastie et pourtant qui a le peuple le plus soumis …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Nous étions nus et imparablement fragiles et soufflés

Film_Les Bronzés_font_du_ski

Film_Les Bronzés_font_du_ski

Agenda Ironique OctoNovDec 2018


Nous étions nus et imparablement fragiles et soufflés par la nature même de notre décision de vivre ensemble sur cette île, toi en Robinwoman et moi en Crusoéman.
«Incroyable ! Sens-tu l’air chargé d’iode, le goût du sel qui pénètre la peau ? Regarde ! La mer s’approche, c’est marée haute. Regarde, l’étendue mergnifique. ». Je regardai. Oui, la mer s’étalait, devant nous. »(1)

J’en avais gros sur la patate de me voir dans ce film avec des dialogues au creux de la vague et cette voix off qui nous envoûtait par défaut. Cet avant midi-là, les amis et quelques membres de nos familles triés volets ouverts et lumières éteintes, étaient autour de nous par une tablée bien garnie et « tandis qu’ils riaient à nouveau, Madeleine se leva, incommodée par le grognement des mioches, s’approcha de son amie et lui glissa à l’oreille : « Paradoxalement tu deviens drolatour avec cette diatribe, trouverais-tu que je sens la crevette arctique ? »(2)

Je compris rapidement, pour une fois, que nous étions entraînés dans une autre dimension et que mon dernier film n’allait pas être dévoyé en commentaires dissociés si ce n’était de rires à braises bien senties. J’allais vomir, quand Paul, ami d’enfance, s’écria :« Fatalimace ! Nous voici en insolitude ! La route court sous l’eau d’artificelles habitudes ! Met tes bottes, enfant. Les écriames et les pingouinations attendront que la polimalie des virgules se solve en délibules mirifiques ! »(3)

Un moment d’y n’inspiration se souleva dans nos poitrines. Paul s’envolait pour une autre crise de déraison. Nous étions sûrs qu’il n’avaient pas avalé sa médication insoutenable. Aujourd’hui, il revivait parmi nous par sa grandeur d’âme enserrée dans les griffes du délire phrasabool. Je n’avais pas cette envie de rire qui vous chantouille la glotte mais vous plantouille une ambiance et c’est à ce moment très précis dont la minute doit encore se souvenir à défaut d’avoir perdu le sens de la mesure : « Alors, on n’a qu’à prononcer des mots d’amour comme ça, ils se tiendront chaud ! » (4) Gertrude avait dévié les regards si ce n’est l’attention par sa voix de soprano à deux octaves qui limpide nous déposséda de l’intervention précédente en toute bonne cause que peu d’entre-nous avaient déchiffré les tenants …

Entre temps dont je ne peux dire la fraction sur l’horloge du salon pendue pour un bel effet de tenir son rôle en sonnant par sept minutes de sept minutes, par cause d’un ressort à mémoire de forme inventée par une horlogère de Toscane … je croisais le regard amoureux de ma femme quand « Ma mère lui offrit des jumeleines, que nous mangeàmes en nous fixant les yeux dans les yeux un rendez-vous créaginaire. » (5) Nous étions irréparablement amoureux. J’en suis, encore et encore, attristé. En fait, j’étais pris au piège et ne pouvais me sortir de cette possessivité qu’ont les femmes de vous embrigader par pur égoïsme. Et je regardais en coin, mon autre ami d’enfance, Onésime, qui n’était pas marié lui, ni même en concubinage notoire. Il était libre comme l’air et respirait sa propre vie d’homme libre. Et c’est beau un homme libre. « A ce momentlà, Onésime réalisa à quel point il était en retard. Les Douze Coups de Midi sonnaient au clocher et les odeurs de brioche remplaçaient allègrement celles des Mc Bacon et autres Cheeseburgers. Il s’empressa de rentrer chez lui, honteux et confus, et jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. » (6) Il n’aimait pas ce genre de regroupement de meute. Je l’aime Onésime. Il le sait et me plaint d’être enchaîné et d’être un lâche à ma façon. Il me disait que j’étais, peut-être, atteint de cette maladie qui frigorifie les hommes mariés de longue date mais « Pas encore. La pinguouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps. » (7) Car il travaillait en tant que chercheur au CNRS (Centre Naturel Réservé aux Sensoriels) et se prenait la tête dans les deux sens du terme dans ses propos comme dans ses recherches qui n’attendaient que le moment propice à s’épanouir ou s’évanouir.

Quand j’entendis, juste à côté de moi : « Chuuuutttt, Elodie, ils sont pour moi, les derniers mots de la fin !Tu peux pas t’en empêcher ! Pffff ! C’est pas moi, c’est le Zébulon» (8) Je reconnaissais bien Elodie et son amie Belette, toutes deux à se crêper le chignon et pourtant toujours ensemble comme deux électrons libres dans le monde des adultes qui n’avaient plus aucune prise sur leur devenir et l’avenir comme une utopie n’avait pas à leurs yeux l’espoir que l’on devrait donner à nos enfants …

Mais qu’importe, cette journée était comme toutes celles passées avant les fêtes de fin d’année. Nous nous réunissons avant de nous séparer chacun dans notre monde, mine de rien, avec des liens, toujours aussi solides …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je me joue la pièce manquante

Dessin de Arthur Art Adams

Dessin de Arthur Art Adams

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J’ai le sirop de l’imaginaire au fond de la carafe, le sucre des mots dilué dans le pain perdu et le fourneau de la fatigue qui me cuit à point. Il me faudrait un remontant. Une femme, par exemple. Genre bon chic, bon genre, en jupe ou robe fourreau …

Il est vrai qu’une boisson chaude, un café par exemple, pour supporter mon moi-même, mon désœuvrement et mon espoir en continuel opposition, tension, lutte parfois violente, pourrait me relever de mon apathie.

Même pas un grain de café … il faudrait que je me bouge, acheter au magasin du quartier … et prendre aussi une belle bougie… tient … me préparer un repas à la chandelle … avec le regard vide de toi mon Amour … une assiette de reproche et un verre de regrets … tout est là … je froisse mes derniers souvenirs et ta voix qui m’échappe une nouvelle fois … et te voilà devant moi hologramme muet, tu souris et ta main vient vers moi et ma main saisit … le vide …

Il est onze/trente, tu es en moi en plein jour de ma dépression … tu me possèdes, je suis le pilleur de ton bonheur passé et nos avenirs prennent chacun une tasse amère …

Je me joue la pièce manquante et nos personnages sont des fleurs qui se fanent à la mélodie de l’Amour qu’une guitare répudiée par un artiste paumé épanche sur le trottoir et … ma corde au cou qui s’impatiente …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Le paradoxal du signe

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Le paradoxal du signe qui apparaît dans une vie commune, ne vous appartient pas. Comme la myxomatose,  connue, mais dont vous êtes étranger à la chose, elle appartient à un autre secteur de la vie ou … de la mort, selon où l’on se situe sur l’échelle du vivant à deux pattes ou quatre pattes. Je vois d’ici votre rictus et vous pensez, bien malgré vous à la position, de la Levrette. Je dis : non, non. Il ne faut pas tout hyper sexualiser, même si la vie sociétale est question de position …

Maintenant imaginez que vous voyez un wapiti traverser la rue, ce n’est pas obligatoirement le signe d’une rencontre inattendue avec une blonde, 1,75m, 95C, ou d’un brun, 1,80m, yeux bleus, tablettes de chocolat, dans l’heure qui suit. Pour l’instant, il est peu commun dans nos contrées européennes de croiser un tel animal comme d’ailleurs dans un autre registre le hipster, à ne pas confondre avec le bobo qui est en voie de disparition selon certaines sources… enfin, on le souhaite pour certains …

Bref, le signe du signe en signe enseigne que l’éclectisme est flagrant dans ce domaine et pourtant les clés sont identiques. Soyons avant tout des sybarites (et pas six barriques) dans nos vies et le lumineux de nos désirs s’offrira à nous sans aucun signe … apparent …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je suis assis sur le rebord du mot.

Jacqueline Maillan & Daniel Ceccaldi - Pouic-Pouic - 1963

Jacqueline Maillan & Daniel Ceccaldi – Pouic-Pouic – 1963

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L’ivresse des mots vaut bien un paysage magique … muet…

Je suis assis sur le rebord du mot. Il me prend le tournis. Je résiste, et la parole fielleuse est un lasso. Je suis ligoté et aucun pompon de marin ne viendra me sortir de ce moment de flagrant délit de jouissance du mot qui me souffle son existence dans les bronches comme un soufflet de forge …

Je brûle à mon tour de n’être qu’un nom, prénom, numéro analogique … de consonnes à voyelles les sons s’appellent les uns les autres encore et encore …

Lendemain est une hésitation sur la longueur de temps et j’enjambe le pont de la division de l’être en humain sur le territoire herbeux de la ponctuation défiant ce fameux souffle comme une souffrance de vie qui s’étend comme du linge sur une ligne trop tendue étendue … au soleil de fête pourvoyeur de micro-vies pour alimenter une mort manufacturée par le Grand Architecte …

Je viens pour une autre année, un autre âge, poser mon empreinte sur le sable du souvenir de l’autre avec des bougies nommées le bonheur d’additionner une palette de couleurs qui se nuancent mine de rien à la beauté tant recherchée qui apparaît comme si la vieillesse apportait mine de rien encore sa vraie valeur de vie, sa raison d’exister parmi le branchage feuillu de la descendance comme point de référence, d’appui …

Car le mot vieillir a toute cette richesse et son ivresse d’un bon vin aux arômes à fleurir encore et encore …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Il est minuit et une minute

Dessin animé - Betty Boop s Life Guard - 1934

Dessin animé – Betty Boop s Life Guard – 1934

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Amour, amour … le cri du cœur s’essouffle comme un cyclone qui rencontre une terre trop vaste pour être dominée. L’amour est une terre de vie. Île ou continent, qu’importe. Le temps ne compte pas. Il n’existe pas ou est neutralisé.

Celle ou celui qui gagne la coupe de l’amour est souvent naïf. Il se croit éternel. Il est feu follet, intense certes, mais il brûle la chair de l’âme. Il reste rarement des braises, souvent des cendres … Cet amour montre sa nature quand le couple formé se déforme sur la réalité de la vraie vie. L’amour n’est pas dans la vraie vie. C’est une évidence. C’est aussi une découverte pour les novices. Et rien ne sert de le prier, il nous mène en bateau, tout en étant notre nourricière

L’amour a plusieurs visages et est bien malin qui sait reconnaître le vrai. Ses blessures ne laissent jamais dormir et l’âge les défigure dans les profondeurs.

Je regarde l’heure. Il est minuit et une minute. Je suis seul. Mon Amour est partie depuis bien trop longtemps et pourtant j’attends chaque soir qu’elle se décide à m’enlacer … en vain… amour, amour …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

J’ai le bio dans la peau

Oeuvre de Hans Baluschek - City of Workers - 1920

Oeuvre de Hans Baluschek – City of Workers – 1920

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J’ai le bio dans la peau et je hais toute industrie hypocrite. Pourtant je vis dans un appartement HPE (Haute performance énergétique). J’ai honte. Moi qui rêvais de vivre dans une maison en torchis plaqué dans le Lot avec une femme rustique et des enfants de campagne. Je me sens laid, difforme, hideux, monstrueux … non, pas monstrueux … enfin, bon, je ne vais pas non plus me flageller sur la place publique de mon quartier et attendre que le peuple m’injurie et me condamne à mort.

Cela me fait penser à ce fameux film « Fahrenheit 451 » de Truffaut. Rien à voir. Et pourtant il faudrait des pompiers pour éteindre cet emballement du progrès .. mais l’emballement n’est pas maîtrisable. C’est un constat. Il s’arrêta par un manque. Lequel ? Je ne sais pas.

L’obsolescence n’est pas programmée pour la planète terre. Elle se régénère et pendant ce temps, je vais prendre un ticket de métro et goûter l’humains en fond de terre. C’est répugnant et j’aime. C’est ma vie, je chante et fais manche ou chapeau selon. C’est mon second habitat. Je reconnais des visages, des silhouettes, d’un sexe à un autre, ces humains sont si différents et tout à la fois insupportablement indifférents envers les autres. Tous des inconnus aux hormones identiques et réactions parfois inattendues mandatés à survivre en milieu hostile qu’ils ont eux-mêmes fabriqués de toutes pièces …

Je vais rentrer ce soir vers vingt-trois heures, me prendre un café, des grillés, du beurre salé … un peu de Netflix et me replonger dans mes cours en e-learning de cosmétique. Peut-être que ce monde est trop cosmétisé … je suis aussi de ce monde … customisé …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Vous avez dit mutation ?

Oeuvre Jules Blin

Oeuvre Jules Blin

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Je ne vais pas prendre des barbituriques pour faire plaisir aux gens de l’immeuble. Non. D’ailleurs, tout le monde sans fou. Je vais jouer avec mon martinet nu sous la douche à l’italienne et me prendre une bonne raclée pour petit déjeuner. Cela va me remettre en place les idées positives qui avaient tendances ces derniers temps à se faufiler dans les filets du hamac du laxisme. C’est bien péremptoire. C’est vrai. Je me connais, là est mon plus beau défaut. Car se connaître c’est quand même se chercher les noises et se faufiler dans les spirales des connexions des questions solubles dans un parallélépipède d’eau saline des non-réponses en perspectives …

Vaut mieux bouquiner une bande dessinée aux traits parlants, aux reliefs païens, sur le plancher des vaches dans un hamac que ruminer l’inflation de sa propre humeur sur la fertile position de la dépression au bout d’une corde qui se demande comment elle s’est retrouvée, accrochée, au plafond d’un sous-sol sordide d’un immeuble en voie d’humidité à la signature de l’insalubrité qui ne demandait qu’un peu d’attention au genre humain pour l’entretenir… mais le mot d’ordre est : attiger pour déposséder ce qui est érigé en vivant …

Je vois bien que ce matin … suis en train de me noyer dans un verre de vinaigre. Assis devant ma tasse, trop grande, trop vide, j’ai cette envie de me recroqueviller comme un gastéropode laminé par le cauchemar à la cuisson du beurre maître d’hôtel…

Non, je ne veux pas être dévoré par des inconnus sur le palier de l’indifférence, sur le trottoir sans nom à la lumière d’un lampadaire qui clignote de la lampe comme un défaut de fin de vie. Je vais me battre et gagner cette escarmouche du délire de la solitude, de mon alcool, de ma vie comme une maladie …

— Alors ?
— Alors, des infirmiers sont venus le chercher pour le transporter à l’asile le plus proche …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Parlons procrastination

Image Bibliothèque du Château de Groussa

Image Bibliothèque du Château de Groussa

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Si « Le travail c’est la santé, rien faire c’est la conserver » nous chante Henri, je dis qu’il n’est pas moins édifiant que ne rien faire n’est pas la liberté, même si l’on est libre de ne… rien faire et rien faire est un oxymore qui me fait penser à « Vient ici, fous-le-camp » de la même teneur mais dans un autre registre… En effet entre le rien et le faire, y a un gouffre que dis-je un océan si ce n’est un écart d’un univers à un autre… pour faire… simple on ne peut pas être dans le rien et le faire.

Alors certains puristes soulèvent le faire et lance d’un rien que le rien et faire sont tout à fait compatibles. Vrai, c’est même tout une affaire et ce n’est pas… rien. Donc, en effet nous sommes bien devant le fait accompli que le rien faire est une occupation, voire un travail comme un autre… Ainsi, l’on prend à contre pied si ce n’est à cloche pied, le fait que faire n’est pas défaire mais bien la négation du rien faire dans toute sa dimension…

Mais, je vois dans l’assistance médusée par de telles assertions, lancées par un bon à rien, moi en l’occurrence, et qui a sans doute, rien d’autre à faire… de n’avoir rien dans la tête… pourtant, il y a incontestablement un savoir faire du… rien faire si on prend l’expression commune de tous les jours. En effet, le rien faire n’est pas du genre à se laissez… faire et n’est pas, à qui pourrait penser par un hasard bien sapé en lunette noire, un faire-valoir, non, non, et non plus un laissez-faire du genre frère aîné nommé laxiste qui à tendance à faire la tête et tenir tête… il faut le faire…

Bref, à notre rien faire, il faut repasser d’un savoir faire au savoir être… tout un art que nous allons aborder dans cette conférence d’une petite heure après un petit jour de retard… dont le thème est la « Procrastination en milieu urbain non Euclidien »…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Dernier repas

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A l’ultime, nous sommes tous, un jour ou l’autre, tenu et “les jeux sont faits, rien ne va plus,” et “le vin est tiré, il faut le boire”… n’ont pas d’échappatoire. Nous sommes sur le fil du rasoir et chaque blessure nous délie de la chair et d’os nous engrossons à nourrir grassement, à l’exemple, une vivace desmodium gyrans en terre exotique…

J’entends au loin le hautbois de ma dernière ligne… mais j’en ai rien à vibrer, j’avance à contre-courant comme déphasé à la ligne d’un destin déjà aiguillé à la va-vite, aux desseins à la sanguine marinée au nébuleux d’une bonne étoile qui s’essouffle comme un coureur de fond qui a usé sa volonté, limé son espoir, déshabillé ses dernières larmes sur le col de la souffrance tout là-haut à la gamme finale sans trophée…

J’ai le tantrique et les glanduleuses Skene insensibles et mon corps sur miroir déforme ma réalité d’être. Je ressemble à une pomme de terre filiforme déformée aux fibres d’un arbre trop souvent foudroyé. Je prends mes derniers médicaments poisons avec une autre bouchée de tagliatelles comme si je dévorais mes derniers liens…

Je m’allonge et attends le terminal d’un regard de Mort harmonique… qui sait ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La recette du Rire

Film extrait Spiderman avec Peter Parker

Film extrait Spiderman avec Peter Parker

Défi de lateliersouslesfeuilles : A vos claviers #7 :


En fait, depuis un certain temps, je joue à l’apprenti sorcier, à l’alchimiste en chambre… dans ma cave aménagée à cet effet. Je suis à la recherche de la recette du Rire. Le vrai ! Pas celui qui vient comme un quidam du dimanche, voir fleurir les fleurs de campagne et hop hop, une photo et hop, un instant frigorifié qui va rejoindre le Grand Tout du Néant.

Je suis à la quête du Rire, ce Graal franc, incontestable, éclatant de sincérité qui dilate les neurotransmetteurs, qui délient l’épigastre, le diaphragme, les zygomatiques… les larmes et la vessie… mobilise les fluides positifs d’une réaction en chaîne (le nucléaire du Rire)… immobilise les armes de la mélancolie, de la peine, de la morosité, les bourdons du string, la lassitude en résille… Le rire édifiant par l’écho renvoie sa nature au profil de son onde authentique…

Cette recette du Rire perdue depuis… on ne sait vraiment plus et d’ailleurs qu’importe, elle n’a jamais été inscrite que dans les mémoires des anciens qui hélas par un effet non attendu ont égaré par des rires à mourir la fameuse recette…selon la légende…

Par prudence, il faut quand même une posologie adéquate selon l’état de tristesse de l’individu concerné (pour les femmes doubler les quantités) et espère ne pas avoir fabriqué un insecticide du Rire. Donc vous notez :

Vous prenez de dix gammes de chant, soixante grammes de notes et un huit grammes d’air et vous mélangez le tout dans un bain de foule de… naturistes, auparavant épilés de près… À boire sans modération le matin…avant tout autre breuvage. L’effet est garanti sur facture… sans bourse déliée… et je peux vous affirmer que ce n’est pas du vent. Une telle recette vaut son pesant de cacahuètes et ainsi croquez la vie à plein bras (et si vous en avez deux, c’est d’autant mieux).

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Pensées déviantes

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La patience est un mot dont je n’ai pas d’accointance. Non, non. La patience, c’est attendre… souvent à distance. Et attendre c’est perdre du temps de vie, c’est le contraire de l’accomplissement et une des nombreuses carences de la constitution d’une existence.

Aujourd’hui j’ai cette sensation d’attendre au-delà du raisonnable. Ce bus qui n’arrive pas et ces gens insensibles comme l’eau qui traverse la terre qui se noie…

J’attends parmi d’autres attentes. Longueur d’un temps qui s’étire de bras à bras de minutes torturées, j’accomplis ma souffrance, mon impatience, ma pénitence, mon calvaire…

J’entrevois la ferveur de certains à cette souffrance de la patience déclinée sur le palier de l’attente et à son dernier degré celui du manque, à ronger les ongles des aiguilles de l’horloge du souffle qui fredonne les soupirs comme des râles et à toute aventure possible, la récompense, le trophée de la jouissance, de la libération de l’entrave du manque qui a posé le mot bonheur presque comme une enclume.

Et j’attends ce bus maudit qui ne vient pas et je tourne en rond dans mon esprit trop étroit à ma condition de salissure, de tache indélébile sur le parvis goudronné de cet abri qui m’aspire dans les tréfonds de la fièvre de l’agacement.

A genoux il faudra me repentir de ces pensées et me traîner sur le dallage cadavre de ma cellule… quand un indécis me cloue par ces quelques mots :

— Mon seigneur vous vous êtes égaré de votre diocèse ?
— Non, mon fils… mon chauffeur est en gréve, il se dit comme, nos religieuses, abusés par de nombreuses tâches et heures… Est-ce que Jésus a compté ses heures, lui ? Non, mon fils ! Je vous le dis en vérité…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Cul et chemise ?

Photographie de George Hoyningen-Huene - 1929

Photographie de George Hoyningen-Huene – 1929

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Je ne vais pas faire l’autruche. Non, non… Il faut sortir du quotidien et ouvrir les yeux… mais tristesse et corde sont dans chaque paluche.

Le temps de relever la tête avant de la perdre. Le temps du pourquoi est à enterrer… attention tout de même à la fosse déjà bien creusée… un faux pas est vite arrivé et le bonheur de l’asticot n’est jamais vraiment loin.

Je vais goûter l’abricot de la vie… ce qui en soi ne veut strictement rien dire.

— Tu fais quoi ?
— Je goûte l’abricot de la vie !
— Ah ? Et… je parie que ta copine t’as largué ?
— Non, non… c’est une expression nouvelle !
— Tendance ?
— Oui, c’est ça !

En fait, cette expression est l’arbre qui cache la forêt.

— Un abricot devenu arbre qui cache une forêt !
— Wouaaaah, c’est la fumette du matin et l’intoxication de la pensée ?

Bref, c’est le mystère. Comme quoi, il ne faut pas s’éterniser sur des expressions dont l’invention est douteuse, mais qui peut porter son fruit… unique.

Aujourd’hui, je sors de mon quotidien. Je vais prendre le frais et me prendre en main à défaut de me donner ce fameux « coup de pied au cul » encore une expression qui me rappelle celle-ci, aussi fameuse, d’un général : « Donnez-moi quinze jours de dictature, je vous décentralise la France à coups de pied dans le cul. » (et pour les puristes, il s’agit du général d’Amandine dans Le Bœuf Clandestin de Marcel le Bien Aymé).

Quoi qu’il en soit, je vais de ce pas à la piscine (une fosse d’eau) noyer mon ennui de vie et y mouiller ma chemise à défaut de la perdre si ce n’est provoquer une rencontre appropriée et devenir… cul et chemise…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Overdose de mots

Film Surcouf de Luitz Morat - Antonin Artaud - 1924

Film Surcouf de Luitz Morat – Antonin Artaud – 1924

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Je suis dehors. Il fait nuit étoilée et j’ai le nébuleux assis sur le banc public dans la peau de cette ville. A deux pas et trois mots, une péniche est accostée comme un morceau d’histoire pendu au gibet de l’indifférence et coule lentement dans le néant prohibitif de notre temps dépouillé de sa substance nutritive du : prends le temps au temps.

Me sortir est une priorité. Je me prends par la main tous les soirs et me retire les épines des réseaux sociaux, d’une connexion anaconda qui digère l’entité et l’espace de vie à un écran qui me grille les yeux.

Ce soir ma patience est au bout d’une corde. J’attends le moment où d’un cou elle s’enroulera et d’un coup de canif sera tranchée. Pour l’instant je ne tranche pas ma décision. C’est une partie de poker menteur et chacun de mes avis s’enferme dans une tourelle de dénégations où dans une fosse d’affirmations, le tout dans la prolifique passion de les entendre et de les arracher de ma terre comme des oignons trop gourmands de fleurir.

Je suis en chemise, short, tongs en ce printemps qui se reconstruit et dessine de partout sa marque de marqueterie et je respire la frondaison de mes pensées toxiques quand j’aperçois non loin de ma position une femme en salopette violette. Une incohérence dans ma perceptive.

J’ai l’impression que ma rétine divague légèrement sur la droite, la gauche, non… sensation d’un mal de mer et que je vais remettre mon bulletin de santé au maître de cérémonie qui est en train de me piquer…

— Alors ? dit la femme en salopette violette.
— Overdose de mots… passez-moi la sonde de restriction des mots enchaînés, dit le médecin dictionnaire de poche.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La Mort… Grande Garce…

Dessin animé - Les Pingouins de Madagascar - Kowalski

Dessin animé – Les Pingouins de Madagascar – Kowalski

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Rien de moins sûr que nous soyons des héros si ce n’est de potentielles poules mouillées goinfrées gavées d’informations sur le bord de nos routes quotidiennes au rôle du mort voyeur alimentaire aux yeux d’une pseudo-liberté embastillée criarde loin de la chérir de l’ébat elle se débat des griffes de lois bornées malavisées ineptes de l’Arcane sans nom qui a son cou porte l’insigne des gibiers humanoïdes et au coup de chaque milliseconde sonne le sommeil au mot éternité qui se déboyaute bidonne se tire-bouchonne son restant de harde la gueuse chante quand même l’hymne de la déchéance décrépitude déclin délabrement et nous sans refuge voix éraillée… elle aura notre peau mais pas notre âme… cette Grande Garce … la Mort …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Quel cirque !

Oeuvre de Chagall - Le Cirque Bleu

Oeuvre de Chagall – Le Cirque Bleu

Agenda Ironique d’Avril 2018 lateliersouslesfeuilles


Tête de poisson et tête de cheval, la constellation se déploie au-dessus d’un océan livide de décomposition possédé à la couleur humaine comme une mauvaise soupe à la grimace à vomir sur la plage des écumes bleues douleurs et griffures de Lune en crise à sa grise évolution de soutirer les démons de nuits bleues noires…

Et la sirène écorchée s’écaille et s’éventre en cette nuit comme une offrande à offrir à l’œil Lune possédé de sa mort comme une révélation de vie torturée et cendrées aux sangs des innocents rêveurs dépecés sur les montagnes terrestres des prières…

Et tout ce monde attend le premier chant du coq comme un premier tour de chant d’un trompettiste sourd et aveugle de connaître l’amour des notes à la caresse de l’onde d’une contre-basse de cordes en larme et pose toute timide dans le coin d’un feu bleu froid…

Et puis un trait de lumière diaphane, une voie lactée enfante enfin le tableau qui se joue du peintre et se rit des dimensions de son imaginaire à la prière retroussée d’un rêve grognant dans son jus jusqu’à l’abîme menottée et pourtant libéré dans une toile prison pour les regards carnassiers… humains…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018