Zone grise de l’idée en devenir…

Dessin de André Franquin - Idées Noires

Dessin de André Franquin – Idées Noires

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Tout est là, devant moi. Des mots en vrac, des mots qui demandent la transhumance : direction l’alpage. La marge fossé n’est pas d’humeur du genre : « lâche-moi la basque ». Le stylo s’impatiente, son océan d’encre houle sa vague, son agacement, du genre : « je vais en faire une montagne ».

Et pourtant rien ne sort. C’est le vide plein de tout au désordre d’attendre un ordre qui hésite à s’exprimer à se décider d’obéir à sa substance d’être.

Je me souligne au fluo et me plonge la tête dans la salle d’attente du four à mots où mijote un filet de merlan en papillote. Je suis immobile devant la ligne directrice au fouet de m’indiquer la marche à suivre au pas de la cadence folle, folle…

Je refuse de m’embarquer même au mot eau (faux jumeau de moto) sans âme qui ira baver sur les lignes marie chastes aux mouchoirs flottants de la larme facile et dont les enfants auraient aussi l’indélicatesse de dessiner avec leurs doigts peintures, affront de l’alpage qui n’est pas Canson.

Je tourne en rond du rond de rond gribouillage de bienveillance, je commence à entrapercevoir le ciboulot qui se creuse à la création car l’idée ne fait pas dans l’altruisme.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Vous avez dit épi …

Défi de Lili littérartiste Poésie de l’aléatoire N°1 (projet d’une lycéenne, à encourager, participer)


L’épi s’entête s’affole d’avoir perdu pied au moment où l’épicentre de l’épineuse épaisseur du trouble s’évapora en un souffle de fouet aux regards multiple de la galaxie des curieux avides de croiser la peur de cet épi sans tête qui divague sur la chaussée épilée de vie morale.

Épinard de Fer, son ami, n’avait pas l’oraison facile et soulevant son épigastre d’une inquiétude légitime devant l’épicurien … épi … épingla la suceuse variation du trouble au vent dormeur qui n’avait pas le tourbillon, non plus facile et dont l’épine dorsale souvent douloureuse le laissait dans le plat pays des vents ouest sans.

Il n’était pas à prendre avec des épincettes dans ses épisodes transitoires … l’épi … mais il fallait mettre les pieds dans le plat pour le faire réagir avant que l’épi phénomène ne se prenne pour un effet papillon … et l’épiner en toute connaissance de cause pour son bien.

Bref, en toute vérité l’épi avait perdu son K dans l’Épire des cas et il fallait qu’il remonte la pente. Mais le soutenir était épidermique à l’épice bien senti. De fait, l’Épinard de Fer se saoula et perdit lui aussi sa tête avec un mauvais pinard au retour bien arrosé de pluie alla s’encastrer dans un épicéa et expira …

A cet épilogue tragique sans corps ni tête, l’épi se donna le dernier coup d’épi d’épée fort peu …épique.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Demain a toujours existé

image_auteur_inconnu_ville_grenoble

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Défi de lateliersouslesfeuilles => A vos claviers #5 :


Si demain est un autre jour, ce jour est bien défini comme ayant existé. Je confirme. Ce qui devait s’accomplir, a été accompli. Que dire de plus ?

“I did not understand”. C’est simple, le jour d’après existe. Ce n’est pas que le titre d’un film. Ce jour inscrit dans le calendrier a une réalité d’agir dans le futur. Le futur proche est l’extension à subir un passé proche : hier. Le produit des hier fabrique la somme des futures proches et lointains sans tarir.

Cela posé on constate sans rougir que le demain existentiel suit tout simplement des “rails” qui ont été posés bien avant son existence possible et rien ne peut redéfinir un demain.

Je vois des expressions de visage se recouvrir du mot : dubitatif.

Reprenons : ce jour d’après qui est la succession des autres jours ne fait que repartir avec des strates à grossir au fur et à mesure de sa propre histoire et à engloutir sa propre existence donc de connaître sans faillir la suite.

Donc demain a déjà existé, il suffit seulement de le vivre pour reconnaître toute sa substance…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Voilier dans de beaux draps

Blog popinsetcris contrainte écriture.


Il est de bonne heure. Et le vent vient de s’étendre sur la voile. À ma longue vue, j’aperçois une île qui n’est pas répertoriée. De mille en mille elle est perdue, elle aussi.

Je suis le vagabond des mers, le routard de l’océan, le Lapérouse des mers, bref j’y connais un rayon de sextant et pourtant… je ne sais pas où je suis… quelle honte !

En fait, je vais risquer l’accostage sur le port naturel de cette île… mystérieuse. Je n’ai plus de vivre, alors… ! Et à la dernière bordée, on m’a volé tout mon attirail de pêche…

Je m’approche aussi lentement que possible et une bitte naturelle va me permettre d’immobiliser mon catamaran trente-six pieds…

Et me voilà sur la passerelle : la terre ferme devant moi, enfin une plateforme rocheuse assez conséquente couverte de lianes et autres végétaux assez étranges d’ailleurs, à l’approche, qui remonte sérieusement sur trente de mètres de haut chapeauté d’arbres et à part ça ? Eh bien rien. Je suis bien avancé. J’aurais dû faire le tour de l’île avant d’accoster à cet endroit. Si je ne trouve pas d’issu pour explorer plus avant, je ne vois pas l’intérêt de rester et faire la politique de l’autruche.

Et je ne vois aucun intérêt à écrire ça sur mon journal de bord. C’est un coup à passer pour un gland.

J’avance quand même vers cette roche assez… hostile. Pourtant, j’avance comme un aimant et à mon contact, la végétation accrochée à la paroi… frissonne. Étrange phénomène.

Et j’entre aperçois dans la roche une fissure comme une entrée. Je suis attiré. J’écarte feuillages, branchages. Et au moment où je pénètre, une faible lueur parcours le boyau. Je ne pratique pas la peur tous les jours et à ce moment, je ressens que je ne vais pas en ressortir comme un pressentiment.

Une certaine chaleur s’impose. Mes vêtements sont trempés. Je respire un peu trop fort mais qui puis-je ? J’avance dans ce tunnel, mon guide par défaut. J’ai dû faire une vingtaine de mètres ce qui est peu et pourtant j’ai l’impression d’avoir fait un marathon.

J’ai une moiteur à l’intérieur de mon corps Et puis j’entends une voix. Est-ce vraiment une voix ? Ou le chuintement d’une eau ? Le murmure d’un ancêtre égaré comme moi ? La végétation qui se plaint ?

A quelques mètres, un peu au-dessus de moi, une chose brille. Je tends un bras, ma main accroche une forme polie d’œuf bleu brillant. Et tout-à-coup, je suis électrisé…

Je me réveille ligoté en haut d’un arbre et le lointain de l’océan est devant moi, gigantesque et surnaturel. Je n’ai pas la force de crier. Je n’ai plus la force de penser ce que j’aurais dû faire ou pas. Il y a des situations qui n’offrent aucune alternative et les deux mots : trop tard, sonne dans mon crâne.

le soleil ne fait pas semblant de se branler les rayons, il envoie l’animal, il martèle comme le forgeron sur l’enclume et je suis l’enclume… Je délire…

De l’eau, de l’eau… rien… le vide n’est pas nuageux et paradoxe de ce délire je suis en plein brouillard et j’ai la trique… quelle honte !

Et au moment le plus inattendu, me voilà renversé au pied de mon lit…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Mario net ?

Photo de Tony Frank - Gainsbourg et sa Marionnette -1973

Photo de Tony Frank – Gainsbourg et sa Marionnette -1973

Blog popinsetcris contrainte écriture.


L’espagnolette grince de son rire journalier. Le vent frais me taloche le plein du visage. Il est matin sur les hauteurs en compagnie d’un gypaète fidèle à sa ronde matinale. Si j’osais, je ferais un signe de la main. Je n’ose pas. D’ailleurs, je n’ose jamais. J’ai l’audace timide, et la naïveté toute disposée.

Les montagnes sont belles sur l’horizon délavé d’un ciel aux paupières fermées d’étoiles. J’observe. Le jour se déshabiller devant moi, l’air de rien, comme un passant qui suit sa route dans le ciel et le signe d’une belle journée.

Et pourtant de toute ma hauteur vous pourriez me poser la question : “Est-ce que vous lapiez la cime des arbres de votre regard nu de désir ?”

Non, je n’avais à ce moment aucune attente. J’étais bien avec ce léger pincement entre la faim et la fin, mais rien de contrariant sur… l’instant.

Je ne fermais pas la fenêtre au bip-bip de ma messagerie qui en ouvrait une autre. Tiens, un SMS de mon ex. J’osais lire, je n’osais pas comprendre. Il était écrit : “si tu lis ce message, c’est que je viens d’embrasser du dixième étage le goudron du trottoir”.

Je me suis assis sur le rebord de mon lit despotique par les nuits de flemmes, d’inconscience relative de désirs. Sur la table de chevet, ta photographie. Mais qu’est-ce qu’une photographie qu’une mort probable qui sourit par inadvertance aux yeux d’une probable personne concernée.

Je n’ai plus de larme depuis que tu es partie, en claquant cette fameuse porte en chêne qui vibre encore quand ma main empoigne la… poignée, je ressens toute ta haine et ce seuil qui d’un talon aiguille a brisé ce même jour comme s’il devait te retenir.

Je suis de nouveau triste, de cette tristesse granitique insupportable. Je me lève. La fraîcheur s’impose maintenant, complètement dans la chambre et à… moi.

Le soleil est une illusion et le sol en contre-bas une certitude que même le tétrapode de service ne peut contester. Il suffit d’enjamber la fenêtre et basculer, s’écraser, se disloquer le crâne, ne plus penser, ne plus souffrir, se rompre totalement… moi la marionnette amoureuse de mon… manipulateur.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Tolérance… définition

Oeuvre de Jules Lefèbvre

Oeuvre de Jules Lefèbvre

Blog popinsetcris contrainte écriture.


 

Je pose ma valise sur le bord de la route. Il est tard, il fait beau, le ciel est bleu.

Est-ce vraiment ma valise que je pose ? Je recommence.

Hier j’ai posé ma tolérance sur le bord de la route. J’exergue : toute vie commet des erreurs et l’erreur est une tare.

Pas de consensuel possible.

Il manque quelque chose ? Je recommence.

Hier j’ai posé ma tolérance sur le bord de la route et l’ai… tuée.

Mais est-ce hier ? Il y a peut-être dix ans, vingt ans. Ma confidence est-elle anachronique ?

Demain l’aube sera pendue en même temps que moi, haut mais pas court. Agonie en perspective ?

Ma plume ne tremble pas, mon encre s’éparpille et griffe mon incompréhension.

Je l’ai tuée ? Possible. Je suis coupable ? Possible. Je n’ai pas fait exprès.

Pour certains, mes propos vont de l’intolérable à l’outrance… l’outrancier. Intolé… comme intérieur, entôler ? Prison. Enfermement.

J’ai voulu enfermer la tolérance et son effluve sur le parvis de la société qui impose son diktat, car cette tolérance n’est pas celle de ma définition. À la tolérance, il ne faut qu’une seule définition.

En filigrane est inscrit son acte de foi et rien ne sert de creuser même avec une formation en spéléologie. Faut-il le mettre au jour et dire seulement que la tolérance ne doit pas être défigurée. Voilà notre seule définition.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Ça balance pour moi

Oeuvre de Ida Rentoul Outhwaite

Oeuvre de Ida Rentoul Outhwaite

Blog popinsetcris contrainte écriture.


Entre “je marche sur des œufs” et “je joue sur du velours”, y a un monde. Et l’un ne raille pas l’autre. Respect mutuel et apaisement assuré, harmonie de bon aloi et l’horizon de la paix sera assuré.

Bref, tout ça pour dire que je suis un total profane des expressions. Je n’aime pas les expressions, enfin celles des autres et puis c’est tellement facile. On peut ainsi faire bonne figure dans la pâleur d’une conversation et les sacrer aux airs de discussions usées, débraillées, évasées et disgracieuses (je ne donne pas d’exemple, suivez mon regard).

Je préfère les moments naïfs de la balançoire (je suis un fan, cela me rappelle, d’un peu loin il est vrai, mon berceau), cela m’apaise, me console, me charme et ce rythme m’endort presque que je pourrais me métamorphoser en chrysalide de papillon (je conçois l’énormité de la chose et la quantité de glucide astronomique de l’envergure d’un tel papillon de cent trente bons kilogrammes (habillé).

Mon vœu n’a jamais été réalisé pour le plus grand soulagement de mon entourage et je ne voudrais pas les hérisser (même des poils) mais je soupçonne qu’ils profitent du débonnaire gallinacé de notre voisin pour me réveiller au moment le moins opportun. Mais gare si je m’en aperçois, avec moi “ils marchent sur des œufs” et “ils jouent sur du velours”, car mon courroux sera d’une belle brises-d’os.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Rien ne va plus

Blog de annedenisdelln contrainte d’écriture. Et voici le texte 🙂

Rien ne va plus, les jeux sont défaits. Défait, le mot est faible comme le tronc d’arbre devant la tronçonneuse de service. Service compris, je sors du café, l’air d’avoir pris une douche froide. Froide c’est bien toi, en ton caractère chaud. Chaud devant tu avais ces mots dans ta bouche qui se truffait devant un chapeau melon reconvertit en détective privé. Privé, je l’étais de toi, ma princesse, ma pomme. Pomme que nous avons croqué entre le troisième étage de la vie et le cinquième de l’adultère. Adultère et cartomancienne qui avait des chausses de boxeur, gants transparents, et nous alerta sur notre devenir en s’exe clamant : “ Nom d’une pipe en boite, il ne faut plus prendre les parapluies pour des sirènes!”. Sirènes, nous étions en double, triple, alerte, plan Paul Marre. Mare déjà et l’eau dans le réservoir des futurs souvenirs qui rappelaient par un éclair fugace et fuyant la révolution, les jacobins, les communards, les jansénistes, les girondins, les montagnards. Les montagnards, j’avais le goût de la rive gauche entre le premier lampadaire du pont Neuf et la rue adjacente en pavés. Pavés dans la même mare, je me devais de prendre la première malle venue et me tirer à la lueur du ciel décoiffé par des nuages blancs sur fond de néant. Néant, j’y suis à présent et pour rien.

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

A la cervelle

Artiste Clara Bow en 1928

Artiste Clara Bow en 1928

A la cervelle posée sur le plat d’argent, les neurones synapsent le conquérant, le fameux scalpel assoiffé d’agonisants tenu en main par un maître tout de blanc, cuit au four de la folie cet édenté médecin dégoulinant de veines pendues à sa blouse de saint découvreur de l’anatomie tel l’archéologue clandestin pille les secrets pour enrichir sa démence à dessein d’empaler l’âme qui le tourmente sur la croix de l’agonie d’un voleur de bonheur qui se devait de gagner son paradis !

© Max-Louis MARCETTEAU

Cogitation

« Ce qui n’a pas de lieu, un grand désordre » du site Paradisbancale

La topographie de la pensée n’a pas lieu de tenir compte d’un ordre quelconque dans sa représentativité d’un lieu existant physiquement dont les données imagées ne sont que pures spéculations car non soumises au préalable à sa connaissance.

Ceci posé :

Quoi qu’on pense, le lieu est attribut de la perméabilité de la pensée, permettant ainsi de dessiner un bloc de pensées qui accorde un seul élément de référence afin de pouvoir constituer une définition si ce n’est un début de construction.

Ce non-lieu ne fait pas office de lieu permanent. Il est lieu partout où bon nous semble. D’ici ou d’ailleurs entre les images réelles imprégnées de notre rétine, à celui existant par les différents spectres de la lumière invisible qui peuvent sous-entendre que, pour l’exemple, le grand désordre s’installe, simplement pour étayer un début de pensée sur le sujet. Il est paradoxalement le point d’équilibre.

Nous abordons la pensée relative, sur un lieu relatif et dont la consistance des deux, peut prévaloir sur tous les termes, si ce n’est qu’un seul, au pouvoir de créer une entité subjective pour le plaisir d’assembler des idées, des définitions, ici, le désordre comme point d’appui.

Cependant, on a tout lieu de penser que les mots : lieu et désordre (grand étant un qualificatif pour rehausser le désordre) ne sont que des faire-valoir. Car ce qui importe, ici, est la négation : n’a pas. Il soumet ces deux mots à son diktat. Il émet sa puissance comme un empereur sur ces sujets.

Par cette première hypothèse : « Ce qui n’a pas de lieu, un grand désordre », la pensée plus que le lieu permet d’appréhender qu’un désordre possible est présent. Rien, nous le confirme. Il en ressort toutes les possibilités, le désordre en est une. Nous pourrions à loisir décliner. Et à chaque déclinaison, un autre monde viendrait se greffer dans la propre pensée, jusqu’à envahir (soyons fous) la réalité. Celle-ci, pourrait vaciller et ne plus se reconnaître. Elle deviendrait une réalité désordre, voire pire, disparaîtrait. Le désordre maître à bord n’aurait plus qu’à donner naissance au chaos. D’ailleurs, n’en est-il pas ainsi ?

©Max-Louis MARCETTEAU

Pas de solution, sans idée !

Moteur-fusée Rocketdyne RL-10 et Miss NASA 1968

Moteur-fusée Rocketdyne RL-10 et Miss NASA 1968

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point »; ce qui n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît dans ce monde où courir est le premier sport national du travail ; car point au lièvre en ses performances est à blâmer au bout d’un certain temps épuisé (burnout : pour les fêlés des anglicismes) par le rythme imposé par le diktat suprême du rendement, tenu par la cravache du rapport qualité prix à fournir au client ; de fait, la carotte étant ce qu’elle est, il ne faut pas s’étonner qu’une part de la masse travailleuse en a ras le bonnet et voit rouge … ce qui amène à une tendance particulière à s’aviner pour tenir la cadence, telles les bonnes pommes nommées Redlove, toujours prêtes à servir servilement sans pépin, la majeure partie de la production demandée avec force procédures … elles finissent tout de même par se « gâter » la pulpe !

Et même si dans ce monde il y a des freins naturels qui s’opposent aux ordres des : urgence, fait pour hier … ; les nommés Gaston, fers de lance du : « pas trop vite le matin, doucement l’après-midi », qui portent le travail seulement dans le dictionnaire, force est de constater que l’équilibre manque à ce tableau !

On est au cœur de ce paradoxe entre celles et ceux surchargés d’ouvrages et les désœuvrés ; une des clés de ce dysfonctionnement est le Progrès ! Flaubert en son temps le contestait ! Mieux, Lévi-Strauss nous met en garde : « chaque progrès donne un nouvel espoir, suspendu à la solution d’une nouvelle difficulté » ; en effet, à l’exemple de l’automatisation des tâches, le chômage est de cet ordre et comme le disait Georges Pompidou lors d’une interview : « nous en parlerons encore longtemps » ! en effet, on parle encore et encore.

Alors, y a-t-il une solution ? Tranche de travail et rondelle de repos, les parties d’horaires devraient être … tranchées sans plus attendre à la coupe… plus équitablement !

Ainsi nous aurions une certaine liberté de vivre et comme nous le dit si bien La Bruyère : « la liberté n’est pas oisiveté ; c’est un usage libre du temps, c’est un choix du travail et de l’exercice : être libre en un mot n’est pas ne rien faire, c’est être seul arbitre de ce qu’on fait ou de ce qu’on ne fait point » !

©Max-Louis MARCETTEAU

Après l’amour

Modele Abril Raluy de Jong

Modele Abril Raluy de Jong

Après l’amour, il n’y a plus rien. Une princesse qui s’évapore. Une envie assouvie. Un moment volé à l’éternité. Rien de bien folichon. C’est le vide ou la marche vers le rien. Une sensation d’avoir eu ou d’avoir été eu.

©Max-Louis MARCETTEAU

Vous avez dit Noël ?

Dessinateur Mark Lynch

Dessinateur Mark Lynch

Il ingurgite le froid par sa bouche édentée. Son nez atrophié par une récente bagarre est un morceau de rocher gris, strié de noir, prêt à tomber comme un fruit, sur le tard !

Il erre comme un fantôme sur un trottoir. Renverse une poubelle, éventre le contenu d’un sac, fouille, mange un restant de poire au chocolat, crache une odeur tenue !

Il s’assoit sur l’un de ses bancs habituels. Puis s’allonge. Tousse. Ferme ses yeux brûlants. Il dort comme un gisant. Il rêve d’un hôtel. Tombe du troisième étage. Se réveille tremblant !

Il marche, il marche. S’écroule devant une porte. Un père noël passe. Lui offre une bouteille de vin. Ils parlent de ce jour de fête. Des mots, le réconforte.

Le clochard boit. S’endort. Et meurt, sans lien !

©Max-Louis MARCETTEAU

 

©Max-Louis MARCETTEAU

La Vie n’a pas de desseins

Dessin de Peter Arno

Dessin de Peter Arno

Toute vie est intéressante à qui sait s’en servir.

Hélas l’usure fait son office sur les limes traversières des obstacles du destin. Encore faut-il y croire à celui-là. Mais pour celles et ceux qui s’y accrochent comme une trame, il y a toujours la poule d’eau qui vient chahuter la route, avec son nid. Et s’il n’y avait qu’elle !

Non, il y a l’ectoplasme de service, un vieux souvenir douloureux qui traîne et que l’on bouscule par hasard entre deux pensées de déprime passagère. De plus, certaines vies ont un goût de potiron mal cuit dans la marmite d’hiver.

Pourtant, ces vies n’ont-elles pas, chacune, une pépite qui vient briller comme soleil un jour d’automne qui ne sait plus s’il n’est pas entrain de virer sa cuti, entre été pluvieux et hiver monotone, au tintement d’un tambour de tempêtes ?

Quoi qu’il en soit personne n’aura l’outrecuidance de dire qu’il est nyctalope dans les desseins du destin, même si, le médium à tête de roseau, d’un ton grave nous plante son avis aigu entre les oreilles pour nous avouer qu’il y voit des bons ou mauvais augures.

Pour ceux qui sont fatalistes, leurs ailes de vie sont identiques aux autres bipèdes pensants et l’écume des embrouilles et difficultés de tous genres ne sont pas plus gargantuesques que la moyenne des existences. On peut supputer que les monothéistes n’ont rien à craindre de la castagne des aléas qu’ils subiront le moment venu, l’os orbital mieux placé à la droite ou la gauche (selon l’angle de vue) d’un divin personnage de forme fractale.

Et pour tous les autres, le désœuvrement est possible. Ils n’auront que l’alène pour recoudre leurs blessures avec le linceul de bure de service. Tout cela est bien présomptueux. La Vie, elle, n’a rien à voir avec la vie. Elle vaque à ses occupations, tel le triton, à chercher sa nourriture pour vivre.

Amen.

© Max-Louis MARCETTEAU

 

Notre littérature ?

Image Biblioteca Angelica - Roma - Italia

Image Biblioteca Angelica – Roma – Italia

Notre littérature d’aujourd’hui ne sert à rien.

Tout a été écrit.

Nous sommes la quantité négligeable qui ose poser des mots pour se donner l’impression d’exister parmi d’autres nombrils trop vastes et qui coagulent les liens de la communication de ce présent.

Écrire, maintenant, n’a aucune valeur. Nous ne sommes que la partie caudale qui n’a pas lieu de se targuer d’être littéraire, ou pseudo-littéraire, ou tout autre synonyme, voire néologisme de ce genre, mais simplement de naviguer dans les eaux au-dessous de l’iceberg d’une littérature de géants. Tels les grands noms du passé comme Socrate – analphabète, heureusement que Platon était là, sans la ponctuation – à Camus qui a dit : « Créer ou ne pas créer, cela ne change rien. Le créateur absurde ne tient pas à son œuvre. »

Et nous tenons à nos vies d’individus à briller comme si l’éternité n’avait que nous à s’occuper et de nos écrits qui sont des marques débiles de notre soi. Rien ne sert de décrire, notre petite vie à son simple périmètre marécageux qui nous plombe.

Prenons le temps de lire, de comprendre, d’étudier les écrits de nos pairs. Tenons notre esprit à la hauteur de leurs univers. Composons l’avenir sur le passé qui avait eu l’audace de nous faire naître, mais qui hélas nous avons ignoré pour défier d’autres horizons comme pour nous démarquer, nous rebeller.

Nous sommes une portée dont le titre de notre Livre se nomme : TARE. Pourquoi tenir le crayon par nos doigts si ce n’est courir vers la fabrication du néant ? Pourquoi inventer l’ordinateur si ce n’est pour créer des vies artificielles ?

Je tente de partir de ce champ d’actions de pensée pour ne plus écrire et vivre dans la lecture de ma nouvelle bibliothèque offerte par une fan inconditionnelle de ma personne. Je vais, enfin, pouvoir, dévorer des vies d’écrivains et digérer une part de l’humanité.

Je ressens en moi une excitation exceptionnelle.

Je crois, qu’un de mes composants est en train de griller.

 

© Max-Louis MARCETTEAU

 

A la vôtre …

Photographie de Patrizia Burra

Photographie de Patrizia Burra

Ce soir, je me sens triste comme une patate ébouillantée. Je tourne en rond entre deux neurones qui jouent au badminton. Les feux sont éteints en moi.

Les feux de quoi, d’ailleurs ? Les feux de l’amour ? Non. Les feux de vie. Ils sont éparpillés sur des plages. Les vagues n’ont rien effacé et le sable en à garder les empreintes. Étrange de vivre comme un marbre qui se désagrège.

Écriture de l’ennui. Écriture de nuit. Écriture polie. Écriture qui ne sait pas quoi faire de son encre et au lieu de sécher, elle teint des lignes qui ne demandent rien. Ou, si, de naître. Une ligne vierge est une ligne en devenir. Un embryon en gestation, congelé.

Étrange comme le sens de ses phrases n’avouent pas le sens de ma pensée. Ma pensée n’a pas de sens. Ma vie est une savonnette, elle me glisse entre les doigts, fait des bulles et qu’est-ce qui reste ? Un homme propre ? Non. Quelques ramettes de papier. Des bulles d’encre, séchées.

On n’est jamais au fond du trou tant que la dernière pelletée n’a pas recouvert la dernière rainure de bois.

©Max-Louis MARCETTEAU

 

Question

Seki Kowa du Katsuyo Sampo -1712

Seki Kowa du Katsuyo Sampo -1712

Sachant que la moyenne harmonique de vos sentiments est un multiple de trois, et que la liberté individuelle est égale au coefficient de décision personnel, soustraite au carré des dépendances aux lois, divisée par le poids moral-social, multipliée par le pouvoir en place, le tout additionnée par la masse des imbéciles, calculez le bonheur que vous avez à vivre dans cette société ?

© Max-Louis MARCETTEAU

Idée fixe de couler

Oeuvre de Akageno Saru

Oeuvre de Akageno Saru

Jouer l’équilibriste et se faire peur. Tomber et se rattraper in extrémiste à la corde de sécurité d’un médicament, sentir son corps faillir un millième de seconde comme une perte de conscience. D’une main tenir sa propre vie par quelques molécules qui tiennent nos vérités et recommencer à jouer aux anagrammes pour voir si cela marche, encore et de l’autre main augmenter la dose de sa peur, s’imposer des figures comme le patineur sur glace, le trapéziste et résister à l’irréversible, encore et encore.

©Max-Louis MARCETTEAU

Deux chaises

Photo Marcetteau Fabrice 2011

Photo Marcetteau Fabrice 2011

Deux chaises vides, côte à côte, au jardin du Luxembourg :

. . .

Bientôt, l’habituée de dix-sept heures trente.

 Bientôt, je planterai mes pieds à un autre endroit.

 Qui t’y amènera ?

 Un inconnu, un habitué.

 Le temps achève notre patience à atteindre nos rêves.

 Le rêve est amer quand il ne se réalise pas.

 Nous créons un vide sans écho.

 Qui racontera notre histoire ?

 L’oiseau mort qui léguera ses plumes à la main inconnue.

 La main qui aura tenue la folie sans trahir sa raison.

 Est-elle née ?

 Elle est née, mais ne sait pas encore qu’elle racontera notre histoire.

 Toute histoire est éphémère.

 Notre histoire est une ride sur le front d’une vague.

Il restera une écume qui se perdra dans l’océan des autres histoires.

 Qui lira notre histoire ?

Les autres histoires, au clair de Lune.

Qui les écoutera ?

Les étoiles les plus jeunes, pour s’endormir.

 J’aimerai dormir dans une maison et y mourir.

 L’on naît à deux, l’on meurt seule.

Une maison est un enfer, les mêmes personnages, aux mêmes histoires.

Je serai enfin libre.

La liberté ne se tient que par son propre mot.

Le mot dessine l’histoire.

Je résiste à l’approche d’une nouvelle réalité.

 La peur se coince parfois les doigts à la porte de l’inconnue.

Ma peur raisonne avec le cœur.

Ce jardin est notre histoire.

 Nous sommes l’un des habits de ce jardin.

 Pourquoi partir, si ce n’est mourir ailleurs sans histoire ?

Voilà ton habitué de dix-sept heures trente.

 . . .

©Max-Louis MARCETTEAU