Septantaine au quart du dernier

Image porte à seuil – Iotop 2021

Blog oulimots contrainte écriture


La Mort habille le mort sur l’horizon marbré à l’heure du sept du matin au chant du septain :

La septantaine au quart du dernier
Les yeux exorbitent aux souvenirs
D’une blonde romance toute chenillée
Sourit au clair de lune à fleur d’élixir
S’impose au défunt à la bougie de vie
Dépouillée de son socle au seul cri
Retentissant de vouloir renaître … au pire…

La Mort le prend sur ses épaules et récite ses litanies des septembrisades qu’elles filaient sur une traîne de comète blanche feu son tissu des heures noires.

A la septénaire de marche elle dépose son fardeau la tête au septentrion croise les pieds les mains et une prière au seuil d’un septembre résigné à devoir laisser une place et encore une sur sa parcelle de terre.

Elle lève le drapeau septicolore et pince une dernière fois la joue du mort… comme signe de bonne route.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Ne viens pas tousser sur ma décision

Theatre – The Time Machine- Mikhail Bove

Blog Émilie : récolte 21.09 (hors délai)


Ta vie, ton chat, ton travail, ta voiture, tes chaussures, … et ton regard qui traverse ma vie sur l’autoroute de ta réussite … basta !

Non ! Je ne délire pas ! Je suis conscient, pleinement, entièrement, totalement que j’en ai le vertige d’une Tour de Pise… notre vie à deux n’est que l’œil de bœuf dessiné au grand jour de ta personne à la passion de Toi sur ma terrasse destin dessinée par Toi et dont aujourd’hui je me destitue par ce ras-le-bol jusqu’à la dernière goutte…

Libre ! Libre de danser avec la première blonde venue, de copuler avec la dernière brune arrivée en bikini sur la plage, de dormir et ronfler toute gorge déployée du samedi au samedi suivant, de tenir toute la nuit saoule comme un goret le jour qu’il me plaira … enfin de retrouver l’homme qui est en moi qui ne demande qu’à sortir au grand jour … foutre Dieu …

Ne dis rien ! Reste sur ton piédestal au thermomètre du zéro absolu de ta compassion et ne viens pas tousser sur ma décision voir cracher comme le sportif après l’effort sur la pelouse de la défaite au sourire en ombre telle la fraîcheur d’une provocation qu’un beau bleu ne vaut pas une belle tache rouge sur un blanc de l’œil retourné de l’iniquité.

J’étais depuis trop longtemps englué par ton aura maligne et insolente jusqu’au froid de la castration moi qui t’ai permis de m’envoûter de m’enflammer tu m’as abusé indécente.

Ma fin est proche et le souhait enfin de prendre les voiles à plein vent de bourrasque tout du long de mes dernières lignes permettra d’éventer ton emprise et de…

Tu dors ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Un salaire qui se fait honte à lui-même

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – Marchande de fleurs

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre l’homme de peine des West-India-Docks aux Docks de Victoria n’est qu’une marchandise qui complète la fosse creusée à temps plein aux scories d’un salaire qui se fait honte à lui-même à la morale indifférente chacun a son œuvre … d’un même sang rouge.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

L’angoisse serre le haut du gosier

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – En prison

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre l’angoisse serre le haut du gosier de la Tour Sanglante à la Tour de Londres aux cris emmuraillés des suppliciés de Charles d’Orléans à Jeanne Grey le féal portier gardien des clefs fait son office moyenâgeux tel un tortionnaire aguerri son cœur ne sera jamais… de sortie.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Les pick-pockets brassent le commun des mortels

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – Bobbies

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre les ruelles encrassées de la pauvreté charrient le brigandage le couteau en attente de sang frais pour quelques shillings tandis que les pick-pockets brassent le commun des mortels et se font parfois pincer jusqu’au cachot avec une fièvre de prison … par les Bobbies.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

La crasse ne se reconnaît plus

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – Une taverne

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre le repas à Bird-cage-Walk s’installe déplié sur des dos courbés déformés usés sous les charges des heures irrévérencieuses la sueur s’imprègne du mélange des odeurs que la crasse ne se reconnaît plus et les sourires s’affichent parfois secs d’une ration dont il manque encore… le hamburger.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

D’un chat à neuf queues du couvent de Saint-Benoît

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – La Tour Victoria

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre qui n’existe pas sur la terre des innocents tous les étages de la société possède un chat à neuf queues tel celui qui rugit du couvent de Saint-Benoît non loin du pont Blackfriars à la castigation d’un corps frère pénitent possédé d’une obsession celui d’être… un punk.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Ce bal costumé au paraître la cravache se maintient

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – Allée Rotten-Row

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre cette promenade des Dames sur Rotten-Row défile l’aristocratie de printemps les chevaux dressés aux corps féminins en positions à ce bal costumé au paraître la cravache se maintient et les dandies sont prêts à recevoir leur dû pleins les yeux et … se familiariser.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Les Trois Royaumes sont liés à l’ombilic de Londres

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – Londres

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre les Trois Royaumes sont liés à l’ombilic de Londres entre la débâcle de la Northumbrie et la Maison de Tudor déployant puissance intelligence terreur et le pire de la Maison Stuart avec Anne pour le meilleur et de loin pour la longévité Élisabeth II … la Queen.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

La gorge profonde d’un Perkins and C°

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Les brasseurs.

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre les brasseurs de bras à bras de Malt-Town déploient muscles et savoir-faire d’un bon tonneau au breuvage fier entonné dans la gorge profonde d’un Perkins and C° qu’une Londres la Remarquable s’enivre de cette industrie jusqu’à plus soif et gloire … de l’un ses monuments.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Les vestiges enfouis dans sa boue sarcophage

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – La Tamise

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre la Tamise suit sa course d’esclave comme une longue traversée du désert dont les vestiges enfouis dans sa boue sarcophage que nul archéologue ou pilleur ne viendra ouvrir dépose sur ses berges pourtant des restes d’un Progrès qui fait fuir …même un écureuil.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le cahot par le tremblement d’une vie

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – Leicester Square

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre la place Leicester Square se peuple s’enfle s’enivre s’entraîne s’époumone s’embouche s’emporte s’enhardit s’enrage s’étonne et se disperse dans le cahot par le tremblement d’une vie qui s’écroule lentement d’une balle à cœur et y découvre sa propre déchéance … à ce film.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Ce vaisselier centenaire me scrute

Ce vaisselier centenaire me scrute

Oeuvre de David-Germain Nillet – La soupe.jpg

Blog oulimots contrainte écriture


A l’heure de mon repas journalier ce vaisselier centenaire me scrute de ses yeux vitreux … et ce canapé… je l’entends crier à chaque fois que les griffes du chat lui triture la caouane couleur bleue de son teint …

Ma soupe est chaude et je réfléchis la tête … de la cuillère dans le bouillonnement … elle ne souffre pas … elle …

La lampe du plafond, allumée, la vague d’un tungstène dans l’âme :

— T’as un souci, Paul ? me dit-elle.
— Je souhaite l’oubli.
— Tu souhaites de l’aide ?
— Non.

Et ma cuillère fait dos rond… c’est louche …

— Tu fais ta forte tête ?
— …
— Ne me réponds pas !
— J’en ai ras la soupière …
— Et moi ras l’assiette creuse de tes bouderies …
Cesse ! .. de me mordre les rebords !

Cela dit, elle n’a pas tort. J’ai le dentier du haut qui racle et qui râle en fond de gorge comme un écho.

— Je te côtoie tous les jours et …
— Précise, dit la cuillère en se retournant et me fixant le plein de son questionnement à ras le bord.
— Tu vas retourner au tiroir.
— Tu es abject !
— Laisse-moi exister au lieu de te plaindre chaque jour.
— Tu vas fricoter avec une autre…
— C’est sûr !
— Goujat !

Et … je l’ai noyée dans sa jalousie pour l’éternité.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Un dernier vœu avant le premier saut ?

Lac_Abraham Photo de Luis Arevalo

Blog Sabrina (j’ai fait le choix d’une des trois consignes )


 

Deux hommes en haut d’un pont entre deux montagnes, et un lac en contrebas.

— Tu sais quoi ?
— Non ?
— Je me demande si l’eau est froide.
— Ce n’est pas de l’eau, c’est du méthane.
— Ah ? C’est un nouveau procédé ?
— Tu pouvais choisir.
— Momifié à vif ou gelé et réchauffé par intermittence jusqu’à ce que tous les membres tombent comme de la lèpre … quelle importance.
— Rien ne sert de courir, il faut mourir à point !
— Ça te faire rire ?
— Pardon.
— Tu es le bourreau officiel sur ce territoire, alors je comprends que tu n’es pas là pour verser des larmes.
— Un dernier vœu avant le premier saut ?
— Tu sais pourquoi je suis méchant ?
— Non ?
— Parce que la vie a été injuste avec moi.
— Cela m’étonne.
— Je suis né avec une «cuillère en argent», je n’ai pas eu à traverser la rue pour trouver un job, tout le monde m’aimait, même la mamie que j’ai ébouillantée avec sa marmite de soupe…
— Et ?
— C’est devenu au fil du temps insupportable … adolescent, avec ma tête d’ange, le mot amour se collait sur la langue des filles qui voulaient s’approprier mon corps comme d’une marchandise, comme un caprice…
— Être aimé, c’est beau non ? Quand une partie de l’humanité se demande si l’amour n’est pas une arnaque.
— C’est là que j’ai commencé à tuer. La première, dans le sous-sol de la maison de mes parents.
— Pourquoi n’as-tu pas simplement refusé ses avances ?
— Beaucoup d’autres avant… avaient essayé de m’embobiner. J’avais lutté. Mais celle-ci m’avait carrément joué une grande scène du genre guet-apens…
— Elle était moche ?
— Non, non …
— Une erreur de jeunesse …
— Oui. Je n’ai pas été soupçonné.
— Comme quoi, tu as été verni.
— Les années ont passé. Je cédais aux femmes qui avaient de l’argent. J’en tuais quelques-unes quand elles étaient pots de colle.
— Pourquoi tu me dis ça ? Ta condamnation n’a rien à voir avec ces femmes.
— Il m’aimait, je l’aimais, il m’a trahi … je l’ai tué…
— Et d’une manière moyenâgeuse …
— On ne fait pas mieux, actuellement.
— C’est vrai mais c’est pour la bonne cause, l’exemple.
— J’avoue … à cet instant …. que … je n’ai jamais su aimer. Pour moi … c’est une révélation.
— Trop tard.
— Oui, trop tard…

Et le solide bourreau le prend à bras-le-corps, et le jette, par-dessus le garde-corps du pont, dans le lac de méthane en ébullition à moins 161°.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La loi de Murphy a bon dos

Photographie de Julien Eveno
Voile de brume

Blog de Sabrina


Assise sur le bord du fleuve
Baignant son chagrin épreuve
Colette belle comme le jour
Devait décider quel parcours
Elle devait prendre pour sa vie
Finalement pas rose qu’elle se dit
Grognant au vent toujours rude
Hélant ses pensées d’inquiétude
Implorant le hasard du destin
Jurant qu’il ferait tout pour rien
Kopeck il lança pile ou bien face
La loi de Murphy a bon dos passe
Misère connaît pas le pile sourit
Nonobstant les quolibets endurcis
Ouvre une nouvelle et belle voie
Possible à la noble Colette de soie
Quitte sa mouise et dévale le cœur
Râpé mais encore solide à c’tte heure
Sur la bonne route pour de vrai
Toute guillerette enfin si fait
Use ses sentiments à son prince
Voleur de cœurs qu’elle en pince
Willy son ange gardien le vaurien
Xérès au goulot l’animal coquin
Y-a-qu’à dit-il à Colette défaite
Zigzaguant de chagrin plongeant la tête … la première dans le fleuve ….

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Un soleil printanier en décolleté affriolant

John Cleese and Michael Palin in bikinis while filming Episode 22 of Monty Python’s Flying Circus (1970)
John Cleese and Michael Palin in bikinis while filming
Episode 22 of Monty Python’s Flying Circus (1970)

Blog oulimots contrainte écriture


Un missionnaire en petite tenue au bord d’une rivière, pied à pied, s’engage lentement dans le fluide frais qui déboussole son auguste personne jusqu’à mi-corps d’une eau bienfaitrice et avenante aux parfums mi-dorés par un soleil printanier en décolleté affriolant de vie quand surgit l’inattendu en la présence d’une Amazone.

Le missionnaire prude plonge le reste de son modeste corps jusqu’à tête toute haute sur son humble cou qui n’attendrait pas moins de se faire trancher à la vue de cette apparition genre Méduse femme fatale.

— Aguicheuse … lance-t-il tremblant (le bréviaire en moins et les yeux égarés).
— De quoi souffres-tu, épicurien de la bonne parole ?
— Tentatrice !
— Je vois ton âme sur la balançoire de l’envie quand tu croupis dans les méandres du savoir …
— Possédée !
— Nous le sommes tous les deux.
— Anomalie !
— Tu vas en perdre ton grec… toi le missionnaire herboriste
— Le vertige me prend par la langue … horreur …
— Tu n’es qu’un homme … mais tu peux m’aider … car c’est toi que je viens consulter et de très loin …
— …
— Respire, je viens de la part d’Andromaque
— …
— Elle voudrait ressusciter Hector…
— Je ne suis pas celui que vous cherchez …
— Ne te défausse pas, petit homme, tu fais parti de mon puzzle
— Ô ciel ! Ô ciel !
— Et si j’étais … un arc-en-ciel ?
— Un arc-en-ciel ?
— Un arc-en-ciel pour te convaincre !
— Laissez-moi sortir de votre sortilège !
— Alors prends-moi en levrette !
— La chair ! toujours la chair !
— L’arc-en-ciel te laisse froid, faut-il te réchauffer …
— Je suis maudit, maudit, maudit … maudit …

— Alors, docteur ?
— Pupilles dilatées, enflure de la face … état de choc, conséquemment à une absorption d’un agaric bulbeux, dit couramment amanite phalloïde…
— Drôle de châtiment corporel …
— Chacun sa voie, son calvaire.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Le dos tourné se courbe à la porte stoïque

Photographie de Valentina De Felice

Blog oulimots contrainte écriture


Rien ne sert de pourfendre d’un mot hachoir la part de soi inavouable dressée là comme une forteresse qu’aucune neige d’indifférence ne glace. C’est un combat de soi-même avec soi-même qui brûle les années devant le miroir vrai faux ami qui se rit quand le dos tourné se courbe à la porte stoïque à la poignée indulgente qui grince du mécanisme par fatigue…

Les nuits sont longues à estourbir ses yeux ouverts de l’insomnie sur les frontons de sa devise :  » Soumis à l’insoumis sans être bête de somme » et tenir la lecture de son temps sur les rideaux des fleuves de l’imaginaire à fourbir en même temps son écriture sur les pages de l’incertitude sans froisser les lignes de conduite des mots pris aux pièges …

Faut-il besogner sa propre existe avec sa conscience pour n’en sortir qu’un filet de mots dépossédés de l’essentiel, en vérité ? Il y a toujours une dernière lance qui pénètre le flanc de son amour-propre piqué comme un destrier après s’être saoulé d’une bataille qui d’avance est perdue. Mais qui le sait ?

Investir son soi comme un ennemi n’est qu’un mauvais assaut, et en tant qu’ami est une gageure.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La peur salée de l’abandon

Couverture du livre – The morning song – 1883 – de john watkins pitchford

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 19.20


Quand le soleil se lève … je répète : quand le soleil se lève (lève-toi feignant … j’ouvre la parenthèse) la beauté des bas horizons a belle figure en ce cadeau naturel que les yeux émerveillés du spectateur matinal (lève-toi feignant … le café est prêt) prend plaisir à s’ébaudir jusqu’à atteindre le seuil du nirvana qui n’est pas nommé à haute voix et qui se goûte comme un baba au rhum (lève-toi feignant … au nom du rhum) qu’il n’est pas meilleur chauffage pour le gosier que de développer l’extase devant la rondeur flamboyante d’une céleste vue quand chaque jour est de plus en plus inattendu mine rien dans ce bas monde qui se demande si le mot agréable reprendra le bon sens et consentirait au mot ébaudi comme le premier prix de la jouissance enterrant enfin le mot bonheur dans le haut-fond d’un puits dans sa partie la plus obscure celle de la peur salée de l’abandon qui se rit l’impavide de grossir son sol de la tragédie qui vient de se produire là devant ce balcon ouvert au néant de l’horizon étendu de tout son long comme saigné à blanc …

Nul ne se devait d’ignorer qu’il venait de mourir … dans son sommeil … ce matin …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Parloir sourd au format miroir à soi

Max Ernst - Santa conversazione - 1921 - Dédicacé à Benjamin Péret

Max Ernst – Santa conversazione – 1921 – Dédicacé à Benjamin Péret

Agenda Ironique Juillet.

(Choix ici du lipogramme (sans e))


 

Il part. L’horizon noir pour salut, sa main sur son front brûlant … pas à pas, il sort … d’ici pour la …

… prison… sa prison… son rasoir… murs du parloir, sourds au format miroir à soi, par la voix sans nuit, sans goût, fait son habit… la claustration sur lui, position du fautif au chagrin garrot, banni parmi tous bannis, un cachot lui sourit …

… aux visions poisons, d’abandon a sa raison … lui pantin corrompu a son ragoût d’alcool du mal construction amplification aux poumons d’un vaudou d’un air au bruit à subir l’attraction du …

La nuit, l’imagination au carcan à vif à vouloir fuir fait noircir son sang … aux matins toujours trop durs … poings au mur … croupir à l’infini dans son hôpital …

Tous, rugissants dans son ciboulot … tous fous …

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Le hasard se lève

Aqua_Iotop_2020

Aqua_Iotop_2020

Agenda  Ironique de Janvier   (Hors délai)


… les étoiles clignotent dans le ciel ou est-ce mes yeux dupés par un effet de hasard ? En fait, qu’importe, par ce froid, le ciel n’est pas un témoin de ma fuite en avant vers l’obscur tracé à coups de crayons anthracite sur ma page de vie format à l’extension non reconnue…

Tout se tisse et se détisse, se tricote et se détricote… et si « Dieu ne joue pas aux dés », moi-même je n’y joue pas, comme quoi Dieu n’a pas l’apanage dans ce domaine… j’ai dégrossi mes projets au fil des années (alors que je connais quelqu’un qui a réalisé un très fameux projet : le monde en six jours… (selon les créationnistes lors de leur récréation matinale entre les jeux d’osselets et de l’oie) c’est quand même… un monde, quand on nous cause dans ce monde-ci : d’efficience, d’adaptation, d’expertises, de ressources… et qu’il faut une dizaine d’heures pour assembler une voiture lambda, je vais « rire sous cape », si je rajoute les mots d’un certain Samuel : « Dieu a fait le monde en six jours, et vous, vous n’êtes pas foutu de me faire un pantalon en six mois », comme si on m’avait « couper l’herbe sous le pied » (et je ne suis pas unijambiste) à chaque échange avec moi-même comme si ma vie faisait entrechat, se moquait d’une grimace citronnée…

Tout cela est à dessein du destin festin et… puis oui baratin et toc tintin… la position du lotus sur l’oreiller d’un soleil matinal nu sur le devant la scène et « Dieu est peut-être éternel, mais pas autant que la connerie humaine » nous dit Pierre (et pas le Saint à l’œil angulaire) et je me tiens à la rampe de l’espoir et prépare tout de même le parachute avec matelas pour un atterrissage à la désespoir comme la vie sait nous concocter à l’endroit de nos revers.

… et il me semble entendre le jacquemart de service carillonner d’un clocher bâti comme un phare sur le promontoire d’une petite commune de bord de mer, un cyclope défiant en contrebas un village, avec ce retard tout à fait inhabituel telle une certaine société nationale des chemins de fer… quand, je détourne la tête, des ruelles s’animent aux arbres croqués à la Plantu et un feu détonne sur la crête de flèche du clocher comme si les flammes voulaient atteindre le haut plancher du ciel qui reculait au cri de cet incendie…

Je me tétanise entre le goulot et le gosier, l’eau débordant de bouche à menton à cou à chemise détrempant le tissu je m’incendie le corps à ce spectacle inattendu j’entends une sirène au chant particulier et son éclairage qui s’avance à l’allure d’un cheval au galop

Et puis le hasard se lève de sa chaise à bascule que ma vue s’estropie d’une hallucination à la venue des topinambaulx volants avec leurs sacoches d’eau de mer qui s’ouvrent dans des fracas à la Larsen et le brasier criant une fin vie déchirante…

J’agonise de cette souffrance que mes dents grincent ma descente aux enfers aux brûlures d’un sel de mer qui ronge la peau du dessus du dedans… je suis «le dindon de la farce » de cette mascarade de moi avec moi-même et ce clocher flouté qui s’avance vers moi…

Et la cloche de bronze tombe d’un coup… à mes pieds détrempés…

Je me réveille brusquement… je me lève de ma chaise lambda installée dans une salle d’attente inconnue aux regards de gens transparents… une nouvelle sonnerie de portable vient de tinter… « l’essentiel est invisible pour les yeux »*.

*: citation : livre « le petit prince » d’Antoine de Saint-Exupéry

© Max-Louis MARCETTEAU 2020