Ce vaisselier centenaire me scrute

Ce vaisselier centenaire me scrute

Oeuvre de David-Germain Nillet – La soupe.jpg

Blog oulimots contrainte écriture


A l’heure de mon repas journalier ce vaisselier centenaire me scrute de ses yeux vitreux … et ce canapé… je l’entends crier à chaque fois que les griffes du chat lui triture la caouane couleur bleue de son teint …

Ma soupe est chaude et je réfléchis la tête … de la cuillère dans le bouillonnement … elle ne souffre pas … elle …

La lampe du plafond, allumée, la vague d’un tungstène dans l’âme :

— T’as un souci, Paul ? me dit-elle.
— Je souhaite l’oubli.
— Tu souhaites de l’aide ?
— Non.

Et ma cuillère fait dos rond… c’est louche …

— Tu fais ta forte tête ?
— …
— Ne me réponds pas !
— J’en ai ras la soupière …
— Et moi ras l’assiette creuse de tes bouderies …
Cesse ! .. de me mordre les rebords !

Cela dit, elle n’a pas tort. J’ai le dentier du haut qui racle et qui râle en fond de gorge comme un écho.

— Je te côtoie tous les jours et …
— Précise, dit la cuillère en se retournant et me fixant le plein de son questionnement à ras le bord.
— Tu vas retourner au tiroir.
— Tu es abject !
— Laisse-moi exister au lieu de te plaindre chaque jour.
— Tu vas fricoter avec une autre…
— C’est sûr !
— Goujat !

Et … je l’ai noyée dans sa jalousie pour l’éternité.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Un dernier vœu avant le premier saut ?

Lac_Abraham Photo de Luis Arevalo

Blog Sabrina (j’ai fait le choix d’une des trois consignes )


 

Deux hommes en haut d’un pont entre deux montagnes, et un lac en contrebas.

— Tu sais quoi ?
— Non ?
— Je me demande si l’eau est froide.
— Ce n’est pas de l’eau, c’est du méthane.
— Ah ? C’est un nouveau procédé ?
— Tu pouvais choisir.
— Momifié à vif ou gelé et réchauffé par intermittence jusqu’à ce que tous les membres tombent comme de la lèpre … quelle importance.
— Rien ne sert de courir, il faut mourir à point !
— Ça te faire rire ?
— Pardon.
— Tu es le bourreau officiel sur ce territoire, alors je comprends que tu n’es pas là pour verser des larmes.
— Un dernier vœu avant le premier saut ?
— Tu sais pourquoi je suis méchant ?
— Non ?
— Parce que la vie a été injuste avec moi.
— Cela m’étonne.
— Je suis né avec une «cuillère en argent», je n’ai pas eu à traverser la rue pour trouver un job, tout le monde m’aimait, même la mamie que j’ai ébouillantée avec sa marmite de soupe…
— Et ?
— C’est devenu au fil du temps insupportable … adolescent, avec ma tête d’ange, le mot amour se collait sur la langue des filles qui voulaient s’approprier mon corps comme d’une marchandise, comme un caprice…
— Être aimé, c’est beau non ? Quand une partie de l’humanité se demande si l’amour n’est pas une arnaque.
— C’est là que j’ai commencé à tuer. La première, dans le sous-sol de la maison de mes parents.
— Pourquoi n’as-tu pas simplement refusé ses avances ?
— Beaucoup d’autres avant… avaient essayé de m’embobiner. J’avais lutté. Mais celle-ci m’avait carrément joué une grande scène du genre guet-apens…
— Elle était moche ?
— Non, non …
— Une erreur de jeunesse …
— Oui. Je n’ai pas été soupçonné.
— Comme quoi, tu as été verni.
— Les années ont passé. Je cédais aux femmes qui avaient de l’argent. J’en tuais quelques-unes quand elles étaient pots de colle.
— Pourquoi tu me dis ça ? Ta condamnation n’a rien à voir avec ces femmes.
— Il m’aimait, je l’aimais, il m’a trahi … je l’ai tué…
— Et d’une manière moyenâgeuse …
— On ne fait pas mieux, actuellement.
— C’est vrai mais c’est pour la bonne cause, l’exemple.
— J’avoue … à cet instant …. que … je n’ai jamais su aimer. Pour moi … c’est une révélation.
— Trop tard.
— Oui, trop tard…

Et le solide bourreau le prend à bras-le-corps, et le jette, par-dessus le garde-corps du pont, dans le lac de méthane en ébullition à moins 161°.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La loi de Murphy a bon dos

Photographie de Julien Eveno
Voile de brume

Blog de Sabrina


Assise sur le bord du fleuve
Baignant son chagrin épreuve
Colette belle comme le jour
Devait décider quel parcours
Elle devait prendre pour sa vie
Finalement pas rose qu’elle se dit
Grognant au vent toujours rude
Hélant ses pensées d’inquiétude
Implorant le hasard du destin
Jurant qu’il ferait tout pour rien
Kopeck il lança pile ou bien face
La loi de Murphy a bon dos passe
Misère connaît pas le pile sourit
Nonobstant les quolibets endurcis
Ouvre une nouvelle et belle voie
Possible à la noble Colette de soie
Quitte sa mouise et dévale le cœur
Râpé mais encore solide à c’tte heure
Sur la bonne route pour de vrai
Toute guillerette enfin si fait
Use ses sentiments à son prince
Voleur de cœurs qu’elle en pince
Willy son ange gardien le vaurien
Xérès au goulot l’animal coquin
Y-a-qu’à dit-il à Colette défaite
Zigzaguant de chagrin plongeant la tête … la première dans le fleuve ….

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Un soleil printanier en décolleté affriolant

John Cleese and Michael Palin in bikinis while filming Episode 22 of Monty Python’s Flying Circus (1970)
John Cleese and Michael Palin in bikinis while filming
Episode 22 of Monty Python’s Flying Circus (1970)

Blog oulimots contrainte écriture


Un missionnaire en petite tenue au bord d’une rivière, pied à pied, s’engage lentement dans le fluide frais qui déboussole son auguste personne jusqu’à mi-corps d’une eau bienfaitrice et avenante aux parfums mi-dorés par un soleil printanier en décolleté affriolant de vie quand surgit l’inattendu en la présence d’une Amazone.

Le missionnaire prude plonge le reste de son modeste corps jusqu’à tête toute haute sur son humble cou qui n’attendrait pas moins de se faire trancher à la vue de cette apparition genre Méduse femme fatale.

— Aguicheuse … lance-t-il tremblant (le bréviaire en moins et les yeux égarés).
— De quoi souffres-tu, épicurien de la bonne parole ?
— Tentatrice !
— Je vois ton âme sur la balançoire de l’envie quand tu croupis dans les méandres du savoir …
— Possédée !
— Nous le sommes tous les deux.
— Anomalie !
— Tu vas en perdre ton grec… toi le missionnaire herboriste
— Le vertige me prend par la langue … horreur …
— Tu n’es qu’un homme … mais tu peux m’aider … car c’est toi que je viens consulter et de très loin …
— …
— Respire, je viens de la part d’Andromaque
— …
— Elle voudrait ressusciter Hector…
— Je ne suis pas celui que vous cherchez …
— Ne te défausse pas, petit homme, tu fais parti de mon puzzle
— Ô ciel ! Ô ciel !
— Et si j’étais … un arc-en-ciel ?
— Un arc-en-ciel ?
— Un arc-en-ciel pour te convaincre !
— Laissez-moi sortir de votre sortilège !
— Alors prends-moi en levrette !
— La chair ! toujours la chair !
— L’arc-en-ciel te laisse froid, faut-il te réchauffer …
— Je suis maudit, maudit, maudit … maudit …

— Alors, docteur ?
— Pupilles dilatées, enflure de la face … état de choc, conséquemment à une absorption d’un agaric bulbeux, dit couramment amanite phalloïde…
— Drôle de châtiment corporel …
— Chacun sa voie, son calvaire.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Le dos tourné se courbe à la porte stoïque

Photographie de Valentina De Felice

Blog oulimots contrainte écriture


Rien ne sert de pourfendre d’un mot hachoir la part de soi inavouable dressée là comme une forteresse qu’aucune neige d’indifférence ne glace. C’est un combat de soi-même avec soi-même qui brûle les années devant le miroir vrai faux ami qui se rit quand le dos tourné se courbe à la porte stoïque à la poignée indulgente qui grince du mécanisme par fatigue…

Les nuits sont longues à estourbir ses yeux ouverts de l’insomnie sur les frontons de sa devise :  » Soumis à l’insoumis sans être bête de somme » et tenir la lecture de son temps sur les rideaux des fleuves de l’imaginaire à fourbir en même temps son écriture sur les pages de l’incertitude sans froisser les lignes de conduite des mots pris aux pièges …

Faut-il besogner sa propre existe avec sa conscience pour n’en sortir qu’un filet de mots dépossédés de l’essentiel, en vérité ? Il y a toujours une dernière lance qui pénètre le flanc de son amour-propre piqué comme un destrier après s’être saoulé d’une bataille qui d’avance est perdue. Mais qui le sait ?

Investir son soi comme un ennemi n’est qu’un mauvais assaut, et en tant qu’ami est une gageure.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La peur salée de l’abandon

Couverture du livre – The morning song – 1883 – de john watkins pitchford

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 19.20


Quand le soleil se lève … je répète : quand le soleil se lève (lève-toi feignant … j’ouvre la parenthèse) la beauté des bas horizons a belle figure en ce cadeau naturel que les yeux émerveillés du spectateur matinal (lève-toi feignant … le café est prêt) prend plaisir à s’ébaudir jusqu’à atteindre le seuil du nirvana qui n’est pas nommé à haute voix et qui se goûte comme un baba au rhum (lève-toi feignant … au nom du rhum) qu’il n’est pas meilleur chauffage pour le gosier que de développer l’extase devant la rondeur flamboyante d’une céleste vue quand chaque jour est de plus en plus inattendu mine rien dans ce bas monde qui se demande si le mot agréable reprendra le bon sens et consentirait au mot ébaudi comme le premier prix de la jouissance enterrant enfin le mot bonheur dans le haut-fond d’un puits dans sa partie la plus obscure celle de la peur salée de l’abandon qui se rit l’impavide de grossir son sol de la tragédie qui vient de se produire là devant ce balcon ouvert au néant de l’horizon étendu de tout son long comme saigné à blanc …

Nul ne se devait d’ignorer qu’il venait de mourir … dans son sommeil … ce matin …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Parloir sourd au format miroir à soi

Max Ernst - Santa conversazione - 1921 - Dédicacé à Benjamin Péret

Max Ernst – Santa conversazione – 1921 – Dédicacé à Benjamin Péret

Agenda Ironique Juillet.

(Choix ici du lipogramme (sans e))


 

Il part. L’horizon noir pour salut, sa main sur son front brûlant … pas à pas, il sort … d’ici pour la …

… prison… sa prison… son rasoir… murs du parloir, sourds au format miroir à soi, par la voix sans nuit, sans goût, fait son habit… la claustration sur lui, position du fautif au chagrin garrot, banni parmi tous bannis, un cachot lui sourit …

… aux visions poisons, d’abandon a sa raison … lui pantin corrompu a son ragoût d’alcool du mal construction amplification aux poumons d’un vaudou d’un air au bruit à subir l’attraction du …

La nuit, l’imagination au carcan à vif à vouloir fuir fait noircir son sang … aux matins toujours trop durs … poings au mur … croupir à l’infini dans son hôpital …

Tous, rugissants dans son ciboulot … tous fous …

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Le hasard se lève

Aqua_Iotop_2020

Aqua_Iotop_2020

Agenda  Ironique de Janvier   (Hors délai)


… les étoiles clignotent dans le ciel ou est-ce mes yeux dupés par un effet de hasard ? En fait, qu’importe, par ce froid, le ciel n’est pas un témoin de ma fuite en avant vers l’obscur tracé à coups de crayons anthracite sur ma page de vie format à l’extension non reconnue…

Tout se tisse et se détisse, se tricote et se détricote… et si « Dieu ne joue pas aux dés », moi-même je n’y joue pas, comme quoi Dieu n’a pas l’apanage dans ce domaine… j’ai dégrossi mes projets au fil des années (alors que je connais quelqu’un qui a réalisé un très fameux projet : le monde en six jours… (selon les créationnistes lors de leur récréation matinale entre les jeux d’osselets et de l’oie) c’est quand même… un monde, quand on nous cause dans ce monde-ci : d’efficience, d’adaptation, d’expertises, de ressources… et qu’il faut une dizaine d’heures pour assembler une voiture lambda, je vais « rire sous cape », si je rajoute les mots d’un certain Samuel : « Dieu a fait le monde en six jours, et vous, vous n’êtes pas foutu de me faire un pantalon en six mois », comme si on m’avait « couper l’herbe sous le pied » (et je ne suis pas unijambiste) à chaque échange avec moi-même comme si ma vie faisait entrechat, se moquait d’une grimace citronnée…

Tout cela est à dessein du destin festin et… puis oui baratin et toc tintin… la position du lotus sur l’oreiller d’un soleil matinal nu sur le devant la scène et « Dieu est peut-être éternel, mais pas autant que la connerie humaine » nous dit Pierre (et pas le Saint à l’œil angulaire) et je me tiens à la rampe de l’espoir et prépare tout de même le parachute avec matelas pour un atterrissage à la désespoir comme la vie sait nous concocter à l’endroit de nos revers.

… et il me semble entendre le jacquemart de service carillonner d’un clocher bâti comme un phare sur le promontoire d’une petite commune de bord de mer, un cyclope défiant en contrebas un village, avec ce retard tout à fait inhabituel telle une certaine société nationale des chemins de fer… quand, je détourne la tête, des ruelles s’animent aux arbres croqués à la Plantu et un feu détonne sur la crête de flèche du clocher comme si les flammes voulaient atteindre le haut plancher du ciel qui reculait au cri de cet incendie…

Je me tétanise entre le goulot et le gosier, l’eau débordant de bouche à menton à cou à chemise détrempant le tissu je m’incendie le corps à ce spectacle inattendu j’entends une sirène au chant particulier et son éclairage qui s’avance à l’allure d’un cheval au galop

Et puis le hasard se lève de sa chaise à bascule que ma vue s’estropie d’une hallucination à la venue des topinambaulx volants avec leurs sacoches d’eau de mer qui s’ouvrent dans des fracas à la Larsen et le brasier criant une fin vie déchirante…

J’agonise de cette souffrance que mes dents grincent ma descente aux enfers aux brûlures d’un sel de mer qui ronge la peau du dessus du dedans… je suis «le dindon de la farce » de cette mascarade de moi avec moi-même et ce clocher flouté qui s’avance vers moi…

Et la cloche de bronze tombe d’un coup… à mes pieds détrempés…

Je me réveille brusquement… je me lève de ma chaise lambda installée dans une salle d’attente inconnue aux regards de gens transparents… une nouvelle sonnerie de portable vient de tinter… « l’essentiel est invisible pour les yeux »*.

*: citation : livre « le petit prince » d’Antoine de Saint-Exupéry

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Votre sérieux dans les orbites ne laisse pas de doute – Chapitre 1 sur 2

Mont_st_michel Iotop 2012

Mont_st_michel Iotop 2012

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Chapitre I

Il est vingt-deux heures avec les poussières qui s’enroulent à l’éclairage d’une Lune toute à son effet de projecteur naturel directrice de la photographie avant la lettre … quand un air de musique enfle dans la chapelle abandonnée dont j’ai élu domicile avec mon barda pour dormir après plusieurs kilomètres de marche qui s’inscrit au challenge que je me suis imposé soit dix-sept kilomètres par jour …

Les notes vagabondent d’une portée à une autre défiant le souffle de l’orgue de service qui dort en son intérieur fort calmement en ce début de nuit aux douleurs musculaires éparses et supportables qu’une angoisse me porte son avis à double tranchant et me réveille à demi puis complètement et assis au croisement de mes sens au coefficient cent sur l’échelle improvisée d’une peur réveillée et inattendue qui se signe sur le bord de mes lèvres en ses quelques mots :

— Y a quelqu’un ?

Les quelques vitraux moribonds restent muets si ce n’est un banc qui craque légèrement que mon entendement détecte comme une réponse possible.

— Y a quelqu’un ?

Ma respiration signe son départ et l’apnée a pris le relais c’est dire que tout cela est propice à un arrêt du cœur sans ordonnance mais l’instinct de survie qui veille me propulse de mon sac de couchage et les saintes pierres ainsi que l’autel me voient nu comme un ver car il est bien entendu qu’il faut dormir nature dans ce genre de tissu isolant …

Quoi qu’il en soit je crois faire une crise de tétanie à la vue d’un spectre qui me tourne le dos et avance en … marche arrière. Comme quoi, bien du monde se fait des propos comme quoi « il » marche en … marche avant. Bref, « il » va me bousculer et j’ose dire faiblement :

— Attention …

Quand … « il » se retourne … pousse un cri strident … ce qui m’achève d’un coup et tombe d’un seul homme dans … ses bras … enfin de compte sur le reste de mon barda ce qui fait un bruit de tous les diables …

Nous reprenons tous deux nos esprits … après plusieurs malaises conséquents et consécutifs et consternants par nos manques respectifs de sang froid … quand enfin nous stabilisons notre effroi réciproque :

(à suivre…)

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

A nos cinquantièmes rugissants le mot amour

Des mots, une histoire : récolte 29


La première fois, elle m’avait surnommé mon canard ; la dernière fois, elle m’avait surnommé mon cochon … j’étais monté en gamme ou inversement selon l’angle de perversité avouée ou pas qui badigeonne votre morale et vous identifie à votre niveau en clair si vous avez le cerveau en haut ou en bas …

… nous avions dézingué notre relation et à Nous oxyder dans le cadre d’une passion aux témoins de ses quatre points cardinaux de sa structure … et à nos cinquantièmes rugissants le mot amour sur la plage d’un ébat de cœur et d’un débat de corps …

… d’un claquement Nous avait consommé un tiers de son carburant que les deux tiers restants étaient dans l’inquiétude d’imploser avant la fin d’une concorde fusionnelle qui brûlait plus rapidement les séquences câlines animales que le concorde son kérosène …

Et implosion dépossession débandade désolation déploiement séparation … Nous se divisait d’un je double à un je perdu … quai à quai … je prenais à la terrasse de la gare des brioches de Normandie dans le Bordelais une inconséquence comme Nous …

Aujourd’hui, je suis au souvenir je ne trie pas je ne cherche pas je reste devant l’évidence de l’inachevé à explorer un nouveau futur au-delà des racines de notre Nous dans un autre temps multi-univers même si je te recherche encore encore comme pour une ultime découverte … Mon A …

Je t’Aime …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Aux interstices du hasard

sol_chapelle_Iotop_2018

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Des mots, une histoire : récolte 26


Hier, je cherchais un mot puis un autre et encore un autre à chaque fois j’oubliais le précédent pour m’accrocher à un autre retenu à l’appel de l’impromptu toujours présent comme une liane bienvenue je me retenais à elle et d’un mot à un autre j’en perdais l’essentiel de ma recherche …

Et puis le mot anis s’était présenté habillé d’un verre vert à moitié plein de saveur qui discutait avec une eau dénaturée par effet de serre qui s’était filtrée par décontamination préventive des ions de l’ionosphère valorisant le magnétisme à l’électromagnétisme ignorant ma modeste présence …

Quand est survenu le mot squelette qui s’était attablé comme un cheveu sur la soupe sans la soupe et avait commencé à palabrer entrer ses molaires et taper de ses osselets comme un damné défiant les pro-magnétos et les extrêmos-électros ceux-ci affirmant qu’il avait la dent dure …

Et aux interstices du hasard déboulait le mot rebondir devant eux étonnés de l’intrépide qui ose s’inviter à ce colloque improvisé de haute tension à l’éclairage d’arguments et les paralysaient dans ce contexte d’une mise à jour sous un nouvel angle d’attaque à démonstration toute autre comme si un cheval de Troyes voulait phagocyter ces éléments intrépides …

Mais voilà que le mot renaissance met le holà saluant ainsi une part de rebondissement au placard et une nouvelle vision s’ouvrait pour les protagonistes qui s’interpellaient de nouveau sur le devenir de leurs connaissances et …

Je me retire à pas de loup de cette scène qui me faisait perdre le fil de ma recherche principale pour aller pécher dans un dictionnaire qui prenait l’eau à bâbord quand une malle qui allait prendre ses valises pour un voyage au long court sur un navire à quai désarmé par les larmes de l’écume d’une plage paradisiaque devenue paranoïaque au train de vie chaotique m’enferma d’un trait …

C’est ainsi, qu’aujourd’hui, je trouve enfin le mot de toutes mes dépenses énergétiques de recherches qui a ce pourvoir de reconstruire dans sa totalité le monde … le mot : vide.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un noyé sur le bord de l’aveu

Pont_divatte_Iotop_2018

Pont_divatte_Iotop_2018

Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Dimanche à Paris un monde entre ce trottoir du cinq heures dix-huit du matin fraîchement lavé et les habitants en attente de se vidanger je marche seul une bouteille à la main comme une accolade vers un autre monde aux moments de hasards et de plaisirs minutes…

D’un pas à un autre j’essore ma pensée première de la première minute du jour et me délecte des images possédées sur un parapet debout devant la Seine m’observe je suis statue de chair à chair de poule je ressens le frisson de l’importance de ce fleuve et j’ose le défier à l’usure d’un temps au fil du temps qui se tisse à l’horloge d’un contre temps conséquence d’une pause à la note dévergondée d’un instrument à vent d’ouest épris d’une rosace à quatre et demi d’un monde qui a perdu le nord et la gare qui s’annonce je détourne la tête d’un mouvement de rouages je suis voyeur de l’événement je déraille à contresens à vent contraire la houle de mon humeur tapeuse ressemble à un noyé sur le bord de l’aveu à sortir la sirène hurlante qui s’étonne des voyeurs sangsues au brancard de l’illusion embarquer une demi-vie d’une masse atomique d’une vie scalaire au dernier cri d’un secours si ce n’est d’une voix commune reconnaissable à l’onde de choc vibrant défiant le mégaphone …

— Dis-moi, mon fils, tu comptes rentrer manger ou à présider ton avenir à picoler sur ce parapet … Emmanuel ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Concevoir le miracle à la sève d’une idée

Visage_évolutif_Iotop_2019

Visage_évolutif_Iotop_2019

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 16 au 20 septembre 2019


Il fait silence. Silence qu’un même froid glacial prend peur. Cette peur qu’un même bruit n’ose affronter même effrontément. Effrontément un doigt surgit d’un vide qui semble né d’un néant ouvert à la concorde d’un accord sous-tendu par effet d’être animé par le pouvoir d’être. Être par ce crayon à dessein de composer la symphonie de la vie. Vie contraire de la discrétion s’émerveille de ce vide tel un océan avide de prendre toute ses proportions. Proportions se gardent d’être dépasser à la discrétion d’une ombre cuisse de nymphe émue qui s’impose en fond de teint apparaît l’esquisse d’un possible visage. Visage calme débordant de la toile qui se trahit à la déformation d’un excès une tentation de posséder d’activer d’oser s’affirmer sans moucharder à l’oreille d’un créateur divin quelconque que tout arrive. Arrive le déplacement d’une palette de nuancier aux pigmentations de concevoir le miracle à la sève d’une idée d’un mirage peut-être le culte d’un amour vrai. Vrai premier cri de cette toile qui gonfle d’orgueil à compromettre l’image du vivant à l’instantané d’une existence …

Mais chut … le peintre fait naissance …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Mon ombre qui discutait avec ma lampe de chevet

Banc_nantes_gare_Iotop_2019

Banc_nantes_gare_Iotop_2019

 

Des mots, une histoire : récolte 17  (Participation hors délai)


kiosque figuratif, banc bois métal, Loire en contre-bas ensablé, soleil sans filtre, ciel dénudé, le moral matinal s’assoit … vague à l’âme comme l’abyssal qui prend peur de son infinitude … j’ai froid de tout … et en sueur de peau …

Ma révolte s’est arrêtée aux barreaux de la mort quand le néant a pris la forme d’un vide … fractal … au comble de m’animer à tresser des idées mathématiques sur la théorie des cordes … mais une seule corde m’a suffit pour que l’émotion s’en prenne à mon sentiment d’instinct de survie …

Et ce matin, avant mon réveil, trois dés se sont présentés à ma porte, trois inconnus pour me lancer un défi celui d’un choix … aléatoire … alors, j’ai repris une bonne dose de mon whisky favori … mais ils m’ont suivi comme mon ombre qui discutait avec ma lampe de chevet qui se plaignait des heures sup’ du soir …

J’avais cette envie de balancer mes hallucinations mais elles étaient vraiment de moi ? Je retournais sur mes pas, les dés étaient au garde-à-vous et je compris l’importance de mon délire et qu’il fallait en finir au plus vite …

Je suis assis sur ce banc du kiosque en compagnie des trois dès … eux-mêmes assis à mes pieds … Ils discutent fermement sur la manière de procéder à tirage au sort de mon suicide programmé comme d’une évidence déjà écrite sur les lignes d’une vie aux sillons bien marqués…

Et à cet instant précis, je reçois à ce qu’il me semble une claque sur la joue gauche.

— Alors, mon amour, toujours au lit ? Mes champignons pour dormir, étaient-ils bons ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Vie impliquée à reconnaître son image

Isabelle des Charbinières des œuvres dont j’apprécie les reflets les respirations sous-jacentes et les éclats aux nuances singulières ..


L’instant se tient, se teint, se peint, se ceint … s’ouvre …. aux lignes se heurtent froissées s’épaulent et se déploient s’étiolent et s’envolent s’enroulent s’effacent à la lumière veuve comme révélée au moment flanqué de vie impliquée à reconnaître son image au miroir de son âme reflets d’effets à la litanie d’une voix coulée sur le chemin d’une rédemption transfigurée saturée de renaître à l’infini immobile devant la honte de l’instant enlacé par son souvenir une vague cendrée glacée à cœur aux larmes verticales l’anémie du temps suffoque saisi et sidéré défi un semblant d’existence à l’œil bleu mourant étincelle à la vapeur d’une idée filigrane sur le bord du chemin …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un habit tatoué de l’imposture.


Corps à corps constitués ficelés à la hauteur … de l’aiguille d’un attachement qui traverse le cœur … mon paratonnerre de l’amour résiste.

Tout … tout nous oppose et ce tout empaqueté de nos différences est dans la même enveloppe, nommée : Passion. Je ne résiste pas à la tristesse de cet état. A ce malaise invisible de te perdre à chaque seconde … je suis prisonnier de moi, de toi. Je hurle dans le silence d’une geôle fabriquée de mes peurs, mes doutes, mes obscurités … je te veux totalement, complètement, entièrement … définitivement.

Je lutte contre ma possessivité qui s’est liée au sable mouvant du mot : haïr. Oui, je te hais. Je te hais comme l’eau bouseuse qui doit s’accoupler à l’eau claire.

Mon désir est rougi de la faim de toi, et je reste incomplet, disloqué à t’aimer. Alors … seul ton corps m’intéresse ? Je n’aime en vérité que cette chair trop parfaite, de belle harmonie dans toutes les courbes, les lignes, les brisures, les vallonnements, les cambrures, les pliées, les fléchissements, les détours, les galbes …

Je rage comme … avoir un fil à la patte. Je suis menotté par ton regard. Je suis bâillonné par ta beauté. Je suis ligoté à ton pouvoir. Je suis devenu une loque dans un habit tatoué de l’imposture.

Qui es-tu vraiment pour me tourmenter ? Quel ensorcellement me provoque à ce point ?

Parle-moi ! … Dis-moi un mot ! … Ouvre enfin ta bouche ! … Regarde-moi ! …

 

— Bon, alors, t’as fini ta crise ? Je ne suis qu’un tableau …

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Il est cette marionnette de son temps

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


… dans le temps fort de sa pièce qu’il joue, un verre d’eau est le bienvenu. Il est viscéralement dans le rôle de son personnage et comme tous les soirs il s’abreuve et se dessèche comme une terre à qui le bon terreau naturel est absorbé pour de belles plantes.

Ce soir-là, à la sortie des artistes le ciel pose son œil superbement lunatique d’un orangé comme né d’un sortilège …

Il s’allume une cigarette. La ruelle est vide. Le boulevard n’est pas loin. Il s’enferme dans son trois-quart. Il est l’heure de rentrer. Il marche lentement. Il refuse comme tous les soirs ce repas avec les autres comédiens.

Il va rejoindre son bar habituel sur l’un des quais de Nantes.

Chaque soir, la Loire, massive, déliée, indomptable, l’appelle pour un bain de minuit sans retour … il suffirait d’un pas … d’une idée malencontreuse à ce moment-là …

Et puis, il va boire … une bière … et puis une autre … les jours de l’hier, de l’aujourdh’ui, du demain, identiques comme une page d’un livre récitée tous les jours, il est cette marionnette de son temps écrit pour lui et par lui, un demi-homme pour un demi-naufrage…toujours à la limite de la noyade et bon à tenir par défaut au manque de courage d’aller voir plus loin dans un ailleurs peut-être avec une autre voix d’appel que celle de la Loire …

Il est deux heures du matin. La Lune est absente ou cachée par de forts épais rideaux de nuages. Il fait frais comme un frisson après une douche trop chaude dans une salle de bains réfrigérée …

Les rues sont des parcs à voitures où l’éclairage souffreteux dépose des reflets inquiétants … et pour lui pas d’éclaircie non plus … il fait parti de ses ombres que personne ne remarque … même sur la scène de la vie …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

La découverte ultime n’est pas actée

Les Gardiens des Univers Ludiques – personnages de Numenéra

Les Gardiens des Univers Ludiques – personnages de Numenéra

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Voyage, voyage” et Desireless, “Et moi, et moi, émoi ” et Dutronc, tout est aventure entre le sac de voyage et moi le convoyeur de sac qui sur mon dos fait la feignasse. Et pourtant, si le Vietnam m’est connu, l’avion d’autant, et la rizière pareillement … tout cela dans les livres, je préfère la plage de Bretagne sous mes pieds nus et mon corps sait de quel soleil il a à faire.

En fait, seul le voyage intérieur fait rencontrer toute une population d’ici et d’ailleurs, de l’univers, la richesse de chaque contrée créée est d’autant fabuleuse que l’imaginaire de la langue n’a pas de frontière et la découverte ultime n’est pas actée, elle reste chaque jour à se dévoiler … par les mots …

Mots qui s’improvisent histoires, contes, mémoires, récits, anecdotes, chroniques, poésie, … la beauté attend sa plume comme l’encre guette la page comme les mots le talentueux …

Je m’attends moi-même …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Un piège a une seule entrée

Photographie - Sépulture Fernand Arbelot - cimetière Père La Chaise

Photographie – Sépulture Fernand Arbelot – cimetière Père La Chaise

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 11 au 15 mars 2019


N’est-il pas merveilleux de prendre la main de son aimée et consommer la vie par petites tranches comme un doux fromage qui fond sous langue, la bouche demi-ouverte comme un hublot dont l’air mariné d’une onctueuse ondée océaniale vient frissonner les narines ? Ô Ce (et pas os) fameux mariage de la consommation qui semble éternel et dont le mot souci est banni dans le cul-de-basse-fosse du géant nommé Problème qui pleure sur lui-même si sa Solution le laisse dans sa propre fiente (et l’oxymore se marre). Ô Fleur d’âge qui s’époumone dans le fané d’un lit de mégère qui fait semblant de prendre son pied à se perdre elle-même dans les onomatopées de voyelles, cette fratrie qui semble s’entrecroiser en des consonnes qui seraient que des échelles sans barreaux. Ô Utopie tu enfantes des rêves de bonheur et tu fais créations de désillusions si ce n’est à regarder l’œil harassé d’être provoqué par la voisine d’en face qui a un beau profil et un fessier et une poitrine et tout le reste n’est pas options, tu te dévergondes toi-même et tu ris de ta situation pour une histoire nommée Amour qui n’était qu’un mot, un filet pour mieux te retenir, un piège a une seule entrée. Ô Fertile vie qui est faite d’herbicides sélectionnés (à défaut de glyphosate) pour nuire jusqu’à l’échéance ultime (voire plus, le cercueil n’est pas à la bonne dimension), l’illusion première de ta beauté est devenue la richesse d’un désenchantement qui nous a pris au fil des années et cousu l’un à l’autre comme deux tissus de belles factures mais à la longue se sont dépréciés aux fils usés par les lavages de nos tourments, colères, turpitudes … Aujourd’hui, à célébrer ton enterrement, je conte par ce discours devant cette assemblée de nos nombreux enfants et petits enfants la vérité dépouillée de la censure, cette sangsue comme tu le fus … repose ainsi dans ce bon bois de chêne et moi suis toujours … à ta chaîne … amen.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Tout infini est immature comme l’humain

Journal_Donald_Duck_Fevrier_1990

Journal_Donald_Duck_Fevrier_1990


… à l’infini comme un échange perpétuel et modifié à tout instant qui semble stable comme une oscillation qui varie insensiblement et pourtant qui s’oppose à elle-même par effet de franchir sa propre survit pour exister …à l’infini …

En fait, l’infini est porté exclusivement par le seul fait de le prononcer. Cette « force de gravité » s’immortalise par son propre nom et porte ainsi une définition, des légendes et surtout les mystères de sa propre consistance … car la spéculation est dans son domaine. En effet, n’ayant aucune conscience matérielle, cet infini reste à se décrire et par voie de conséquence par la simple idée de son existence probable par les mathématiques, la philosophie et par autres sciences … alors que le commun des mortels, sait, lui, que l’infini est une parabole et son infini, à lui, n’est qu’une portion visible de son existence comme un horizon qui n’a pas de fin… devant ses yeux émerveillés … comme un champ perdu dans le cosmos …

Et de fait, nul besoin de poser l’infini comme élément du vivant. Aussi est-il souhaitable de définir l’infini comme élément mesurable qui est pourtant par définition … immensurable ? Car ce qui est mesurable permet une « vision », une conceptualisation, une représentation et même si les mathématiques apportent des réponses, par voie de conséquence, elles sont subjectives.

Tout infini est immature comme l’humain, c’est la force de l’infini « d’être » conçu ainsi. Il est né par le façonnage d’esprits, qui après avoir résolus le segment de droite, se posèrent cette question : qu’en est-il de cette droite infinie quand le cercle est ouvert ? En effet, un cercle, par exemple, est une succession de points, qui a un moment ou un autres, se rejoignent. Le fait, qu’un esprit, dirons-nous curieux a « ouvert » le cercle (comme d’autres « ouvrent la cage aux oiseaux »), celui-ci a pris, non pas « la tangente » mais la première sortie en ligne droite, la plus courte (sic). Alors, certains diront, oui mais … une droite ça n’existe pas car dans ce monde d’invention créative et récréative tout est courbe. Ainsi les plus malins ont de suite formulé avec audace et de fait, l’espace étant courbe, l’infini devait avoir … une fin … quelque part …

De fait, la boucle étant bouclée, l’infini, est, en conclusion une entité finie … ceci tranché, je vais m’en couper une tranche … de temps.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019