Aux interstices du hasard

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Des mots, une histoire : récolte 26


Hier, je cherchais un mot puis un autre et encore un autre à chaque fois j’oubliais le précédent pour m’accrocher à un autre retenu à l’appel de l’impromptu toujours présent comme une liane bienvenue je me retenais à elle et d’un mot à un autre j’en perdais l’essentiel de ma recherche …

Et puis le mot anis s’était présenté habillé d’un verre vert à moitié plein de saveur qui discutait avec une eau dénaturée par effet de serre qui s’était filtrée par décontamination préventive des ions de l’ionosphère valorisant le magnétisme à l’électromagnétisme ignorant ma modeste présence …

Quand est survenu le mot squelette qui s’était attablé comme un cheveu sur la soupe sans la soupe et avait commencé à palabrer entrer ses molaires et taper de ses osselets comme un damné défiant les pro-magnétos et les extrêmos-électros ceux-ci affirmant qu’il avait la dent dure …

Et aux interstices du hasard déboulait le mot rebondir devant eux étonnés de l’intrépide qui ose s’inviter à ce colloque improvisé de haute tension à l’éclairage d’arguments et les paralysaient dans ce contexte d’une mise à jour sous un nouvel angle d’attaque à démonstration toute autre comme si un cheval de Troyes voulait phagocyter ces éléments intrépides …

Mais voilà que le mot renaissance met le holà saluant ainsi une part de rebondissement au placard et une nouvelle vision s’ouvrait pour les protagonistes qui s’interpellaient de nouveau sur le devenir de leurs connaissances et …

Je me retire à pas de loup de cette scène qui me faisait perdre le fil de ma recherche principale pour aller pécher dans un dictionnaire qui prenait l’eau à bâbord quand une malle qui allait prendre ses valises pour un voyage au long court sur un navire à quai désarmé par les larmes de l’écume d’une plage paradisiaque devenue paranoïaque au train de vie chaotique m’enferma d’un trait …

C’est ainsi, qu’aujourd’hui, je trouve enfin le mot de toutes mes dépenses énergétiques de recherches qui a ce pourvoir de reconstruire dans sa totalité le monde … le mot : vide.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un noyé sur le bord de l’aveu

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Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


Dimanche à Paris un monde entre ce trottoir du cinq heures dix-huit du matin fraîchement lavé et les habitants en attente de se vidanger je marche seul une bouteille à la main comme une accolade vers un autre monde aux moments de hasards et de plaisirs minutes…

D’un pas à un autre j’essore ma pensée première de la première minute du jour et me délecte des images possédées sur un parapet debout devant la Seine m’observe je suis statue de chair à chair de poule je ressens le frisson de l’importance de ce fleuve et j’ose le défier à l’usure d’un temps au fil du temps qui se tisse à l’horloge d’un contre temps conséquence d’une pause à la note dévergondée d’un instrument à vent d’ouest épris d’une rosace à quatre et demi d’un monde qui a perdu le nord et la gare qui s’annonce je détourne la tête d’un mouvement de rouages je suis voyeur de l’événement je déraille à contresens à vent contraire la houle de mon humeur tapeuse ressemble à un noyé sur le bord de l’aveu à sortir la sirène hurlante qui s’étonne des voyeurs sangsues au brancard de l’illusion embarquer une demi-vie d’une masse atomique d’une vie scalaire au dernier cri d’un secours si ce n’est d’une voix commune reconnaissable à l’onde de choc vibrant défiant le mégaphone …

— Dis-moi, mon fils, tu comptes rentrer manger ou à présider ton avenir à picoler sur ce parapet … Emmanuel ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Concevoir le miracle à la sève d’une idée

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Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 16 au 20 septembre 2019


Il fait silence. Silence qu’un même froid glacial prend peur. Cette peur qu’un même bruit n’ose affronter même effrontément. Effrontément un doigt surgit d’un vide qui semble né d’un néant ouvert à la concorde d’un accord sous-tendu par effet d’être animé par le pouvoir d’être. Être par ce crayon à dessein de composer la symphonie de la vie. Vie contraire de la discrétion s’émerveille de ce vide tel un océan avide de prendre toute ses proportions. Proportions se gardent d’être dépasser à la discrétion d’une ombre cuisse de nymphe émue qui s’impose en fond de teint apparaît l’esquisse d’un possible visage. Visage calme débordant de la toile qui se trahit à la déformation d’un excès une tentation de posséder d’activer d’oser s’affirmer sans moucharder à l’oreille d’un créateur divin quelconque que tout arrive. Arrive le déplacement d’une palette de nuancier aux pigmentations de concevoir le miracle à la sève d’une idée d’un mirage peut-être le culte d’un amour vrai. Vrai premier cri de cette toile qui gonfle d’orgueil à compromettre l’image du vivant à l’instantané d’une existence …

Mais chut … le peintre fait naissance …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Mon ombre qui discutait avec ma lampe de chevet

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Des mots, une histoire : récolte 17  (Participation hors délai)


kiosque figuratif, banc bois métal, Loire en contre-bas ensablé, soleil sans filtre, ciel dénudé, le moral matinal s’assoit … vague à l’âme comme l’abyssal qui prend peur de son infinitude … j’ai froid de tout … et en sueur de peau …

Ma révolte s’est arrêtée aux barreaux de la mort quand le néant a pris la forme d’un vide … fractal … au comble de m’animer à tresser des idées mathématiques sur la théorie des cordes … mais une seule corde m’a suffit pour que l’émotion s’en prenne à mon sentiment d’instinct de survie …

Et ce matin, avant mon réveil, trois dés se sont présentés à ma porte, trois inconnus pour me lancer un défi celui d’un choix … aléatoire … alors, j’ai repris une bonne dose de mon whisky favori … mais ils m’ont suivi comme mon ombre qui discutait avec ma lampe de chevet qui se plaignait des heures sup’ du soir …

J’avais cette envie de balancer mes hallucinations mais elles étaient vraiment de moi ? Je retournais sur mes pas, les dés étaient au garde-à-vous et je compris l’importance de mon délire et qu’il fallait en finir au plus vite …

Je suis assis sur ce banc du kiosque en compagnie des trois dès … eux-mêmes assis à mes pieds … Ils discutent fermement sur la manière de procéder à tirage au sort de mon suicide programmé comme d’une évidence déjà écrite sur les lignes d’une vie aux sillons bien marqués…

Et à cet instant précis, je reçois à ce qu’il me semble une claque sur la joue gauche.

— Alors, mon amour, toujours au lit ? Mes champignons pour dormir, étaient-ils bons ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Vie impliquée à reconnaître son image

Isabelle des Charbinières des œuvres dont j’apprécie les reflets les respirations sous-jacentes et les éclats aux nuances singulières ..


L’instant se tient, se teint, se peint, se ceint … s’ouvre …. aux lignes se heurtent froissées s’épaulent et se déploient s’étiolent et s’envolent s’enroulent s’effacent à la lumière veuve comme révélée au moment flanqué de vie impliquée à reconnaître son image au miroir de son âme reflets d’effets à la litanie d’une voix coulée sur le chemin d’une rédemption transfigurée saturée de renaître à l’infini immobile devant la honte de l’instant enlacé par son souvenir une vague cendrée glacée à cœur aux larmes verticales l’anémie du temps suffoque saisi et sidéré défi un semblant d’existence à l’œil bleu mourant étincelle à la vapeur d’une idée filigrane sur le bord du chemin …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Un habit tatoué de l’imposture.


Corps à corps constitués ficelés à la hauteur … de l’aiguille d’un attachement qui traverse le cœur … mon paratonnerre de l’amour résiste.

Tout … tout nous oppose et ce tout empaqueté de nos différences est dans la même enveloppe, nommée : Passion. Je ne résiste pas à la tristesse de cet état. A ce malaise invisible de te perdre à chaque seconde … je suis prisonnier de moi, de toi. Je hurle dans le silence d’une geôle fabriquée de mes peurs, mes doutes, mes obscurités … je te veux totalement, complètement, entièrement … définitivement.

Je lutte contre ma possessivité qui s’est liée au sable mouvant du mot : haïr. Oui, je te hais. Je te hais comme l’eau bouseuse qui doit s’accoupler à l’eau claire.

Mon désir est rougi de la faim de toi, et je reste incomplet, disloqué à t’aimer. Alors … seul ton corps m’intéresse ? Je n’aime en vérité que cette chair trop parfaite, de belle harmonie dans toutes les courbes, les lignes, les brisures, les vallonnements, les cambrures, les pliées, les fléchissements, les détours, les galbes …

Je rage comme … avoir un fil à la patte. Je suis menotté par ton regard. Je suis bâillonné par ta beauté. Je suis ligoté à ton pouvoir. Je suis devenu une loque dans un habit tatoué de l’imposture.

Qui es-tu vraiment pour me tourmenter ? Quel ensorcellement me provoque à ce point ?

Parle-moi ! … Dis-moi un mot ! … Ouvre enfin ta bouche ! … Regarde-moi ! …

 

— Bon, alors, t’as fini ta crise ? Je ne suis qu’un tableau …

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Il est cette marionnette de son temps

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… dans le temps fort de sa pièce qu’il joue, un verre d’eau est le bienvenu. Il est viscéralement dans le rôle de son personnage et comme tous les soirs il s’abreuve et se dessèche comme une terre à qui le bon terreau naturel est absorbé pour de belles plantes.

Ce soir-là, à la sortie des artistes le ciel pose son œil superbement lunatique d’un orangé comme né d’un sortilège …

Il s’allume une cigarette. La ruelle est vide. Le boulevard n’est pas loin. Il s’enferme dans son trois-quart. Il est l’heure de rentrer. Il marche lentement. Il refuse comme tous les soirs ce repas avec les autres comédiens.

Il va rejoindre son bar habituel sur l’un des quais de Nantes.

Chaque soir, la Loire, massive, déliée, indomptable, l’appelle pour un bain de minuit sans retour … il suffirait d’un pas … d’une idée malencontreuse à ce moment-là …

Et puis, il va boire … une bière … et puis une autre … les jours de l’hier, de l’aujourdh’ui, du demain, identiques comme une page d’un livre récitée tous les jours, il est cette marionnette de son temps écrit pour lui et par lui, un demi-homme pour un demi-naufrage…toujours à la limite de la noyade et bon à tenir par défaut au manque de courage d’aller voir plus loin dans un ailleurs peut-être avec une autre voix d’appel que celle de la Loire …

Il est deux heures du matin. La Lune est absente ou cachée par de forts épais rideaux de nuages. Il fait frais comme un frisson après une douche trop chaude dans une salle de bains réfrigérée …

Les rues sont des parcs à voitures où l’éclairage souffreteux dépose des reflets inquiétants … et pour lui pas d’éclaircie non plus … il fait parti de ses ombres que personne ne remarque … même sur la scène de la vie …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

La découverte ultime n’est pas actée

Les Gardiens des Univers Ludiques – personnages de Numenéra

Les Gardiens des Univers Ludiques – personnages de Numenéra

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Voyage, voyage” et Desireless, “Et moi, et moi, émoi ” et Dutronc, tout est aventure entre le sac de voyage et moi le convoyeur de sac qui sur mon dos fait la feignasse. Et pourtant, si le Vietnam m’est connu, l’avion d’autant, et la rizière pareillement … tout cela dans les livres, je préfère la plage de Bretagne sous mes pieds nus et mon corps sait de quel soleil il a à faire.

En fait, seul le voyage intérieur fait rencontrer toute une population d’ici et d’ailleurs, de l’univers, la richesse de chaque contrée créée est d’autant fabuleuse que l’imaginaire de la langue n’a pas de frontière et la découverte ultime n’est pas actée, elle reste chaque jour à se dévoiler … par les mots …

Mots qui s’improvisent histoires, contes, mémoires, récits, anecdotes, chroniques, poésie, … la beauté attend sa plume comme l’encre guette la page comme les mots le talentueux …

Je m’attends moi-même …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Un piège a une seule entrée

Photographie - Sépulture Fernand Arbelot - cimetière Père La Chaise

Photographie – Sépulture Fernand Arbelot – cimetière Père La Chaise

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 11 au 15 mars 2019


N’est-il pas merveilleux de prendre la main de son aimée et consommer la vie par petites tranches comme un doux fromage qui fond sous langue, la bouche demi-ouverte comme un hublot dont l’air mariné d’une onctueuse ondée océaniale vient frissonner les narines ? Ô Ce (et pas os) fameux mariage de la consommation qui semble éternel et dont le mot souci est banni dans le cul-de-basse-fosse du géant nommé Problème qui pleure sur lui-même si sa Solution le laisse dans sa propre fiente (et l’oxymore se marre). Ô Fleur d’âge qui s’époumone dans le fané d’un lit de mégère qui fait semblant de prendre son pied à se perdre elle-même dans les onomatopées de voyelles, cette fratrie qui semble s’entrecroiser en des consonnes qui seraient que des échelles sans barreaux. Ô Utopie tu enfantes des rêves de bonheur et tu fais créations de désillusions si ce n’est à regarder l’œil harassé d’être provoqué par la voisine d’en face qui a un beau profil et un fessier et une poitrine et tout le reste n’est pas options, tu te dévergondes toi-même et tu ris de ta situation pour une histoire nommée Amour qui n’était qu’un mot, un filet pour mieux te retenir, un piège a une seule entrée. Ô Fertile vie qui est faite d’herbicides sélectionnés (à défaut de glyphosate) pour nuire jusqu’à l’échéance ultime (voire plus, le cercueil n’est pas à la bonne dimension), l’illusion première de ta beauté est devenue la richesse d’un désenchantement qui nous a pris au fil des années et cousu l’un à l’autre comme deux tissus de belles factures mais à la longue se sont dépréciés aux fils usés par les lavages de nos tourments, colères, turpitudes … Aujourd’hui, à célébrer ton enterrement, je conte par ce discours devant cette assemblée de nos nombreux enfants et petits enfants la vérité dépouillée de la censure, cette sangsue comme tu le fus … repose ainsi dans ce bon bois de chêne et moi suis toujours … à ta chaîne … amen.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Tout infini est immature comme l’humain

Journal_Donald_Duck_Fevrier_1990

Journal_Donald_Duck_Fevrier_1990


… à l’infini comme un échange perpétuel et modifié à tout instant qui semble stable comme une oscillation qui varie insensiblement et pourtant qui s’oppose à elle-même par effet de franchir sa propre survit pour exister …à l’infini …

En fait, l’infini est porté exclusivement par le seul fait de le prononcer. Cette « force de gravité » s’immortalise par son propre nom et porte ainsi une définition, des légendes et surtout les mystères de sa propre consistance … car la spéculation est dans son domaine. En effet, n’ayant aucune conscience matérielle, cet infini reste à se décrire et par voie de conséquence par la simple idée de son existence probable par les mathématiques, la philosophie et par autres sciences … alors que le commun des mortels, sait, lui, que l’infini est une parabole et son infini, à lui, n’est qu’une portion visible de son existence comme un horizon qui n’a pas de fin… devant ses yeux émerveillés … comme un champ perdu dans le cosmos …

Et de fait, nul besoin de poser l’infini comme élément du vivant. Aussi est-il souhaitable de définir l’infini comme élément mesurable qui est pourtant par définition … immensurable ? Car ce qui est mesurable permet une « vision », une conceptualisation, une représentation et même si les mathématiques apportent des réponses, par voie de conséquence, elles sont subjectives.

Tout infini est immature comme l’humain, c’est la force de l’infini « d’être » conçu ainsi. Il est né par le façonnage d’esprits, qui après avoir résolus le segment de droite, se posèrent cette question : qu’en est-il de cette droite infinie quand le cercle est ouvert ? En effet, un cercle, par exemple, est une succession de points, qui a un moment ou un autres, se rejoignent. Le fait, qu’un esprit, dirons-nous curieux a « ouvert » le cercle (comme d’autres « ouvrent la cage aux oiseaux »), celui-ci a pris, non pas « la tangente » mais la première sortie en ligne droite, la plus courte (sic). Alors, certains diront, oui mais … une droite ça n’existe pas car dans ce monde d’invention créative et récréative tout est courbe. Ainsi les plus malins ont de suite formulé avec audace et de fait, l’espace étant courbe, l’infini devait avoir … une fin … quelque part …

De fait, la boucle étant bouclée, l’infini, est, en conclusion une entité finie … ceci tranché, je vais m’en couper une tranche … de temps.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Il est là, dans sa beauté faussement éphémère

Oeuvre de Artemii Myasnikov - relooke - Blanche Neige et les sept nains

Oeuvre de Artemii Myasnikov – relooke – Blanche Neige et les sept nains

Agenda Ironique février 2019


Il est là, à portée de main, il respire fort comme un moulin à eau dans ses grandes heures. Il est là, dans sa beauté faussement éphémère comme un Luna Moth. Il est là, et je ne vois que lui, tel un phare posé comme un hercule, je l’admire. Il est là, et je suis comme une toile d’araignée solide pour le piège de petits gibiers mais fragile quand il s’agit de lui, le piégeur, je suis… non, j’ai perdu mon être, de ce moi, qui s’est égaré dans la fournaise de l’inconnu par effet d’un algorithme chimique…

Il est là, et je sable ma conquête qui s’enfuit de-ci de-là comme un feu follet de marais. Il s’évapore, revient en morceaux, puis complètement… Il est là, et… il m’invite à le suivre. Il est là et j’ai le cœur qui dépasse les quatre-vingts kilomètres heures sur sa route joliment décorée. Il est là, et j’entends sa voix… une voix qui s’allonge sur les lignes du non désir mais de l’envie de me tisser un chemin vers lui… enfin, pour nous retenir l’un l’autre…

Et, il est là, il me défie… ce rêve absolu, clairement identifié, et dont je suis prêt à franchir le seuil de sa réalité… quand… je ris de ce rire d’aliéné d’un siècle incertain entre barreaux et lit de paillasse, de ce rire qui vous désosse la mâchoire et vous dilapide votre restant de vie ; je ris comme un perdu pendu de rue de nuit ; je ris de ma décomposition fulgurante ; je ris à m’en tordre les derniers boyaux qu’ils me restent ; je ris à la flamme de cette souffrance de tous les possibles de le perdre ; je ris à me réveiller brusquement, je ris… moi qu’on surnomme : « Boule de billard ».

Car il est inscrit sur le fronton de son antre : « Le meilleur moyen d’éviter la chute des cheveux, c’est de faire un pas de côté. »

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Au coup du sort ou au coup de rien

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Je voulais crier : place, place, place …

Et me suis accroupi sous ce réverbère … isolé … comme lui, mais lui est lumineux… il paraît presque intelligent, anime une ambiance… et, lui, au moins, il sert à quelque chose, même que les chiens pissettent sur son pied…

Mon exposé sur ce lampadaire est une diversion … un leurre … une échappatoire à m’éclairer par d’autres pensées …

J’ai le sang tout glacé tout d’un coup et la peau sûrement d’un violet pas catholique … j’ai faim, j’ai grand faim d’un repas de vie de vivre. Le fatal engouement à mourir est bien trop ancré dans mon esprit pour que je puisse m’en sortir … vivant.

Je ris de mon auto-dérision et puis j’essaye de pleurer de toutes les larmes de mon corps … qui n’a plus rien donner … c’est pathétique …

Je me relève. Je marche droit devant au coup de pot ou au coup du sort ou au coup de rien, je fais du pas à pas à défaut du porte-à-porte le trottoir d’ici est le même que celui de là-bas et mes joues se creusent avec les dents de la nuit et ce lampadaire qui me suit comme un fantôme éclairé de bonnes intentions … je rage de toutes mes dents et mes pieds qui se tordent sur les nids-de-poule des regards décroisés des passants et puis l’un a dégusté de mon poing dans le ventre comme mon ventre me fait mal à se faire la malle mais reste accroché à la texture de son moi, c’est-à-dire moi et je m’écroule sur le matelas de chair qui s’abat sur ce trottoir défiguré et le doute de ma mort me traverse comme un éclair …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Ses pupilles fixent le plafond blanc que caresse la Mort

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Il prend le premier avion de ligne. Il est 14h31. Il atterrit dans un pays. Il est 18h49.

Sa vie n’a pas basculé. Non. Aucune reprise ne sera faite sur ses antécédents de paumé du destin qui se moque du devenir des choses à l’être de chair qui pense être le dernier … le premier de toute chose sur le registre de l’univers …

Il se moque de sa destination … il a fui et il fait seulement : “ouf” dans sa chambre d’hôtel d’une grande de ville : Beach et quelque chose …

La passation d’une vie à une autre n’est que le rapport de l’argent présent à l’instant T suffisant pour s’autoriser le prix du déni. Pourtant aucune fuite physique ne viendra effacer les erreurs commises qu’elles soient de Crète, de Charlotte, ou de Praia … à ne pas confondre avec paria …

Il regarde l’heure : 2h54 du matin. Il a trop chaud sous cette couverture. Il vomit. Il n’attend plus rien. Ce n’est pas maintenant qu’il fera un retour en arrière. Et son histoire est banale comme toutes les histoires humaines. Après lui le déluge aimait-il à dire à ses proches et autres rencontres. Et il y a eu cette autre rencontre effectivement …

Le poison fera bientôt effet. Il le sait. Mourir n’est rien, souffrir est tout. Il ne fermera pas les yeux cette nuit et plus jamais, et ses larmes seront sa rédemption pense-t-il, ce pauvre homme enfermé dans sa coquille, sa carcasse… Il respire à peine, à présent et ses pupilles fixent le plafond blanc que caresse la Mort …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Entre le néant de soi et le terrestre de la chose

Oeuvre de Peter Kemp

Oeuvre de Peter Kemp

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Le Vocable, aujourd’hui, a pris sa valise et décide d’aller en vacances dans les montagnes. Reposer sa voix avant que le gouffre de la déchéance ne vienne le saisir par le gosier et l’étouffer dans le tumulte d’un air qui demanderait la parole … Il est vrai qu’il y a des paraboles difficiles d’accès (à ne confondre avec la parabole du voisin).

Arrivé à bon port, au village des Quatre Cimes, il rencontre par hasard une raideur dans la trachée. Cela l’inquiète. Le changement de climat? Il pense avec angoisse à sa lubie des bonbons acidulés. Une conséquence néfaste qui s’impose ? Non, impossible !

Le Vocable ressent sa frêle existence. Il va déposer son bagage dans sa chambre d’hôtel et commander une soupe bien chaude. Il est vingt heures. Le monde du restaurant s’éponge aux mots quotidiens, une passable ambiance, presque inanimée comme le déteste le Vocable qui n’est pas illuminé par la joie ou même le réconfort de son bouillon qui n’a fait qu’accentuer sa douleur constante et lancinante …

Il monte tranquillement à sa chambre. Une bonne nuit de sommeil va le remettre. Il le pense. Il le croit, même en non croyant. Car, il ne suffit d’être croyant pour croire mais bien d’avoir la foi de croire pour ne pas être croyant … ou inversement.

Il est matin. Petit déjeuner. La voix enrouée. Rien ne va plus, pense-t-il entre deux tartines grillées sur le rebord de braises bien aises et allumées.

Sa décision est prise. Son pèlerinage (il cherchait le mot bien avant d’arriver à ce village) il le fera dans les montagnes, bien en hauteur, le ciel comme voisin et la vision à en perdre la vue. Quand le Vocable, tranche, il tranche.

Et le voilà à mi-hauteur, entre le néant de soi et le terrestre de la chose par le vide et d’un autre côté le plein de soi et de la matière en pierres redoutables et inaccessibles. Il est au bout de son chemin. Sa gorge est une douleur complète. Quand d’un effort, il en sort un sifflement comme une agonie que la montagne entend fait écho et porte par retour aux oreilles de Vocable la transmission de sa fin, la jubilation d’être enfin reconnu par ses pairs comme étant un médiocre … l’achève d’un seul tenant …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

LA lAngue du souffle, de l’effet …

Photographie de Marcel Mariën - 1954

Photographie de Marcel Mariën – 1954

Sur une idée de A de Jobougon


LA lAngue du souffle, de l’effet, de lA pAuse, Au plAisir de l’Aliment du mot goûté, exprimé, Affectionné, et puis dévoré : Amour dont le A est un élément pArmi un escAdron de lettres, cheffe de file en sA hAteur de A s’éclAire de phAre ou de porte-voix en mégAphonie, lettre mAjestueuse cousine d’une tour A l’Eiffel, déboulonne l’AlphAbet d’Aimer et plAque sA vibrAtion sur lA peAu …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Une chienne qui hurle sa nature

Oeuvre de Benjamin West

Oeuvre de Benjamin West

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Je rêve, une fois n’est pas coutume, de ma femme. C’est dire que je n’avais rien d’autre en stock. Mais entre-temps, j’avais rêvé de ma première maîtresse sur une route goudronnée de couleur orange. .. ce qui est assez surprenant car sa couleur préférée est … le bleu … et aujourd’hui, on doit … copuler … si mon agenda le permet…

Une maîtresse, c’est bien mais cela ne sert pas à grand chose. Alors, pourquoi ? Et ce n’est pas demain que le questionnement se pose, c’est aujourd’hui. En effet, elle est … enceinte. La garce! Je ne vais pas divorcer … ma femme à l’argent … En fait, je me retrouve coincé par le collet que j’ai posé moi-même et je paye maintenant le passé pour un avenir incertain.

Elle a bien du charme, cette femme de mes loisirs, mais elle n’a pas payé ma nouvelle voiture … neuve. Elle a le corps que ma femme n’a plus … c’est une évidence purement … sexuelle. C’est bête, c’est même idiot … pourtant qu’en est-il de la tendresse, du respect, de la dignité, de l’attachement … de l’amour, même ? L’amour est une vaste blague pour tenir en respect des liens moraux … la morale se moque de son premier village qui a élu Miss Vertu pour étendard, pour défier un diable, pour édifier une soumission … pourtant le Christ est à terre allongé trois quarts nu comme un sacrifie bien inutile car la chair humaine est reproduction et jouissance, cette souffrance qui jaillit comme une chienne qui hurle sa nature … c’est beau et redoutable et aucune loi pour l’asservir, l’annihiler, l’inhiber …

Mon propos manque de fonds comme une ligne à la pêche : faut savoir jusqu’où je peux m’enfoncer sans couler fatalement. Qu’importe, j’aime une femme d’argent et j’aime une femme pour son cul ! Alors dois-je m’inspirer des mots de Jarry : “L’homme et la femme croient se choisir … comme si la terre avait la prétention de faire exprès de tourner” et j’y pense, d’une envolée de pensée à une autre que la vidange de ma voiture en rodage est pour bientôt.

Il est temps que je sorte du lit conjugal. Il est six/trente. Et ma journée va être bien rempli et pourtant je commence cette journée dans la ouate. Aux deux pieds sur le sol de la chambre toute chaude de la chaleur du chauffage électrique, je regarde ma femme. C’est décidé, c’est entendu, je romps avec … les deux …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Ton cosmos a envahi ma galaxie

Photographie d'un inconnu présentement

Photographie d’un inconnu présentement

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Ton cosmos a envahi ma galaxie un soir de pleine Lune.

J’étais aveuglé comme un chat errant au milieu d’une route de campagne à l’affichage filigrané glyphosate. Devais-je y voir un signe du destin qui se moque comme de son premier cercueil du tracé hypothétique de l’humain multivore ? Non, non. En fait, tu étais une comète et j’étais une planète à fort pouvoir de ne rien faire devant une telle apothéose d’énergie. Ma parole était une danse sans air à la chorégraphie d’aphone et j’ai réalisé que je n’avais plus aucun ressort pour continuer à marcher sur la terre pleine de féconde.

J’ai ressenti un battement différent dans ma poitrine de petit homme et d’un rien d’un tout, je suis devenu un tout vivant sur un nuage d’amour en numérique 4K, voire 8K, 16K, 32K … J’étais heureux dans ma vie d’urbain entre quatre murs édifiés dans le quartier de l’épine dorsale d’une ville fromagée tel un gruyère de ghetto…

J’étais tout à la fois malheureux comme les yeux d’un basset et ma frontière dépressionnaire prenez de l’envol à me pendre au premier lampadaire dans l’impasse de continuer à éclairer un morceau de territoire aride. Ma brume pleureuse est venue arroser ma triste vie.

Je suis sorti de l’épicerie, ébloui et misérable. Caissière, mon Amour, j’aurai jamais le courage de te dire : je t’aime et vais finir ma énième bouteille de vin dans l’espace infini de ma solitude.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Lettre de démission

Photographie de Arthur Elgort en October 1992 - Kate Moss

Photographie de Arthur Elgort en October 1992 – Kate Moss

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Je suis l’éclat, tu es la nuisance.
Je suis
prétentieux, tu es l’espoir.
Je suis un
chien, tu es l’outrage.
Je suis les
cris de tes colères, tu es le chuchotement de mon cœur aimé.

Bon week-end et adieu…

Puis, il s’enveloppa dans une grande enveloppe et se posta lui-même au premier bureau de Poste.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Un délire décompté

Oeuvre de Karl Edvard Diriks

Oeuvre de Karl Edvard Diriks

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Je m’appelle Salin de Guérande et j’écume les bars qui s’ouvrent encore à moi.

Je suis l’Estropié… et la gueule de bois six jours sur sept. Le septième jour c’est le repos de la… bouteille.

Il est lundi, trois heures du matin, les copains ne devraient plus tarder. Je suis allongé sur mon banc favori, sur la jetée accompagnée du seul lampadaire avec cet air triste en lumière comme un veuf qui s’est ouvert le cœur le jour de l’enterrement de sa moitié d’âme…

J’ai les écoutilles fermées et les esgourdes bien ouvertes. À quelques milles de là, les vagues très lointaines me parlent à tintinnabuler les nouvelles. Les premiers arrivants vont bientôt émerger, bordés par l’écume comme un linceul et briser ma solitude quelques instants. Ils me parleront de Trafalgar, je vais sourire.

Pourtant, il est écrit dans le fond de mon abyme que ce nouveau jour doit être différent comme un passage dont le destin en panne d’inspiration a écrit un scénario bien faisandé ou est-ce le delirium tremens qui avait son mot à dire ? Et pourtant je suis à mon jour d’abstinence.

J’entends un bruit, une onde brusque entre les vagues régulières qui s’agitent, des frissons de gouttelettes perdues dans l’axe du devenir. J’ouvre les yeux, me redresse, le lampadaire s’éteint… et a ce moment-là une partie de moi se refuse à admettre l’impossible ou possible réalité : un dragon à un demi-mille fonce vers ma direction. Pas un dragon de conte de fée. Non, non, non… un drakkar qui flambe de sa poupe… une vision surréaliste, un moment de pur délire et pourtant, je vois des ombres se jeter dans l’eau qui par endroit tourbillonnent comme affolées de ce tourment inhabituel…

Je me lève avec cette fureur inconnue de mes organes, de mon cerveau dépouillé du bon sens de la vie… ce ne sont pas mes copains les fantômes du Bucentaure, non… je reste pétrifié un instant quand ce ciel chamarré de quatre heures trente du matin ouvre à mes yeux étonnés un tourbillon brillant immense qui aspire ce drakkar sans un bruit.

Et puis tout redevient normalement calme, le lampadaire à griller sa tête d’ampoule et je me rassois le signe de croix à l’envers… demain, j’arrête la picole et me fais conteur d’histoires fantastiques…

— Tu te rends compte, on vient de repêcher le vieux Paul dans les filets du chalutier l’Escaubar… le pauvre après un énième délire, il a dû tomber à la baille…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Derniers mots de nudité

Photographe inconnu - Le Belem

Photographe inconnu – Le Belem

Défi de lateliersouslesfeuilles : A vos claviers #6 :


J’ai eu toute l’énergie du partir et… je suis resté. Lâche, dégonflé, couard, poltron, jean-foutre, faible… ? Il y a des destins qui s’accomplissent dans l’ombre d’un tracé.

Au resté, je suis entre deux eaux et me couvre de réflexions et questionnements qui me tiennent chauds comme un vêtement en cachemire.

Je veux rester… mais je suis déjà enraciné, profondément, foncièrement, pleinement dans ma terre azotée de moi jusqu’aux tréfonds de mes fibres… frileuses.

Partir, le mot est savoureux, délicieux même… « partir, c’est mourir un peu, mais mourir, c’est partir beaucoup » dit Allais partir aussi pour de bon. Belle expression et même si je vis pour mourir un peu chaque jour, je ne veux pas précipiter la chose avec un partir qui m’angoisse entre l’intestin capricieux pour un oui/non et un cerveau prêt à se guillotiner les synapses pour un non/oui.

Il n’est grands soins qui s’accommodent de l’incertitude. Le doute est mon ciment et en mourir de honte, à l’avouer en ces lignes aux derniers trébuchements de ma voix parmi vous, demain sera effacé avec l’espoir d’aujourd’hui pour un autre demain avec un autre corps et des amants de tortures morales, de supplices de lâche, d’interrogatoires absurdes entre moi et moi, d’épreuves débités à la scie des tourments…

— Dites-moi, il a rendu gorge, là… ou il faut attendre qu’il soit vraiment froid pour l’emporter ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018