Top chrono ! Chapitre 2

Quand je regarde l’heure qui passe et le fleuve, de son eau de la ville, qui traverse d’un versant à l’autre, je me dis que la vie charrie bien des choses dont les plus mauvaises.

Il faut se dire alors que les ponts sont heureux d’être là pour le bien de nous tous.

En fait, j’aime marcher pour le plaisir sur ces ponts qui sont en végétaux. Et mes pieds toujours nus, profitent de ces moments pour respirer et se masser tranquillement. Ainsi, je respire mieux, je me sens vivre autrement comme loué par la Nature à être en osmose.

Bien peu de gens prennent ce genre de pont, car ils pensent qu’ils ne sont pas très solides. Mais comme une goutte d’eau n’a pas de force, plusieurs millions de gouttes peuvent vous noyer dans un verre d’eau que vous aurez avalé de travers.

En fait, je reste toujours attentif à être dans le milieu de cette Nature qui impose naturellement ses Lois comme des faits certains et ne se fie pas à la mathématique des humains pour savoir comment réagir devant les événements assez extraordinaires qui peuvent survenir.

Cependant, on comprend aussi que l’humain sait s’adapter à différentes situations pour survivre.

©Max-Louis MARCETTEAU

Top chrono ! Chapitre 1

Oeuvre de Louis-Michel Van Loo - Portrait de la Comtesse Marie-Louise de Beaurepaire

Oeuvre de Louis-Michel Van Loo – Portrait de la Comtesse Marie-Louise de Beaurepaire

Aujourd’hui, pour la première fois, je prends le train. Je suis toute chose, il faut l’avouer humblement.

En ce jour, je suis habillée avec des rubans et parfumée avec de l’huile d’olive.

Je suis ainsi acceptée par l’ensemble des voyageurs qui tous, ont des noms de plantes. Ce qui est surprenant. Car en fait, ce train est fait pour des gens et des plantes qui sont dans le même état de vivre avec de la chlorophylle.

Ce n’est pas courant, je l’avoue et moi-même je suis un peu surprise que ce monde existe, sur cette planète que l’on dit trop polluée, par des éléments qui osent pourrir l’air et surtout la terre dans son ensemble.

©Max-Louis MARCETTEAU

Propos d’Amour !

Image du film Trans-Europ-Express -1967

Image du film Trans-Europ-Express -1967

Elle, pose sa tête sur un oreiller papillons, étendue sur un lit de draps de lys.
Lui, lit l’Équipe, vautré dans un fauteuil usé d’Ikéa.

– Hier au soir, vous eûtes de belles embardées à mon endroit, mon bel étalon !
– Qu’est-­ce que tu dégoises l’aristo ?
– Que je fus retournée comme une terre meuble, motte humide, sur pluie d’été au contact de votre soc.
– J’t’ai retroussé comme une gueuse, ouais !
– Cependant, vous fûtes possédé de ma chair, et mon cœur s’en est ouvert, tout à ma voix.
– Oh ! j’t’ai simplement brouté l’gazon, ma belle.
– Certes, mais vous fîtes plus, vous défilâtes le tricotin de mes mots les plus obtus.
– Y a pas de quoi jaser.
– Possible, mais vous butinâmes outrageusement ma prairie, ce champ interdit.
– Oh ! j’t’ai simplement chatouillée la fraise et si tu as trouvé le Pérou, bé, tant mieux.
– Et vos caresses sur mes clavecins, des vaguelettes intenses, insoutenables … Vous vous souvîntes ?
– Avec des pareils nibards, c’était couru d’avance.
– Et puis, vous bûtes à mon terroir en sa chaude saison d’été comme un Romanée­-Conti.
– Faut croire que j’avais soif de tes badigoinces pulpeuses.
– Et de vos élans en estocades, j’en fus toute pâmée, ma peau de lys s’en souvient, en ses bleues agates.
– Je t’ai marouflée la croupe sans vergogne.
– En vérité, nous nous aimâmes démasqués : moi prisonnière de vos intransigeantes demandes et vous, défiant vos fantasmes.
– Je suis un mordu et t’as morflé ma louloute.
– Vous me cueillîtes, déboisée et enflammée dans vos élans chevaleresques.
– En terrain d’obstacles tu es la meilleure.
– Vous me fîtes perler mes premières larmes d’amour.
– J’t’ai décoincé le paradis et t’as chialé au quatrième tour de piste, quand même.
– Puis nous bûmes dans le même verre d’amour, enivrés jusqu’aux étoiles.
– Faut tout de même pas pousser, tu as le feu aux miches.
– Enfin, vous me conquîtes, Mon Désiré. De mon iceberg vous allumâtes un volcan.
– Fortiche tout de même, le mec. Je n’aurais pas parié placé sur ce coup­-là. Vrai de vrai ma pouliche.
– Allez, ne faites pas le mufle et revenez à moi. Possédez-­moi encore, tout entière, mon Pygmalion. Défroquez vos allures de revêche et astiquez mes attraits d’entrecuisses.
– Va falloir que je me remette au turbin.Y a pas à dire, j’ai la cote avec toi, ma cocotte.

©Max-Louis MARCETTEAU

Il y a des matins comme ça

Vivien Leigh photographiée dans le rôle de Lady Macbeth par Angus McBean -1955

Vivien Leigh photographiée dans le rôle de Lady Macbeth par Angus McBean -1955

J’étais à moitié dénudée (maillot de bain une pièce, pour éviter les fantasmes), positionnée de tout mon
long, sur un côté, à lire une œuvre à l’eau de rose, quand, sur cette plage de coquillages ensoleillés, une
chose me piquait la fesse droite. Était-­ce un coquillage mal luné ? En fait, c’était un scorpion de belle taille.

Je crie, surprise. Il me parle :
– J’en pique pour vous, ma belle sirène.
– Je ne suis pas une sirène mais une touriste en vacances.
– Qu’importe, je suis le pourvoyeur de l’Amour !
– Ce n’est pas Cul-­Pidon ?
– Il l’était, le bougre, mais j’en ai fait mon affaire, diantre. Et le dernier instant de son trépas, fut un Chant du Cygne, très remarqué, diffusé en Dolby dans une salle de cinéma, pas très loin d’ici.
– Belle mentalité !
– Vous voudriez me piquer au vif ? Je ressens une aversion à mon encontre et j’en suis tout contrarié, me tromp …
A ce moment­-là, une épée genre Excalibur, jaillit de mon livre et tranche en deux, l’irrévérencieux.

Je pousse un cri. Elle me parle :
– Je suis de vous à moi, votre conscience rapprochée. Et je prends la responsabilité de cet acte.
– Que venez­-vous vous mêler de mes affaires ?
– Vos affaires sont aussi les miennes !
– Pouah ! Quelle odeur putride qu’il dégage l’animal.
– Normal, sa saison venimeuse est à son paroxysme.
– Bon, ce qui est fait est fait, mais je vous prie de retourner de là où vous venez !
– Oserais-­je vous tendre mon pommeau en signe de réconciliation ?
– Ne seriez-­vous pas plutôt ma mauvaise conscience ?
– Votre mauvaise conscience ne brille pas avec autant d’éclat que moi !
– Qui sait ?
Et d’un salto arrière, l’épée me pique fortement la fesse gauche.

Je crie. Je me réveille.
Dénudée à hauteur de la taille, les draps en vrac, et la lumière du jour possédée de vivre, je frotte ma fesse gauche et mon amant de la soirée, me dit.
– Deux petites claques sur les fesses, ça réveille, hein, mon amour ?
Et d’un bel élan, je lui balance une gifle.
– Tu n’es qu’un goujat ! Pars sur le champ !

La journée commence sous un présage assez étrange.

©Max-Louis MARCETTEAU

Non pas tout à fait …

Blog In the Writing Garden: contrainte d’écriture. Et voici le texte 🙂

J’ai bomis …vomis mon ailleurs. Il était trop épicé … ma prison. Je n’ai pas supporté. Mes bagages sont restés là-bas. Mon train de vie m’a aidé. Il a pris, pour moi, un billet. J’ai pu m’échapper.

J’ai roulé une partie de la nuit entre deux fauteuils de cauchemars en velours rouge carmin. Ligne directe, pas de gare, de signalisation. J’ai froid. J’ai mal comme une mauvaise odeur indéfinissable. Je me suis assaisonné de “pass the flavour” de service. Peine perdue toujours là.

Je rêve d’une prière dans une basilique, poser mes genoux sur du basilic et reposer un temps mon âme toute basilic sur l’autel. Que je menthe à ma tasse du soir, si je n’ai pas le persil de la vérité au bout de la langue.

J’ai marché longtemps vers … pour me retrouver au point de départ. En fait, c’est le point de départ qui est ici et ailleurs. Ils sont identiques mais la raison refuse de croire comme un cerveau dupé.

Nos sens ne sont pas infaillibles. Loin de là ou près de là, selon la distance du problème.
Je vais me citronner quelques mots dans un verre d’eau et me rincer la bouche d’une haleine de fond marin.

Il faut que j’arrête de fumer du persil séché à la ciboulette cela provoque un delirium épiçatal.

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Trancher

Hitchcock Alfred

Hitchcock Alfred

– Franchement, vous croyez cela bien utile ?
– Tout à fait ! Donc, vous clignez les yeux, deux fois.
– Vous en avez de bonne vous.
– Allons, il vous suffit de peu.
– Vous pensez que j’ai la tête à ça ?
– Il faut vous concentrer que diable !
– Facile à dire. Je ne vous promets rien …
– Allons messieurs, il n’est que trop temps.
– Deux fois les yeux, deux fois …

Et la tête fut tranchée … en un clin d’œil !

©Max-Louis MARCETTEAU

Du réconfort des mots

Oeuvre de James Ng

Oeuvre de James Ng – http://jamesngart.com/about.html

Blog Palette d’expressions : contrainte d’écriture. Et voici le texte 🙂 :

Aujourd’hui, je suis allé au cimetière nommé : “A la quadrature des Âmes”. Le fossoyeur de service est une ancienne connaissance qui a écrit un livre intitulé : « Raconte, raconte tous les miracles qu’il y a eu ici aussi » aux éditions Les Fêlés de l’Ossuaire. Cet homme de bien ressemble à si m’éprendre au sosie du croque-mort dans la bande dessinée de Lucky Luke. En vérité, ce n’est pas pour lui que je suis venu. Non. Je reviendrai d’ici un certain temps pour m’entretenir personnellement avec lui. C’est suite à lecture de son passionnant livre, que j’ai voulu voir de mes propres yeux ce texte de rédemption inscrit sur une pierre tombale en marbre rose. Je vous donne ici le texte intégral.

« Je t’aime comme le premier soleil noyé dans l’océan
Tu as caressé l’espoir
J’étais une éternité de lumière dans le néant
Tu as scintillé
J’ai pris vie
Tu as appelé
J’ai bâti les premiers cristaux de notre Amour
Tu as levé l’encre à ta bouche
J’ai écrit nos premiers mots
Tu as dessiné mes courbes avec tes yeux
J’ai lettré ta forme idéale
Tu as souri à la première marque de rougeur sur mes joues
J’ai compris que le néant allait enfin disparaître de ma vie
Tu as mesuré le temps au sablier de l’impossible
J’ai ouvert mes bras
Tu as fondu en moi comme une onde
J’ai tremblé de ma terre
Tu as fleuri »

Il n’y a pas de nom sur la tombe. Non, vraiment. C’est ce qui est étrange. Mais qu’importe, j’ai ressenti une alliance des cœurs, et cela m’a bouleversé. Oui, vraiment. Et je ne suis pas du genre à me laisser attendrir.
Bref, pour commencer notre première réunion de fin d’été, j’ai eu ce besoin de vous faire part de ces mots d’optimisme car comme vous le savez, dans notre métier, d’équarrisseur de l’Enfer, il est bon de garder le moral.

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Souviens-toi

Oeuvre de Richard Blunt

Oeuvre de Richard Blunt

Souviens-toi, quand pour la première fois j’ai apposé ces mots au creux de ton oreille : « – Tu es ma Reine, je suis ton Roi ». Qui de nous savait à ce moment-là que tu allais devenir cet As pic et moi cet As de carreau ? Nous étions de cœur dans un champ de trèfles, loin d’un jeu des sept familles que nous avions mis dans un album photos souvenirs.

Notre rencontre était improbable et pourtant souhaitée, là au fond de notre âme, en filigrane. Nous étions impérissables, inséparables, insouciants comme des adolescents, conscients de nos différences. Le monde s’était toi et moi. Un cordon ombilical s’était formé (césure d’autant plus douloureuse lors de la séparation).

Nous étions ivres sans perdre conscience. La marge de la vie nous accueillait comme elle accueille tous les amants, impartiale. Tout amour est unique et pourtant les ingrédients, la formule, sont identiques, seuls les protagonistes et la mise en place de la Rencontre, diffèrent.

Qu’importe l’âge, la couleur, l’obédience, la beauté, … le seul trésor est un NOUS que rien ne vient, de l’extérieur, bousculer, détruire. Nous avions construit cette bulle selon les normes en vigueur, naturellement. Cependant avec le temps, nous avions créé notre propre anéantissement. Paradoxe et pourtant inévitable réalité de l’amour fusionnel qui pose la question : sommes nous prêts à nous aimer sans concession ?

Nous étions devenus des joueurs d’échecs. Nous étions prêts à tout et prêts à rien ! Un genre de néant nous a happés. Une agonie s’ensuivit comme un malade qui de sa souffrance veut en finir et s’accroche à sa vie tel un alpiniste qui a décroché, suspendu dans le vide et que rien ne peut arrêter son éminente chute si ce n’est un secours improbable.

Inévitablement notre propre perte s’est accomplie : nous avons chuté.

Fractures multiples, traumatismes divers, on ne pourra jamais payer la facture de notre séparation.

Nous sommes devenus des SDF de l’Amour, à la recherche d’un nouveau toit. Nous l’avons trouvé, mais à quoi ressemble-t-il ? A un refuge !

© Max-Louis MARCETTEAU

Est-ce un signe ?

Oeuvre de Philippe GIACOBINO

Oeuvre de Philippe GIACOBINO

Suite à un défi d’écriture, placer quatre expressions … dix minutes chrono.

Est-ce un signe ?

Brusquement la tempête releva ses manches et les baraquements s’envolèrent dans les airs, au chant d’une peur biseautée à l’éclair de foudre. Rien ne résista. D’ailleurs, toute résistance était inutile. De la volige à la taule, du clou au mortier de chaux grasse, tout ce beau monde traversa les ondes aériennes bien au-delà de la stratosphère.

Entre temps, j’avais eu le temps de m’enchaîner à un arbre robuste aux racines profondes et tenaces dans une terre possessive comme de la glu. J’épousai ainsi un temps certain l’arbre mon sauveteur, ma bouée de sauvetage, qui rugissait de toute sa hauteur, qui brandissait toutes ses branches comme un futur noyé dans un défoulement océanique dont la tourmente était du même tempérament que le père Éole dans un mauvais jour.

Voilà pourquoi, je suis encore vivant et que je puis vous raconter en quelques lignes me souvenirs, des brides comme des habits déchirés. Car il est vrai, je l’avoue humblement, j’ai perdu à plusieurs reprises connaissance et entre l’angoisse d’être vrillé à corps au tronc de mon arbre comme une serpillière, et empalé par un débris, mon esprit n’avait plus toute sa tête.

Et ensuite, par miracle, seul survivant, je n’avais plus qu’une seule envie celle de me saouler à la liqueur de noix de coco. Mais, il fallait me rendre à l’évidence, j’étais encore dans mon lit, emmailloté dans mes draps.

© Max-Louis MARCETTEAU

Écriture imbuvable

Image du film Orgueil et Préjugés - 2005

Image du film Orgueil et Préjugés – 2005

 

A l’écriture imbuvable, l’encre pleure son sang sur les lignes déformées de l’absurde. La chair putride des mots se répand sur la route hérissée des ratures. Les mots sont des sexes par lesquelles naissent des définitions qui se proclament prince de sang noir, la magie ouvre les portes des alchimistes en herbe, à la tisane assassine, à longuet urticant, la voix s’égorge dans un râle que ne saurait recoudre un légiste après une autopsie. Aux traits de lumière, frise les mots. Les yeux se pendant aux lampadaires de l’angoisse. La première page prend la peur comme compagne, se froisse devant la rebelle impudeur, se couvre de honte aux fautes, frappe la fin du début, au point maton, les virgules accrochent les iris, transpercent le blanc et coule l’humeur de la mort en linceul, le lecteur vient de perdre la vue.

© Max-Louis MARCETTEAU

Qu’il est long de mourir

 

Oeuvre de Marius Markowski

Oeuvre de Marius Markowski

« Qu’il est long de mourir ». Il n’y a pas de chaîne plus lourde qu’une malédiction qui hante les années sur une plage de sable cendré de celle qui aimée n’est qu’un fantôme que l’on habille de mots vides de peur de voir sa nudité comme une prière salée de désirs épinglés sur les pourtours d’un corps défait, corrompu qui n’attend que la défenestration.

© Max-Louis MARCETTEAU

Instant surréaliste

Oeuvre de Merwizaur  - https://merwizaur.com/

Oeuvre de Merwizaur – https://merwizaur.com/

Deux dés en quatre deux fois se regardent en miroir, chaudement pipés, en compagnie de deux tasses bien chaudes au Central Perk.
L’une des tasses dit à l’autre :
– You’re my lobster !
La tasse ne répond pas, sucrée jusqu’au rebord de ce compliment.
Un poulet à lunettes de service assiste à la scène, nu comme un ver, fait le piquet devant le stand de tir du Homard Enchanteur et broie du paper snow.
A gost passe entres-elles, l’air de rien, navigateur de l’au-delà ici bas. Profession dinosaure au temps déraciné d’une improbable évolution à fièvre tellurique, souffle le frais sur les fumerolles des tasses.
Apparaît, alors, Regina Phalange, en combinaison noire et blanche, damier, hallucinante et pose sa personne sur un fauteuil de noble naissance. Et en deux traits, s’abreuve du contenu encore vivant des deux tasses, à jamais réfrigérées de cette rencontre inattendue.

© Max-Louis MARCETTEAU

Au temps d’une canicule de froid

 

Holli Would personnage du  film Cool World 1992.

Holli Would personnage du film Cool World 1992.

Au temps d’une canicule de froid, une bouteille de verre en plastique, gorgée d’eau d’une pluie sèche, attends impatiente de bonnes lèvres pulpeuses pour réchauffer son goulot.

Exposée sur une chaise percée au Jardin des Plantes momifiées, des regards aux yeux d’iris plantent des couleurs anonymes sur ses courbes planes.

Les passants en vélo, aux roues rectangulaires, s’arrêtent en roulant devant son anatomie aussi nue qu’une suédoise sur le terre-plein d’un rond point au milieu du Sahara.

L’un d’eux, ivre d’eau plate, lève ses lunettes astronomiques et pointe un point d’interrogation à sa gorge et l’a saisi.

La bouteille leste, se défaufile de ce l’assaut au nœud pas coulant, se sert une rasade de rire à l’allure dépitée de l’audacieux.

La bouteille vient de se réveiller en bouche, émue et mouillée.

© Max-Louis MARCETTEAU

Ton corps dépressurisé

Oeuvre de Klaudiusz Abramski

Oeuvre de Klaudiusz Abramski

Ton corps dépressurisé par mon indifférence, éclate sur les parois de mon miroir. Ses bris me percent, pourtant, les racines du coeur. J’ouvre la boîte crânienne de mes cauchemars. Je cherche la clé de mon retour vers le seuil. Le seuil de la raison. Raison dépassée, comme une mort. Celle-ci relève ses manches. Je suis trop lourd de mes encrassements successifs. Les artères de mes fosses déglutissent un répugnant magma de folie.  Une écume nauséabonde dessine de son pinceau dégoulinant, les visages de morceaux de chairs fardées. Chairs clouées en toile de fond, grossissent à vue d’oeil et explosent sur le drap moribond, ancien jouisseur, délavé et tachés de nuits cyprinales et spermatique aux voyelles rebondissantes et gémissantes sous une lumière éjaculatrice et stérile, nous étions dans les bras d’un devenir sulfureux, qui tenait l’hameçon de la séparation, évidente et insupportable. Le jeu n’avait pas de chandelle ni de pioche, la porte a claqué, la rue a crié et le quai de gare multivisages était devenu trou noir … et, la Lune crise et l’océan me noie soulagé de ne plus subir mes hurlements de naufragé. Je suis mort, avant ton retour.

© Max-Louis MARCETTEAU