Les sourcils bien taillés dans l’épaisseur

Volute spatial de Magali Landry

Blog de Marina


Le sapin de Noël aux clignotements erratiques trône dans la chambre de tante Gertrude tout aussi seule que le résineux même avec un chat nommé mendiant qui se frotte à ses jambes aux beaux reliefs variqueux accompagnés d’affluents bleu roi.

Mendiant miaule et ses quelques croquettes au fond de son bol font grise mine tout autant que tante Gertrude dans son lit l’âme tourmentée de ne s’être rien offert cette année.

Il faut dire que le porte-monnaie de tante Gertrude est un lâche et qu’il n’est pas de cette culture de rébellion comme un certain président dont le nom ne me revient pas.

Dans la chambre tante Gertrude s’ennuie ferme quand un tintement dans la cheminée éteinte se fait entendre inattendu et irrégulier.

Deux espaces-temps ont lancé un défi, une course, avec la Dame Lumière contre une bouteille de champagne.

Tante Gertrude qui n’est pas une illuminée du cerveau à part pour le tricot dont le dernier a fini dans la poubelle par erreur se rend bien compte qu’il y a un souci dans l’âtre qui ne semble pas s’inquiéter même si le chat dresse ses poils en pelote devant elle.

Tante Gertrude fronce les sourcils bien taillés dans l’épaisseur quand surviennent les deux espaces-temps brillants comme des cadeaux de Noël devant sa bouille éblouie qu’elle ne perd pas le nord en développant une paire de baffes à chacun des espaces-temps.

Tante Gertrude est bien contente et sourit largement… de beaux cadeaux de Noël ces deux-là.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Une voix posée sur un écho de montagne

Bâtiment photographie Iotop 2020

Blog oulimots contrainte écriture


Je viens de franchir un cap (il n’est pas vert, ni d’espérance). Nuit noire d’été et peur bleue. Un feu rouge à ma gauche. Je marche au-delà de ma nuit blanche. Je viens de traverser la ligne jaune de mon destin. Ici, rue Magenta. Le trottoir fait une vague. Je tousse. Paris comme un fond d’estomac. Je vomis. Rien de bien méchant. Les bières me font pisser au pied de mon néant et le lampadaire approuve en des clignotements intempestifs. Tout est là. Ma vie ne se retourne pas. Je suis né à Lorient, je vagabonde dans la capitale … les odeurs de la misère sont les mêmes.

Il me semble que je lévite au-dessus d’une voiture.

Une église. Saint-Laurent. Cause à effet ? Je suis devenu un saint ? Je suis navigateur, boussole déboussolée, toute vie est insalubre et l’on passe son temps à se nettoyer ou pas. Se laver l’intérieur, je n’ai que mon whisky. Mes pas sont onduleux, mes jambes dépossédées de la gravité, mes yeux déambulent dans mes orbites molles, mes cheveux se hérissent, se mettent en boules difforment, l’intérieur de mon ventre est un sauna effervescent … et puis tout vibre en moi tel un orgasme incontrôlé, le merveilleux me possède totalement, entièrement … je hurle à la damnation …

— Avez-vous un briquet pour m’allumer ?

Une voix posée sur un écho de montagne me fait sursauter.

— Qu’est-ce que c’est ?
— Je suis la Bougie des Marais …
— Une Bougie ? … des Marais ? …
— Oui, tout à fait.
— Je … je crois …
— Ne bougez pas.
— Oui … c’est ça…

A présent, je vois une bougie scintiller qui se dandine devant moi. Je me dis que nous sommes bien allumés tous les deux.

— Ohé Ohé ? Eh Eh ? Monsieur ?
— C’est … c’est vous la bougie ?
— Non, non, je suis un sauveteur, il y a eu un séisme…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Cinquantenaire d’une belle tournure de corps

femme cinquante elegante chapeau -Photographe inconnu
femme cinquante élégante chapeau
Photographe inconnu

Blog oulimots contrainte écriture


Il lui semblait avoir une tête de potimarron après l’ivresse de la soirée qu’il venait de passer dans le château de la belle au bois dormant surnom de la comtesse cinquantenaire d’une belle tournure de corps qui l’avait invitée alors qu’il faisait le poireau devant un cinéma suite à un rendez-vous pris sur un site web de rencontres qui s’était avéré être un lapin …

Il avait des souvenirs par flashs depuis qu’il était sous la douche un peu fraîche comme la nudité de ce matin dont la rosée s’éveillait à l’orangé d’un horizon bancal et défiguré par les nuageux cumulus baluchonnés en voyageurs éphémères qui n’attendaient pas à se faire enguirlander par les nimbostratus maous…

Il faisait glisser son savon bio à la courgette sur sa peau délicatement robuste comme une belle carrosserie de mustang qui devenait verte par effet d’une composition instable et ne s’étonna pas de ce changement au climat de son état entre deux eaux, qu’il se rappelait que la comtesse l’avait bousculée à la sortie du ciné après la séance de quatorze heures dix, lui qui faisait le pied de grue et que matait une aubergine

La pomme de douche en main, l’eau se déversait d’un corps à corps avec lui-même se découvrant un moment de bonheur qu’il se demandait comment il avait cédé aux avances de la comtesse si ce n’était son allure bon chic bon genre avec son trench-coat beige et sa robe fourreau poivron jaune clair unie avec poches ou son sourire en coin, ses yeux de biche ou tout simplement son parfum N°5 ou peut-être bien sa voix qui l’avait envoûté…

Il faisait ses premiers pas à l’extérieur de la douche italienne que la comtesse se présenta toute … inattendue qu’elle lui claquât sa fesse droite qu’il rougit comme une tomate au milieu d’un été possédé d’une sécheresse à dénuder les écorces des arbres, qu’il n’avait pas, ni feuille de vigne ou de salade seulement sa main gauche pour cacher sa modeste verge :

— Alors, mon chou, on fait sa midinette ? Hier au soir, tu avais un meilleur répondant !
— Hier au soir, était un autre jour. Aujourd’hui, je ne veux pas me faire déguster par une mante religieuse.
— Et si j’étais une veuve noire ?
— Raison de plus pour ne pas contraindre ma vie à subir tes démons de midi.
— Goujat !
— Non, c’est un constat !
— Profite au lieu de constater, juger, condamner … à la barre des témoins … faire la fine bouche, dénaturer de ce que tu as joui, déposséder ce que tu as possédé toute une nuit …
— Holà ! Je suis d’une nature délicate moi ! Je souhaite encore profiter de contrées inconnues et ne pas me consacrer à un seul territoire !
— Tu as la langue bien pendue, autant que pour pratiquer un cunnilingus.
— Un compliment ?
— Un compliment car je ne suis pas avare moi !
— Holà ! Doucement, ! … une nuit avec toi c’est Austerlitz devant les Russes, c’est Mohamed Ali devant George Foreman … bref, je suis essoré ! Ok ?
— Et moi, si j’en redemande, beau goujat ?
— Je déclare forfait !
— Immature !
— Femme fatale !
— Soldat sans munitions.
— Hystérique !
— …

Deux mois plus tard, ils se marièrent et n’eurent qu’à jouir … de la vie.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Un Défi de Lecture pour 2021

Une fois n’est pas coutume, partage d’un défi lecture :


Un Défi de Lecture pour 2021 « Le Printemps des Artistes » — La Bouche à Oreilles

Vous savez sans doute que je participe à très peu de défis de lectures, mais j’ai décidé d’organiser pour la première fois un défi sur le thème de l’art et des artistes.Le but ? Lire un livre ou un poème (ou voir un film) dont un des personnages principaux est un artiste et/ou qui se […]

Un Défi de Lecture pour 2021 « Le Printemps des Artistes » — La Bouche à Oreilles

La table en chêne bien sapée

Blog oulimots contrainte écriture


L’Ange me regarde et le Cerbère me dépèce.

Tranquillement sur la table en chêne bien sapée, le spécialiste s’affaire conquérant.

Je ne suis qu’un Farfadet qui a été pris au piège d’un Gobelin qui a fait un marché avec un Korrigan.

Si j’avais été Dragon j’aurais eu leur peau de marchands.

Mon corps recèle une substance rare … à qui sait l’extraire au bon moment.

Et ce bon moment est … maintenant.

Ma chair est insensible, prise aux drogues diverses et accommodantes à tenir le fruit encore vivant un certain temps.

Et la Manticore est encagée rugissante à l’extrême de sa rage aux tremblements de son impuissance … elle sait sa peur du néant.

Je suis son poison extrait et qui badigeonné sur la pointe d’une flèche en os de saïga plantée dans sa poitrine l’étend entre les barreaux froids fléchis de son agonie épileptique jusqu’à sa dernière respiration dépolie couleur safran…

Une lueur bleu ciel s’envole parmi les feuillages qui s’écartent en cette nuitée déliée de cet assassinat pour une valeur de peau et possiblement d’un aphrodisiaque pour les légendaires lutins géants …

Pourtant, qui sait que je suis nécromancien à mes heures d’hiver ? Et avant de rejoindre les sous-bois d’ossuaires j’invoque par mon esprit dédié à Etemmu la formule à rétablir la Manticore dans sa force première, à sa densité amplifiée … maintenant.

Et la voilà qu’elle renaît, tel un Phénix, bouillonnante de vengeance devant les yeux effarés de l’impertinent.

L’Ange me regarde et le Cerbère meurt.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Je vis tu vis c’est étrange

Kent Miles - Wien - 1990
Kent Miles – Wien – 1990

Premier essai avec le nouveau éditeur fait de blocs et de « briques » 🙂 (je n’ai trouvé à diminuer la lettrine J – code CCS introuvable) Et un lien : https://wordpress.com/fr/support/editeur-wordpress/


Je vis au ciel bleu de ton écriture à la profondeur d’une ancre à quatre mille huit cents quatre brasses et je plume tes mots un à un comme une volaille ébouillantée après l’avoir occis à l’ancienne et je reprends un bol bien rond bien plein de mon whisky préféré et d’une traite je bois tel un boit-sans-soif et dégurgite malproprement sur ma raison d’être…

Tu vis assise sur le promontoire de mon indifférence tu me jettes l’éponge à moi-même t’abandonnes la lutte tu fuis avec la clé des champs qui se change en marguerite géante et plante son avis devant toi et te nargues comme un récif prêt éventré la coquille de ta raison d’être …

Tu vis la vague et son écume à l’âme telle une trame d’une mauvaise ligne de vie que l’exploration te fait vomir au premier pas qui te déboîtes la boîte crânienne sur le devant l’arrière scène aveugle de naissance et qui s’impose comme une ogresse qui charrie les intestins de l’angoisse au carré de l’identité de soi de ta raison d’être …

Je vis entre deux eaux de mon alcoolisme dépositaire de ma non consistance à l’image de toi en blonde un soir à Rocamadour dans cette chambre qui a été témoin d’un craquement aussi inattendu que la livraison de la panoplie papale à dix-sept heures heure sidérale au sous-sol d’une église qui sermonne une messe bien étrange … celui de mon pantalon à la couture de l’entre-jambe … de ma raison d’être …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Un éclaboussement à l’oreille des passants

Tout est dans le regard. Dessinateur ?

Tout est dans le regard. Dessinateur ?

Sujet(s) proposé(s) par Nemo Auditur.


« Un jugement trop prompt est souvent sans justice« , dit Voltaire.
— Comme quoi rien n’est parfait, se dit l’homme à haute voix assis sur le banc des déshérités de la société entre son camembert beurre et son saucisson liés entre les barreaux d’une baguette indéfinissablement tendre devant les pigeons trop avides des miettes de bonheurs et trop feignants pour grainer leur pitance.

Et l’homme déchire de ses mauvaises dents l’élément délicat du croustillant de l’habit doré que de légers craquements définissent une douleur et la mie délicatement moelleuse docile et à la fois résistante s’abandonne que le camembert cède aussi avec son aérienne senteur son cru de lait révolutionnaire et que le beurre salé de Guérande fondant aux contacts de ses amants précités n’impressionne pas le saucisson qui a déjà tranché sa position et s’enhardit à s’opposer à se cabrer même à lutter à être mordu sans vergogne par le premier venu … et l’homme de s’arracher une canine plantée dans le sauciflard et de penser que voltaire avait raison … ce sandwich n’est pas aussi malléable que prévu …

Et tout à son affaire … un homme-sandwich s’était attardé devant la scène … de l’homme au sandwich, lui dit :

— « La vérité pure et simple est très rarement pure et jamais simple« , nous dit Wilde.
— Vous lisez dans mes pensées, homme à la botte de la société industrieuse et malfaisante ?
— Mon temps de marche est inversement proportionnel à ma concentration à définir un sens à la pensée extra-nébuleuse de mes contemporains …
— Vous n’êtes pas … un peu fêlé ?
— Qu’importe la fêlure, mon image n’est floue que pour les autres…

Et … de la discussion courtoise à la joute oratoire, un bouillon de phrases pimentées et parfois inintelligibles comme un éclaboussement à l’oreille des passants à dévisager les protagonistes possédés par leur sujet comme un tournesol hypnotisé par leur soleil dévalise leur bon sens commun quand certains s’arrêtent pour jeter quelques pièces pensants à un théâtre de rue …

— … vous convenez, certes, mais la tranche de saucisson si elle avait son mot à dire elle aurait tout autant raison de poser ses conditions …
— Non, non vous égarez … toute forme inerte n’est pas apte à formuler désirs ou griefs …

Voilà pas qu’un agent de la force publique nommé autrefois gardien de la paix à l’écoute des lutteurs oratoires s’infiltre s’interpose se mêle à la mini-mêlé comme un grain de sel de belle envergure pour faire tourner possiblement la chose à l’aigre et il dit :

— « J‘ai personnellement plus de plaisir à comprendre les hommes qu’à les juger » nous dit Zweig.
— Voilà une sage expression, mais que vous mêlez-vous ? dit l’homme-sandwich
— Oui, ce n’est pas dans notre convention d’intégrer une parole non donnée ! dit l’homme au sandwich.
— Aujourd’hui la parole ne se donne pas, elle se prend et l’on se méprend sur le devant de la scène d’un quiproquo à une moquerie et présentement j’aime votre devenir en phrasé qui m’interpelle comme attiré telle une abeille par une fleur de champ en goguette et …
— Monsieur le gardien des lois et autres tenues démocratiques, votre discours est sympathique mais nous causons sandwichs nous vous déplaise …
— J’en suis conscient et je vous comprends mais je dois par devoir faire cesser votre tripotage verbal et en venir à ma présence…
— Qu’est-ce ?
— Je vous embarque pour tapage oratoire en milieu urbain sans autorisation préfectorale au regard de l’article R 2439-10A-1 …

Morale : la loi du plus fort ne tient pas toujours à comprendre l’autre, c’est bien connu.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

L’arme de l’impatience en main

Photographie de David Yarrow - rhinocéros au Kenya

Photographie de David Yarrow – rhinocéros au Kenya

Sabrina (Blog : entre les lignes) : atelier d’écriture #1

(Voici un nouveau atelier d’écriture mensuel et si votre encre vous titille, je vous invite à participer) 🙂


J’ai entendu un jour dans un jardin des plantes entre deux bancs et retenu comme une vague qui ne devait jamais atteindre un rivage ou un récif : « … les enfants sont d’un totalitarisme … » … le reste s’étant évaporé entre l’oreille droite et le neurone spiralé à clé fractale. Est-ce une assertion ou pas ? Il fallait que cela se confirme ou s’infirme un jour.

Et, aujourd’hui, je vois un enfant dans une allée d’un centre commercial qui hurle comme un canard à qui on vient d’arracher par défaut d’information préalable et à vif sans anesthésie une paire de plumes de son arrière-train.

La maman du garnement par le comportement de son marmot s’est gonflée d’une colère que l’air dédaigneux des clients proches savourent la défaite devant son manque d’autorité ou de conciliation maternelle ou seulement d’amour si ce n’est d’attention tout simplement.

L’alarme vocale du galopin hurleur consterne l’agent de sécurité un ancien d’Indochine qui s’approche franchement l’arme de l’impatience en main et d’un direct vocal tel un mégaphone intégré dans sa gorge profonde et déridée d’alcool, annonce :

— Tu te feras dévorer par les Petites Sirènes !!!

Les yeux du gamin se sont posés terrifiés sur le vieux visage de l’homme ancien guerrier et tout jeune employé de ce grand magasin déformé par ses marchandises possédées de E additifs, vomissant en filigrane les futures maladies …

— Comment osez-vous gueuler comme ça sur mon fils ?
— Vous êtes l’impudente distance entre vous-même et vous-même.
— Vous délirez !
— Vous êtes cette enfant insupportable et poussiéreuse de vos souvenirs comme d’une lie qui vous gangrène …
— Arrêtez ce délire !

Et le gamin de mordre avec toute l’ardeur d’un jeune loup … le mollet de l’agent de sécurité.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

L’équinoxe de ses angoisses

Bruit_porte_photographie_Iotop_2020

Bruit_porte photographie_Iotop_2020

Des mots, une histoire : récolte 49   (Hors délai)


Qui dit fricot, dit se bâfrer. Évidence qui fait fuir l’anorexique et l’ivrogne à devenir abstème (s’abstenir de vin). Seul le meunier du village sait de quoi l’on cause et à cela il n’y a rien à négocier. Il est jeudi soir, et pour rien au monde il ne manquerait ce fricot … du lendemain possédé de ses arômes en confusion mélangés, aux degrés de l’extase presque mystique… préparé par sa rondouillarde épouse : le fricot de la meunière, spécialité qui s’est imposée sur plusieurs territoires de la région dont son mari n’est pas peu fier, se permettant d’augmenter ainsi le tarif de sa farine… l’inconvenant.

En retard, le meunier n’est pas homme que l’on roule dans la farine ni à enfariner par jacasserie entre la meule et la poulie ou entre la bière trappiste et un blablateur vendeur de bœufs quand le fameux ragoût dans sa marmite congestionnée le supplie de l’enfourner en bouche jusqu’à l’envahir dans les profondeurs de son être obsessionnel…

Et le vent fort n’en dit pas moins et creuse l’agacement de la meunière qui s’impatiente du retard de son homme qui est aussi ponctuel que l’horloge biologique du papillon de nuit.

Maître Lapoulith est en retard, c’est un fait. Son habitude est dérangée, son heure s’inquiète, son assiette attend et la porte du logis reste close, tout à son mutisme, elle aussi languit et se repose sur son triple gond.

Alors, qu’attend-il pour franchir le seuil, cette porte journalière et commune avec cette tendance obligée, aussi, des bonnes et mauvaises nouvelles … la meunière ne compte pas les tic-tac, ni l’équinoxe de ses angoisses qui monte en mayonnaise ses battements de cœur à la moindre perception d’un bruit, même connu, quand le vent se tait …

Et un grondement inhabituel … derrière la porte …

Un chien ? Un loup ? Un renard ? … un monstre ?

Le silence armé … et la meunière de dire la voix enfermée dans la gorge … sort.

— C’est toi ?

La porte s’ouvre de sa serrure à loquet, les gonds miaulent, et le cœur de la meunière s’arrête… devant la bougie suif témoin.

Le meunier est là … un fort gâteau à la main.

— Bon anniversaire, Marie !

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Elle voit l’horizon s’empiffrer d’un soleil matinal

Oeuvre de John Everett Millais - Clarissa - 1887

Oeuvre de John Everett Millais – Clarissa – 1887

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 17.20


Toute haute debout, pieds nus, elle voit l’horizon s’empiffrer d’un soleil matinal où ses yeux s’accrochent en ce lointain quand la mort si proche, peut-être incertaine, est une interrogation, une provocation et ses mains crispées sur les barreaux de sa geôle à la paille humide possédée de la respiration d’une terre battue, de sueurs, de secrets, d’humeurs de condamnés à jamais disparus dans une autre entrailles terrestre …

La circonlocution de la narration n’arrêtera pas le sort de la jeune femme dont les cheveux longs ont été taillés réduit jusqu’au cou gracile défiant encore sa position …

Les larmes sur le bord du volcan de l’émotion, elle se rappelle ce baratineur débordant de ce charme mâle comme un appât désirable de belles phrases, d’aphorismes … et puis sa sentence avait été tracée sur la ligne invisible du hasard, de sa part de fin …

Elle s’étonnait d’avoir été prise dans ce tourbillon de mots dont le celui de téléphone mot saugrenu … ce beau parleur l’avait embobiné dans un complot à mille lieues de ses préoccupations quotidiennes celles de discuter d’un bon bagou sur le prix des œufs, de la viande fumée, d’un légumeux de saison … mais lors de sa comparution devant ses juges aucun plaidoyer pour la défendre …

Sa parole contre celles de bedonnants bourgeois aigres et vicieux comme … des hommes …

Elle n’avait pas joué une pirouette pour s’en sortir, elle avait débordé de sincérité … avait été la girouette d’une affaire …

Là voilà par un soleil radieux… pendue …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Il est mort, seul

Oeuvre de Ramon Masats - Barcelone 1953 - Blanca Berlin Galeria

Oeuvre de Ramon Masats – Barcelone 1953 – Blanca Berlin Galeria

Des mots, une histoire : récolte 50


 

« Pour vivre heureux, vivons cachés » disait-il.

 

Il est mort, seul,

Sa liste de bonheurs entre les dents,

Et les palabres de la messe à promettre un Paradis … un lac desséché.

 

La misère est en nous … et le mur du désir hurle dessalé de son envergure sur le grain de sa peau …

Et l’oniromancie rit, la dupe.

 

Avec la danse d’un seul temps, il s’était égaré dans le monde d’une Incertitude aux dents acérées d’une Inhumanité, devant l’ogresse de la réalité, à cette envie de la goûter … cette souffrance n’était pas chimérique

 

Il est mort … seul.

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Ton bonjour sous le bras

Fei Fei Sun pour Vogue Italia juin 2015 par Mert Alas & Marcus Piggott

Fei Fei Sun pour Vogue Italia juin 2015 par Mert Alas & Marcus Piggott

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 13.20    (Hors délai)
(Cette semaine pas de 5ème chapitre du roman Rho-Man Tout en Gala-Tik, toujours en chantier (peu de temps pour m’y consacrer et me concentrer) mais Carnetsparesseux est bien présent ICI)


Il est sept heures dans le salon ; la baie vitrée baille haut ; le soleil fait sa rentrée en petite tenue thermonucléaire. Et toi, ton bonjour sous le bras sans effort, ton semblant de patience pénélopéenne en grande tenue et ton sourire béat comme un piège, m’aborde pour me saborder :

— Tiens, t’es toujours là !
— J’ai encore ce courage du cocu…
— Si ce n’est une faiblesse … te voilà humilié et pourtant tu frétilles, ici, devant moi.
— Non, je ne frétille pas, ce n’est pas dans mon caractère … tu le sais de ta mauvaise foi…
— … et à poil ! T’as honte de rien !
— Honte ? Tu sais très bien que je dors ainsi et puis l’homme nu ne vaut-il pas l’homme habillé ?
— « L’habit ne fait pas le moine » c’est sûr … allez, tu sais que je ne veux pas de couple à trois… ne reste pas ici.
— Je paye la moitié du loyer … ce n’est pas un vecteur négligeable.
— Et alors ? Ton droit ne vaut pas obligation de ta présence ici !
— Je souhaite peut-être aussi réparer mon erreur…
— Tu es déjà une erreur à toi tout seul …
— Ta dureté est de diamant … je pense sérieusement à étreindre ton joli cou présentement …
— Il te faudrait ce brillant courage, ce rien du meurtrier pour exceller dans cet acte … ce qui est peu probable …
— Ne joue pas à ce jeu …
— Ne m’approche pas !!!
— A t’énerver brusquement ainsi … ta peur me fait bander …
— Arrête !!!
— Trop tard …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La courroie de transmission de ses envies

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 9.20 (Hors délai)


Il était une fois un tracteur qui s’ennuyait ferme, même si une vieille poule lui concoctait tous les jours un résumé de la veille des caquetages de la basse-cour. Il avait été marqué d’obsolescence avec d’autres matériels dont les états étaient divers et variés entre les pannes et la vieillerie. Ils étaient devenus le produit de l’inutilité même si parfois des inconnus osaient ponctionner quelques pièces de leurs mécanismes, et cela au déchirement silencieux d’une déchéance mal vécue…

Tandis que dans la buanderie une lessiveuse chantait à tue-tête un bel canto en compagnie d’un feu ardent amoureux à la première forme de ses lignes de fond, le tracteur ruminait à travailler de nouveau dans les chants… euh les champs… avec tout son saint-frusquin : charrue, broyeuse d’accotement, chargeur frontal, faucheuse, déchaumeurs, remorque… et ouvrir enfin une nouvelle vie à une utilité digne d’être reconnu…

Cependant le paysan bourru et dodu à souhait n’avait aucune intention de reprendre comme compagnon son tracteur. En effet, bêche, fourche, râteau étaient ses alliés de chaque jour, humblement et efficacement. D’ailleurs, il était devenu dans sa ferme une réduction de lui-même aucun repreneur n’ayant voulu… reprendre ses quelques centaines d’hectares vendus la mort dans l’âme et le pire à une société écran chinoise dont il n’avait pas eu connaissance si ce n’est trop tard…

Ainsi, il lui restait quelques arpents avec un poulailler, une belle terre en jachère, un unique prunier qui donnait une année sur deux. Bref, sa vie n’avait plus rien à construire et la courroie de transmission de ses envies avait cassé irrémédiablement.

Et ce jour-là il fit un rêve étrange, celui de son tracteur qui le tourmentait pour reprendre du service à cultiver quelque que beaux légumineux sur son lopin riche et sain. Et chaque nuit, à heure fixe, ce rêve le poursuivait. Quand, un jour de pleine Lune ne pouvant dormir, il se leva. Chaussons aux pieds, il s’avança vers la porte pour sortir. Il eut une peur bleue au fond des yeux. Le tracteur était là… à son seuil, silencieux et imposant.

— Alors camarade, on reprend du service ensemble ? lui dit le tracteur de sa voix douce de ténor.

Le paysan n’ayant pas le cœur assez solide capota en avant la tête sur la calandre du tracteur.

Depuis ce jour la légende dit qu’un tracteur a enterré son propriétaire à la nouvelle Lune et que l’on entend ronronner ses chevaux a vingt lieues à la ronde.

Morale : ne vous levez pas si vous entendez un tracteur devant votre porte.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Le drame aux mains propres

Chaise sur champ (Si vous connaissez le la photographe )

Chaise sur champ (Si vous connaissez le la photographe )

Les petits cahiers d’Émilie. Emilie 8.20 (Hors délai)


La montagne se tient à l’horizon. L’aigle se pose sur la cime du premier arbre. Le mouton est en mode attente et le ruisseau… ruisselle et les ragots ragotent au café du village.

Ainsi, le décor décoré est installé, le drame aux mains propres s’habille de ses chaussettes réversibles, de son pantalon tissé à l’ortie du Nord, d’un long manteau feuillu de la plaine et d’un large chapeau plat fait de lames genre rasoir au possible et d’un radar dernier cri à appréhension amplifiée.

Quand le corbeau de service, s’approche en vol plané en delta et se pose aux cotés de l’aigle genre royal troisième branche à partir du bas, et dit :

— Alors, vieux frère, tu cogites ?
—…
— Si tu l’enserres trop lentement, il va iodler dans toute la vallée.
—…
— Au contraire, si je le rabats vers le ruisseau chantant, tu pourras à loisir le cueillir.
—…
— T’es pas causant mon frère, aujourd’hui ? Un problème ?

L’aigle d’un coup de bec comme un retour de boomerang sectionne la tête de linotte… du corbeau. Le bel aigle a un frisson de sa belle chair emplumée, éprouve un seul hoquet, déplie ses ailes, brasse l’air par une belle résonance qui traverse les belles lignes de la vallée jusqu’au journal déplié à la lecture d’un villageois d’une belle vieillesse assis sur un banc de granit, bien au frais, sous le platane de la place.

— Le rapace n’est pas de bonne humeur… y en a un qu’a dû morfler…
— Pour sûr, répond son vieux camarade de classe qui fume la pipe, le chapeau de paille entre les oreilles.
— Alors, tu vas le gronder ?
— Non, non.

Les deux hommes se regardent d’un œil profond et… rapace, glacial.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Enfin une bonne nouvelle

Louise_Brooks

Louise_Brooks

 

Les petits cahiers d’Émilie. Emilie 7.20 (Hors délai)


Ma première pâtisserie du matin, c’est toi mon amour… pendant ta douche ou après… jamais avant… principe d’un commun accord et cet accord n’est pas en sucre et parfois tu me joues de ta voix d’orgue pour créer cet appétit de luxure à m’envoûter mais je tiens bon à ma propre rambarde pour ne pas céder à tes injonctions et ma faiblesse n’est pas la tienne au sel de tes lèvres gourmandes et de tentations du voluptueux au bestial je résiste à ta belle fraise et pourtant quand tu pratiques ton sortilège en dernier recours à haute teneur en sensualité celui-ci m’emporte à ton caprice tu me débauches sur des mots qui semble la création d’un Bacchus aux frémissements bouillonnants des dunes de ton corps chaud braise comme un trio genre Nirvana tu es une baïne…

Mais aujourd’hui, c’est dimanche, tu es partie pour une semaine dans les Landes pour te rafraîchir les idées dans ta famille, ainsi me voilà au repos à me préparer un cookie de belle envergure une douceur dont ton aversion est vomitive… je me retrouve enfin avec moi-même… enfin une bonne nouvelle…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La belle équation avait de quoi épiler

Taz en action rien ne l'arrête

Taz en action rien ne l’arrête

Des mots, une histoire : récolte 43


Un matin, un hurluberlu (et pas un lapin), s’installa au square Alfred Jarry sur un banc de bois bleu aux pieds verts, et se déguisa en monsieur tout le monde. Le pastiche fut saisissant. Quel tour de force ! Quelle imitation ! Le hasard n’eut pas son mot à dire, il pouvait s’enliser dans le premier sable mouvant du déterministe, la belle équation avait de quoi épiler, dégoupiller, désarçonner ce hasard que rien il est vrai ne pouvait imiter, lui…

Notre homme ainsi maquillé, masqué enfin costumé héla le peuple du square de cet après-midi chaude et découverte et tout à la fois ouverte à un mini spectacle hors norme il faut le dire dans ce contexte tout particulier de notre dictature du vingt-deuxième siècle…

Il osa, il prit le risque, l’audace à son plus haut niveau, le mots téméraire ayant disparu et il se présenta de sa propre voix, de son propre corps dans toutes ses humeurs comme une apparition exceptionnelle devant la curiosité grandissante de soi-disant encore humains et sa logorrhée apparut fantasque déliée de tous les tabous qui s’étaient serrés les coudes pour résister à la déflagration qui allait frictionner leur passé pour un retour à la source de l’humain… d’origine…

Comme on disait à une époque reculée (ce qui ne veut rien dire, en fait), il balança la purée dans le sens propre et figuré, ce qui dépoussiéra d’un seul tenant les neurones les plus prudes des spectateurs qui développèrent aussitôt deux catégories de cas : les incontrôlables et les imperturbables. Le soleil ne brille pas pareillement pour tout le monde, c’est bien connu.

Aussi une intervention d’un panier de gardes armés d’ukulélés modifiés recomposèrent la léthargie et remis aussitôt de l’ordre dans cette cohue et l’hurluberlu mis en quarantaine pour entropie caractérisée au troisième degré… de la bonne humeur…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

L’espérance arpente son échelle de désinvolture

Monaco_Iotop_2008

Monaco_Iotop_2008

Des mots, une histoire : récolte 42


L’espérance arpente son échelle de désinvolture et l’hominidé en tenu d’Adam sur un atoll les pieds en éventail se pose une question d’acheter une échelle ou peut-être un piano ce qui n’est pas le même budget, même d’occasion… tout est une valeur… d’échelle, c’est bien connu…

En attendant, il bronze lentement à sécher recto verso dit de l’effet rôtissoire et sa compagne du moment est du même mouvement ce qui donne une chorégraphie studieuse et monotone dont l’harmonie s’ennuie toute de même ferme devant cet état de fait qui la rassure et l’inquiète tout à la fois…

Quand un coquillage de passage aventurier de premier niveau possédant tous les sens même interdits par la nature des choses communes et parfois étranges voire inavouables sauf qu’il est aveugle comme une mine de charbon à mille et deux mètres de profondeur… et culbute sur le mollet dru de l’homme… aussi il s’exprime ainsi (le coquillage) :

— Nom d’une courge ! Qu’est-ce cette chose ?

Il n’en faut pas plus pour qu’il sorte de sa besace en corail sculpté une feuille de vigne sous-marine et se munit d’un hippocampe encreur, et note :

[Dsirostion au dévnpeopeemlt du cuors du mmenœuvt moi le bvivale en ce juor j’ai cnonu le tnuore sol par le cohc d’un élémnet iocnnnu non réaitcf et doasipnst àêtre femeernmt au slcoe sleibar. Le cnomnoueetrnt est préférbale.]

Pourtant, la vie à des injonctions que le destin ne sait pas déchiffrer et le primate des temps modernes un tantinet chatouillé par un soi-disant mollusque ouvre un œil et un deuxième sous son chapeau de paille tressé par les doigts osseux d’une îlienne ou d’une villageoise sous le joug d’impôts infâmes…

D’une main audacieuse inconséquente et armée au courage de transformer l’inopportun si ce n’est l’outrecuidant à une cuisante envolée dans les airs l’ami bivalve prend la tangente bien malgré lui et connaît le saut dans l’inconnu sans l’élastique pour ricocher sur l’abdomen de la compagne du bipède luisante de crème solaire dont Yuka donne une note dont le médiocre est un fruit acidifié au bicarbonate et glisse tel un surfeur à Waimea jusqu’au Mont Vénus à la descente à l’allure d’un bobsleigh à se loger au croisement du fourreau de la dame qui n’attendait pas cet inattendu qui commençait à distiller son étonnement devant une possible descendante inconnue…

Bref, à cet instant fugace de la surprise la concubine apeurée par une frayeur toute à son affaire crie de ce cri des fonds des âges aux cavernes bien résonnantes à l’amplification à faire rougir l’écho de service et d’un froissement gestuel incontrôlé éjecte telle une catapulte géante l’ami bivalve en direction de l’océan… dépositaire de toutes les vies… n’a pas, lui, une vision de celles-ci, à l’anamorphose

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

AVIS DE RECHERCHE … FIN

Bon jour à tous,

Suite à la disparition de mon frère aîné,  un corps a été retrouvé lundi au Croisic, dans l’eau, non loin du Moulin de Penn Avel.

Selon les premières constatations et de l’autopsie qui a eu lieu vendredi matin à Nantes il pourrait s’agir très probablement de mon frère (selon la gendarmerie).

Pour comparer les prélèvements de l’autopsie et ceux effectués lors de la réquisition chez mon frère il faut que j’attende plusieurs jours à plusieurs semaines.

Comme il apparaît que ce corps soit celui de mon frère (et en attente de confirmation) et même s’il est considéré officiellement, actuellement et pour l’instant, disparu, notre famille entame son deuil.

Notre famille tient à remercier toutes les personnes pour les partages sur les réseaux de l’avis de recherche et les distributions de flyers dans plusieurs départements et leurs soutiens ainsi que la gendarmerie nationale et plus particulièrement de Savenay.

Max-Louis MARCETTEAU

 

AVIS DE RECHERCHE … SUITE … LE CROISIC

Bon jour à tous,

Je reviens vers vous suite à la disparition de mon frère aîné.

La gendarmerie a retrouvé sa voiture dans la commune du Croisic, bord de mer,

avenue de la Pierre Longue, à l’endroit du Moulin de Penn Avel.

 

Pour l’instant, il n’a pas été retrouvé.

Ainsi, (en lien avec la gendarmerie) je souhaite partager un autre flyers ciblé sur la côte atlantique.

Si vous le souhaitez, faites-le partager.

 

Je tiens à vous remercier, tous, pour votre aide et soutien.

 

Max-Louis MARCETTEAU

 

ms_avis_recherche_croisic

ms_avis_recherche_croisic