Il est doux le lundi quand je te prends dans mes bras

Donald_duck_et_Daisy

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Il est doux le lundi quand je te prends dans mes bras pour quelques heures hérétiques…
Il est dodu le mardi à notre repas de Nous sur le parvis de nos chairs nous dévorons nos désirs…
Il est Dominique le mercredi Mon Amour ta langue me cherche sur le balcon de notre adultère…
Il est dulcinée le jeudi sur notre scène de vie au théâtre du genre humain…
Il est durillon le vendredi toute une soirée on s’attend sur le trottoir du manque on se respire de loin…
Il est dominé le samedi entre les draps on se parle …
Il est disséminé le dimanche en moi …

La discrétion était notre assurance vie et ne pouvait digérer les scandales… aujourd’hui, je fume nos souvenirs… dans notre cimetière…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

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Mon Amanite est comestible

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Mon Amanite est comestible. Si, si. Vos yeux font un tour de piste sur le stade de l’interrogation. Et je vous comprends. Tout n’est pas poison. Je vous assure. Il n’y a pas de secret. La nature des choses est bien faite et je suis de cette ivresse à vous la présenter toute en chair, sans danger et pas de folie tout le monde sera servi et vraiment pour les allergiques, un antidote dans la boite urgence est présent à l’étage…

Je vois dans votre pupille gauche un spasme d’inquiétude. Qu’est-ce cette Amanite ? Ma tendre et chère mannequin vendue sur un plateau pour le plaisir du goût … en chocolat.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Aux nobles positions de l’amour

Photographe_et_ femme_inconnus

Photographe_et_ femme_inconnus

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Aux nobles positions de l’amour, il est abusé parfois de tenir des postures peu orthodoxes et de croix pour les fervents adeptes de l’empalement vibreur …une prestation sur mesure, il va sans dire … en un mot, le compte est bon quand les partenaires s’ébrouent aux plaisirs d’un commun accord …

Ils sont d’autres qui s’imposent à l’architecture du corps comme du yoga pour les puristes du genre, à la posture de la charrue ou du poisson, tout un art, la clé de voûte du bien de soi qui n’empêche que l’on ne vit pas plus vieux ni “mieux bien” que les autres…

Et puis, il n’y a de musique du corps que le pupitre de la volonté qui porte la partition du vouloir, et l’acte d’amour, ce corps à corps, gratuit (en général) offre le coït d’une partie de jambes en l’air. D’ailleurs, je n’ai jamais entendu des jambes coïtées … un abus de langage …

Mais qu’importe, j’attends ma nouvelle partenaire … unijambiste … le pied ferme …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La vieillesse se déboulonne et s’enterre

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J’ai lâchement abandonné ma raison pour celle de la folie douce. Cette folie, en de multiple micro-folies, mine les biens portants quand elle les regarde dans le fond des pupilles.

Pendant des années j’ai vécu, oui vécu comme un homme normalement construit pour verser dans la consommation et l’animation quotidienne voulues par des gens reconnus comme plus sensés que moi et directifs sur le comportement que je devais transmettre…

Et puis les codes institués deviennent des orties au fur et mesure du temps. Les ondes grises des cheveux devenus blancs et du temps restant posent la question du comment veux-tu continuer à vivre si ce n’est pour mieux mourir avec cet esprit des choses accomplies par effet d’avoir été utile à toi-même. Et si les casses automobiles existent, la vieillesse se déboulonne et s’enterre en retraite de maison à prix d’or … à d’ornements funéraires sur contrat de deuil, la solitude est mortelle …

Et puis grimacer devant les habitudes de chaque jour comme une aumône, je préfère sourire, rire jusqu’à mon dernier sommeil de rêve les yeux ouverts sur une eau calme, le silence détendu vers l’infini d’un ciel drapé … de Toi mon Amour …

Et puis, je suis parti vraiment sur la route du délire, les mains dans les poches, le silence entre quatre murs, le monde m’a enfermé et refermé sur ma route à sens multiple et l’injection retard au creux de ma vie, le symptôme réduit à son expression du cri lié à son propre mur, je ris comme un perdu, le pavé de mon destin écrase la peau de banane qu’il m’avait dessiné …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Elle me scrute la belle inconnue

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… elle a ce magnétisme des yeux bleus confits de son peuple connu pour son remède nommé Plécarthite, un cathartique qui purge les oreilles … peu connu dans nos contrées pharmaceutiques mais qui évite dit-on de source herboristerique la labyrinthite …

Elle m’impressionne, moi l’anthropologue de service, égaré dans ce territoire hostile et tout à la fois fascinant dans cette Amérique du Sud qui s’impose comme le berceau de l’humanité quoi quand disent mes détracteurs.

Je suis prisonnier, oui, ligoté à un poteau sculpté. Elle me scrute la belle inconnue. Mon compte n’est pas encore arrêté car je sais que ce peuple à deux pivots dans sa constitution tribale : l’éructation et l’acajou. L’un concupiscent (aussi étrange que cela puisse paraître) et l’autre meuble leurs journées à tailler des poteaux en ce bois dont chacune et chacune recherche les biens faits du chef.

A ce moment-là, cette superbe femme s’agenouille et me dessine sur le ventre ce que je crois reconnaître … une corneille avec une tige de bois bleu foncé. Je deviens acrimonieux qu’elle reste de bois et sourit comme si elle avait fait une offrande à la cheffe comme je m’en aperçois rapidement. Si je pouvais par une magie quelconque frapper cette femelle d’un anathème … car je sais à cet instant précis quand elle jette en l’air cette tige qu’elle vient de signer mon arrêt de mort.

Quelle fin de vie horrible, déchiqueté à vif par ces maudits volatiles… je crie de rage, je hurle et voilà une flatulence et une autre … que je me mets à rire, à rire quand le premier bec me transperce l’ombilic …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je le mate depuis un moment

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Il est là mon homme, en salopette, bleu de travail, cul par dessus tête pour réparer notre pompe de puits …

Je le mate depuis un moment.

Au-delà de ma naturelle nudité, ce jour, j’ai le gazon bien ras. Cela ne fait pas bander mon homme du jour, un tantinet contrarié par la machine à remonter la chose … dite d’eau.

Il est aussi d’une autre panne de ce temps où l’homme est une caricature de lui-même. Heureusement, nous, les femmes, avons fait œuvre d’intelligence. Nos ovocytes et les spermatozoïdes de ses messieurs ont été conservés précieusement aux fils des décennies …

La fabrication de gamètes a contraint cette humanité dénaturée par effet industriel effréné à effectuer un réveil trop tardif pour les uns : “merde ! personne nous a informé !” et les autres qui ont souvent ramé pour rien : “merde ! vous n’avez pas écouté nos avis et recommandations !” …

Et par effet, l’homme a perdu entre temps tout moyen d’ériger son propre désir. Et pourtant la formulation du plaisir de la chair étant instinctivement soudé à l’être, il ne pouvait s’en défaire.

J’essaye de le “pousser” au démarrage, au stimulus de l’homme qui commence à s’énerver et est au bord de la grève non déclarative à mon endroit stipulant qu’il n’est pas une bête de sexe et le bon vouloir de la femme n’est pas une raison raisonnable pour le stresser outre mesure, alors que son envie toute légitime est contrariée … et que le dépannage de la machine est plus important que l’excitation de sa bobine …

Et puis, je ressens comme une idée à l’intérieur de moi, une petite bougie qui s’allume, un eurêka en miniature. Une ancienne pratique qui me revient. Celle de “pomper” avec cette expression peu usitée : “pomper le dard”. Il ne faut qu’il prenne peur, mon homme. Comme je ne sais pas dessiner, je prends une paire de ciseaux et du papier obsolète, le tout déposé à deux bras de moi. Je vois ses yeux s’occulter par effet d’une peur compréhensible. Je prends plusieurs feuilles, je découpe, surcoupe, assemble, colle et voilà que prend forme l’essentiel de ma proposition.

L’homme est dubitatif. Il pose un regard, puis un autre regard sous un autre angle et puis un autre. Il acquiesce, branle du chef. Je vais le désencrasser jusqu’à la garde.

… en attendant qu’il me répare la pompe à eau, du puits … je vais le soulager de sa condition pour mon … plaisir…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Le vigneron sirotant une menthe à l’eau

Photographie de Willy Ronis - Vigneron à Cavignac en Gironde - 1945

Photographie de Willy Ronis – Vigneron à Cavignac en Gironde – 1945

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J’ai un chaton au travers la gorge. Je tousse comme un pendu. Et même s’il y a quelque chose d’étrange et de fatidique à la rencontre des chais, c’est la première fois que j’ai une toux.

Amateur de vins, j’aime parcourir des terres ancestrales et des terroirs aussi rares que le vigneron sirotant une menthe à l’eau dans le puits d’un château du seizième siècle asséché par un changement climatique.

Je m’arrache une nouvelle fois la gorge. Allergie ? Possiblement possible.

Ma voix chaude de baryton, qui impose l’onde entre les cintres des caves et la chose nommée l’aura du vin au fluide qui chantonnait a des étés lointains entre cigales et guerre de tranchées, est mis au frais par inadvertance et me cloue sur pied …

J’ai choisi de développer mon art parmi ces vins vivants. Et cela peut changer une part toute sensible de leurs arômes, comme le bébé dans le ventre de sa maman à l’écoute d’une chiquenaude musicale répétée, comme les nombrils de ce monde de raisins, l’élévation par voix humaine est de ce chic qui augmente la noblesse et le prix … sensiblement.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que ma vie tourne au … vinaigre.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018