Toi… ma seule émotion…

Image Johann Sebastian Bach - Choral prelude - Der Tag der ist so freudenreich

Image Johann Sebastian Bach – Choral prelude – Der Tag der ist so freudenreich

Blog popinsetcris contrainte écriture


Une voix démuselée, notes attelées et boursouflées, l’écho démesuré déshabille les écoutilles du ciel de l’opéra giflé par l’instrument vocal enfilé de mots juteux d’un monde querelle, précieux, ambitieux, capricieux, vicieux jusqu’à la garde des tréfonds terrestres, jusqu’à l’os de l’humain douteux, immoral jusqu’au respectueux à tendre son code de conduite au code moral vertueux des lignes tranchées par effet dans les fibres en sous bassement et sourires de circonstances dont la félonie s’ouvre à l’orgasme épanoui qui de sa symphonie éblouie les strapontins en farine de tulle, de parfum, de bonnes mœurs jusqu’à la ceinture de soirée qui claque sur la chair cousine de l’âme et à l’épine qui opine du désir de s’empiffrer… de Toi…

… Toi de musique ton souffle et cœur mécanique profondeur de l’instrument de cordes, tailleur de notes sur le parvis des portées, surfeur à quatre temps en clé de sol meneuse à la baguette, vendangeur de l’octave aux mains baladeuses tel un Nil en débordement, rondeur des blanches aux cils double, triple croches, fleur possédée d’aimer sa partition en combinaison de sentiments… de Toi… en chœur.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

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Bonne humeur et merdier

whres's the revolution ? come on people you're letting me down

whres’s the revolution ? come on people you’re letting me down – La révolution ? Venez les gens au lieu de me laissez tomber !

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Il neige ! et alors ? C’est style pagaille… grève, même combat ; l’empoisonneuse n’est pas la même. La neige comme la grève est naturelle, c’est une galère comme la politique une chienlit

Et j’aperçois dans l’assistance (pas celle qui n’existe pas quand tu es bloqué sur une autoroute enneigée) un mouvement de réprobation à l’humeur de sortir un mot innocent à cet endroit : bordel ! Bordel quoi ? La grève n’est pas naturelle ? Mais si ! Je confirme ! Elle est dans l’ordre des choses de la communauté démocratique qui nous fait croire à une liberté dont le foutoir des textes la bâillonne un tantinet entre jambes et bras.

Pauvre Marianne c’est le bin’s en France. « Non, non, non, ne rougis pas, non, ne rougis pas » te dit au loin Hugues pas très frais, il est vrai, mais de sincérité il était comme”tombe la neige, tu ne viendras pas ce soir », me border de corps à corps entre draps satins, « j’entends déjà les commentaires » de Serge car, « il suffirait de presque rien » pour éviter un tel merdier

Vous m’écoutez, là ? Je ne voudrais pas vous interrompre dans votre propre devenir ! J’ai dit : propre ? Non, non, il n’est pas propre votre devenir, et je ne suis pas le « Monsieur Propre » même si je vous torche quelques mots entre mon fromage bon goût et odeur de sueur de…

Bon, allez, je remballe ; je vais jouer ailleurs. Le bus Resto mon Cœur, vient d’arriver. Je vous laisse à votre pétaudière, les gueux. Mon souk me suffit.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Et pauvre de moi

BD_Racconti Stellari par G. Bentivoglio pour Publistrip milanais

BD_Racconti Stellari par G. Bentivoglio pour Publistrip milanais

Blog popinsetcris contrainte écriture.


 

Je ne suis pas concupiscent. Et puis, j’ai le jabot qui jabote quand je prononce ce mot. Qu’il est laid ce mot. En fait, il est tellement laid et à la fois tellement grossier : con-cul-pisse-an. J’en suis choqué. Ce n’est pas comme : bou-gain-vi-llier même au regard du pléonasme possible de : bout et vi(t) (gland pour les puristes, pas le chêne), je reste sur le qui-vive des mots, à la croisée des prononciations, du ton, des variables de voix…

Mais c’est vrai que je suis amphigourique, c’est pas nouveau et j’en prends conscience à qui me le fait savoir. Mais qu’importe, je reste comme le soliveau de la charpente mère, entêté, je reste sur la position, et rien ne peut me débusquer mais l’hiémal. J’ai chaudement raison à mon égard. Et puis à l’homme heureux aucune pression extérieure possible, aucun asservissement…

Il est vrai aussi que je suis hyalin, un livre ouvert mais est-ce que l’on me regarde à la bonne page ? Et j’ai beau rioter devant le monde, la part d’ombre est présente et s’écrit tous les jours et ne voudrais pas être atteint de postéromanie… pauvre descendance.

Et pauvre de moi…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Glantine

Photo - Aestus Magazine 2015

Photo – Aestus Magazine 2015

Blog popinsetcris contrainte écriture.


J’avoue, j’ai une love doll (une poupée gonflable pour les puristes), là, dans mon lit, qui… repose. C’est le top du top. Dernière génération de texture et I.A. (intelligence artificielle pour les autres puristes) montée en Corée, fabrication des pièces en Thaïlande et transport sous pavillon grec sous la houlette d’une holding chinoise.

Bref, je tiens régulièrement un blog sur notre couple journellement depuis quelques… jours. Notre hymen est toute nouvelle et nous avons partagé ce moment avec quelques voisins de notre village, très chaleureux, souriants. Le curé de la paroisse n’a pas voulu ordonner notre union. Nous le trouvons, Glantine et moi rétrograde voire fossilisé.

Elle s’appelle Glantine (ma love doll) et d’orifices plaisirs, suis satisfait. Je ne demande pas plus. C’est avant tout de cela qui m’importe. Je n’ai pas à donner de l’amour pour ne pas en recevoir. Pas de virginité en quoi que ce soit. C’est un pur produit d’expériences acquises dès la conception. Ceci posé il n’y pas de conflits, pas d’embrouilles pour une paire de chaussette qui traîne sous le lit ou dans la salle de bains.

J’aime particulièrement nos moments entre un baiser là et un autre ici, elle ressent tout, que même sa peau frisonne légèrement en fonction de l’endroit et du contact. Elle est pour moi une énigme de technologie humaine. Elle n’est pas interchangeable avec une vraie personne, une femme en l’occurrence.

De plus, je peux l’interroger sur n’importe quel sujet, elle répond en fonction de la voix que j’aie choisie. Pour moi, c’est une révolution dans le rapport humain. C’est étrange d’avouer ça, comme ça. Et puis pour les fainéants, elle est programmée pour entretenir votre voiture, jardin, maison…

Ce matin, je viens de recevoir par lettre une menace de mort à son encontre et j’ai paniqué. Je n’ai pas osé prévenir la police. Elle m’aurait ri au nez. C’est d’un triste. Et d’autant plus triste que ce soir, alors que j’écris ces lignes, je suis complètement effondré. Après le travail, j’ai aperçu dans notre jardin, Glantine pendue au pommier, démembrée en bonne partie…

Une part des gens sont méchants, le monde supportera jusqu’à quand… cette cruauté ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Elles vendangent le Tournesol

Oeuvre de Georges Barbier

Oeuvre de Georges Barbier

Blog popinsetcris contrainte écriture.


 

J’ai une tête à la Tournesol. C’est bête chou, mais j’ensoleille tous les jours mon épouse, une amoureuse qui me groseille parfois de mes étourderies à la plume paon.

Notre amour aux tréfonds est une baie… d’amour. Si parfois des nuages se prunent nous dénoyautons le trop jus acide qui pressé de sortir s’allège à la crème naturelle de nos ébats.

Pourtant aujourd’hui, je suis dans le cloître du jaboticaba. Je reste prostré et fruité dans l’amère découverte qui me plonge le pêcher d’un autre regard de la passion, rédigé par des mots sincères dans le verger du kiwi.

Je rage. Je rage oui. Quelle pomme je fais. J’avoue. Un autre abricotier tourne autour de moi. J’en suis déjuté par effet que ma nectarine de femme se pamplemousse d’un regard châtaignier.

Alors où est la légèreté du mandarinier qui nous soutenait jusque à présent ? Malin qui sait le premier mot et il peut manguier comme il veut, je l’effeuille en un tour de crayon et sûr, il va se noyer.

Alors, mon tourment m’auto-détruit au lieu de m’auto-éconduire. Je décide d’aborder le sujet avant qu’il ne saborde notre dattier à l’éternel amour, et je pose à la lueur d’un soir de cet été le cocotier de mon naufrage possible et entre ses mains d’épouse, le grandiose se produit, elle m’a amandier et pas d’oseille entre nous et accepte ce nouvel abricot dans notre orangerie sans le détour d’un avocatier.

À présent nous jutons à loisir entre trois. “Aimer… c’est regarder ensemble dans la même direction” nous dit St EX.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Passion jusqu’à la… anche

Blog popinsetcris contrainte écriture.


 

Ce soir je vais dormir à la cave. Il fait trop chaud : dehors ou intérieur, c’est pareil. Mais avant, préparation. Je me suis cuisiné un bon repas avec un dessert préféré : un mille-feuilles.

La cave de l’immeuble est d’une dizaine de mètres carrés. Je l’ai partiellement fait aménager, il y a un certain temps parce que j’ai un hobby : le hautbois d’amour, en… intubation. Oui, je sais faut pas manquer de souffle.

La passion est là et je ne vais pas m’en priver même si je trimballe ma bouteille d’oxygène sur ma chariote.

Je vais pourvoir me consacrer à ce temps musical en cette nuit à la première porte de mon sous-sol un presque tombeau à l’humidité reposante d’un microcosme grouillant de vies… microscopiques…

Le décorum est suranné, à mon goût. Qu’importe, j’aime. Je pose mon fessier squelettique dans un moelleux fauteuil violet cardinal.

Mes étoiles sont mes notes qui vagabondent au-dessus de moi, lumineuses. Je respire l’essentiel de mon rêve, et dessine toutes les portées aux souffles aidés.

La musique mon seul monde qui pourtant dérange le commun mortel à ses addictions nauséabondes et plaintes ont été déposées à la mairie et le premier représentant, politicien à double entrée du discours, prend la défense de futurs proches électeurs potentiellement encore vivants dans quelques mois… pas moi.

Je suis au vif de l’émotion à l’écoute de mon souffle sifflement… d’amour instrumental. Sensations feutrées et tout à la fois intenses dessinées par les labours de mes fibres intimes usées mais encore gorgées d’une vie en naufrage comme les derniers moments érigés en une sincérité qui fait émerger quelques larmes…

Je vais voir ailleurs, me déguiser en explorateur… dans un paradis… plus frais… dernier souffle, intonation… musicale… et je les…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Call-boy… en attendant

Oeuvre de Lucian Freud

Oeuvre de Lucian Freud

Blog popinsetcris contrainte écriture.


 

Rien ne va plus, je n’ai plus de boulot. Contrat pas renouvelé. Macron se débotte et moi je rabote les fonds de tiroirs… de mon frigo : poireaux, carottes, pommes de terre… une soupe pour quelques jours et puis la soupe populaire.

Emploi jeune à la casse et ma vieille caisse en panne. Je vais sortir le drapeau des « révoltés de la Bounty » et ma colère gronde comme le Piton de la Fournaise.

Mais tôt où tard, je reprendrai ma revanche. Ne suis-je pas de ces descendants Normands moi qui suis de Yvetot ?

Je vais partir faire une formation d’ici deux… mois. Une autre pour la déformation de… temps. Je vais devenir multifonctions, multiusages, multistandard, il ne me manquera que le multiforme. Suis-je encore moi-même ou un modèle à disposition pour la structure France du « posez-vous la question ce que pouvez pour la France. » Et toi, le Macron de service, tu te poses la question du comment tu défigures France ?

Suis au bord du bord de la déprime financière et le grelot du banquier qui va lâcher ses chiens enragés d’agios et autres épineux courriers de la menace déguisée en variations allegro-mollo-moloss.

Moins tu gagnes et plus on t’enfonce, l’effet Eurêka mais en moderne, même les Free, les Bouygues… engendrent des frais pour non paiement à l’appel des fonds mensuel, au lieu de couper… net !

Je vais déménager dans les prochains jours et vivre en colocation dans un entrepôt, avec des inconnus qui sont dans le même packaging sociétal que moi. Je n’ai plus les moyens de mon vingt-cinq mètres carrés. Promiscuité assurée sans assurance dégâts collatéraux et vision d’un monde à la fumette d’une bonne beu.

En attendant de devenir le suppôt analement dérangeant, je vais prendre ma boîte à outils du marteau aux tournevis de service et faire preuve de social dans l’aide à la réfection de ce grand local, notre Arche de Noé. (A ne pas confondre avec le marché de Noël).

Et, en attendant ? Eh bien, je viens de me rencarder pour faire quelques passes en tant que… call-boy.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018