Enterrement

Sillon de Fleurs

Sillon de Fleurs

A l’intérieur d’un cœur, s’est soulevée une rébellion. Une émotion, à la plastique insupportable, à la notion vulgaire du battement, s’est étalée sur un ventricule ! Les soldats du sang se sont mis au carré. Ils bravent de face, l’ennemi, tragique ! Ils battent en retraite. La flamme du sang, s’arrête. Le cœur se contracte à la virgule d’un crac, et voici que ce muscle stop la machine.

Un instant de stupeur coagule le temps surpris de cette machination offerte à l’humain, rampant, à la vue d’un secours : trop tard. Le cercueil s’approche à grand pas. Les clous tapent sur le bois de chêne. Un rire empile des osselets. Une ombre se couvre sur le regard du moribond dans la cour de sa maison ensoleillée de fleurs.

La cloche sonne. Le chien se niche. Arrive le mot peine. L’habit se couvre de noir. La nuit se voile de mille étoiles. Le vent tombe. La lumière, se fait bougie, elle-même se fait flambeau. Une foule suit une charrette couverte de cactus. Les pleurs se sont ouverts à la fontaine du regret. Les pas sont lourds d’avancer à la prière du premier repos du mort. La route est caillouteuse, elle n’en finit pas de ses rictus. Le prêtre empale le crucifix dans ses mains. Un chat traverse la procession. Ses yeux vert rongent ce moment. Des ombres diverses accompagnent ce cortège de malheureux ! Le trou se présente.

Des hommes se prosternent. Des âmes sensibles font vœux d’aimer un prochain hypothétique, de haïr un proche trop présent. Les gens heureux sont des raretés qu’il faut éliminer. Le vent bourrasque les coiffes, défait l’éternel des habitudes.  » L’île des morts  » court par les sentiers. Les oreilles sont froides. La peur, s’ouvre, aux esprits contrariés. Un signe du ciel, un éclair. Un grondement éclate. Les fidèles trembles dans leur chair à la froideur de cet instant que rien n’arrête, même le cœur ! L’arrivée d’une chouette procure le frisson qui soulève le dernier mot de l’office, sert les orifices, à la voix calme du religieux, passablement ennuyeux, couvert de boutons sur un visage cruel !

Le fossoyeur n’attend pas et sa pelle s’active à recouvrir un bois craquant de son effroi d’enfermer un corps devenu putride, grouillant de vers, envahit bientôt du néant perpétuel !

Le village se retourne sur la route. Il est sept heures du soir. La soupe sera la bienvenue. Les maisons se ferment. Les cœurs se rappellent du défunt. Demain le soleil poussera comme une jeune pousse pour mourir le soir dans le feu de son naturel oraison, sans imprévu. Le dernier volet se ferme. La nuit est totale. L’émotion s’enferme chez elle, tel un Judas !

©Max-Louis MARCETTEAU 2015