La peinture d’une angoisse d’airain qui m’assomme

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Disparaître, il n’est que temps. J’entrevois le scintillement de la fin comme une aubaine à ne plus souffrir à ne plus aimer à ne plus me demander si demain viendra m’ouvrir ses bras ou les veines.

Ou alors, j’ai besoin de vacances comme un trait d’union entre ce présent insupportable et un présent décidé à ne rien faire comme une balançoire qui ne veut plus supporter ses poids d’un ennui de métronome qui oscille tout en ce riant de la gravité de l’instant et pas z’un … pour s’envoler …

Mais j’ai l’abandon en moi, gravé à la chaude insulte d’être un bâtard comme on disait et puis je ne pleure plus sur mon sort qui est hameçonné à vivre par défaut d’une pâle envie de me foutre en l’air sur la peinture d’une angoisse d’airain qui m’assomme de moitié comme pour me dire : je suis ta haine ….

Et pourtant j’ai l’altruisme comme compagnon de route, le bagage bonnes actions et d’intentions comme humain je suis je reste pour les autres une aide …

Alors, j’écarte Dieu de mon enfer, j’isole le Diable … (étrangement le bien et le mal commencent par les deux premières lettres) et je me remets à jouer de la musique … du trombone…

J’ai encore des frissons. Suis-je encore vivant ?

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

A Mon A

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Ma vie avec toi est une Bachata : sensuelle, idolâtrée, délurée, savourée et labourée de part en part, aux courbes délivrées, tu sais te cambrer entre les mots d’amour et le souffle osé, poivré qui t’enivre et te fais tourner en des positions extrêmes, aux limites de l’indécence s’offre au choix de mon diktat au reflet de mes caresses feuilletées qui désaltèrent une seule surface faussement paisible mais dont la braise ronronne et se laisse dominer par le mystère d’un corps spéléologue de lui-même…

Main dans la main, dessein de vie, allaitement des moments sablonneux où se dessinent l’éphémère à l’abandon de nous comme élément exigeant à aimer jusqu’à la dernière goutte de nos orgasmes et laisser transpirer notre délivrance par un acte de rupture… brutale… irréversible… insensible… comme deux natures incompatibles et pourtant passionnément indissociables…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Abandon

Oeuvre de Armando Barrios

Oeuvre de Armando Barrios

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Aujourd’hui j’entrave mes premiers mots, mes premières émotions d’un matin crachin oursin à dessein d’imposer sa mauvaise humeur comme une mauvaise herbe envahissante tentacule.

Et puis ce chuchotement qui part de là et va vers ici ou la-bas comment savoir avec mon humeur de dents carriers et douleurs cintrées à col de nuque.

Et pourtant je me sens terriblement vivante à cette empreinte marquée sur ma ligne de vie en collet battu, je m’accroche, m’agrippe, m’empoigne, m’attache, et puis je m’accouple à la caresse de ta bouche salivé et sapide.

Enfin, je cyprine pour toi, mon Amour, ventre à ventre, nos fruits à nos courbes se bandent et se débandent. Tu es ma toison d’or, ma parenthèse infernale, ma tyrannique fleur… et ma morsure.

Tu es ma moisson… et je meurs, sur le parvis de tes mots, de ta lettre, glissée par honte sous la jupe de ma porte, au regard de mon seuil.

J’ai envie de CRIER… Tu es ma raison et mon Ordre. Je ne suis qu’une larve qui jamais ne connaîtra le paradis de notre amour.

Je HURLE… me vide, me dessèche, devient poupée de chiffon entre ces quatre murs d’hôpital…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018