L’éternité comme signataire …

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Une touffeur peu commune se dégage dans le castel enterré de moitié dans une terre rocailleuse importée d’un territoire aussi millénaire que la propriétaire du lieu que l’endroit aussi reculé qu’aucune âme n’est venue hanter, d’homme ou autre animal …

Des traits de lumière traversent des pièces dont les noms se sont perdus au fil des siècles, meublées d’un style mystérieux presque occulte et tapissées de récits d’un autre monde comme s’ils avaient été envisagés qu’ils possédassent l’éternité comme signataire …

Quand le frisson d’un mur de pierres en schiste comme une onde palpitante d’un ruisseau de plaine tinte le tissu de la peau doucereuse de la dormeuse millénaire …

Un spectre murmure : « … mémoire traîtresse et souvenirs bourreaux, le tranchant de l’un nous écorche vif l’autre nous transperce à cœur jusqu’au malaise … et pourtant nous tenons les chaînes dirigeons par les mors labourant les flancs par les éperons et nous résistons jusqu’à l’aube … la souffrance comme une aubaine et la douleur comme une malédiction …»

Et comme un enchantement inattendu, lunule de l’index droit de l’endormie se met à briller tandis que s’élève lentement le son d’un piano en allegro

Le temps du réveil et de la désillusion …

Le prince charmant est en retard …

— C’est navrant … qu’il soit maudit … en attendant, je vais faire le ménage…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Mon joint qui me sourit comme un requiem

couverture_editions_fleuve_noir_titre_marie_meutre_auteur_jean-pierre_ferriere

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J’écoute la sonate pour piano n° 6 en ré-majeur par Amadeus. Il fait nuit chaude et le cœur qui refroidit, je suis allongé sur le sable. L’océan s’ouvre et se ferme aux notes des voûtes célestes et de mon joint qui me sourit comme un requiem… mauvais présage ?

Je joue mon concerto devant l’écume blanche et mon allegro me souffle dans les branchies crescendo la noyade de mon état est à prévoir et je tourne en rond entre ce rocher de vie et le sablier du temps suspendu au-dessus de mes yeux … mauvais présage ?

— Tu fais quoi, Paulo à poil sur cette plage ?
— Je fais mon carnaval … et toi Abeline ?
— Je fais une fugue.
— Une fugue ?
— Je suis partie de ma communauté …
— Tes parents ?
— Oui.
— Tu devrais retourner de suite
— A quoi bon …
— Pour éviter une ouverture d’angoisse pour eux …
— De toute manière que m’importe, je viens de les … assassiner …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019