Tu vas sortir nue en plein jour

Oeuvre de Jean-Léon Gérôme - la vérité nue sortant du puits

Oeuvre de Jean-Léon Gérôme – la vérité nue sortant du puits

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— Tu vas sortir nue en plein jour, avec un … un martinet ?
— Oui !
— Tu es bien ?
— Oui !
— Et que recherches-tu … à prouver… ou pas ?
— La Vérité !
— La Vérité ?
— La Vérité avec ce grand V comme la Vie qui ne fait pas dans le mensonge.
— Ah ? Et ces animaux qui se « déguisent » pour échapper aux prédateurs ou au contraire pour tromper les potentiels proies … ?
— La Vérité est humaine.
— La Vérité est toujours déguisée. Nous portons aux actes, à la parole, au visage multiples facettes selon notre bon vouloir ou pas.
— C’est pour cela que je sors nue …
— Étrange. Je ne vois pas le rapport entre ta nudité et la Vérité.
— La Vérité doit être dépouillée de toutes scories, de tous déguisements comme tu dis ; elle doit être de tous ses traits des plus fins aux plus grossiers. La Vérité c’est la possibilité d’une honnêteté morale, intellectuelle, philosophique, sociale … Il faut réprimander, réformer, rectifier, fesser … aussi …
— En un mot : le martinet pour corriger ?
— Oui, une bonne correction pour faire dégorger la Vérité enchaînée par le mensonge et mieux « … car il ne faut pas craindre de publier la vérité, surtout quand on parle sur la vérité … ».
— Mais n’est-il pas dit : « … car celle qui n’aurait jamais contemplé la vérité, ne pourrait en aucun temps revêtir la forme humaine.  »
— Ne suis-je pas humaine ?
— Qu’est-ce t’en penses ?
— Le doute m’envahit avec ta question possédée peut-être d’une certaine vérité …
— La seule vérité est dans la jouissance.
— Eh oui, il est écrit :  » quel peut être le but de la vie sinon ces jouissances ?  »
— Cette unique vérité devrait te faire raisonner et revenir à moi.
— Tu as raison. Et puis la Vérité Nue est indécente.
— Surtout que la Vérité est une imposture.
— C’est vrai qu’a-t-on à connaître une vérité qui sera à un moment ou un autre éliminée outrageusement par une autre vérité aussi séduisante qu’un mensonge.
— Faudrait-il ainsi considérer que la Vérité et Mensonge sont … amants ?
— Ainsi je comprends mieux ton discours mon Amour …

Et elle le tue …

(Phèdre par Platon : phrases en italique )

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Derniers mots de nudité

Photographe inconnu - Le Belem

Photographe inconnu – Le Belem

Défi de lateliersouslesfeuilles : A vos claviers #6 :


J’ai eu toute l’énergie du partir et… je suis resté. Lâche, dégonflé, couard, poltron, jean-foutre, faible… ? Il y a des destins qui s’accomplissent dans l’ombre d’un tracé.

Au resté, je suis entre deux eaux et me couvre de réflexions et questionnements qui me tiennent chauds comme un vêtement en cachemire.

Je veux rester… mais je suis déjà enraciné, profondément, foncièrement, pleinement dans ma terre azotée de moi jusqu’aux tréfonds de mes fibres… frileuses.

Partir, le mot est savoureux, délicieux même… « partir, c’est mourir un peu, mais mourir, c’est partir beaucoup » dit Allais partir aussi pour de bon. Belle expression et même si je vis pour mourir un peu chaque jour, je ne veux pas précipiter la chose avec un partir qui m’angoisse entre l’intestin capricieux pour un oui/non et un cerveau prêt à se guillotiner les synapses pour un non/oui.

Il n’est grands soins qui s’accommodent de l’incertitude. Le doute est mon ciment et en mourir de honte, à l’avouer en ces lignes aux derniers trébuchements de ma voix parmi vous, demain sera effacé avec l’espoir d’aujourd’hui pour un autre demain avec un autre corps et des amants de tortures morales, de supplices de lâche, d’interrogatoires absurdes entre moi et moi, d’épreuves débités à la scie des tourments…

— Dites-moi, il a rendu gorge, là… ou il faut attendre qu’il soit vraiment froid pour l’emporter ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Azenor et Servan

Oeuvre de George Lundeen

Oeuvre de George Lundeen

Azenor et Servan s’aiment, de loin en tout point.

De champs en vignes, les regards se croisent,

S’accrochent, l’amour est colombe dans le foin,

Feux de paille aux ébats, le ciel est turquoise !

La rumeur s’impose, le commérage à pignon sur rue,

Les amants isolés, larme en larme, au coin du coin,

Les chambres se ressemblent, cœurs en crus, retenus

Aux barrages des interdits, des différences, ses requins !

La famille de l’une : terrienne, aisée, respectée,

La famille de l’autre : paysanne, dure, domestique,

Tout les oppose, de la dot à l’éducation, excepté

Le prie-Dieu comme référence, le cierge en boutique !

Le curé d’embonpoint, réunit les familles à la table

De ses prières, un soir, après les vêpres, sous-pesants

Les graines de discordes, les lierres des a priori, affable

Et ferme il déferre préjugés des uns, des unes, les clans

Se retirent à la décision de l’homme d’Église, à l’honorable

Condition que les tourtereaux passent les braises de la Saint-Jean.

 

© Max-Louis MARCETTEAU

La Mort se brûle

Oeuvre de Leonid Afremov

Oeuvre de Leonid Afremov

Deux amants d’argent,

Brigands des fols ans

Du bonheur rassurant,

Vivent d’insouciants

Moments pénétrants !

Au jour attirant de l’An,

Fête religieuse de croyants

Aveuglés de mots confiants

De l’Eglise aux mille brillants,

S’avance le coup du Satan !

D’un trait de fer-blanc,

Est coupé le lien diamant

Des amants ruisselants

Du sang du déchirement !

Séparation et abattement

Bercent les deux gémissants

Qui tiennent très fortement

Les mains à la Mort, rigolant.

Pourtant, elle se brûle les pans

De phalanges, criant, déclinant

L’offre de l’ange noir trident

De les recevoir dans son champ !

Les amants vrais, fécondant

L’AMOUR du lever au couchant,

Seront des immortels rayonnants !

©Max-Louis MARCETTEAU

Cœur d’amant flambé

Shalom Harlow et Marc Vanderloo photographie par Bruce Weber pour Versace 1996

Shalom Harlow et Marc Vanderloo photographie par Bruce Weber pour Versace 1996

Pour deux personnes ( cependant une seule

Doit se délecter de ce met unique sacrifié,

Tandis que l’autre est broyé par la meule

Du chagrin, de l’amertume et de sa vérité ! )

Préparation de plusieurs semaines voire

Même de plusieurs mois selon la teneur

Tendre ou carné de ce cœur au réservoir

De loyauté, débordant d’amour en liqueur !

Vous prémunir de patience, denrée rare

Mais indispensable qui vous permettra

D’obtenir le meilleur cœur, sans hasard !

Une fois découvert, enfermez ce délicat

A l’intérieur de votre filet à provision.

Celui-ci, parfumé de la fleur d’espoir,

Du rhizome de la douceur de l’illusion

D’aimer, du condiment d’une histoire

Féerique à deux, vous le tiendrez ainsi

Le Temps qu’il devienne épris de vous.

Puis préparez un lit douillet de paradis,

Vaporisez de mots d’auteurs, vaudous

De la poésie romantique et posez-le

Sur ces alluvions brûlantes de désir !

Eliminez tous les doutes douloureux

Qui errent dans ses ventricules, vizirs !

Choisissez des morceaux de sourire,

Les plus beaux, de sincérité, de vérité,

Plongez, ensuite ce cœur dans cet élixir !

Il est à présent à point ! Vous écorchez

Chaque partie de sa vie, maintenant !

Vous pimentez le tout de secrétions

Infâmes et vous le flambez de harcèlements

Saupoudrez d’indifférence maison !

Note : servir chaud avec une crème d’humour !

©Max-Louis MARCETTEAU