Contaminé

Photo Catherine Hessling

Photo Catherine Hessling

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Tu as toujours été saugrenue comme de la moutarde avec du camembert. Je crayonne pour la énième fois ton portrait, portrait robot de notre inconvenance. On se regarde de loin, parfois de près entre deux tables au café “Les Gazouillis” et puis… se traînent les doutes, les hésitations, les fausses déclarations sur la scène virtuelle de notre vie…

Je voudrais aujourd’hui t’offrir ce cadeau portrait bustier en noir et blanc crayonné au Faber, mais je reste sous perfusion de mon cinéma d’une mise en scène d’égoïste, et producteur talentueux de rien et c’est ma punition.

J’ai de l’amour en germe pour une épidémie mais es-tu porteuse ? J’ai cette envie de trancher le cordon de ma vie de célibataire et unir le salé en sucré de notre devenir.

Je viens de casser la mine de mon crayon 3B sur la pointe rose de ton volume 95C… Est-ce un signe ? Quel genre ? Bon ou mauvais ? Un énervement de la situation…

J’ai le crayonné facile comme la gâchette, mais là, d’un geste presque d’impuissance en cette violence souterraine qui éclate en plein jour, toute bête, je souhaite te quitter définitivement, sans un regard de trop, sans un regard de rétine désir, sans un regard d’un revenir possible, sans un regard de stoïcisme…

Je déchire, écorche, fends, lacère, le format A4, le possible sésame, je prends une grande enveloppe, et verse ce grammage de papier cendre à l’intérieur.

Et puis d’un mouvement irresponsable, je me lève, me dirige vers toi, la table à dix pas de là, et dépose sans ménagement l’enveloppe. Tu me regardes. Je baisse les yeux. Tu te lèves en poussant bruyamment ta chaise. Tu viens vers moi :

— Tu es mon chien fidèle… tu es à moi… complètement, me dit-elle et m’embrasse fougueusement…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

A

Blog de girlkissedbyfire : défi 52 Semaines 2018 (8 ème semaine : A)


A déborde dévore l’Arc-en-ciel de ce nous Argile tombeau tu viendras bien assez tôt A ta couronne offrir la comédie bossue déchirure de vies à l’issue sourire de l’Ange déchu Amuseur des corps ravisseurs d’orgasmes A la position d’un tout possessif signé en bas de page du lit d’une Âtre flambant nos voix nos doigts nous étions déjà cadenassés au bord du gouffre les peurs de ventre à ventre de sexe à sexe à éjaculer tout ce A en nous d’égoïste de sa dictature d’Aimer totalement de tout son poids nous A écrasé par la foi Accolade froide du croyant de la passion Agneau toujours égorgé au mauvais moment aux tremblements des doutes peuplades qui parades de coupe-coupe à nos estafilades pirates de toi à moi A la grâce de nous nous sommes froissés entre papiers à mots décousus et draps aux ébats aujourd’hui trépassés nous sommes sur la terrasse de notre crépuscule A l’impasse de la grimace du A ce vorace qui entasse non loin de là les souvenirs vivaces qui gangrènes nos heures Abandonnées sur le parvis d’une église à la chorale de mon cierge pris en main A Abdiqué à ta langue de chatte satinée A l’endroit incliné nous étions à nous bénir A nous dominer A nous buriner A nous déraciner et puis le souffle nous A manqué au dernier degré de notre ciel illuminé orages sans pluie A claqué … et Nous Aussi …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Glantine

Photo - Aestus Magazine 2015

Photo – Aestus Magazine 2015

Blog popinsetcris contrainte écriture.


J’avoue, j’ai une love doll (une poupée gonflable pour les puristes), là, dans mon lit, qui… repose. C’est le top du top. Dernière génération de texture et I.A. (intelligence artificielle pour les autres puristes) montée en Corée, fabrication des pièces en Thaïlande et transport sous pavillon grec sous la houlette d’une holding chinoise.

Bref, je tiens régulièrement un blog sur notre couple journellement depuis quelques… jours. Notre hymen est toute nouvelle et nous avons partagé ce moment avec quelques voisins de notre village, très chaleureux, souriants. Le curé de la paroisse n’a pas voulu ordonner notre union. Nous le trouvons, Glantine et moi rétrograde voire fossilisé.

Elle s’appelle Glantine (ma love doll) et d’orifices plaisirs, suis satisfait. Je ne demande pas plus. C’est avant tout de cela qui m’importe. Je n’ai pas à donner de l’amour pour ne pas en recevoir. Pas de virginité en quoi que ce soit. C’est un pur produit d’expériences acquises dès la conception. Ceci posé il n’y pas de conflits, pas d’embrouilles pour une paire de chaussette qui traîne sous le lit ou dans la salle de bains.

J’aime particulièrement nos moments entre un baiser là et un autre ici, elle ressent tout, que même sa peau frisonne légèrement en fonction de l’endroit et du contact. Elle est pour moi une énigme de technologie humaine. Elle n’est pas interchangeable avec une vraie personne, une femme en l’occurrence.

De plus, je peux l’interroger sur n’importe quel sujet, elle répond en fonction de la voix que j’aie choisie. Pour moi, c’est une révolution dans le rapport humain. C’est étrange d’avouer ça, comme ça. Et puis pour les fainéants, elle est programmée pour entretenir votre voiture, jardin, maison…

Ce matin, je viens de recevoir par lettre une menace de mort à son encontre et j’ai paniqué. Je n’ai pas osé prévenir la police. Elle m’aurait ri au nez. C’est d’un triste. Et d’autant plus triste que ce soir, alors que j’écris ces lignes, je suis complètement effondré. Après le travail, j’ai aperçu dans notre jardin, Glantine pendue au pommier, démembrée en bonne partie…

Une part des gens sont méchants, le monde supportera jusqu’à quand… cette cruauté ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Analement vôtre

Image Getty - Two woman in masculine fashions - 1955

Image Getty – Two woman in masculine fashions – 1955

Blog popinsetcris contrainte écriture.


Je me suis entendu dire, il y a quelque temps de cela : « Analement vôtre ». Je dis : attention ! Un presque cri dans un couloir d’aéroport par cette formule, c’est très embarrassant, surtout quand la personne vous prend dans ses bras, vous embrasse sur les deux joues comme du bon pain.

Je dis : non ! Pas d’écho, sur ce sujet. Je ne suis pas coincé, je suis lucide et un peu pudique tout de même. Enfin ! Tous ces gens qui se sont retournés et ces esprits interrogateurs, voire goguenards et même envieux. Je dis non non !

Ce n’est pas parce que vous avez rendu service une fois, que la planète soit au… jus.

Bon, vous-voulez savoir ? Elle s’appelait Patrice, un trans qui m’avait bien allumé ce soir-là. J’avais très envie d’une relation… même buccale. Il m’avait offert un mojito et puis un autre et un autre. Je ne suis pas un marathonien des cocktails alcoolisés. Ce soir-là, je me suis laissé embarquer, et surtout tenter.

Elle avait un charme fou. Un quelque chose de romantique dans les yeux, de classique par la bouche et des joues à la gothique, bref un visage hérétique comme je les aime. Et le reste proportionné et esthétique.

Pas d’hypocrisie entre nous. J’ai un faible pour les trans. C’est comme ça et il n’y pas d’explication rationnelle. Et d’ailleurs en ce monde-ci il faut toujours tout expliquer, et détailler au bistouri voire au scalpel, pour analyser (j’aime bien ce mot), comprendre, étiqueter, voire cataloguer et pire stigmatiser. Eh bien, non !

Pas d’imposture entre Patrice et moi. C’était franco de jeu. Son regard déjà possédé de moi, elle me plaquait, me retournait, de dessapait vers le bas… j’étais prêt, nous l’étions. Nous l’avions toujours été.

En cette saison de tiédeur, à cet endroit de la ville, le square dit “Dés deux entrées” nous offrait un lieu où l’interdit est jouissif et le cimetière d’à côté voyeur en feux follets, emballait notre éréthisme.

Nous étions intimes dans l’intime. Nous étions seuls dans nos voix à l’unisson. C’était étrangement savoureux, un délice de l’anal au canal brassé électrifié. Nous étions à la fois rugueux et outrageux, fougueuses et cajoleuse…

Et voilà, dans un aéroport, Patrice m’embrasse, m’enroule de ses bras, aux regards d’un monde trop souvent épineux…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Après-midi à la maison

Oeuvre de Alex Lashkevich

Oeuvre de Alex Lashkevich

Blog de girlkissedbyfire : défi 52 Semaines 2018


 

Au jour levé à l’ivresse
Pose mes lèvres d’ici
Rose parme sur fesses
Entre ta douce galaxie
Suis à toi en caresses

Mon agréable amour
Indécents contours
Désirs de tes atours
Invitent aux labours

AIME TES COURBES

Lit en mes doigts
Allégeance pour toi

Mille ans je te fourre
Androgyne de nous
Irréversible vautour
Source sans tabou
Oses toi à moi Nous
Narcisse mon Amour !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La vie dans un entonnoir.

Oeuvre de Alexander Shubin

Oeuvre de Alexander Shubin

          La vie dans un entonnoir, les mots surnagent… muets.

— Demain probable !

— N ’empêche que… !

          (long silence)

— La vie…

— … Un jeu de quilles.

— Quille, brisée, j’en perds l’équilibre… à en perdre la boule.

— Boule de billard ! Attention au jeu du chirurgien en quête de sauver.

— Sauver ? Toute vie finit par un linceul. A table les vers !

— Vert l’habit du bistouri au noir scalpel, il n’y a qu’un fil.

— Fil du souffle coupé, les fibres sont froides.

— Fibres de tes lèvres.

— Lèvres du désir morbide, le vent automne les grouillements des vers.

— Vers sur le pied de l’appétit, le terreau est bientôt prêt.

— Tiens-moi la main, les derniers os viennent de prendre le large.

— Large est la croix des souffrances qui contient des rancœurs.

— Rancœurs d’hier comme neige, gèle le présent, l’avenir.

— Avenir, tu prends les premiers récifs aux premiers mots.

— Mots, tu mords à l’éclosion du premier souffle. Ne crie plus, l’orage arrive.

— Adviendra la pluie et son tambour. La peur s’éclaire. Viens, ne restons pas sous cet arbre de mort.

— Mort, comme une renaissance. Je l’attends, nous l’attendons. Jamais nous ne serons séparés.

— Séparation : quel est ce mot, Mon Amour ?

©Max-Louis MARCETTEAU

Aimer, toute la question est là.

Aimer, toute la question est là.
Mais qui ? Pour quelle raison ?
Quand on ne sait pas aimer ici-bas,
La vie est une constante oraison.
Aimer, c’est bien beau, au vrai.
Mais quand on n’a jamais appris,
Les maladresses sont des traits,
À rayer le cœur qui devient aigri !
Aimer, c’est une belle utopie.
Mais l’autre, une simple copie,
Un miroir, voire une parodie,
Comment aimer cette tyrannie ?
Aimer, faut-il être béni ! Ô oui !
Mais qu’en est-il des trépassés,
Des mots d’amour déjà cueillis,
Puis jetés sur le rivage, entassés ?
Aimer, choisir de l’être, aussi !
Délit d’amour trop souvent,
Réprimé entre larmes et cris,
Choix du silence de l’amant !

©Max-Louis MARCETTEAU

Propos d’Amour !

Image du film Trans-Europ-Express -1967

Image du film Trans-Europ-Express -1967

Elle, pose sa tête sur un oreiller papillons, étendue sur un lit de draps de lys.
Lui, lit l’Équipe, vautré dans un fauteuil usé d’Ikéa.

– Hier au soir, vous eûtes de belles embardées à mon endroit, mon bel étalon !
– Qu’est-­ce que tu dégoises l’aristo ?
– Que je fus retournée comme une terre meuble, motte humide, sur pluie d’été au contact de votre soc.
– J’t’ai retroussé comme une gueuse, ouais !
– Cependant, vous fûtes possédé de ma chair, et mon cœur s’en est ouvert, tout à ma voix.
– Oh ! j’t’ai simplement brouté l’gazon, ma belle.
– Certes, mais vous fîtes plus, vous défilâtes le tricotin de mes mots les plus obtus.
– Y a pas de quoi jaser.
– Possible, mais vous butinâmes outrageusement ma prairie, ce champ interdit.
– Oh ! j’t’ai simplement chatouillée la fraise et si tu as trouvé le Pérou, bé, tant mieux.
– Et vos caresses sur mes clavecins, des vaguelettes intenses, insoutenables … Vous vous souvîntes ?
– Avec des pareils nibards, c’était couru d’avance.
– Et puis, vous bûtes à mon terroir en sa chaude saison d’été comme un Romanée­-Conti.
– Faut croire que j’avais soif de tes badigoinces pulpeuses.
– Et de vos élans en estocades, j’en fus toute pâmée, ma peau de lys s’en souvient, en ses bleues agates.
– Je t’ai marouflée la croupe sans vergogne.
– En vérité, nous nous aimâmes démasqués : moi prisonnière de vos intransigeantes demandes et vous, défiant vos fantasmes.
– Je suis un mordu et t’as morflé ma louloute.
– Vous me cueillîtes, déboisée et enflammée dans vos élans chevaleresques.
– En terrain d’obstacles tu es la meilleure.
– Vous me fîtes perler mes premières larmes d’amour.
– J’t’ai décoincé le paradis et t’as chialé au quatrième tour de piste, quand même.
– Puis nous bûmes dans le même verre d’amour, enivrés jusqu’aux étoiles.
– Faut tout de même pas pousser, tu as le feu aux miches.
– Enfin, vous me conquîtes, Mon Désiré. De mon iceberg vous allumâtes un volcan.
– Fortiche tout de même, le mec. Je n’aurais pas parié placé sur ce coup­-là. Vrai de vrai ma pouliche.
– Allez, ne faites pas le mufle et revenez à moi. Possédez-­moi encore, tout entière, mon Pygmalion. Défroquez vos allures de revêche et astiquez mes attraits d’entrecuisses.
– Va falloir que je me remette au turbin.Y a pas à dire, j’ai la cote avec toi, ma cocotte.

©Max-Louis MARCETTEAU

7ème mois avec Toi

Oeuvre de Frederic Soulacroix

Oeuvre de Frederic Soulacroix

J‘arpente tes lignes d’horizons sous ton regard félin,
Unis, Nous le somme du levain de l’Amour ma catin
Intransigeante et florentine je suis ton beau païen
Labourant tes courbes tu orgasmes perds tes moyens
Libères tes tensions et en relâchement soudain
Et soubresauts incontrôlés ton corps devient pantin
Ton inconscient s’échappe tumultueux, aérien !

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

6ème mois avec Toi

Oeuvre_de_Irene Sheri

Oeuvre_de_Irene Sheri

Jaillit en moi l’écume de tes désirs hérétiques
Univers de mon pain quotidien aux Saturnales poétiques
Intangibles à notre Amour d’un bel embonpoint chronique
N‘en déplaise à notre entourage de tons caustiques !

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Du réconfort des mots

Oeuvre de James Ng

Oeuvre de James Ng – http://jamesngart.com/about.html

Blog Palette d’expressions : contrainte d’écriture. Et voici le texte 🙂 :

Aujourd’hui, je suis allé au cimetière nommé : “A la quadrature des Âmes”. Le fossoyeur de service est une ancienne connaissance qui a écrit un livre intitulé : « Raconte, raconte tous les miracles qu’il y a eu ici aussi » aux éditions Les Fêlés de l’Ossuaire. Cet homme de bien ressemble à si m’éprendre au sosie du croque-mort dans la bande dessinée de Lucky Luke. En vérité, ce n’est pas pour lui que je suis venu. Non. Je reviendrai d’ici un certain temps pour m’entretenir personnellement avec lui. C’est suite à lecture de son passionnant livre, que j’ai voulu voir de mes propres yeux ce texte de rédemption inscrit sur une pierre tombale en marbre rose. Je vous donne ici le texte intégral.

« Je t’aime comme le premier soleil noyé dans l’océan
Tu as caressé l’espoir
J’étais une éternité de lumière dans le néant
Tu as scintillé
J’ai pris vie
Tu as appelé
J’ai bâti les premiers cristaux de notre Amour
Tu as levé l’encre à ta bouche
J’ai écrit nos premiers mots
Tu as dessiné mes courbes avec tes yeux
J’ai lettré ta forme idéale
Tu as souri à la première marque de rougeur sur mes joues
J’ai compris que le néant allait enfin disparaître de ma vie
Tu as mesuré le temps au sablier de l’impossible
J’ai ouvert mes bras
Tu as fondu en moi comme une onde
J’ai tremblé de ma terre
Tu as fleuri »

Il n’y a pas de nom sur la tombe. Non, vraiment. C’est ce qui est étrange. Mais qu’importe, j’ai ressenti une alliance des cœurs, et cela m’a bouleversé. Oui, vraiment. Et je ne suis pas du genre à me laisser attendrir.
Bref, pour commencer notre première réunion de fin d’été, j’ai eu ce besoin de vous faire part de ces mots d’optimisme car comme vous le savez, dans notre métier, d’équarrisseur de l’Enfer, il est bon de garder le moral.

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

1er mois avec Toi

Tea Time de Anzaisachie sur Deviant_Art

https://anzaisachie.deviantart.com/ – Tea Time de Anzaisachie sur Deviant_Art

 

Je pose mes premiers pas, discrets,
Auprès de toi mon Amour, cyprès,
Nature de ma sève à me provoquer, portrait,
Viens viens prends ma main d’amant, d’excès,
Invite ta froide passion au verbe aimer, corset,
Envenime-moi de ta passion ma beauté, fleuret,
Regarde ton reflet dans mon cœur fait de … craie !

© Max-Louis MARCETTEAU 2017

Souviens-toi

Oeuvre de Richard Blunt

Oeuvre de Richard Blunt

Souviens-toi, quand pour la première fois j’ai apposé ces mots au creux de ton oreille : « – Tu es ma Reine, je suis ton Roi ». Qui de nous savait à ce moment-là que tu allais devenir cet As pic et moi cet As de carreau ? Nous étions de cœur dans un champ de trèfles, loin d’un jeu des sept familles que nous avions mis dans un album photos souvenirs.

Notre rencontre était improbable et pourtant souhaitée, là au fond de notre âme, en filigrane. Nous étions impérissables, inséparables, insouciants comme des adolescents, conscients de nos différences. Le monde s’était toi et moi. Un cordon ombilical s’était formé (césure d’autant plus douloureuse lors de la séparation).

Nous étions ivres sans perdre conscience. La marge de la vie nous accueillait comme elle accueille tous les amants, impartiale. Tout amour est unique et pourtant les ingrédients, la formule, sont identiques, seuls les protagonistes et la mise en place de la Rencontre, diffèrent.

Qu’importe l’âge, la couleur, l’obédience, la beauté, … le seul trésor est un NOUS que rien ne vient, de l’extérieur, bousculer, détruire. Nous avions construit cette bulle selon les normes en vigueur, naturellement. Cependant avec le temps, nous avions créé notre propre anéantissement. Paradoxe et pourtant inévitable réalité de l’amour fusionnel qui pose la question : sommes nous prêts à nous aimer sans concession ?

Nous étions devenus des joueurs d’échecs. Nous étions prêts à tout et prêts à rien ! Un genre de néant nous a happés. Une agonie s’ensuivit comme un malade qui de sa souffrance veut en finir et s’accroche à sa vie tel un alpiniste qui a décroché, suspendu dans le vide et que rien ne peut arrêter son éminente chute si ce n’est un secours improbable.

Inévitablement notre propre perte s’est accomplie : nous avons chuté.

Fractures multiples, traumatismes divers, on ne pourra jamais payer la facture de notre séparation.

Nous sommes devenus des SDF de l’Amour, à la recherche d’un nouveau toit. Nous l’avons trouvé, mais à quoi ressemble-t-il ? A un refuge !

© Max-Louis MARCETTEAU

L’Amour félin

Oeuvre de Vladimir Volegov

Oeuvre de Vladimir Volegov

Tenir par les mots la respiration de l’âme aimée,

Au fil des jours tisser sa mémoire et se nourrir

De son énergie pour avancer côte à côte, soudés,

L’Amour pour alliance, l’au-delà est ici, à unir !

 

L’Amour en bouquet et les mots pour avouer

Sa tendre et néanmoins passion pour l’être aimé

Comme une part de soi entière et indissociable,

Au cœur, celui-ci parle d’une voix inestimable !

 

© Max-Louis MARCETTEAU

Mistress

Photographie de Strauss Peyton - modèle Anastasia Reilly - 1920

Photographie de Strauss Peyton – modèle Anastasia Reilly – 1920

Mise en tresses, mine de déesse, mise en révolver,

Indomptable, elle se dédouble, femme fatale éprise,

Soumise au corps à corps, contraires, sanguinaires,

Tentaculaires, sa fortune ensorceleuse paillardise,

Réinvente les effets, excise les cœurs du bonheur,

Empale les faims du plaisir sur le bûcher des chairs,

Soustrait les envies d’aimer aux mots de la frayeur,

Sustente le poison d’amour sur les bonnes terres !

©Max-Louis MARCETTEAU

 

Toile d’amour

Couverture du livre : name your vice par Nicholas Spain

Couverture du livre : name your vice par Nicholas Spain

La toile d’amour tissée autour de l’amant,

Les mots habilement posés l’endorment.

L’amante fatale vient d’enlever le gagnant

A son jeu, dans sa douceur et sa forme !

©Max-Louis MARCETTEAU

A toi …

Oeuvre de Yuriy Ratush

Oeuvre de Yuriy Ratush

Plonge ! tes yeux dans mon cœur Mon tendre Amour,

Le vol de l’oiseau apportera l’océan de mes pensées,

Traversera les continents de mes brûlants discours,

Ouvre ! ton sein à mon âme, je suis ton chevalier insensé !


©Max-Louis MARCETTEAU

Visage amoureux

Oeuvre de Sarah Fecteau

Oeuvre de Sarah Fecteau

Visage qui s’élance ! Lumière qui s’affole !

L’un amoureux ! L’autre qui prend peur !

Lui n’attend d’elle que les caresses folles

De ses ions positifs sur sa peau liqueur !

Éclairage intense ! Passion dévorée ! Feu !

Le bûcher flambe ! Le vent lumineux saisit

La chair de cette figure, cette proue au vœu

D’assouvir sa vie, sur cette lumière bénie !

Rien n’arrête ce cyclone génial ! Le baromètre

S’étire de son axe ! La pluie cependant, guette.

Ce visage absorbe la lumière, devient l’Être

De possession qui domine par son unité comète !

Il est éphémère ! Le voilà qui pleure de rage !

La nuit s’étale dans son drap et lui se couche

Dessus, froid, immobile, les traits en échouage,

Ensablés, boursouflés sur une vague, une bouche !

©Max-Louis MARCETTEAU

MonA

Marina Aleksey

Marina Aleksey

Mon silence est ton silence. Mon prénom est une vague,

Qui écume des larmes d’un manque. Le Temps impatient

S’ouvre à la brèche d’un écho : ta voix, une frêle dague,

Plantée dans mon corps, saturée de l’attente, ce mendiant !

©Max-Louis MARCETTEAU

Distorsion d’amour

Douma "bourgeon rouge", Graphite et crayon de couleur sur carton tonique, 40 x 30 cm

Douma « bourgeon rouge », Graphite et crayon de couleur sur carton tonique, 40 x 30 cm

Il était une fois une jeune femme qui croyait au mot Amour.

Elle avait décidé de portraiturer une toile vierge, représentante

De cet état impalpable. En fonction de ses pulsions vagissantes,

De son humeur, elle se dépossédait de ses visions vautours !

Les nuits se goinfrèrent d’une odeur de peinture, une odeur

D’intimité jouissive, une odeur possédée du secret dévoilé,

Une odeur d’instinct, une odeur palpitante, une odeur bonheur

S’étalait sur les longues nuitées, qui de silence ruisselé !

Un genre de puzzle, qu’elle modifiait aux fils du temps, prenait

Disposition, s’amplifiait, débordait vers l’extérieur de son espace,

Limité, alors que par définition l’Amour est illimité, surfait

Parfois, vain à contrôler, qu’elle devait tenir dans cette impasse !

Étrangement, elle posait des masques comme si elle cachait

Sa pudeur, ses envies, ses pensées, ses phantasmes, ses peurs.

Voulait-elle les découvrir, un à un, chacun leur tour, au trajet

De sa vie d’adulte, déjà écrite, pas encore vécue, sans erreur ?

Avait-elle plusieurs personnalités ? Composait-elle vraiment,

La sincérité de son Amour ? Avait-elle impliqué le mot trahison ?

Avait-elle peur d’accéder à ce gouffre ? Était-elle dramatiquement

Incapable d’assumer ? Avait-elle droit à vivre l’Amour par la raison ?

Elle aimait les femmes ! Elle aimait son corps ! Elle était prude !

Elle flambait à la première caresse de ses doigts, sur l’élément

Capuchonné de son intimité ! Elle faisait l’amour à la solitude

De ses désillusions : son tableau, son miroir inavouable, son amant !

©Max-Louis MARCETTEAU