La loi de Murphy a bon dos

Photographie de Julien Eveno
Voile de brume

Blog de Sabrina


Assise sur le bord du fleuve
Baignant son chagrin épreuve
Colette belle comme le jour
Devait décider quel parcours
Elle devait prendre pour sa vie
Finalement pas rose qu’elle se dit
Grognant au vent toujours rude
Hélant ses pensées d’inquiétude
Implorant le hasard du destin
Jurant qu’il ferait tout pour rien
Kopeck il lança pile ou bien face
La loi de Murphy a bon dos passe
Misère connaît pas le pile sourit
Nonobstant les quolibets endurcis
Ouvre une nouvelle et belle voie
Possible à la noble Colette de soie
Quitte sa mouise et dévale le cœur
Râpé mais encore solide à c’tte heure
Sur la bonne route pour de vrai
Toute guillerette enfin si fait
Use ses sentiments à son prince
Voleur de cœurs qu’elle en pince
Willy son ange gardien le vaurien
Xérès au goulot l’animal coquin
Y-a-qu’à dit-il à Colette défaite
Zigzaguant de chagrin plongeant la tête … la première dans le fleuve ….

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La table en chêne bien sapée

Blog oulimots contrainte écriture


L’Ange me regarde et le Cerbère me dépèce.

Tranquillement sur la table en chêne bien sapée, le spécialiste s’affaire conquérant.

Je ne suis qu’un Farfadet qui a été pris au piège d’un Gobelin qui a fait un marché avec un Korrigan.

Si j’avais été Dragon j’aurais eu leur peau de marchands.

Mon corps recèle une substance rare … à qui sait l’extraire au bon moment.

Et ce bon moment est … maintenant.

Ma chair est insensible, prise aux drogues diverses et accommodantes à tenir le fruit encore vivant un certain temps.

Et la Manticore est encagée rugissante à l’extrême de sa rage aux tremblements de son impuissance … elle sait sa peur du néant.

Je suis son poison extrait et qui badigeonné sur la pointe d’une flèche en os de saïga plantée dans sa poitrine l’étend entre les barreaux froids fléchis de son agonie épileptique jusqu’à sa dernière respiration dépolie couleur safran…

Une lueur bleu ciel s’envole parmi les feuillages qui s’écartent en cette nuitée déliée de cet assassinat pour une valeur de peau et possiblement d’un aphrodisiaque pour les légendaires lutins géants …

Pourtant, qui sait que je suis nécromancien à mes heures d’hiver ? Et avant de rejoindre les sous-bois d’ossuaires j’invoque par mon esprit dédié à Etemmu la formule à rétablir la Manticore dans sa force première, à sa densité amplifiée … maintenant.

Et la voilà qu’elle renaît, tel un Phénix, bouillonnante de vengeance devant les yeux effarés de l’impertinent.

L’Ange me regarde et le Cerbère meurt.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La Mort se brûle

Oeuvre de Leonid Afremov

Oeuvre de Leonid Afremov

Deux amants d’argent,

Brigands des fols ans

Du bonheur rassurant,

Vivent d’insouciants

Moments pénétrants !

Au jour attirant de l’An,

Fête religieuse de croyants

Aveuglés de mots confiants

De l’Eglise aux mille brillants,

S’avance le coup du Satan !

D’un trait de fer-blanc,

Est coupé le lien diamant

Des amants ruisselants

Du sang du déchirement !

Séparation et abattement

Bercent les deux gémissants

Qui tiennent très fortement

Les mains à la Mort, rigolant.

Pourtant, elle se brûle les pans

De phalanges, criant, déclinant

L’offre de l’ange noir trident

De les recevoir dans son champ !

Les amants vrais, fécondant

L’AMOUR du lever au couchant,

Seront des immortels rayonnants !

©Max-Louis MARCETTEAU

Vous avez dit ANGES ?

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Un jour j’ai rencontré, sur un banc public, un ange !

J’étais entre deux verres de vin, piquant d’arôme,

Écœurant au gosier, mais euphorique au mélange

D’une herbe cultivée, au terreau des supers atomes

De magnésium, sur le bord intérieur d’un noble fossé !

L’ange avait une claire diction, brumeuse était ma douce

Compréhension, il m’apprit qu’il existait, à la vérité,

Plusieurs genres d’anges ! J’ai eu un peu la frousse !

Je me demandais s’il fallait dessaouler de suite, bien

Qu’il était peu probable qu’atteint au plus haut degré

De mon vénérable foie, j’avais capacité, moi le vaurien,

A émerger de mon état toujours semi-comateux, attitré !

J’écoutais cependant les dires de mon adorable, étonnant

Chérubin qui me versa sur le corps une eau d’ange, essence

De fleurs d’aromates, pour rajeunir à cet unique temps

Quelques uns de mes neurones, éberlués par l’aisance

De ses paroles qui traversaient mon esprit devenu frais !

Il me raconta l’histoire de l’ange de mer qui avait englouti

Dix-huit pirates pour son anniversaire, d’un seul trait !

Des cheveux d’anges, confiture de cédrats, qu’une jolie

Demoiselle s’empiffra à devenir reine des citronniers !

De la faiseuse d’anges qui pardonna à Dieu son existence

Misérable de point enfanter et de supprimer les décorées

De l’ovule par une aiguille rouillée des tristes semences !

De ce rire aux anges qui déclencha une belle frayeur

Sur une mère qui venait d’avoir un bébé qu’elle croyait

Pétrifié de la mort ! De cet ange gardien au bonheur

De plaire à toutes les filles de la terre qui s’armaient

Des flèches de la Passion pour empoissonner l’humanité !

De l’ange exterminateur bras droit de l’improbable

Mais terrifiant Satan qui se rit de nos peurs, a parié

Une fortune en os homoïdes que Dieu était le probable

Tenancier d’une vaste escroquerie sur le genre humain !

De cet ange beau comme un ange du paradis qui aima

Une terrienne à défaut d’aimer une ange au malin

Plaisir de contrarier les hommes, pauvres renégats !

Il arrêta son délire par l’intervention propice d’une pluie

Avantageuse et généreuse locataire d’un nuage ombrageux

A qui j’ai donné tous les remerciements qu’il me promit

De mettre de côté pour accumuler des points de bonheur

Pour partir dans un autre pays au ciel sans nuages !

Je me surpris, à cet instant à parler au banc blanc crasseux

Qui m’allongeait ses fibres pour accueillir mon sage

Et douloureux corps qui s’éternisait à ne pas mourir heureux !

Demain je reprendrai de ce vin ! Il me va à ravir !

Il me raconte de fabuleuses histoires irracontables

Aux mortels esprits quotidiens qui de jour à périr

S’entassent sur les lignes de l’indifférence inébranlable !

©Max-Louis MARCETTEAU