Nous avons des divisions qui s’additionnent

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Agenda Ironique de Mars 2021


— Tu sais que « nous ne sommes pas des fleurs, nous sommes un incendie. »
— Ah ? Les femmes ?
— Oui !
— Et ?
— Je me demande si tu vas faire long feu dans mon appartement.
— Il est écrit quelque part : « la femme est l’avenir de l’homme »… en fait c’est une inversion de proposition voire une erreur de proposition.
— C’est sûrement toi, l’erreur…
— N’empêche qu’il m’est regrettable de quitter ce cocon si agréablement agencé par mes soins…
— Si c’est ton vœu…
— N’est-ce pas avant tout le tien ?
— Possiblement… mais… il faut nuancer…
— Nuancer ?
— De toute façon tu n’as aucune chance de survie sans moi…
— Tiens donc !
— C’est évident !
— Alors que tu menaces de m’éjecter ?
— Ce n’est pas une menace, c’est un avertissement.
— Un avertissement… c’est un cran en dessous, c’est ça ?
— Oui et puis c’est dit gentiment.
— Y a pas d’animosité ?
— Aucune.
— En fait, tu me dis ça comme si tu prenais une friandise dans le bocal à cet effet ?
— Oui, presque…
— Tu n’es pas un peu immature ?
— Je ne vois pas le rapport ?
— Tu Nous menaces grandement, et, pire, gratuitement, alors ?
— Je ne Nous menace pas… je constate seulement que nous avons des divisions qui s’additionnent et…
— Et ?
— Je ne veux pas couler lamentablement à tes côtés !
— « couler lamentablement », je n’en crois pas mes oreilles !
— En tout cas, tu entends bien…
— Bon alors, si je résume tu me menaces de me mettre à la porte pour ne pas « couler lamentablement » et tout cela gentiment tout précisant que je n’aie « aucune chance de survie sans toi ».
— Il faut bien prendre des décisions… tu n’en prends aucune…
— Dis-moi, c’est ma fête ? C’est le 8 mars qui te fait cet effet ? C’est la pleine Lune ? Tu vas te transformer en louve-garou ou Femen ?
— Arrête ! Tu es toujours dans l’excès !
— Je suis un excessif ? Tu veux rire, là ?
— J’essaye de te faire comprendre qu’il faut te ressaisir !
— Me ressaisir ? Et sur quel domaine, s’il te plaît ?
— Tous !
— Tous ?
— Tous !
— C’est moi qui tousse, là ! Bon, je me casse, je m’arrache, je prends l’air sans l’hôtesse…
— Tu n’oublies pas de me rendre la clé… de l’appart…
— …
— Oh ! Tu m’écoutes ?
— …
— Tu es là ?
— …
— Il est parti… le salop !

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Quand un jésus compte ses épines au bord d’une Tamise

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – Arbre géant de Kensington

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre il est dimanche et le temps dépose le fardeau des pauvres et des nobles sur la même ligne d’horizon quand un jésus compte ses épines au bord d’une Tamise comme baptisée par ces hommes des défauts de leur condition avant qu’ils ne regagnent leurs rôles même dans leur logis …ou leur appartement.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021