Le dos tourné se courbe à la porte stoïque

Photographie de Valentina De Felice

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Rien ne sert de pourfendre d’un mot hachoir la part de soi inavouable dressée là comme une forteresse qu’aucune neige d’indifférence ne glace. C’est un combat de soi-même avec soi-même qui brûle les années devant le miroir vrai faux ami qui se rit quand le dos tourné se courbe à la porte stoïque à la poignée indulgente qui grince du mécanisme par fatigue…

Les nuits sont longues à estourbir ses yeux ouverts de l’insomnie sur les frontons de sa devise :  » Soumis à l’insoumis sans être bête de somme » et tenir la lecture de son temps sur les rideaux des fleuves de l’imaginaire à fourbir en même temps son écriture sur les pages de l’incertitude sans froisser les lignes de conduite des mots pris aux pièges …

Faut-il besogner sa propre existe avec sa conscience pour n’en sortir qu’un filet de mots dépossédés de l’essentiel, en vérité ? Il y a toujours une dernière lance qui pénètre le flanc de son amour-propre piqué comme un destrier après s’être saoulé d’une bataille qui d’avance est perdue. Mais qui le sait ?

Investir son soi comme un ennemi n’est qu’un mauvais assaut, et en tant qu’ami est une gageure.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Entre sourires tristes

Photographie - Anna_Nahowski

Photographie – Anna_Nahowski

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Il est midi cinquante-six depuis dix minutes déjà… étrange. Je prends mon sceau après avoir soigneusement plié ma lettre de… démission et j’estampille… et je remets à la directrice du personnel toute triste de me voir partir avec ce sourire que nous échangeons…

Oui, je pars, je pars, je pars… cela fait du bien de le dire.

Tout me devient indifférent, si ce n’est une assuétude. Je n’ai plus d’envie et l’assaut d’un nouveau projet me laisse froid, comme un rond-point planté dans son sens giratoire. Je tourne en rond-moi.

J’ai pourtant ce sursaut d’instinct de survie, un canot de sauvetage à la Bombard, une phrase du genre « qui n’attend rien, peut tout se permettre »… tout cela dans le même seau de pensées, bien agité, un cocktail, et même si la vie est un cerceau, voire plus justement un carcan… j’ose me bouger pour le partir…

Je pars… définitivement de ma vie d’aujourd’hui, pour une vie de demain, et vais m’inscrire à une asso nommée : « bien rire, bien vivre ». J’ai fait le saut. J’en ai le cafard, mais je souris à l’inscription et m’engage à faire des efforts.

J’ai les zygomatiques frileux, et mon réchauffement climatique perso va être difficile. Je m’arc-boute, et tiens l’arceau de mes efforts comme un haltérophile…

Mais, à l’évidence de quelques semaines, je rends mon tablier-visage-sourires pour celui de tristesse engagée. Suis-je un sot ? Suis-je incurablement triste de vivre que je continue de porter ma carcasse… Si j’étais un triste heureux. Mais non, je suis un triste triste… Alors, je reviens d’où je suis parti et reprends ma vie d’avant qui a toujours été ce monde à moi… en attente du sourire triste de joie de mon retour de la directrice du personnel…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018