Inspection d’un temps

Photographie - A l'interieur du Big Ben - Londres- 1920

Photographie – A l’interieur du Big Ben – Londres- 1920

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Mesure de durée au temps autant que le temps démesure son propre temps au temps sablier au regard de l’horloge de la boulière callipyge, là-devant moi, en arrière train, je suis l’improbable client contrôleur qui entre par la petite porte de la ruelle gorgée d’eau.

Je m’installe califourchon sur le sol de la seule pièce du… temps et… j’attends. Je n’ai rien à faire d’autre que d’attendre le sourire sur mon visage, une boîte aux lettres de confiance qui m’apporte tous les timbrés de la terre qui supporte déjà une part d’impossibles idiots, imbéciles…

J’attends le compte rendu de l’espace-temps impétueux devant le tableau noir de craie poussiéreuse blanche presque ingénue qui s’impose, mais je ne suis pas une broutille de temps à me laisser embobiner dans le sens inverse d’une aiguille d’une montre et ou d’un calculateur quantique. Non, non…

Je note que la jeune femme seconde une autre femme et qu’elle écrit avec un calame, c’est un bon point pour elle à l’heure des comptes…

Je ressens ce moment à venir sur l’imperceptible cadran de mon humeur les effets fugaces d’une nuitée en compagnie d’une call-girl au regard envahissant d’être aimée et froide comme de l’azote et qui comptait les minutes avant l’éjaculation des secondes mâles au malaise du précoce et la repasser par une paire de gifles.

Mon temps, ici n’est pas implicite et j’attends la boulière à me rendre compte à défaut de me rendre gorge et je pense à l’intérieur d’un espace intime que la mesure du temps à la démesure du détemps s’étend et intente l’impossible retour sur soi car la seconde est seule à concevoir la naissance, maîtresse de l’instant et de l’éternité à sa froide existence qui ne connaît pas la sensation du… câlin

Je suis le Maître du Temps de celui qui ose poser remontrance sur la seconde de retard qui ne fait pas son travail…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

J’attends ?

 

Je passe mon temps à attendre. L’attente immobile, l’attente qui n’est pas mon oncle diront certains. L’attente qui n’est pas du camping est un sarcophage. Et ce dernier ne fait pas partie de la famille des macrophages. Non. Ni d’un pseudo président qui se transformerait aux jours de pleine Lune en un loup garou pour termites égarés, ni chômeurs, d’ailleurs. Quoi que…

Ce n’est rien d’attendre. Ce qui est difficile c’est d’être opérationnel au moment où l’action pointera le bout de son nez. Et pas frileux, ce nez. En plein dans le pif, l’action en question. Et là, il faudra assurer. Et pas question d’être le dernier des derniers pour faire bonne figure. Pas de pifomètre. Non. De la tenue, de l’audace sans piment. Du tact, de la diplomatie, et le cœur avec soupape de sécurité s’il vous plaît. C’est pas le moment de taper un infarctus entre deux mots échappés d’une voix d’outre-tombe.

En vérité, et je reviens sur ce que je viens d’énoncer, attendre est un calvaire. Un seul ? Non. Une succession de calvaires. Une plaie, pour chaque jour. Et pas d’urgentiste pour colmater ce sang d’espoir hémorragique qui n’a pas de plaquettes pour réparer. Le miracle est que l’espoir est toujours vivant. Les années passent et je suis devenu un écorché vif. En coupe, en travers, de face, de dos, bref la totale. Pas beau à voir. L’humain est solide tout de même. Il supporte l’insupportable. Cet instinct de survie, une extraordinaire invention du vivant. Mais que de souffrances !

J’attends. Comme si j’étais seul à attendre. Et elle, elle attend ? Pas sûre. Sans attente pas de manque. Pas de manque pas d’angoisse. Pas d’angoisse, pas de médicament. Pas de médicament, pas de problème. Pas de problème, pas de vie ?

Je suis mort ?

© Max-Louis MARCETTEAU