Zone grise de l’idée en devenir…

Dessin de André Franquin - Idées Noires

Dessin de André Franquin – Idées Noires

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Tout est là, devant moi. Des mots en vrac, des mots qui demandent la transhumance : direction l’alpage. La marge fossé n’est pas d’humeur du genre : « lâche-moi la basque ». Le stylo s’impatiente, son océan d’encre houle sa vague, son agacement, du genre : « je vais en faire une montagne ».

Et pourtant rien ne sort. C’est le vide plein de tout au désordre d’attendre un ordre qui hésite à s’exprimer à se décider d’obéir à sa substance d’être.

Je me souligne au fluo et me plonge la tête dans la salle d’attente du four à mots où mijote un filet de merlan en papillote. Je suis immobile devant la ligne directrice au fouet de m’indiquer la marche à suivre au pas de la cadence folle, folle…

Je refuse de m’embarquer même au mot eau (faux jumeau de moto) sans âme qui ira baver sur les lignes marie chastes aux mouchoirs flottants de la larme facile et dont les enfants auraient aussi l’indélicatesse de dessiner avec leurs doigts peintures, affront de l’alpage qui n’est pas Canson.

Je tourne en rond du rond de rond gribouillage de bienveillance, je commence à entrapercevoir le ciboulot qui se creuse à la création car l’idée ne fait pas dans l’altruisme.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Dernier instant… lumineux.

Photo Carole Lombard

Photo Carole Lombard

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Transcendance ! est le seul mot qui me vient à l’esprit quand je lis cette revue unique : « Apulée ».

Tu n’as pas cet effet. Tu n’es pas en papier. Seule ta parole pourrait me porter dans une sphère d’élégance intellectuelle si ce n’est ton cynisme feutré affûté…

Et pourtant, je séisme en toi, graphisme ta convoitise, attise et fertilise dans tes yeux, et le ressens ainsi.

Je vaporise sur pupille miroir le prisme de ta gourmandise et dépose ta rébellion dans mes bras, entre lit et jardin des plantes.

Aujourd’hui… tu es partie… un autre homme… banal… Je suis entre balcon et vide. Le soleil comme témoin, le ciel comme futur linceul et la terre comme arme.

Je souhaite ta bienveillance d’un acte passager et définitif, d’un acte déjà écrit dont il manque la signature, d’un acte qui s’impose à moi, d’un acte coloré au sang de mon univers… ma punition de vivre encore une heure de trop… la Mort n’est pas sourcilleuse loin s’en faut, je touche déjà ses osselets de compagnie et sa tunique bien épaisse de mots farcies de pardons que cela dégouline salement maintenant sur mes yeux…

Enfin, la clarté d’un autre univers tant et tant attendu au-delà de la souffrance de l’être démocratique, aimé, et récité en louange entre ce ciel et terre tout autant différent et pourtant indissociable à notre vie et pourtant incompatible à se déverser d’un trop plein et de l’autre de bouillonner de trop de vie…

Avant l’écrasement, je palpe l’air ambiant de l’amour qui se pose en moi enfin et le calme…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018