Il est anobli étalon par un bipède noble pur-sang

Livre de Louis Enault 1876 – Londres – Gravure Gustave Doré – Le Tattersall

Blog : Éveil & Vous – Éditions (Challenge du 1er au 28 février)


D’un pas à un autre se dessine un quadrupède tenu aux mors de la lignée tel un Darley pour créer aux firmaments la rareté d’un cheval nommé Éclipse tout au rapport du brûlot argent il est anobli étalon par un bipède noble pur-sang très bon coureur à ses heures après… quelques bières.

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Récompense biodégradable

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Hier, j’ai entendu le mot fidélité. Je suis resté perplexe et puis j’ai rencontré une femme de vie. Non, croisé … est le mot juste. J’étais installé sur la terrasse de mon café attitré, ma bière habituelle et ma cigarette calmante. Je traîne ainsi ma carcasse tous les vendredis soirs après le boulot … une habitue, une occupation.

J’arrose tous les après-midis les fleurs d’une immense résidence de roboïdes dont la tendance actuelle est de fleurir humainement leur environnement. Un rappel d’un bonheur perdu… humain…

Bref, j’ai cru à une déformation de mon champ de vision ou pire à une altération de l’algorithme de mes envies. Mais non, apparemment. Cette femme est passée tranquillement devant… moi. J’ai avalé d’une seule traite ma bière Delfer à me brûler les premiers centimètres œsophagiens.

Je suis le seul humain mâle du territoire. Alors croiser un autre humain, c’est toujours un événement. D’ailleurs, je ne pense avoir côtoyé un autre moi-même. Non… je n’ai pas souvenir.

Je suis dressé et le mors de la punition en permanence pour ne pas me révolter est toujours présent. Je traverse le temps de ma vie comme une chose rare qui appartient à la communauté et on m’octroie quelques occupations pour me garder en vie. Mais je ne sais pas ce que c’est qu’une vraie vie. La mienne est dessinée en craie et pourtant cette vie est un critérium de chaque jour. Je n’ai pas de repos, de vacances dont j’ai entendu quelque part les bienfaits…

J’ai retenu une expression bizarre : « une vie de chien ». Je soupçonne le pire mais qu’est-ce que le pire qu’un mot dont la définition est abstraite par le non vécu de la chose ? Je suis à l’approche d’une mélancolie et je comprends pourquoi…

— Vous avez vu votre récompense ? me dit un roboïde, cette récompense est biodégradable après une seule utilisation…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Phare alors…

Oeuvre de Gustave Doré

Oeuvre de Gustave Doré

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Je vais me prendre une bonne bière genre une Cantillon Soleil de Minuit. Je suis tranquillement assis dans un fauteuil osier genre Emmanuelle sur mon balcon du quatrième étage en cette douce fin de soirée d’été. Je me sens bien, presque heureux comme un viking qui vient d’arriver à bon port sur une terre inconnue après une mer de forte densité à la houle bien prise.

Au loin, je perçois le filet feu tournoyant du Phare. Il me fascine comme souvent quand je m’installe à cet endroit. Et précisément aujourd’hui il y a une singularité, un appel dans le temps comme si un moment de vie s’était inscrit à la verticale de ce lieu et dont j’en ressens les événements de… braises.

De gorgée en gorgée ce soir ma bière a un goût différent. Étrange. Et plus étrange encore ce phénomène d’images qui défilent dans ma tête en même temps que le Phare hypnotise mon semblant de conscience.

Suis-je à la porte de la folie ? Moi, l’homme de raison, cartésien pure souche. Vais-je à cet instant déposer ma plénitude entre balcon et bière ? Devrais-je m’imposer l’évidence que je suis devant un phénomène… paranormal ?

Devant moi… un fiacre… suspendu dans les airs, là, comme ça et un… gentilhomme en descend et… vient vers moi… comme s’il me connaissait… À ce moment précis j’ai le viscéral qui ne fait qu’un tour et je vomis mon restant du dîner du soir et bière, un mélange détonnant…

— Et bien mon jeune ami, vous ne vous sentez pas bien, me dit le gentilhomme très courtoisement.
— Je ne suis pas vraiment dans mon assiette, voyez-vous.
— Je comprends, je suis passé par là, aussi.
— Vous pouvez me dire ce qui m’arrive.
— Mais vous venez de… mourir !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018