J’ai le bio dans la peau

Oeuvre de Hans Baluschek - City of Workers - 1920

Oeuvre de Hans Baluschek – City of Workers – 1920

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J’ai le bio dans la peau et je hais toute industrie hypocrite. Pourtant je vis dans un appartement HPE (Haute performance énergétique). J’ai honte. Moi qui rêvais de vivre dans une maison en torchis plaqué dans le Lot avec une femme rustique et des enfants de campagne. Je me sens laid, difforme, hideux, monstrueux … non, pas monstrueux … enfin, bon, je ne vais pas non plus me flageller sur la place publique de mon quartier et attendre que le peuple m’injurie et me condamne à mort.

Cela me fait penser à ce fameux film « Fahrenheit 451 » de Truffaut. Rien à voir. Et pourtant il faudrait des pompiers pour éteindre cet emballement du progrès .. mais l’emballement n’est pas maîtrisable. C’est un constat. Il s’arrêta par un manque. Lequel ? Je ne sais pas.

L’obsolescence n’est pas programmée pour la planète terre. Elle se régénère et pendant ce temps, je vais prendre un ticket de métro et goûter l’humains en fond de terre. C’est répugnant et j’aime. C’est ma vie, je chante et fais manche ou chapeau selon. C’est mon second habitat. Je reconnais des visages, des silhouettes, d’un sexe à un autre, ces humains sont si différents et tout à la fois insupportablement indifférents envers les autres. Tous des inconnus aux hormones identiques et réactions parfois inattendues mandatés à survivre en milieu hostile qu’ils ont eux-mêmes fabriqués de toutes pièces …

Je vais rentrer ce soir vers vingt-trois heures, me prendre un café, des grillés, du beurre salé … un peu de Netflix et me replonger dans mes cours en e-learning de cosmétique. Peut-être que ce monde est trop cosmétisé … je suis aussi de ce monde … customisé …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018