Atteindre le sommet

Portrait de Leonor Fini – 1934 – Photographe anonyme

Les petits cahiers d’Émilie. Émilie 12.20  (Hors délai)
(Cette semaine pas de 5ème chapitre du roman Rho-Man Tout en Gala-Tik, qui est en chantier mais Carnetsparesseux est bien présent ICI)


Atteindre le sommet et se voir … aveugle

Toutes les partitions de la vie ne se valent pas et se concentrer sur un objectif est aussi pertinent que se diluer dans le court-bouillon du destin qui dessine bien ce qu’il veut et arme son ironie à bien des égards sur des quais dont les rencontres ne sont pas toujours celles de l’âme sœur et qu’il faut tirer à soi, ce qui n’est pas coton, le bleu du ciel et les soleils de la volonté au risque du bleu douleur, voire celui qui glace les envies, même pachydermique

Si l’amour est une valeur qui n’est pas cotée en bourse (quoique), il est essentiel d’avoir le doigt pointé vers la direction qui porte la bonne tenue et pas celle du camouflage celle de l’hypocrisie, cette flèche qui souvent tue lentement aussi faut-il savoir sortir de son fourreau l’épée de son courage tout en évitant de flirter avec la facilité qui est souvent le piège qui se referme avec le sourire du faux …

Atteindre le sommet et se voir … enfin !

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Quel cirque !

Oeuvre de Chagall - Le Cirque Bleu

Oeuvre de Chagall – Le Cirque Bleu

Agenda Ironique d’Avril 2018 lateliersouslesfeuilles


Tête de poisson et tête de cheval, la constellation se déploie au-dessus d’un océan livide de décomposition possédé à la couleur humaine comme une mauvaise soupe à la grimace à vomir sur la plage des écumes bleues douleurs et griffures de Lune en crise à sa grise évolution de soutirer les démons de nuits bleues noires…

Et la sirène écorchée s’écaille et s’éventre en cette nuit comme une offrande à offrir à l’œil Lune possédé de sa mort comme une révélation de vie torturée et cendrées aux sangs des innocents rêveurs dépecés sur les montagnes terrestres des prières…

Et tout ce monde attend le premier chant du coq comme un premier tour de chant d’un trompettiste sourd et aveugle de connaître l’amour des notes à la caresse de l’onde d’une contre-basse de cordes en larme et pose toute timide dans le coin d’un feu bleu froid…

Et puis un trait de lumière diaphane, une voie lactée enfante enfin le tableau qui se joue du peintre et se rit des dimensions de son imaginaire à la prière retroussée d’un rêve grognant dans son jus jusqu’à l’abîme menottée et pourtant libéré dans une toile prison pour les regards carnassiers… humains…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Rapport de… force ?

Moi, moche et méchant

Moi, moche et méchant

Blog popinsetcris contrainte écriture


— Tu viens ?
— Tu dis ?
— Tu rappliques ?
— Non.
— J’abîme.
— T’abîmes ?
— J’écume.
— Tu écumes ?
— On va pas conjuguer, là, hein ?
— Langage de soie pour un langage de sourds…
— Je préfère le silence
Abroger ! Entre Nous.
— Non.
— Alors pourquoi tu me cherches ?
— Le parfum de nos dialogues…
— Un labyrinthe
— Une plage de sable…
— Un tatouage
— Alors, tu viens ?
— Je me mets du bleu aux yeux et je suis tout à toi, Mon Amour…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Elle est partie ce matin …

Psylocke de la bande annonce du Super Bowl X-Men Apocalypse

Psylocke de la bande annonce du Super Bowl X-Men Apocalypse

Blog de girlkissedbyfire : défi 52 Semaines 2018 (4eme semaine : bleu)


Elle est partie ce matin avec son sac et nos souvenirs. J’ai brandi l’anathème, elle m’a souri une dernière fois avec un petit signe de main comme un sémaphore qui dit adieu.

J’ai fermé la porte et celle du cœur, aussi. Je vais me recoucher, attendre demain, … peut-être … pour revivre.

Il est déjà demain et je me lève, le cœur lourd comme du plomb chaud, à blanc. Je prends une douche et mes pensées savonnées sont toujours présentes. Je tourne en rond dans la salle de bains, deux fois nus : corps et psyché.

Je reste ainsi toute la journée ensoleillée entre mon salon et ma chambre, la baie vitrée chauffée à blanc, je vais boire … encore et encore … de l’eau, drapé de blanc.

Je suis lasse de penser, obsession, oui un bleu obsession ainsi je nomme mon état actuel.

Elle aime le bleu, j’aime le violet. Nous étions incompatibles, nous étions inséparables. Cherchez l’erreur.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Une histoire de dessous ? Chapitre 2/3

Bon_dimanche

Bon_dimanche

Bon, je vais ausculter cette maudite palette. Un indice, un signe, une preuve de l’expéditeur. Rien. C’est plastifié dessus et cartonné à l’intérieur. Je vais me procurer un cutter prestement et éventrer la chose en un rien de temps. Enfin, le premier carton se justifie à mes yeux d’aucune marque… même de draps. Inquiétude et écume viennent à moi. Mon humble cutter en arme de poing à ma poigne, découpe par ligne longitudinale, le premier carton venu. Une autre main écarte. Que vois-je ? Diantre, est-ce possible ? J’ai l’étonnement attesté mais la surprise moins tendre. J’ai la révulsion de l’œil gauche. La palpitation délestée. Je suis la douleur d’un instant improbable.

— Des carnets, un carton de carnets… vierges…

Je reste à demi-voix à grogner. J’ouvre un autre, puis un autre, et, etc. La moitié de la palette y passe.

Pendant quelques secondes je suis sur le cul… littérairement. C’est quoi cette histoire de dingue ? Des carnets vides au lieu de draps. Alors, le livreur… s’est trompé d’adresse ? Une farce de celui-ci ? Je vais peut-être le revoir, là, dans un instant ?

Une caméra cachée ? C’est ça ! Une caméra cachée ! Je me mets à rire comme un damné. Mais elle où ? Je scrute les alentours et prends conscience que je suis toujours à moitié nu. Je me défigure. Et hop, comme par réflexe de pudeur, je sers les fesses et tout le reste, et d’une démarche presque burlesque, franchis le seuil de ma maison et claque la porte.

Est-ce que tout cela est bien raisonnable ? Je vais de ce pas me doucher, et m’imposer ainsi un moment de répit et aussi de repli. Le café est froid, qu’importe. La douceur de cette eau me fait état tout de même d’un bleu, là, à cet endroit précis qui part d’ici et va là. Ah, diable. Il y a comme une douleur au toucher. Je vais devoir me soigner. Quelle plaie ! Ce n’est qu’un bleu, restons pragmatique.

Une fois soigné, habillé, pomponné, je vais appeler Marie. Hier au soir, j’étais absent. Et il faut dire aussi, que parfois je “prête” pour quelques heures mes soixante mètres carrés, tout douillet à quelques amis(es) proches. Je ne pose pas de question, mais j’exige de la discrétion. En d’autres termes “pas d’embrouilles, pas d’emmerdes”. C’est clair et cela ne discute pas. Et tout un chacun le sait.

— Marie, c’est Pilou, Pilou…
— Comment vas-tu, mon Lou ?
— Moyen, moyen…
— Raconte-moi…
— Dis-moi, es-tu venu hier au soir à la maison ?
— Non, pas du tout. Pourquoi ?
— Non, comme ça. Simple question d’usage.
— “Question d’usage” ? Tu es bien mon Lou ?
— Je… je… enfin j’ai trouvé sur une chaise, ici, à la maison…
— Quoi donc ?
— Un soutif !
— Non ?
— Si !
— En effet. En tout cas je peux t’assurer que ce n’est pas de moi.
— Bien.
— Tu devrais contacter Emmanuel.
— Et puis pendant que j’y suis, comme ça, à tout hasard, tu n’aurais pas commandé des draps pour moi ?
— Des draps ?… Non, et il y a un rapport avec le soutif ?
— Je ne sais pas. Je suis en plein brouillard depuis ce matin. J’ai l’impression d’être dans un cauchemar.
— Allons, allons, mon Lou. Tu veux que je vienne ?
— Non, non. Je vais appeler Manu. Merci à toi ma tante… Marie. Pourquoi ma tante. Excuse-moi.
— Ce n’est rien mon chou. Tu devrais te reposer.

Elle raccroche tout de go. Marie est trans. Et oui ! Mais bon. Quelle gaffe. Mais quelle idée de l’avoir nommé ma tante. Je vais prendre mon café avant d’appeler Manu. Quelle histoire. Quelle histoire, mon Dieu. Et la journée qui ne fait que commencer. Je crois que je vais faire un tour sur VDM.

(À suivre …)

© Max-Louis MARCETTEAU 2018