J’adhésive ma vie

Chateau_blain_Iotop_2019

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Le Marathon de la Nouvelle (merci à Sabrina de cette découverte)


J’adhésive ma vie sur le théâtre de ma scène (ou inversement) figée depuis trop longtemps qui se rit de ma posture d’exil … inconfort en décembre je brûle mes dernières braises au regard d’un fleuve qui se déborde d’une eau de pluie peuplée d’histoires lointaines aux territoires marbrés des jonctions de civilisations inégales …

Inégales … j’attends la création d’un nouvel amour illégal comme d’une résurrection … et visiblement ce mot porte : é-r-e-c-t-i-o-n, symbole caché (?) élément phallocratique par excellence me laisse perplexe devant ma bouteille toute féminine qui tient toujours debout audacieuse provocante à l’allure profane au culot d’être encore pleine alors que j’avais eu son goût au goulot dans le gosier d’un instant à un autre comme une descente sur neige à vive allure sur une piste noire je devais l’être … noir …

Noir … me rappelle en filigrane neuronal Nougaro :  » …je broie plutôt du noir, du noir en dedans … » et je respire l’inconséquence d’une vie qui s’égraine n’érige rien et s’étouffe dans des draps de nuits qui s’enroulent indifférentes sur mes cloisons blanches …

Blanches … je suis dans une bulle en arrêt au stop du croisement chagrin j’ai dépassé la ligne blanche par no-limite de la ligne jaune de celle de la ligne rouge et pas de ligne verte et je m’aligne sur un lit froid de toit pas de ligne d’horizon sans toi pas de ligne de métro pour te rejoindre j’ai que mes lignes …

Mais … le drame est toujours à portée de main, pas le bonheur… dans ce théâtre …

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Arrime ton pylône et souque-moi

Batman et Catwoman - In the Mouth of Madness - 2003 - Jim Lee

Batman et Catwoman – In the Mouth of Madness – 2003 – Jim Lee

Suite à une demande soutenue de lectrices et lecteurs aux premières scènes  🙂 voici ce qui se passe derrière le rideau de ce couple inattendu …


Voix off : le rideau se lève impudiquement à la lumière tamisée d’une vertu déshabillée pour la circonstance d’un moment rare d’intimité comme un voyeurisme d’effet dans le nid d’amour… d’un talon aiguille et d’une basket…

Scène 10 : 20h10

— Alors, grand fou, tu me fais voir du pays ?
— Attend coquine… veux-tu de mon gouvernail ?
— Je suis ta carène !
— On s’enclenche ?
— A l’embarquement, mon Basketou !

Scène 11 : 20h11

— T’as les yeux d’une ballerine et le corps d’une cuissarde.
— Cuissarde pour toi renverse-moi mon brodequin mon galérien.
— Galérien de tes envies je vais brasser ton océan.
— Océan de rouleaux de cyprine attend le tsunami.
— Tsunami s’enroule en lacets de caresses à la charentaise.
— Charentaise à toi mon richelieu séduit tous mes caprices.
— Caprices naviguent sous ta peau de soie baby à tous les endroits.
— Endroits des à l’envers douleurs soyeuses pliées à la prise de mes hanches.
— Hanches de bord à bord tes courbes en plages de sable d’olonne.
— Olonne-moi les flancs et remonte aux phares sensibles de mes pointes.
— Pointes érectiles à la rosée de tes dunes voluptueuses je m’arrime.
— Arrime ton pylône et souque-moi à revers à débord de mon yoni ô oui.
— Ô oui tu es mon île de possession et pirate tes trésors avec zèle.
— Zèle encore plus profond en mon ventre mon volcan s’embrase à ta messe noire.
— Noire est mon dessin à te rendre gorge à la fresque de ta jouissance.
— Jouissance palpable, déborde-toi de ta semence en vague écumeuse.
— Écumeuse en ton corps vibre à l’unisson du mien ma tendre révolution.
— Révolution qui se joue au corps à corps de nos bouches s’entrelacent nos langues.
— Langues d’aimer à jouer à empaler les orifices d’ici et de là les mots se goûtent susurrés.
— Susurrés les frôlements de nos chairs aux vifs d’être imprimés pour l’éternité.
— Éternité, Nous a Aimé.
— Aimé, oui quel Bonheur…

Scène 12 : 02h22

— Aurons-nous des petits chaussons ?
— Qui sait de la nature des choses et des mystères ?
— Alors à cette union romanesque jouons la pièce à venir.
— Ta différence me va si bien Mon Amour.
— Idem.

Scène 13 : 02h33

Voix off : l’amour est comme une bougie, il est toujours allumé quand il reste à consommer.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Je suis assis sur le rebord du mot.

Jacqueline Maillan & Daniel Ceccaldi - Pouic-Pouic - 1963

Jacqueline Maillan & Daniel Ceccaldi – Pouic-Pouic – 1963

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


L’ivresse des mots vaut bien un paysage magique … muet…

Je suis assis sur le rebord du mot. Il me prend le tournis. Je résiste, et la parole fielleuse est un lasso. Je suis ligoté et aucun pompon de marin ne viendra me sortir de ce moment de flagrant délit de jouissance du mot qui me souffle son existence dans les bronches comme un soufflet de forge …

Je brûle à mon tour de n’être qu’un nom, prénom, numéro analogique … de consonnes à voyelles les sons s’appellent les uns les autres encore et encore …

Lendemain est une hésitation sur la longueur de temps et j’enjambe le pont de la division de l’être en humain sur le territoire herbeux de la ponctuation défiant ce fameux souffle comme une souffrance de vie qui s’étend comme du linge sur une ligne trop tendue étendue … au soleil de fête pourvoyeur de micro-vies pour alimenter une mort manufacturée par le Grand Architecte …

Je viens pour une autre année, un autre âge, poser mon empreinte sur le sable du souvenir de l’autre avec des bougies nommées le bonheur d’additionner une palette de couleurs qui se nuancent mine de rien à la beauté tant recherchée qui apparaît comme si la vieillesse apportait mine de rien encore sa vraie valeur de vie, sa raison d’exister parmi le branchage feuillu de la descendance comme point de référence, d’appui …

Car le mot vieillir a toute cette richesse et son ivresse d’un bon vin aux arômes à fleurir encore et encore …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Récompense biodégradable

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Hier, j’ai entendu le mot fidélité. Je suis resté perplexe et puis j’ai rencontré une femme de vie. Non, croisé … est le mot juste. J’étais installé sur la terrasse de mon café attitré, ma bière habituelle et ma cigarette calmante. Je traîne ainsi ma carcasse tous les vendredis soirs après le boulot … une habitue, une occupation.

J’arrose tous les après-midis les fleurs d’une immense résidence de roboïdes dont la tendance actuelle est de fleurir humainement leur environnement. Un rappel d’un bonheur perdu… humain…

Bref, j’ai cru à une déformation de mon champ de vision ou pire à une altération de l’algorithme de mes envies. Mais non, apparemment. Cette femme est passée tranquillement devant… moi. J’ai avalé d’une seule traite ma bière Delfer à me brûler les premiers centimètres œsophagiens.

Je suis le seul humain mâle du territoire. Alors croiser un autre humain, c’est toujours un événement. D’ailleurs, je ne pense avoir côtoyé un autre moi-même. Non… je n’ai pas souvenir.

Je suis dressé et le mors de la punition en permanence pour ne pas me révolter est toujours présent. Je traverse le temps de ma vie comme une chose rare qui appartient à la communauté et on m’octroie quelques occupations pour me garder en vie. Mais je ne sais pas ce que c’est qu’une vraie vie. La mienne est dessinée en craie et pourtant cette vie est un critérium de chaque jour. Je n’ai pas de repos, de vacances dont j’ai entendu quelque part les bienfaits…

J’ai retenu une expression bizarre : « une vie de chien ». Je soupçonne le pire mais qu’est-ce que le pire qu’un mot dont la définition est abstraite par le non vécu de la chose ? Je suis à l’approche d’une mélancolie et je comprends pourquoi…

— Vous avez vu votre récompense ? me dit un roboïde, cette récompense est biodégradable après une seule utilisation…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

A la cervelle

Artiste Clara Bow en 1928

Artiste Clara Bow en 1928

A la cervelle posée sur le plat d’argent, les neurones synapsent le conquérant, le fameux scalpel assoiffé d’agonisants tenu en main par un maître tout de blanc, cuit au four de la folie cet édenté médecin dégoulinant de veines pendues à sa blouse de saint découvreur de l’anatomie tel l’archéologue clandestin pille les secrets pour enrichir sa démence à dessein d’empaler l’âme qui le tourmente sur la croix de l’agonie d’un voleur de bonheur qui se devait de gagner son paradis !

© Max-Louis MARCETTEAU

Le possédé

Oeuvre de Salvador Dali - three graces - 1977

Oeuvre de Salvador Dali – three graces – 1977

À la cervelle posée sur le plat d’argent,

Les neurones synapsent le conquérant,

Le fameux scalpel assoiffé d’agonisants

Tenu en main par un maître tout de blanc,

Cuit au four de la folie cet édenté médecin

Dégoulinant de veines pendues à sa blouse de saint

Découvreur de l’anatomie tel l’archéologue clandestin

Pille les secrets pour enrichir sa démence à desseins

D’empaler l’âme qui le tourmente sur la croix de l’agonie

D’un voleur de bonheur qui se devait de gagner son paradis !

© Max-Louis MARCETTEAU

Question

Seki Kowa du Katsuyo Sampo -1712

Seki Kowa du Katsuyo Sampo -1712

Sachant que la moyenne harmonique de vos sentiments est un multiple de trois, et que la liberté individuelle est égale au coefficient de décision personnel, soustraite au carré des dépendances aux lois, divisée par le poids moral-social, multipliée par le pouvoir en place, le tout additionnée par la masse des imbéciles, calculez le bonheur que vous avez à vivre dans cette société ?

© Max-Louis MARCETTEAU

Bisou

Oeuvre de Steve Godfrey

Oeuvre de Steve Godfrey

Un bisou là ? Ou ici ? Ou juste à cet endroit précis ?

Qu’importe, un bisou est une empreinte indélébile

Qui s’imprègne en profondeur et va s’étendre à vie

Dans les cellules de nos émotions câlines nos amies !

Bisou tendresse, celui qui se promène sur la joue, le front,

Se reprend comme un bon dessert, marque son territoire,

S’appuie légèrement, ensoleille pour la journée l’humeur rayon

De bonheur, l’indispensable arc-en-ciel, notre gloire !

Bisou câlin, celui amoureux, qui se pose à tous les endroits,

N’a aucun tabou, s’ouvre à toutes les propositions, invente

Des figures, s’apprivoise à la demande d’un sourire courtois,

Devient intime par possession, devient rituel pour la galante !

Bisous de tous les pays, le pouvoir est entre vos mains !

La valeur de vos actions détermine les demains humains,

Heureux ou tragédiens, car de votre présence tout dépend !

Bisou journalier, je prie en ton pétillant amour caressant !

©Max-Louis MARCETTEAU