S’allonge sur les bords de l’imaginaire

Photographie de Pavel Kuznetsov

Challenge Lune et des participants


14

… courbes les âmes lunatiques de la Mer de Moscovie qui s’allongent sur les bords de l’imaginaire dans l’ombre qui s’offre aux conséquences d’une parade sur le devant de la scène du miroir k’os-mots-note déplié de son angoisse empreinte de la rupture de la raison …

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 10/12

 

Nicolas-François Gromort 10 1837

Nicolas-François Gromort 10 1837

Agenda Ironique Avril   (en 12 épisodes) – Pour la lecture des 12 épisodes déjà écrits le lien ICI

Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


10/12

François et Nicolas aux unités du temps

— Quelle direction matelot ? Quelle étoile suivre ? Quel destin dans les flots incongrus ? Que ce bois trempé et courbé comme l’échine d’un esclave nous mène hors de nos chaînes de nos habitudes graisseuses de temps imparfait qui nous tiennent en chair le regard sur l’ailleurs et le ciel qui se grise sur fond de cale j’ai l’impression de m’ouvrir les veines sur le rebord d’un puits de colère enlisé dans ma gorge comme un premier vol de l’oiseau printanier empaillé pour faire décoration d’un souvenir qui n’a pas eu lieu tel un livre non imprimé… la mémoire se dessale…

« Qui de nous a changé ? Pourquoi dans la carrière
L’un court-il en avant, laissant l’autre en arrière ?
Lequel des deux soldats a déserté les rangs ?
Pourquoi ces deux vaisseaux qui naviguaient ensemble,
Désespérant déjà d’un port qui les rassemble,
Vont-ils chercher si loin des bords si différents ? » (Félix Arvers)

— Quelle direction matelot ? Quelle étoile suivre ? Quel destin dans les flots incongrus ? Nous sommes des évadés frère de nos terres nourricières et l’orage nous accompagne en tête les voiles sifflent et le vent danse la quadrille dans un solo infernal à la flamme de son désir des embruns comme de vagues larmes qui s’écrivent sur l’océan défait comme un lit de souffrance l’écume fait suaire et les grincements de notre goélette nous rappellent notre condition de terrien à la mesure de volonté de rester dans le chemin tracé… faut-il se l’avouer ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2020