Que faire se disait-il et repassa une seconde fois devant la tombe

Film Frankenstein de 1931

Film Frankenstein de 1931

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°44 le mot : halloween


Que faire se disait-il et repassa une seconde fois devant la tombe
Le drap blanc en nuisette à offrir à la Mort à défaut de la blanche
Dame susceptible jusqu’aux os et dansa auprès d’une colombe
Égarée dans ce cimetière qui manquait d’amour non de planches

Que faire se disait-il et il tomba à genoux devant la tombe muette
De fleurs de larmes de ciel et d’étoiles et sa prière s’évapora nette
Et une avalanche d’os en sucre se déversa à ses pieds nus contrefaits
Il se roula et cria comme un damné de ce jeu qui n’est pas d’osselets

Que faire se disait-il et il s’allongea sur la tombe de sable et de terre
La bouche ouverte aux blasphèmes et se sectionna un doigt de serre
Et griffa le sol en des marquages profanes quand un drôle vif le salut
Le réveilla sur son lit de campement, halloween lui fit peur et mourut !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Elle devait piper tous les mâles

Photographie - Audrey Hepburn

Photographie – Audrey Hepburn

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Elle devait piper tous les mâles du café comme tous les soirs. Et comme tous les soirs elle se déculotte, le désir entre lèvres, l’indécence intérieure à composer les ultimes outrages. A quand un cunnilingus ? Question s’existentielle qui l’amène « au bout de la nuit …Chaud Que c’est chaud ! Ta bouche Soufflant sur mes mots  » dit Mylène tout en nylon sur sa scène entre la douche saphique et la descente de lit possédée des atouts de soie veloutée comme une plage de soir au sable chaud dévergondé de l’écume à venir …

Avenir tel est le mot que Bégonia (pseudo) avait au plafond de sa pensée à cet instant précis au regard de sa nudité d’une troisième fraîcheur (elle a trente-trois ans). Elle soupesait sein droit de la main gauche et sein gauche de la main droite et puis des deux mains en disant d’un ton de violoncelle enrouée :

— Mes Beaux, vous êtes encore toujours à l’affiche et votre tenue est irréprochable et pourtant, il faut vous affranchir. Mon ami clito a cette mesure qui le fait frétiller du capuchon. Il va falloir que j’avise, car de queue c’est bien beau mais faut-il que je s’assume une fougue dont le frein risque de lâcher à tout moment et de goût d’une langue nous attendons : « Comment pourrais-je dormir ? Comment pourrais-je me coucher ? Ce soir ma main, dans tout mon lit, n’a pas trouvé sa main chaude. » comme le dit si bien ce Pierre Louÿs dans les Elégies de Mytilène et solitude je suis en vous et d’aimer à tout corps de forme et de douceur, j’en pince… Allons, reprenons, mes Beaux à vous aimer de caresses j’en oublie qu’il faudrait que femme satisfasse aussi toutes les autres femmes …

Elle s’engage ainsi à quelques mois de là à ouvrir le premier Café Cunni à … Sainte Verge.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Au signe fumiste

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Par erreur j’ai provoqué une étincelle. Elle était là. J’étais là, à un bras d’elle. Je n’avais pas reconnu son parfum. J’étais ailleurs et pourtant bien présent comme une mélancolie qui s’ouvre les veines en dehors des heures ouvrables de l’hôpital …

Elle s’appelle Rose, elle a trente-deux ans… Qu’importe en fait. J’ai la vague impression qu’elle était là exprès pour me lancer un défi, un défi de l’aimer encore par le silence bannissant une prolixe déviance du verbe en virus foudroyant qui absorbe toute vie, toute conséquence, toute cohérence et dépasse la raison comme une ligne blanche découpée en pointillé pour faire semblant de traverser des vraies limites …

Elle avait ce goût de champagne et de vrai luxe qui ose se lever devant la grandeur de la pauvreté qui hurle sa faim et dont l’espoir, cheval de bataille, crève de soif, de cette soif de gagner un peu d’argent pour un peu de vacances, un peu de tout et de rien qui donnerait un peu de vie, de souvenirs comme un peu d’argent de côté pour ne pas se sentir seul et délaver …

J’ai voulu ouvrir la bouche, mais cette étincelle était un feu follet et mes mots pour le faire revenir à ma portée, le voilà disparu … tu étais là … mon Amour … je ne t’ai pas reconnu, tu avais changé de peau … je n’avais pas reconnu ton parfum de Paris

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Rhum arrangé

Oeuvre de Sergio Pezzutti

Oeuvre de Sergio Pezzutti

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Aujourd’hui, je bois. Rhum, sur rhum et que l’on ne vienne pas me mettre le bouchon sur cette noble et libidineuse bouteille.

Le goulot me pénètre comme une verge dans l’anal de mon palais comme un bouche à bouche de délice, à l’ivresse honnête d’un jus qui m’allaite jusqu’à la garde…

Je suis malade et je bois pour oublier une autre souffrance qui m’assassine chaque jour mielleuse, elle ronge l’enjôleuse, la nébuleuse, l’odieuse, la vénéneuse… Je rage comme un ver de terre empalé, entortillé sur un hameçon rigolard de me faire prendre le bain d’eau froide violemment, agressivement, brutalement…

Je ris de ma victoire quand je ressens le brouillard de douleurs qui s’estompe comme essoré par l’alcool expert en anesthésie locale. Je me montre guilleret et l’énième cigarette de lèvres à doigts j’humecte ma joie de vivre et attend presque un vagin bien mouillé… et c’est le goulot de ma bouteille qui m’introduit… de nouveau au plaisir sans faim qui s’impose en des larmes de résignation, et ma soumission pleure avec moi de cette dégradation de jour en jour qui effiloche ma crainte de la mort comme une possible bienvenue, comme une alternative…

— Vous avez là un drôle de paroissien cafetier…
— A qui le dites-vous ! C’est un ancien curé de Rome, au chômage, c’est dire…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Bourgeons tétons boutons …

Naomi Tami dans La Vie Secrète de Madame Yoshino - 1976

Naomi Tami dans La Vie Secrète de Madame Yoshino – 1976

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°12  le mot : printemps


Bourgeons tétons boutons j’en pince,
Vous mes princesses printemps au revers
De feuillages vous aguichez en vos eins
Le juteux à venir en ma bouche journalière

De taille à la taille vos embranchements
Aux emmanchements de fleurs à fruits
Couleurs et rondeurs je suis votre amant
Lubrique de chairs goûtées inassouvies

Vous êtes à l’onde jouissive du butinage
A l’extrême de l’onction de la nuit tombée
A vos pieds sur le brûlant du vrai pillage
De mourir à plusieurs bombées… bouche bée
© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Rien ne va plus

Blog de annedenisdelln contrainte d’écriture. Et voici le texte 🙂

Rien ne va plus, les jeux sont défaits. Défait, le mot est faible comme le tronc d’arbre devant la tronçonneuse de service. Service compris, je sors du café, l’air d’avoir pris une douche froide. Froide c’est bien toi, en ton caractère chaud. Chaud devant tu avais ces mots dans ta bouche qui se truffait devant un chapeau melon reconvertit en détective privé. Privé, je l’étais de toi, ma princesse, ma pomme. Pomme que nous avons croqué entre le troisième étage de la vie et le cinquième de l’adultère. Adultère et cartomancienne qui avait des chausses de boxeur, gants transparents, et nous alerta sur notre devenir en s’exe clamant : “ Nom d’une pipe en boite, il ne faut plus prendre les parapluies pour des sirènes!”. Sirènes, nous étions en double, triple, alerte, plan Paul Marre. Mare déjà et l’eau dans le réservoir des futurs souvenirs qui rappelaient par un éclair fugace et fuyant la révolution, les jacobins, les communards, les jansénistes, les girondins, les montagnards. Les montagnards, j’avais le goût de la rive gauche entre le premier lampadaire du pont Neuf et la rue adjacente en pavés. Pavés dans la même mare, je me devais de prendre la première malle venue et me tirer à la lueur du ciel décoiffé par des nuages blancs sur fond de néant. Néant, j’y suis à présent et pour rien.

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Non pas tout à fait …

Blog In the Writing Garden: contrainte d’écriture. Et voici le texte 🙂

J’ai bomis …vomis mon ailleurs. Il était trop épicé … ma prison. Je n’ai pas supporté. Mes bagages sont restés là-bas. Mon train de vie m’a aidé. Il a pris, pour moi, un billet. J’ai pu m’échapper.

J’ai roulé une partie de la nuit entre deux fauteuils de cauchemars en velours rouge carmin. Ligne directe, pas de gare, de signalisation. J’ai froid. J’ai mal comme une mauvaise odeur indéfinissable. Je me suis assaisonné de “pass the flavour” de service. Peine perdue toujours là.

Je rêve d’une prière dans une basilique, poser mes genoux sur du basilic et reposer un temps mon âme toute basilic sur l’autel. Que je menthe à ma tasse du soir, si je n’ai pas le persil de la vérité au bout de la langue.

J’ai marché longtemps vers … pour me retrouver au point de départ. En fait, c’est le point de départ qui est ici et ailleurs. Ils sont identiques mais la raison refuse de croire comme un cerveau dupé.

Nos sens ne sont pas infaillibles. Loin de là ou près de là, selon la distance du problème.
Je vais me citronner quelques mots dans un verre d’eau et me rincer la bouche d’une haleine de fond marin.

Il faut que j’arrête de fumer du persil séché à la ciboulette cela provoque un delirium épiçatal.

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Liaison intime

Oeuvre de Brian McCarthy

Oeuvre de Brian McCarthy

Douche de caresses, mousse de plaisir,

Les corps en haute tension, s’empalent :

Sein sublime en bouche, membre à occire,

L’évasion de la jouissance attend les râles !

 

©Max-Louis MARCETTEAU

Silence

Photo de GéCau

Photo de GéCau

Index et bouche, un seul garde-à-vous,

Les mots se tiennent entre gorge et palais,

Étouffés vivants, ils chahutent les joues,

Et les dents grincent à ce futur banquet !

 

Langue pressée de sortir, se tord, enfle,

Sang violet, les lèvres, herses, délacées,

Projettent une onde aphone, l’air tremble,

Muet, naît Silence d’une voix contrariée !

© Max-Louis MARCETTEAU