La locomotive à cylindres pifométriques inversés

Horaires_solaire_Iotop_2020

Horaires_solaire_Iotop_2020

Emilie 6.20 Les petits cahiers d’Émilie.


Tous les Horaires sont en réunion extraordinaire suite à une plainte portée à bras le corps par une locomotive à cylindres pifométriques inversés au carré de la constance de Bielle. L’Horaire principale prend la parole à la seconde où les fermetures des montres à gousset s’installent dans un arrêt de circonstance :

— Je ne vais pas passer dix secondes sur ce sujet dont la variation hypertrophique est patente. Aussi…

Un horaire de gare de campagne à la fois Vosgienne et Jurassienne, interpelle l’orateur :

— Hyper… quoi ?

Un remous fait des vagues et l’écume des horaires confirmés font brouhaha à piston polymorphe.

— Hypertrophique… en gros… une augmentation…
— On va être augmenté ? dit plein d’entrain l’horaire de gare de campagne.
— Non, non, ce n’est pas le sujet… mesdames, messieurs… du calme, du calme… dit l’orateur de sa toute haute estrade installée sur le quai prêté par la compagnie des Rails qui appartient à une forte personnalité : Madame Vana Dium.
— Allons, allons, dites-nous vite de quoi il retourne, avant que la lune ne fasse des siennes, intervient un vieil horaire au cadran grisonnant.
— Je ne vois pas le rapport avec la Lune, dit son voisin une soi-disant jeune horaire fraîchement repeinte.
— Oh, vous… rétorque, une vraie jeune recrue au teint clair-voie assise sur le ressort sinusoïdal arrière.
— Il suffit, siffle l’Horaire principale… vous commencez à me chauffer la soupape de sécurité, dit-il enfin à l’assemblée qui commence à s’enflammer comme une poudrière qui n’attend que son maître pour s’attendrir…
— Moi, ce que je dis, une seule oscillation mal interprétée peut charbonner l’ensemble de l’engrenage supérieure, d’où les retards qui se succèdent… raconte, le secrétaire de la réunion extraordinaire confortablement assis sur le rebord du cercle d’emboîtage juste à l’arrière de l’Horaire principale, à son homologue secrétaire bis qui hoche du dynamographe.
— Tu as sûrement raison mais je pense pour ma part au va-et-vient du fuseau horaire du garde-temps qui a…

Les horaires n’avaient plus la glucydur attentive pour l’Horaire principale qui se tenait les ressorts comprimés pour ne pas exploser sur le champ d’un vent de colère déguisé entre mascaret et cyclone solaire magnétique à forte consonance radioactive bien légitime que, de son tout constitué, il eut un trait de génie au trait tout court à l’élan d’un crayonné en 4B qu’il ne s’en laissa pas plus conté qu’il carillonna violemment un seul mot devant cet agrégat d’horaires indisciplinés :

Plaaaaaaaaaage !!!

Et le silence… un grain de sable n’aurait pas soufflé un seul mot de sa présence…

— Bon, alors, je reprends… nous sommes réunis pour comprendre les différents aléas qui assombrissent notre réputation… et cette plainte qui nous fait prendre conscience que nous sommes dans le premier brouillard de l’indicible aveu qu’il faudra sortir par la peau de notre première clepsydre. Et c’est avec un grain… d’inquiétude qu’il vous faudra prendre acte que nos propres structures sont en danger… et pire, nous risquons de rater la fameuse syzygie qui se marre déjà de notre décadence…

— Déca… quoi ?
— C’est…

Quand un ferrailleur de service, ancien pêcheur et chef de gare, fait main basse sur cette masse d’horloges avec un énorme filet à pêche pour les faire fondre dans la première chambre à combustion venue… celle de la locomotive à cylindres pifométriques… qu’elle avait embauché…

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Encourir et risque

L_Abeille aux Ailes Argent - Limited edition Guerlain

L_Abeille aux Ailes Argent – Limited edition Guerlain

Blog popinsetcris contrainte écriture.


Au cœur de la forêt les semences des étamines laissent de marbre l’abeille solitaire E-polaine. Depuis qu’elle boude dans son coin de ruche, et déclaré par l’avette psy de service, dixième étage, à droite après l’hexagonal, sans préambule déformé par un complexe Œdipe, la Reine lui fit savoir que le temps des biz-biz-biz était à son terme.
E-polaine avait le cœur gros d’une belle abeille. Elle rêvait de partir avec le premier cavalier bourdon venu. Mais elle avait toute conscience qu’il était atteint de cafard redondant, de spleen à chaque tour de Lune, et de vague à l’âme au premier cumulus qui broie du noir.

Elle ne pourrait rester, ici, calfeutrée entre cire et gelée royale. Non, non. Autant partir en formation pour jouer du saxophone, ce qui était un peu hors propos et elle se demandait si ce n’était pas la moiteur de l’endroit qui lui tournait un tantinet la tête en délire.

Il était temps de passer à autre chose. Elle commençait à avoir les abeilles (facile) et si elle ne voulait pas se prendre un pain (d’abeille), elle devait se bouger la propolis. E-polaine se savait condamnée en restant à butiner des mauvaises pensées.

Elle s’envola au premier matin qui baillait entre brouillard et fumet de compost, et se dirigea vers l’Abeille Érudit, hermaphrodite, suite à une intoxication à la fleur nommée Tcher’nobyle. Elle/Il était de bons conseils comme à l’exemple de l’éclairage de la Reine sur l’architecture de la Ruche actuelle avec une nouvelle ventilation révolutionnaire à hélices diphatiques.

Ce jour-là, pas de bol de miel, il était absent. Une absence étrange, tout de même. Elle/il était dans son alcôve bibliothèque aux heures du matin jusqu’à miel-midi. Il n’était pas né dans un monde-abeilles stéréotypé et il avait des habitudes ancrées comme le couvain.

E-polaine, inquiète, se posa sur le rebord de l’alcôve. Effectivement, pas un brin de frôlement d’ailes. Quand, elle ressentit sur une forte brûlure sur son thorax. Hélas, trop tard pour réagir, un citron mal luné ce matin présentement, de colère juteusement acide, pressa à tout-va ses envies de meurtres.

E-polaine mortellement blessée agonisa quelques instants en ailes décroisées sur le feuillage linceul, parmi ses milliers de congénères, dont l’érudit.

Morale : “Évitez de croiser un citron trop pressé le matin”. Maman abeille après ce cours du matin, envoya ses élèves dans le pré bellement fleuri.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018