Tu es perméable comme le beignet dans la friture

Photographie Iotop 2021- Oudon

Blog Émilie : récolte 21.03


Annulation ?
— Eh oui …
— Je m’élève contre …
— Confrontation ?
— Frustration !
— Alors, organise avec toi-même ton carnaval.
— Pour masquer ma frustration ?
— Non. Pour te mettre hors d’atteinte de ce monde.
— Hors d’atteinte de quoi ?
— De l’effervescence mondiale… du demain entre deux eaux (et pas le village des Vosges) …
— Tout est à brûler !
— Au contraire, tout semble se reconfigurer !
— Que m’importe, l’angoisse me conseille fortement, me presse le ciboulot, et son jus m’empoisonne.
— Tu es perméable comme le beignet dans la friture… à boire trop de médias toxiques, voilà où tu en es …
— C’est vrai… je dois stopper ces avalanches de morts, de complots, de conflits, de menaces, de statistiques, de guerres …
— Et toute la bêtise faite homme
— Et femme
— Aussi !
— Bon, je vais accueillir aujourd’hui mon nouveau moral tout neuf !
— Excellent !
— C’est fou comme tu me fais du bien ! Tu sais ça ?
— Euh … oui … bon …
— Tu me revigores … tu sais oser me bousculer … et j’aime ça …
— Bon, arrête ton char
— Tu es ma couleur de vie ! Tu sais ça ? Mon Amour !
— Je n’aime pas les compliments, c’est moi qui vais avoir le moral en dessous de la ligne de flottaison…
— Et si je t’apportais réconfort, là, maintenant ?
— Qu’est-ce ?
— Goujat ! Regarde ! Cette belle culture du bon de toi en récompense … viens à moi, prends moi, maintenant, de corps… en ton carnaval !

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Récompense biodégradable

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Hier, j’ai entendu le mot fidélité. Je suis resté perplexe et puis j’ai rencontré une femme de vie. Non, croisé … est le mot juste. J’étais installé sur la terrasse de mon café attitré, ma bière habituelle et ma cigarette calmante. Je traîne ainsi ma carcasse tous les vendredis soirs après le boulot … une habitue, une occupation.

J’arrose tous les après-midis les fleurs d’une immense résidence de roboïdes dont la tendance actuelle est de fleurir humainement leur environnement. Un rappel d’un bonheur perdu… humain…

Bref, j’ai cru à une déformation de mon champ de vision ou pire à une altération de l’algorithme de mes envies. Mais non, apparemment. Cette femme est passée tranquillement devant… moi. J’ai avalé d’une seule traite ma bière Delfer à me brûler les premiers centimètres œsophagiens.

Je suis le seul humain mâle du territoire. Alors croiser un autre humain, c’est toujours un événement. D’ailleurs, je ne pense avoir côtoyé un autre moi-même. Non… je n’ai pas souvenir.

Je suis dressé et le mors de la punition en permanence pour ne pas me révolter est toujours présent. Je traverse le temps de ma vie comme une chose rare qui appartient à la communauté et on m’octroie quelques occupations pour me garder en vie. Mais je ne sais pas ce que c’est qu’une vraie vie. La mienne est dessinée en craie et pourtant cette vie est un critérium de chaque jour. Je n’ai pas de repos, de vacances dont j’ai entendu quelque part les bienfaits…

J’ai retenu une expression bizarre : « une vie de chien ». Je soupçonne le pire mais qu’est-ce que le pire qu’un mot dont la définition est abstraite par le non vécu de la chose ? Je suis à l’approche d’une mélancolie et je comprends pourquoi…

— Vous avez vu votre récompense ? me dit un roboïde, cette récompense est biodégradable après une seule utilisation…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018