Luit à l’ombre le clair obscur ce fard

Oeuvre de Tsukioka Yoshitoshi

Oeuvre de Tsukioka Yoshitoshi

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Luit à l’ombre le clair obscur ce fard
Du visage ovale déterminé aux dards
Tes yeux me transpercent au poison
Silencieux la nuit s’offre à l’autel désir
Tu me quittes dépossédée de mon ire
Je reste seul dans la voiture en oraison …

Le madrigal dicté, mon Léonard, de service, le calligraphie, et va le remettre demain à ma tendre so fuckinspecial. On peut être amoureux d’une putain et l’aimer par les mots aussi bien que tout autre femme de Grasse … par exemple …

Au parfum de ton absence, j’interroge le miroir de la salle de bains et je te dis :

Regarde-moi d’un tout et d’un rien
Dis-moi que je suis un bon à rien
Tes chaînes je n’y peux rien
Je suis un sot rien

Et tu me regardes quand même .. tes mots d’amour sont un cadeau, chaque jour j’en paye la chance et la joie de t’aimer de corps et de sentiments vrais.

Dans J-11, j’aurai la somme totale, ton “rachat” auprès du taulier qui t’embauche. Tu n’as pas de prix et pourtant on me somme que tu es une marchandise, et ce transfert n’est pas humain … foi de souteneur …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Vous avez dit injustice ?

Oeuvre de Henri Biva

Oeuvre de Henri Biva

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L’homme se regarde au miroir du puits cyclope millénaires. Il tente de se persuader que la victime n’a pas basculé dans cette fosse d’eau, ce bel ouvrage à la Sychar (sans les chenilles).

L’amant disparu n’était pas à son premier périple adultère. Il avait la frénésie des lits des autres. Les femmes n’avaient en lui que sa parole, pas divine mais ressentie comme telle, et de l’envoûtement aux prémices de l’effleurement, aux élans de séduction, la herse de la conquise était prise d’assaut, ouverte en bastille et embastillé d’amour… frelaté.

Bref, un populaire dont le journal local fait état aujourd’hui et les fessiers de ces dames n’attendraient plus la culbute bienvenue et pour cause : trop souvent la jachère était présente par défaut, impopulaire mais subit, seule et imparfaitement injuste.

L’homme se retourne et demande à sa femme, debout, bras croisés à soutenir sa généreuse poitrine:

— Alors ?
— Alors quoi ?
— Tu l’as fait disparaître ?
— Je n’ai pas les moyens.
— Franchement, on risque d’avoir des soucis…
— Demande le divorce
— On a encore des factures en commun à s’acquitter
— Tu es mesquin
— Je suis pratique, nuance
— Goujat…
— Gueuse…
— A méditer sur mon cas, tu devrais revoir notre position de couple.
— Quel couple ? Nous sommes deux meubles… à s’astiquer chacun dans son coin.
— Tu es ignoble
— Je constate
— Je rage
—… pour rien…
— A ce disparu, qu’importe… un autre me retroussera… tu n’auras pas le triomphe facile…

Et d’une gifle, elle ressent aussitôt l’effet. Et de cause elle s’enhardit à cette attaque surprise et bouscule promptement son mari qui bascule dans le… puits. À ce fait d’armes, elle y voit une chance de refaire sa vie et crie aussitôt au malheur et de l’imprudence d’un époux charitable à qui elle devait le faire croire.

Morale : À qui pense être dans une mauvaise passe, l’injustice sait porter secours.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018