Jusqu’aux sucs gastriques qui illuminent ses crocs


Œuvre de Chrissy Angliker – titre She Swims- 2017 – peinture acryliques sur toile.

Agenda Ironique de Septembre 2020


« J’ai entendu dire que quand on est perdu le mieux à faire c’est de rester où on est et d’attendre qu’on vienne vous chercher, mais personne ne pensera à venir me chercher ici. »

Cette petite voix qui me parle entre un chêne vert de belle taille athlétique et un tilleul allergique à son pollen, ne me rassure pas. Le mieux est d’avancer, tranquillement et la direction importe peu même sans longue-vue. Enfin, je ne sais pas. D’ailleurs, si je me suis perdu dans cette forêt, c’est que je suis devant l’incertitude de mon existence… sans doute …

Et j’entends une voix d’outre-végétal d’un personnage qui me semble un gnome de la famille des Strompifs

 » … Tout flivoreux vaguaient les borogoves … »

Cela ne me rassure pas … mais pas du tout et j’en suis très chafouin jusqu’au fond de mon abdomen rondouillard. J’ai entendu de vilaines choses sur cette famille : elle aime la chair de notre espèce … ce qui me fait frémir d’ici à là à me gésir …. et pas de chance, je marche à l’instant sur le fameux Bâton du Diable…

— Vous ne pouvez pas faire attention, nom d’une brindille !
— Mille excuses …
— Trop tard pour les excuses … le Strompifs va me dévorer tout cru …
— Je peux, peut-être, vous aider …
— Aider ? Mais notre nature ne nous permet pas cette extravagance … il n’y a que le chacun pour soi … non, mais regardez-moi ça ! … je ne ressemble plus à rien …
— Ne soyez pas pessimiste … moi, par exemple, je me suis perdu … eh bien, j’avance quand même …
— Mais bon sang de bois … vous voyez bien qu’il me manque la moitié du corps …
— Effectivement, c’est embêtant …
— Embêtant ? Vous êtes un inconscient …
— Attention !!! Il arrive … je me sauve …
— C’est ça … bonjour chez …

Ma catalepsie n’est pas loin si je ne reprends pas le fil d’un chemin, n’importe lequel, mais qu’il me transporte hors de la vue de ce gnome outrancier et animal jusqu’aux sucs gastriques qui illuminent sa dentition…

Le pauvre fut croqué sous mes yeux …

Et j’entends la voix d’outre-végétal du personnage, en s’avançant vers moi :

 » Les verchonsfourgusbourniflaient « 

… dans une déglutition bruyante …

Alors, mes petites pattes velues tous terrains me font avancer comme par un automatisme enclenché par l’instinct de survie qui n’attend pas d’avoir de la raison pour sonner la fuite à toutes pattes à son cou …

Et lui, le gnome, de ronfler comme une chaudière à courir à mon train comme s’il avait des bottes sept lieues et j’ai cette envie de crier mon désarroi mais rien ne vient que les pincements de mon angoisse dans mon corps mit au défi de tenir le rythme …

Quand, j’aperçois un trou, sur mon chemin, mon calvaire, le trou idéal qui vient à point nommé dans ma course folle à la survie. Je me surprends moi-même à pénétrer un logement tout à fait incongru …

— Tiens, vous ici Pokie ? Quelle heureuse surprise… entends-je au fond de ce trou.
— Qui êtes-vous ?

Que je n’ai pas le temps d’entendre la réponse, qu’il me gobe tout à vif !

Morale : rien ne sert de courir… même pour servir de repas.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

D’un éther a la rondeur de mon aimée – 10/12

 

Nicolas-François Gromort 10 1837

Nicolas-François Gromort 10 1837

Agenda Ironique Avril   (en 12 épisodes) – Pour la lecture des 12 épisodes déjà écrits le lien ICI

Les illustrations de Nicolas François Gromort (Fondeur en caractères, actif à Paris vers 1830)


10/12

François et Nicolas aux unités du temps

— Quelle direction matelot ? Quelle étoile suivre ? Quel destin dans les flots incongrus ? Que ce bois trempé et courbé comme l’échine d’un esclave nous mène hors de nos chaînes de nos habitudes graisseuses de temps imparfait qui nous tiennent en chair le regard sur l’ailleurs et le ciel qui se grise sur fond de cale j’ai l’impression de m’ouvrir les veines sur le rebord d’un puits de colère enlisé dans ma gorge comme un premier vol de l’oiseau printanier empaillé pour faire décoration d’un souvenir qui n’a pas eu lieu tel un livre non imprimé… la mémoire se dessale…

« Qui de nous a changé ? Pourquoi dans la carrière
L’un court-il en avant, laissant l’autre en arrière ?
Lequel des deux soldats a déserté les rangs ?
Pourquoi ces deux vaisseaux qui naviguaient ensemble,
Désespérant déjà d’un port qui les rassemble,
Vont-ils chercher si loin des bords si différents ? » (Félix Arvers)

— Quelle direction matelot ? Quelle étoile suivre ? Quel destin dans les flots incongrus ? Nous sommes des évadés frère de nos terres nourricières et l’orage nous accompagne en tête les voiles sifflent et le vent danse la quadrille dans un solo infernal à la flamme de son désir des embruns comme de vagues larmes qui s’écrivent sur l’océan défait comme un lit de souffrance l’écume fait suaire et les grincements de notre goélette nous rappellent notre condition de terrien à la mesure de volonté de rester dans le chemin tracé… faut-il se l’avouer ?

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Tu te rappelles ? dit ? de ce chemin

Photographed by Greg Kadel - Lais Ribeiro in “Fasten Your Seatbelt” for Vogue Brazil - February 2017

Photographed by Greg Kadel – Lais Ribeiro in “Fasten Your Seatbelt” for Vogue Brazil – February 2017

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Tu te rappelles ? dit ? de ce chemin qui menait nulle part et pourtant qui nous a conduit naturellement à une… impasse éclairée d’un amour aussi grand qu’il nous a détruit par ce manque de confiance qui nous a fait alliance pour nous séparer comme un delta nous restons liés noyés par nos ressemblances…

Tu te rappelles ? dit ? ce coquelicot dessiné sur ton sein droit, je tétais le pistil au moment même où un autre permanent de l’orgasme dont tu n’avais en vérité que l’usufruit pincé en étau entre mon index et pouce souffrait la volupté à une autre tu me possédais d’une tentative de m’embrocher la bouche avec ta langue bachique tu me pénétrais enfin…

Tu te rappelles ? dit ? de ce vide qui entourait notre peau et qui prenait de la morphine pour déposséder le mensonge d’enfler dans nos gorges et ce train de vie en pointillé aux aiguillages incertains nous menaient dans les lieux les plus inattendus de nos personnalités dégoulinantes de Nous tout en Ego…

Tu te rappelles ? dit ? de ce quai sur notre… route dont j’ai pris le premier appel tu es devenue orpheline et ton incompréhension a été notre fin la mienne de colère et ce Nous huis clos nous a transfiguré en statues ennemis…

Tu te rappelles ? dit ?… on ne s’est jamais pardonné…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Au S des chemins ou est-ce le chemin

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°27 le mot : S


Au S des chemins ou est-ce le chemin
Qui nous fait autre à la clé nous fuyons
Ce que nous sommes pour des demains
Autres et pourtant identiques aiguillons

Qui dévorent les mêmes envies au vif
Plaisir des questions sur feu trahison
Des carrefours des pièges expéditifs
La corde funambule est notre prison

A mourir dans le labyrinthe de soi
Aux regards des autres en linceul
On s’enferme dans la niche soie
Du dortoir des échecs … seul !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Au chemin

Oeuvre de Ron Hicks - Love on the Road

Oeuvre de Ron Hicks – Love on the Road

Au chemin tes pieds s’enfoncent,

Mon Amour sur tes mots cendrés,

Au clair de Lune d’une pierre ponce,

Chairs de sang, tes cris sont nacrés !

Frappent le marbre de mes portes,

Froid du regard Le Judas exhorte

A te couvrir le visage des pelures

De vers sur le sol ankylosé et dur !

Les vies se croisent sur des océans,

Chance d’accoster ou de périr séance

Tenante à l’abordage du cormoran

De l’augure, à chacun sa danse !

© Max-Louis MARCETTEAU

A ceux …

Oeuvre de Giacomo Pacchiarotto

Oeuvre de Giacomo Pacchiarotto

A ceux qui aiment

A ceux qui détestent,

La terre est la même,

Les coeurs empestent !

A ceux qui aiment,

Le chemin est carême,

A ceux qui détestent,

Les croix sont indigestes !

A ceux qui détestent,

Les démons en harem,

A ceux qui aiment,

Toute vie est funeste !

A ceux qui détestent,

Années de Maremme,

Il suffirait d’un geste !

A ceux qui aiment,

La finitude peste,

Détruit son diadème !

A ceux qui aiment,

A ceux qui détestent,

La bougie est idem,

La chorale requiem !

© Max-Louis MARCETTEAU