Compréhension toute éberluée, le menton relevé

Marisa Mell smoking a cigarette disguised as a nun, circa 1963, nonne

Agenda Ironique Novembre 2020 : Laurence et Jean-Louis


Si on considère « une place pour chaque chose et chaque chose à sa place » cela sous-entend sans sonotone que « chacun chez soi et les moutons seront bien gardés » nous place devant des assertions qui portent sur le haut de l’Everest la raison en ces fameux mots : « dans la nature, tout à toujours une raison » selon Léonard (et pas Bernstein), ce qui permet d’approcher une certaine vérité qui a toujours dans son casier une très belle toile à la Jules Joseph Lefebvre de 1870.

Cependant, : « on passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu’on aimera et l’autre moitié à quitter ceux qu’on aime » écrit le Père Hugo avec raison, et je vous vois hausser le sourcil gauche bien fourni à la Georges car vous cherchez avec désespoir le pourquoi du comment, tel le puits devant une eau qui s’évapore à son pied …

Eh oui, quel rapport ? Eh bien, s’il y a « un temps pour chaque chose » et « une place pour chaque chose et chaque chose à sa place » la citation du Père Hugo devient par effet caduque. Ce qui nous amène directement l’énoncé suivant : « En Normandie, poire de mouton, poire précoce bonne à manger ». Est-ce à dire que Hugo nous a pris pour des moutons depuis tant d’années ? Et, à la vérité toute décente et nue (voir Jules Joseph Lefebvre) le flambeau ne fait pas mine de prendre de la hauteur devant nos yeux et notre compréhension toute éberluée, le menton relevé, la raison vacillante mais non abattue, car n’oublions pas que le verbe aimer se conjugue au moins à deux et un divorce de l’être aimé.e devient par effet non avenu car l’attente a pris racine et feuillage jusqu’au ciel de l’espoir devenu lui-même un squelette méconnaissable…

La trahison est fière, devant nous, comme une statue à l’envergure antonyme de la Liberté, la larme bien salée de l’œil droit qui roule (ce n’est pas l’œil qui roule, suivez) comme un torrent de satisfaction car, il est écrit : « Il y a un moment pour tout, et un temps pour tout faire sous le ciel », en un mot : « tout vient à point à qui sait attendre »…

En cela, ne jurons pas outre mesure tel un fabuliste plagiaire trop connu qui : « jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus » au fond du tombeau sans ver luisant mais avec humour : « Bretzel liquide ! ».

Comme quoi, il y a bien : «  Un temps pour chaque chose ».

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Et le silence tourne en rond

 Jean_Paul_Gaultier_automne_hiver_2007_2008_Paris_27_02_07_photo_Alain_Aubert

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Agenda Ironique Juin
(Cette semaine -encore – pas de 5ème chapitre du roman Rho-Man Tout en Gala-Tik, qui est en chantier mais Carnetsparesseux est bien présent ICI)


« L’été, la nuit les bruits sont en fête … » lit-il à l’instant devant une assistance médusée à l’éclairage diffus entre l’expression d’un spot et les neurones printaniers qui avalent quelques synapses spectateurs d’astreinte ..

Cet instant précis et déterminé par le mot : fête … un déclenchement s’arme de son effet par une action d’éclat … le prosateur debout, tête en arrière, bras tendus en équerres, paumes des mains dépliées vers le ciel de la machinerie de la toile de fond … il attend … bouche ouverte … comme un crucifié attend une réponse à sa mise à mort par l’injuste qui tient le glaive par pouvoir de commander à la Mort au tranchant de son humeur …

Quand, une oie blanche, en robe légère, d’un pas de deux, l’ingénue au premier degré, traverse de part en part la scène. Le comédien comprend qu’il se passe quelque chose hors de son champ scénique préparé de longue date et mûrit à l’alcool de la patience et de l’effort …

Et le silence tourne en rond, se présente devant les yeux de tous au carré du territoire de l’histoire et l’impossible vient de naître et entre en scène comme un anti-héros inattendu …

Les souffles se retiennent … l’oie blanche déploie son art telle une robe en tulle prise par les hanches entre un vent du midi et un Zéphyr … tout est là devant des yeux qui s’écarquillent comme le tournesol illuminé par un soleil …

L’impossible se signe et s’évapore… le comédien soupçonne quelque chose d’important mais emprisonné par son rôle … sa douzaine de larmes le défi …

Et l’oie blanche disparaît …

Le comédien ferme sa bouche, redresse sa tête, ses bras le long du corps, les yeux fixés vers l’infini, il dit :

« Finalement, j’ai rencontré une brouette, et j’ai pensé qu’elle me prêterait une oreille attentive. »

 

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Le vigneron sirotant une menthe à l’eau

Photographie de Willy Ronis - Vigneron à Cavignac en Gironde - 1945

Photographie de Willy Ronis – Vigneron à Cavignac en Gironde – 1945

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


J’ai un chaton au travers la gorge. Je tousse comme un pendu. Et même s’il y a quelque chose d’étrange et de fatidique à la rencontre des chais, c’est la première fois que j’ai une toux.

Amateur de vins, j’aime parcourir des terres ancestrales et des terroirs aussi rares que le vigneron sirotant une menthe à l’eau dans le puits d’un château du seizième siècle asséché par un changement climatique.

Je m’arrache une nouvelle fois la gorge. Allergie ? Possiblement possible.

Ma voix chaude de baryton, qui impose l’onde entre les cintres des caves et la chose nommée l’aura du vin au fluide qui chantonnait a des étés lointains entre cigales et guerre de tranchées, est mis au frais par inadvertance et me cloue sur pied …

J’ai choisi de développer mon art parmi ces vins vivants. Et cela peut changer une part toute sensible de leurs arômes, comme le bébé dans le ventre de sa maman à l’écoute d’une chiquenaude musicale répétée, comme les nombrils de ce monde de raisins, l’élévation par voix humaine est de ce chic qui augmente la noblesse et le prix … sensiblement.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que ma vie tourne au … vinaigre.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Le conte authentique de la Galette des Rois. Chapitre 3/3

Galette - oeuvre inconnue - Si une personne à le nom de l'auteur(e) de cette peinture, ...

Galette – oeuvre inconnue – Si une personne à le nom de l’auteur(e) de cette peinture, …

— Alors ?
— Et bien mon ami, je crois que j’ai développé une pâtisserie toute particulière et qui va rapporter gros.
— Non ?
— Si !
— Non ?
— Si, si je te dis.
— Incroyable ! Et comment s’appelle cette nouvelle pâtisserie ?
— La Galette !
— La Galette ? Mais c’est nul comme nom, ça… enfin… c’est pas vendeur.
— Aucune importance et puis je ne peux pas changer de nom. C’est magiquement possible mais les effets sont imprévisibles. Et je ne peux me permettre de perdre ma renommée. Pas question. C’est ça ou rien. Alors ?
— Alors, alors… j’hésite…
— Tu hésites ?
— Et oui, j’hésite et si ça fonctionne pas ? Et si mon Roi y perd la vie ? Je lui ai donné tellement d’espoir…
— C’est beau de promettre…
— Tu es sûr que cela va fonctionner ta… galette ?
— Absolument. Il y a une nuance de magie qui portera ses fruits…
— Ses fruits ?…
— De l’argent à ton roi.
— C’est bien le but. Et, où est la… chose

Flibo, le magicien, sortit d’un meuble, un objet circulaire, d’une surface égale à la paume du… Roi.

— Donc c’est feuilleté avec de la pomme. Je vais te donner la recette et…
— C’est pas bien grand…
— Portion d’une personne de votre nature…
— Et sa singularité ?
— Après l’avoir goûté, on ne peut plus sans passer !
— Je ne vois pas l’intérêt de faire mourir nos gens par indigestion…
— C’est pour cela que la vente se fera exclusivement aux marchés extérieurs.
— C’est pas un tantinet… abuser ?
— Il n’y a pas de commerce équitable dans la nature actuelle de votre royaume. C’est ça ou disparaître définitivement.
— Effectivement, il y va de notre survie.
— En effet. Alors tu es preneur ?
— Je prends.

Ainsi se passa, on le supposa, la conversation.

Au retour des marécages du Sud, l’éminence grise dévoilait la fameuse galette à son Roi.
— C’est ainsi que se présente notre salut ? Une pâtisserie ? C’est un canular ?
— Non votre majesté !
— Alors, nous devons y croire ?
— Oui votre Majesté.
— C’est assez modeste.
— C’est aussi efficace.
— C’est à voir.
— C’est tout vue… mille excuses votre Majesté. Désolé.
— Qu’importe. Allons, faites vos explications aux plus claires.

FilBo raconta comment il fallait procéder

— Et comment s’appelle cette… chose ?
— La Galette.
— C’est amusant
— Ah ?
— Vous ne trouvez pas ?
— Euh… si, si votre Majesté.
— Cependant, j’aimerais l’appeler La Galette des Rois en hommage, aussi, à mes aïeux.
— Comme il vous plaira, Votre Majesté.

Ainsi se passa, on le supposa, la conversation et l’histoire de la naissance de la Galette des Rois. On ne dit pas, si ce royaume a retrouvé sa prospérité, mais il est certain que la Galette est toujours dans nos assiettes avec un même rendement de profit.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018