A la moisson du rêve

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Passage de la limite, passage du lieu, passage entre nuages de vies et non-vies, les feuilles des scénarios songent à se tenir aux garde-à-vous aux revers de dormeuses éveillées entre drap de papillons et couvertures anti-insomniaques …

A la moisson du rêve, premier du nom, le volatile de service pose ses premières images. Le souffle de plus en plus long les mouvements des yeux qui scintillent sur le lustre d’un château … de cartes … et l’escalier en colimaçon, tu cries la bouche collée sur la vitre d’un hôpital … la pluie, une sueur, roule sur ton front et tu projettes de te suicider au premier carrefour d’une rencontre hasardeuse avec une corde pendue elle aussi et qui crie elle aussi sur la même longueur d’onde … ton cou se rétrécie et une lumière rouge s’allume ….

Réveil et sursaut. Tu es à quatre-vingt-dix degrés assise sur ton lit à cent trente de pouls et la nuit silencieuse se crispe, se tord … la lumière blanche éclate tes yeux et tu respires le verre brisé qui est dans ta bouche pâteuse … rien ne vient te sortir de ce rêve pénible même pas un réconfort de ton compagnon qui est assis sur la lunette des toilettes malade des boyaux … rien n’est moins certain que la vie soit une diarrhée tout le long d’un parcours initiatique d’apprentissage qui se solde par une mort sans avoir rien compris et appris …

Et enfin, tu te réveilles vraiment comme un deuxième souffle, un cauchemar de rêve et tu te rends compte qu’il fait grand jour quand tu ouvres tes volets sur … le néant …

Tu es morte.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Aux nobles positions de l’amour

Photographe_et_ femme_inconnus

Photographe_et_ femme_inconnus

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Aux nobles positions de l’amour, il est abusé parfois de tenir des postures peu orthodoxes et de croix pour les fervents adeptes de l’empalement vibreur …une prestation sur mesure, il va sans dire … en un mot, le compte est bon quand les partenaires s’ébrouent aux plaisirs d’un commun accord …

Ils sont d’autres qui s’imposent à l’architecture du corps comme du yoga pour les puristes du genre, à la posture de la charrue ou du poisson, tout un art, la clé de voûte du bien de soi qui n’empêche que l’on ne vit pas plus vieux ni “mieux bien” que les autres…

Et puis, il n’y a de musique du corps que le pupitre de la volonté qui porte la partition du vouloir, et l’acte d’amour, ce corps à corps, gratuit (en général) offre le coït d’une partie de jambes en l’air. D’ailleurs, je n’ai jamais entendu des jambes coïtées … un abus de langage …

Mais qu’importe, j’attends ma nouvelle partenaire … unijambiste … le pied ferme …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Inspection d’un temps

Photographie - A l'interieur du Big Ben - Londres- 1920

Photographie – A l’interieur du Big Ben – Londres- 1920

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Mesure de durée au temps autant que le temps démesure son propre temps au temps sablier au regard de l’horloge de la boulière callipyge, là-devant moi, en arrière train, je suis l’improbable client contrôleur qui entre par la petite porte de la ruelle gorgée d’eau.

Je m’installe califourchon sur le sol de la seule pièce du… temps et… j’attends. Je n’ai rien à faire d’autre que d’attendre le sourire sur mon visage, une boîte aux lettres de confiance qui m’apporte tous les timbrés de la terre qui supporte déjà une part d’impossibles idiots, imbéciles…

J’attends le compte rendu de l’espace-temps impétueux devant le tableau noir de craie poussiéreuse blanche presque ingénue qui s’impose, mais je ne suis pas une broutille de temps à me laisser embobiner dans le sens inverse d’une aiguille d’une montre et ou d’un calculateur quantique. Non, non…

Je note que la jeune femme seconde une autre femme et qu’elle écrit avec un calame, c’est un bon point pour elle à l’heure des comptes…

Je ressens ce moment à venir sur l’imperceptible cadran de mon humeur les effets fugaces d’une nuitée en compagnie d’une call-girl au regard envahissant d’être aimée et froide comme de l’azote et qui comptait les minutes avant l’éjaculation des secondes mâles au malaise du précoce et la repasser par une paire de gifles.

Mon temps, ici n’est pas implicite et j’attends la boulière à me rendre compte à défaut de me rendre gorge et je pense à l’intérieur d’un espace intime que la mesure du temps à la démesure du détemps s’étend et intente l’impossible retour sur soi car la seconde est seule à concevoir la naissance, maîtresse de l’instant et de l’éternité à sa froide existence qui ne connaît pas la sensation du… câlin

Je suis le Maître du Temps de celui qui ose poser remontrance sur la seconde de retard qui ne fait pas son travail…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018