Des habitudes tirées à quatre épingles

Oeuvre de Elias Chatzoudis – Red Riding Hood

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 07/31


… conte à conte font l’histoire d’une vie à vie et à deux doubles vies à double tour la passion est une spirale qui n’attend pas le quotidien pour l’emporter sur le Chariot des habitudes tirées à quatre épingles à devenir momifier comme des meubles à l’ancienne cirés de suffocants souvenirs…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Le repos attend son heure dans le hamac

Oeuvre de Aramisdream – On the hammock

Éveil & vous – Éditions : #recreature  – 06/31


… banalité au rencard Lotus et l’Homme s’emploient à s’aimer tant que le jour est sensible et la nuit singulière la jouissance est reine et le repos attend son heure dans le hamac bichonné enlacé entre deux arbres solidement ancrés dans une terre qui tient du conte…

© Max-Louis MARCETTEAU 2021

Une étrange virgule déambule dans les étagères

Photographie Martin Cauchon

Les Plumes chez Émilie 22.20


La bibliothèque est aujourd’hui fermée.

Une page anonyme a été envoyée par un dictionnaire masqué (selon les experts en tout genre amenés à émettre des avis à la fois discordants et concordants selon la position et l’humeur du moment du public toujours avide et curieux par sa nature des mystères et à la fois perdu par le tohu-bohu de ces mêmes experts) au service de la milice police municipale des objets à venir chercher.

A la lecture de cette fameuse page imprimée à l’encre de Chine (cela ne s’invente pas) sur papier recyclé sur des machines industrielles et lavé à l’eau pure et dénaturée par effet, indique qu’une étrange virgule déambule dans les étagères, les allées et même le sous-sol des archives, émanant un parfum de rose qu’enivre jusqu’à ce que mort s’en suive des livres de poche après une agonie digne des films à la Dario Argento.

La bibliothèque est aujourd’hui fermée.

Le maire de la commune a pris des dispositions. Un peu tard profèrent les langues de vipère et a juste mesure disent les plus honnêtes, quand d’autres ne font état que d’un conte pour attirer l’attention pour s’offrir du tourisme à gogo sans sous déliés de pub.

Dans cette page anonyme, il est question d’un autodafé si les livres des éditions Rhododendron ne sont pas libérés d’ici la fin du mois. Nous sommes le vingt. Les jours se comptent ou se décomptent, selon la position des experts qui divergent…

La bibliothèque est aujourd’hui fermée.

Les plus audacieux des experts travaillent d’arrache-pied tout en conservant leur tête froide pour comprendre la fermeture inexpliquée de toutes les issues de la bibliothèque. La conclusion, non unanime, qui en ressort après moult tentatives à comprendre ce phénomène inexplicable : un livre de magie dépressif et persécuté serait le coupable.

Après cette nouvelle retentissante le monde s’use à lire pour découvrir la clé d’un désenchantement dans le marc de café, les cartes de toute nature, dans les feuillages d’arbres millénaires et même à se livrer à des incantations avec des cerfs-volants au clair de Lune. Certaines langues trop pendues disent que ce n’est pas un loisir ni même une occasion de s’élever voire s’occuper avec intelligence… pour ceux qui en ont une, bien sûr.

La bibliothèque est aujourd’hui fermée.

L’occulte fait peur. Il va sans dire tout en disant qu’une évasion de la totalité des ouvrages est exclue. Alors, si les idées s’enflamment, le nombre de livres de poche meure d’une manière exponentiellement alarmante.

Il n’y a pas de revendication et c’est la question qui jamais soulevé (même avec un palan) vient percuter sans ménagement les experts ahuris, qu’un enfant de huit ans pose.

La bibliothèque est aujourd’hui fermée.

De suite un plénipotentiaire est désigné par les forces de l’ordre public dans la ménagerie des experts. Celui-ci n’en mène pas plus large qu’une marge quand il se présente avec un livre ouvert sur le code pénal de l’occultisme et des dragons… en livre de poche.

Il va sans dire que l’encre du livre de magie ne fait qu’un tour. Il se tourne les pages, se fait un sang d’encre en taches d’encre, se froissent toutes les lignes de la page vingt-deux… et quand l’inattendu se réveille, voilà qu’avec un jet d’encre de capitulation il signe sa reddition. Il souhaitait seulement une réédition mais avait omis de l’écrire comme… revendication.

La bibliothèque est aujourd’hui ouverte.

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

La plaine défiant les ombres par sa nudité

Lune_photographie_Iotop_2018

Blog oulimots contrainte écriture


 

Au clair de Lune, le cyclope dévisage Sélène à l’heure du thé de minuit à pleine vue sur son belvédère qui penche sur l’angle aigu de la plaine défiant les ombres par sa nudité …

— Tu es trop belle, Lune.
— Ton regard est douloureux, ta voix trop grave.
— Je souhaite te rejoindre pour l’heure.
— Un coup de blues ?
— Un retour vers l’essentiel.
— Il te faut une couleur bleue sur l’azur d’un regard … moi, je suis d’un clair cendre …
— Je souhaite l’oubli, le souci..
— Le réconfort …
— Oui, le réconfort.
— Ne soupir pas.
— Tu es l’œil du mystère et moi l’œil de la monstruosité.
— Arrête !
— Je suis né d’un accouplement d’une désillusion et d’un espoir …
— Pourquoi cherches-tu à te bouleverser l’âme ?
— A la racine de mon origine, des hommes ont torturé mes lointains ancêtres pour essayer sortir une imposture de la Vie …
— Vas-tu cesser ton récit insoutenable !
— … car il est aussi le tien !
— Arrête !
— … et d’un homme plus pervers que les autres, tourmenteur, magicien des ténèbres a énucléé l’un des miens pour se rendre à l’évidence que son œil ne percevait pas l’avenir …
— Je ne veux plus t’entendre …
— … de rage il plongea l’œil dans un chaudron à la mixture à l’odeur écœurante et à son étonnement, l’œil se mit à gonfler, gonfler…
— Pourquoi me faire souffrir !
— … tel que, qu’il s’extirpa du chaudron, qu’il roula vers l’extérieur sans que rien ne l’arrêta sur tous les paysages inconnus et connus du monde, en quelques jours, et se griffa jusqu’à une souffrance insupportable …
— Tu es ignoble …
— … qu’un Vent charitable pour le soulager l’emporta dans ses bras, mais il s’échappa très très loin dans les airs pour se perdre dans l’Univers …
— …
— … et pourtant, ne voulant pas quitter tout à fait sa Terre natale, il se fixa à jamais dans le ciel …
— J’ai trop mal, encore …
— Tu es cette part de moi-même et cette souffrance à cœur d’exister …
— Ne pleure pas… tu es mon éternité …
— Je suis le dernier de mon espèce …
— Je suis là …
— Tu me manques …
— Toi aussi …

© Max-Louis MARCETTEAU 2020

Un piège a une seule entrée

Photographie - Sépulture Fernand Arbelot - cimetière Père La Chaise

Photographie – Sépulture Fernand Arbelot – cimetière Père La Chaise

Les petits cahiers d’Émilie – Les plumes d’Asphodele – du 11 au 15 mars 2019


N’est-il pas merveilleux de prendre la main de son aimée et consommer la vie par petites tranches comme un doux fromage qui fond sous langue, la bouche demi-ouverte comme un hublot dont l’air mariné d’une onctueuse ondée océaniale vient frissonner les narines ? Ô Ce (et pas os) fameux mariage de la consommation qui semble éternel et dont le mot souci est banni dans le cul-de-basse-fosse du géant nommé Problème qui pleure sur lui-même si sa Solution le laisse dans sa propre fiente (et l’oxymore se marre). Ô Fleur d’âge qui s’époumone dans le fané d’un lit de mégère qui fait semblant de prendre son pied à se perdre elle-même dans les onomatopées de voyelles, cette fratrie qui semble s’entrecroiser en des consonnes qui seraient que des échelles sans barreaux. Ô Utopie tu enfantes des rêves de bonheur et tu fais créations de désillusions si ce n’est à regarder l’œil harassé d’être provoqué par la voisine d’en face qui a un beau profil et un fessier et une poitrine et tout le reste n’est pas options, tu te dévergondes toi-même et tu ris de ta situation pour une histoire nommée Amour qui n’était qu’un mot, un filet pour mieux te retenir, un piège a une seule entrée. Ô Fertile vie qui est faite d’herbicides sélectionnés (à défaut de glyphosate) pour nuire jusqu’à l’échéance ultime (voire plus, le cercueil n’est pas à la bonne dimension), l’illusion première de ta beauté est devenue la richesse d’un désenchantement qui nous a pris au fil des années et cousu l’un à l’autre comme deux tissus de belles factures mais à la longue se sont dépréciés aux fils usés par les lavages de nos tourments, colères, turpitudes … Aujourd’hui, à célébrer ton enterrement, je conte par ce discours devant cette assemblée de nos nombreux enfants et petits enfants la vérité dépouillée de la censure, cette sangsue comme tu le fus … repose ainsi dans ce bon bois de chêne et moi suis toujours … à ta chaîne … amen.

© Max-Louis MARCETTEAU 2019

Mon Amanite est comestible

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions)


Mon Amanite est comestible. Si, si. Vos yeux font un tour de piste sur le stade de l’interrogation. Et je vous comprends. Tout n’est pas poison. Je vous assure. Il n’y a pas de secret. La nature des choses est bien faite et je suis de cette ivresse à vous la présenter toute en chair, sans danger et pas de folie tout le monde sera servi et vraiment pour les allergiques, un antidote dans la boite urgence est présent à l’étage…

Je vois dans votre pupille gauche un spasme d’inquiétude. Qu’est-ce cette Amanite ? Ma tendre et chère mannequin vendue sur un plateau pour le plaisir du goût … en chocolat.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018/2019

Nous étions nus et imparablement fragiles et soufflés

Film_Les Bronzés_font_du_ski

Film_Les Bronzés_font_du_ski

Agenda Ironique OctoNovDec 2018


Nous étions nus et imparablement fragiles et soufflés par la nature même de notre décision de vivre ensemble sur cette île, toi en Robinwoman et moi en Crusoéman.
«Incroyable ! Sens-tu l’air chargé d’iode, le goût du sel qui pénètre la peau ? Regarde ! La mer s’approche, c’est marée haute. Regarde, l’étendue mergnifique. ». Je regardai. Oui, la mer s’étalait, devant nous. »(1)

J’en avais gros sur la patate de me voir dans ce film avec des dialogues au creux de la vague et cette voix off qui nous envoûtait par défaut. Cet avant midi-là, les amis et quelques membres de nos familles triés volets ouverts et lumières éteintes, étaient autour de nous par une tablée bien garnie et « tandis qu’ils riaient à nouveau, Madeleine se leva, incommodée par le grognement des mioches, s’approcha de son amie et lui glissa à l’oreille : « Paradoxalement tu deviens drolatour avec cette diatribe, trouverais-tu que je sens la crevette arctique ? »(2)

Je compris rapidement, pour une fois, que nous étions entraînés dans une autre dimension et que mon dernier film n’allait pas être dévoyé en commentaires dissociés si ce n’était de rires à braises bien senties. J’allais vomir, quand Paul, ami d’enfance, s’écria :« Fatalimace ! Nous voici en insolitude ! La route court sous l’eau d’artificelles habitudes ! Met tes bottes, enfant. Les écriames et les pingouinations attendront que la polimalie des virgules se solve en délibules mirifiques ! »(3)

Un moment d’y n’inspiration se souleva dans nos poitrines. Paul s’envolait pour une autre crise de déraison. Nous étions sûrs qu’il n’avaient pas avalé sa médication insoutenable. Aujourd’hui, il revivait parmi nous par sa grandeur d’âme enserrée dans les griffes du délire phrasabool. Je n’avais pas cette envie de rire qui vous chantouille la glotte mais vous plantouille une ambiance et c’est à ce moment très précis dont la minute doit encore se souvenir à défaut d’avoir perdu le sens de la mesure : « Alors, on n’a qu’à prononcer des mots d’amour comme ça, ils se tiendront chaud ! » (4) Gertrude avait dévié les regards si ce n’est l’attention par sa voix de soprano à deux octaves qui limpide nous déposséda de l’intervention précédente en toute bonne cause que peu d’entre-nous avaient déchiffré les tenants …

Entre temps dont je ne peux dire la fraction sur l’horloge du salon pendue pour un bel effet de tenir son rôle en sonnant par sept minutes de sept minutes, par cause d’un ressort à mémoire de forme inventée par une horlogère de Toscane … je croisais le regard amoureux de ma femme quand « Ma mère lui offrit des jumeleines, que nous mangeàmes en nous fixant les yeux dans les yeux un rendez-vous créaginaire. » (5) Nous étions irréparablement amoureux. J’en suis, encore et encore, attristé. En fait, j’étais pris au piège et ne pouvais me sortir de cette possessivité qu’ont les femmes de vous embrigader par pur égoïsme. Et je regardais en coin, mon autre ami d’enfance, Onésime, qui n’était pas marié lui, ni même en concubinage notoire. Il était libre comme l’air et respirait sa propre vie d’homme libre. Et c’est beau un homme libre. « A ce momentlà, Onésime réalisa à quel point il était en retard. Les Douze Coups de Midi sonnaient au clocher et les odeurs de brioche remplaçaient allègrement celles des Mc Bacon et autres Cheeseburgers. Il s’empressa de rentrer chez lui, honteux et confus, et jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. » (6) Il n’aimait pas ce genre de regroupement de meute. Je l’aime Onésime. Il le sait et me plaint d’être enchaîné et d’être un lâche à ma façon. Il me disait que j’étais, peut-être, atteint de cette maladie qui frigorifie les hommes mariés de longue date mais « Pas encore. La pinguouination est assez complexe, il va me falloir plus de temps. » (7) Car il travaillait en tant que chercheur au CNRS (Centre Naturel Réservé aux Sensoriels) et se prenait la tête dans les deux sens du terme dans ses propos comme dans ses recherches qui n’attendaient que le moment propice à s’épanouir ou s’évanouir.

Quand j’entendis, juste à côté de moi : « Chuuuutttt, Elodie, ils sont pour moi, les derniers mots de la fin !Tu peux pas t’en empêcher ! Pffff ! C’est pas moi, c’est le Zébulon» (8) Je reconnaissais bien Elodie et son amie Belette, toutes deux à se crêper le chignon et pourtant toujours ensemble comme deux électrons libres dans le monde des adultes qui n’avaient plus aucune prise sur leur devenir et l’avenir comme une utopie n’avait pas à leurs yeux l’espoir que l’on devrait donner à nos enfants …

Mais qu’importe, cette journée était comme toutes celles passées avant les fêtes de fin d’année. Nous nous réunissons avant de nous séparer chacun dans notre monde, mine de rien, avec des liens, toujours aussi solides …

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Une horloge tombe à l’eau

Dessin de Bubo – Inktober 2018 – #14  (je vous invite à découvrir cet artiste de BD)

Et c’est aujourd’hui le quatre centième texte 🙂 Champagne … 🙂


Une horloge tombe à l’eau. Elle bulle des « aux secours » par peur. Sur la berge un pêcheur qui ne voit que son flotteur traînant son ennui par le jeu du clapotis d’une pluie éphémère, indifférent à cette noyade, baisse son chapeau jusqu’à son nez.

Les secondes de l’horloge égouttent les flaques de l’agonie en des ondes qui se cassent sur le fond de la rivière caillouteuse, aux délits cachés en son sein. Les poissons font les gros yeux sur ses aiguilles qui cadencent au tic-tac affolés comme si elles couraient un sprint pour sauver ses minutes qui se comptent les unes les autres avant de passer de vie à trépas en soixante secondes et que le passé archive sur le rayon des suicides… possibles …

L’horloge rage.

Pourquoi les cambrioleurs l’avaient bâillonné ? Elle n’était pas une alarme, tout juste un carillonnement pour dénoncer les heures ? Pourquoi l’avaient-ils recouvert d’un tissu rouge lors de son enlèvement ? Elle n’avait pas l’intention de trahir ses ravisseurs. Pourquoi se retrouvait-elle en compagnie d’autres horloges dans un hangar aux lucarnes agressives ? Elle avait toujours vécu seule et ses congénères bruyantes dérangeaient son comptage journalier, elle ne savait plus, si elle était en retard ou en avance. Quelle angoisse ! Pourquoi, personne ne resserrait son ressort ? Elle avait envie de vivre encore ses secondes en éternité, ses minutes en espoirs, ses heures en cadeaux, ses jours en jouissances, ses semaines en bonheur, ses mois en étoiles, ses années en Noëls, bref de vivre un siècle bien remplit. Mais, comment sortir de cet asile d’horloges en délire, chacune son tic, avec pour certaines une tendance à se prendre pour des baromètres, et comment tenir plus longtemps sans compromettre irréversiblement sa raison ? Elle désirait retrouver une main attentive, prête chaque fin de semaine à remonter son mécanisme d’orfèvrerie imaginé par un maître horloger de la Vallée des Siffleurs. Et ses engrenages qui peinaient, et . . . pourquoi n’avait-elle pas pensé plutôt à invoquer la déesse des Horloges : TikTak ?

Elle rassemblait son énergie à invoquer la formule mathématique qu’aucuns scientifiques n’auraient pu déchiffrer. Tout le monde était mis à l’épreuve : cliquet, rochet, spirales, pignons, ancre, fourchette, roue d’échappement, roue motrice, poids, lames de suspension… Ses aiguilles dansaient un quadrille à une vitesse que la lumière en aurait pu perdre la vue. La déesse se présentait en montre gousset, brillante.

— Tu n’as qu’un seul vœu, ma belle, tu as une couronne de temps pour le prononcer.

L’horloge émue par ce phénoménal événement, balbutiait son vœu.

— Au bord d’une rivière, une jolie maison, annoncer mes heures à l’un des gentils habitants . . .

Quand elle se retrouva au bord d’une rivière, son cadran se mira les chiffres ! Le temps d’une couronne n’avait pas pris la totalité de sa déclaration ! Malheur ! Cet équilibre précaire lui valu la noyade.

Elle rage ! Tant et si bien que le dieu des horloges : TacTique, s’agace ! Il prend la mesure de ce tragique destin et lui glisse entre ses rouages délicats une incantation chiffrée qu’elle traduit par :

— L’horloge seconde sans heurt la vie des humains, tu seras l’horloge des poissons aux heures sans faim.

Morale : soyez clair et concis dans vos choix.

©Max-Louis MARCETTEAU

Position de rêve ?

Sculpture de Jean-Noël Lavesvre - Dormeur assis

Sculpture de Jean-Noël Lavesvre – Dormeur assis

Blog popinsetcris contrainte écriture (mots définitions) – (pour reprendre tranquillement la contrainte qui redémarre officiellement début septembre)


… et rien ne sert d’avoir le martinet si les fesses sont rétives. C’est un fait certain. Je l’affirme comme des fesses surprises par des verges ne sont que tressaillements soumis par défaut, gémissements chauffés par carence de consentement… mais aux fesses accordées, recueillent le jaillissement attendu d’une chatte dévergondée domptée à la claquette de la cravache possédée de lier le sensible à l’érection de la jouissance brûlante…

Bref, ton œillet attend son dû et j’hésite à tendre l’essentiel d’un gland confondu à l’exception de la sodomie du midi mais tu demandes à écourter le supplice et m’exhortes à en finir si ce n’est à commencer à te labourer l’oignon. Tes attaches sont solides et mon moral judo-chrétien me flambe les bourses à la prière d’un effleurement… je suis fermement anglaisé… et…

… position levrette, je broute les…salades de mon jardin, le vit à bander dans un chou… Il est deux heures du matin… il faut que j’arrête de fumer mes médicaments…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Il est minuit est rien ne se passe – Chapitre 1/2

Film Qui êtes-vous Polly Maggoo - 1966

Film Qui êtes-vous Polly Maggoo – 1966

Agenda ironique Juillet 2018 : palimpzeste.

Note : je tiens à remercier Floriane pour son idée suite sa réponse : « Dommage ! Avec vous, on aurait peut être découvert la face cachée de S.H… » Donc, sur une idée de Floriane voici un essai sur le sujet imposé en deux chapitres (j’étais bien parti pour en faire trente, mais bon, je suis me suis restreint à l’essentiel) 🙂


Chapitre 1/2

Il est minuit est rien ne se passe. Normal. Le meurtre vient de se consommer à la lame tranchante et fine d’un… taxidermiste… en vacances dans le Tarn, avant l’heure fatidique et de rigueur.

Le détective S.H. s’impatiente après ce quatrième crime… effilé sans coup de filet à l’horizon… la vague du smog se rit genre brouillard édenté… Devant son expertise, c’est un beau cadavre au féminin qui se présente à la blessure comme une égratignure côté arrière gauche entre la 4e et 5e cote (entre la 11e et 12e vertèbre) pour sectionner la crosse de l’aorte provocant une hémorragie interne sans perte externe, et pas de… soutien-gorge. Normal, en robe noir fourreau, dos nu avec dentelles… En fait, S.H. constate que la victime n’a aucun sous-vêtement. Normal ? Pourquoi pas en ce début de juillet à forte température ajoutée au regard des années… postérieures ? Il examine la texture du crâne à main nue, tâtonne, palpe, caresse même… Si S.H. n’a pas été bercé par la phrénologie, il ne laisse rien au hasard et prend toutes les précautions d’usages, d’observer toutes ses procédures élémentaires…

Bref, il se repositionne dans une pensée moins futile et fait quelques pas à la péripatéticienne devant la morte allongée sur le ventre, la jambe gauche pendante sur le bord du quai. Avait-elle l’intention de plonger pour échapper à l’agresseur ? Quels rapports avaient-elles avec les autres victimes ? L’âge, oui peut-être… une trentaine d’année… blonde… entre un mètre soixante-dix, soixante-quinze voire quatre-vingts avec talon, bien proportionnée… bref, des femmes BCBG… et peau de porcelaine… apparemment… mais pas de sac à main ni de chaussures. Étrange. Meurtre avec mobile le…vol ? Encore plus étrange. Que pouvait bien amener le meurtrier à tuer ce genre de femmes ?

En tout cas ce qui rassurait S.H. avec un petit rictus est que ces corps n’étaient pas proposés à la découpe… ce qui lui rappelait une certaine époque et le précédent cadavre… et pourtant, seul avec cette dépouille, il se sent… dépouillé de toute pensée véritable… telle une chute du Niagara sans le Niagara… quand un chien genre basset houd vient flairer le macchabée au niveau des cheveux…

D’aucuns l’eussent chassé par voix ou autres procédés. Pas S.H.. Non. Il observe le quadrupède. Il sort sa loupe (pas le quadrupède, suivez) (à défaut d’un microscope en panne ce jour-là), s’agenouille devant la tête de la défunte, écarte doucement la tête du… chien et sans prendre de gant déploie les cheveux de la fausse blonde et… il aperçoit un reflet, puis plusieurs comme des arcs-en-ciel… un petit diamant est incrusté à la base du crâne. Il va chercher son nécessaire dans sa mallette de petit chimiste, en sort une petite pince à épiler et extrait le précieux indice.

En tout état de cause, il ne trouvera rien d’autre après cette analyse de la victime et l’alentour, et autorise le commissaire à faire enlever la trépassée…

Premier indice probant avec ce diamant au carat suffisant mais est-il la clé de l’énigme ? Une diversion ? En fait, S.H. fulmine en silence, ce silence de la pensée tempête sous son crâne dégarni de la logique habituelle. Il rumine trop lentement et sa gastrique le ronge comme une lèpre intérieure. Il se rappelle ses quinze ans et cette jeune fille blonde qui lui avait dit oui entre deux mots à l’oreille. Et puis contre toute logique de jeune mâle, il avait dit… non. Cette peur qui ne s’apprend pas. Elle est viscérale. Elle est proie à dévorer par tranche. Elle est appât de désarroi collé en soi comme des yeux qui nous jugent nous crucifient et foudroient au premier repas d’aimer et l’amour qui hurle…

Il va rejoindre son 221, dénaturer l’ennui mains et poings liés, et son opium qui le pique de revenir, il s’écroule d’une masse dans son lit se laissant prendre dans les filets labyrinthes neuronaux de sa logique… arraisonnée… par la déraison de cette affaire des quatre blondes… vraies et fausses…

S.H. se réveille comme H.S. par l’inondation d’une sueur d’images qui lui collent à la peau et ses quelques larmes gravées au sel sur ses joues, déserts de bisous, qui éloignent la tendresse… à ce visage taillé à la serpe, poids d’une solitude signée à main levée sur le monde qui est un sale tableau…

Il se lève comme une heure malheureuse de recommencer son tour de garde. Et si toutes ces femmes avaient liens avec lui ? Comme un échec non plus amoureux mais un échec tout court de sa… vie ? Et si… On frappe à la porte.

(à suivre …)

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Nuage de Lait rêve d’être météo

Café_crème

Café_crème

Blog de girlkissedbyfire Défi 52 semaines N°23  le mot : météo


Nuage de Lait rêve d’être météo
Au prénom d’une vague bel été
Sur le front d’un ciel flamenco
Et danser aux pas de l’identité

Dessinée par complicité avouée
D’un Zéphyr contre la belle Alizé
Aux atours fiers effrontés à jouer
A la griffure de Traverse tout grisé

Aux reliefs des monts et des vaux
Ainsi Nuage de Lait est aspiré vif
A l’intérieur du vertige d’un fuseau
Horaire du p’tit déj un rien … expressif !

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’Œuf-le-Lumineux ne bluffe pas

Luminaire_oeuf

Luminaire_oeuf

Suite à une photographie du Blog Les faits plumes, l’illumination m’a fait de l’œil et voici la chose 🙂

Et pour certains mots : mots définitions


L’Œuf-le-Lumineux ne bluffe pas, de son regard luisant, de son œil-de-bœuf, à l’éclairage de sa Led meuf qu’il embrasse une dernière fois, en rupture, en soixante-neuf, sur le Pont-Neuf veuf de souvenirs trop anciens drapés d’Elbeuf.

L’Œuf reprend sa route vers sa résidence d’hiver à Jœuf dans sa teuf-teuf de quatre-vingt-neuf qu’il bichonne comme du neuf et gare aux pique-bœufs charretiers en activité telle à l’époque de Charles IX mort trop tôt pour connaître le brûlé vif Jean de Brébeuf d’avoir côtoyé de trop près des Iroquois.

Bref, l’Œuf-le-Lumineux va se mettre en veilleuse et s’en remettre à Langue-de-bœuf de l’Éteuf son propriétaire collectionneur de millésime de châteauneuf à Jœuf, mais voilà pour une raison déraisonnable un keuf l’arrête à un stop pour défaut d’avoir brûlé un euf cent-dix-neuf mètres plus en amont. L’Œuf jure par sa foie-de-bœuf qu’il n’a rien vue de feu et autres allumages disgracieux. Le keuf beugle fortement puis d’un flash révélateur demande de déclamer sur l’instant pour toute amende un poème de Rutebeuf. L’Œuf ne s’appelle pas L’Œuf-le-Lumineux pour rien et en un éclair débite ce qui suit :

« Puisqu’il faut taire la vérité,
Inutile pour moi de parler.
J’ai dit la vérité en maints endroits:
Maintenant il est dangereux de parler
À ceux qui n’aiment pas la vérité
Et qui ont donné droit de cité
À des propos qu’ils ne doivent pas soutenir.
Ils nous bernent et trompent tout…
»

Le keuf hoquette, se rembrunit, le stoppe, et puis…le remercie et qu’il ne doit plus y revenir. L’Œuf reprend sa roulade plus certainement qu’un certain Babeuf qui y perdit sa… tête.

Mais le destin est parfois cruel quand l’Œuf-le-Lumineux se fait ramasser par imprudence par des garnements sur la route d’Éclaires à l’abri car. Les gamins avaient l’intention de se faire cuire un œuf énorme mais un parent qui passe par là et pas ailleurs rançonne les gamins et qu’ils peuvent se faire cuire un œuf et qu’il emporte son nouveau bien non comestible pour expertise au premier horloger/bijoutier venu.

Ô destin indigeste, par un concours de circonstances, l’Œuf en mauvaise posture dans les bras du parent avide, traversent la ligne TGV européenne et sont percutés à 500.00 km/h.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Nuisible ?

Photographie de Osamu Obi

Photographie de Osamu Obi

Agenda Ironique de Mai 2018 La Jument Verte


Nue-propriété ainsi je te désigne. Tu es la femme de ma vie mais tu appartiens à tous… sauf à ma possession.

Je rage depuis ce premier jour nuptial, au détour d’une pièce, une chambrette à ta nu-dit-thé, c’est moi qui te buvais comme un damné, tu me refusais par cet outrage de te posséder de chair…

J’étais le numéro de ta chance, je suis le numerus clausus. De fait, de ma vie j’ai pioché le mauvais numéro et tu me joues depuis trop longtemps ton propre… non, mauvais… cirque. Cela doit, cesser !

Alors, j’ai décidé de nuancer… ma décision suite à ton refus de divorcer et à ma demande de t’acoquiner avec un seul amant et pas tout le… village. Village qui va de mal en pis depuis déjà un temps certain et surtout au moment où l’horloger de la place de l’église s’est accroché à sa seconde femme à la première heure de leur alliance… En fait, ce qui me chagrine ce n’est pas le nombre d’amants qui se donnent du mal à satisfaire ta libido surdimensionnée mais bien d’un immonde individu : le maire du village.

Immonde ? Non, immoral ! Il se promène trop souvent nu sur la rue Principale et je suis tout à fait opposé à une telle pratique qui est de l’ordre de l’exhibitionnisme mal placé. D’un naturisme urbain de mauvais aloi. D’un déferlement de chair ambulante… unijambiste, car il est estropié de la guibole. En vérité, il n’a pas toute sa tête et je ne permets pas que ce va-nu-pied pose la… main, sur ma femme. Femme nullement qualitative, hélas…

De fait, par ces mots, femme, je te répudie de la manière la plus solennelle, ici présentement dans ce lieu public et ô combien estimable par les bonnes gens…

— Qu’est-ce qu’il a le Émile ?
— Il boit trop…
— Trop ?
— Il parle d’une femme qu’il n’a pas…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Inspection d’un temps

Photographie - A l'interieur du Big Ben - Londres- 1920

Photographie – A l’interieur du Big Ben – Londres- 1920

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Mesure de durée au temps autant que le temps démesure son propre temps au temps sablier au regard de l’horloge de la boulière callipyge, là-devant moi, en arrière train, je suis l’improbable client contrôleur qui entre par la petite porte de la ruelle gorgée d’eau.

Je m’installe califourchon sur le sol de la seule pièce du… temps et… j’attends. Je n’ai rien à faire d’autre que d’attendre le sourire sur mon visage, une boîte aux lettres de confiance qui m’apporte tous les timbrés de la terre qui supporte déjà une part d’impossibles idiots, imbéciles…

J’attends le compte rendu de l’espace-temps impétueux devant le tableau noir de craie poussiéreuse blanche presque ingénue qui s’impose, mais je ne suis pas une broutille de temps à me laisser embobiner dans le sens inverse d’une aiguille d’une montre et ou d’un calculateur quantique. Non, non…

Je note que la jeune femme seconde une autre femme et qu’elle écrit avec un calame, c’est un bon point pour elle à l’heure des comptes…

Je ressens ce moment à venir sur l’imperceptible cadran de mon humeur les effets fugaces d’une nuitée en compagnie d’une call-girl au regard envahissant d’être aimée et froide comme de l’azote et qui comptait les minutes avant l’éjaculation des secondes mâles au malaise du précoce et la repasser par une paire de gifles.

Mon temps, ici n’est pas implicite et j’attends la boulière à me rendre compte à défaut de me rendre gorge et je pense à l’intérieur d’un espace intime que la mesure du temps à la démesure du détemps s’étend et intente l’impossible retour sur soi car la seconde est seule à concevoir la naissance, maîtresse de l’instant et de l’éternité à sa froide existence qui ne connaît pas la sensation du… câlin

Je suis le Maître du Temps de celui qui ose poser remontrance sur la seconde de retard qui ne fait pas son travail…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Je ne vais pas tenir de nouilles cupides

Photographie de Julien Loize - Campagne Picarde

Photographie de Julien Loize – Campagne Picarde

Défi de Lili littérartiste Poésie de l’aléatoire N°4 (projet d’une lycéenne, à encourager, participer)


Je ne vais pas tenir de nouilles cupides
De fruits de salades de ces comestibles
Possédés de l’envers du décor insecticides
Changer ma peau de ces troubles cibles

Je prends la poudre d’escampette à vie
Sur mon cheval allumé de galoper enfin
Étriers aux champs mon cul à cru de défi
J’ouvre mon sacrifice à l’autel de la faim

La vraie qui se cogne d’un congélateur
Dépouillé du savoir-vivre au parcours
Défiant les valeurs d’un bel équateur
Dépose son envie électrique d’amour

Et voilà la rustique maison des labours
A me procurer des fongus séduisants
Des herbes de principes et le four
De bons pains à présent mon amant

Mais l’hiver approche, j’ai grand froid,
Moi l’urbain je suis en baisse de régime
Pris en main par la diète dans ma foi
Je ne gaze plus, suis vidé de mon estime…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

La vraie recette sans nom.

Photographie - Emmanuel Payet, dit Manu Payet

Photographie – Emmanuel Payet, dit Manu Payet

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Au premier abord la cuisine n’est pas un secteur que je visite et encore moins où je m’installe. Mais aujourd’hui est un moment particulier.

Il y a le blanc de volaille fermier qui frissonne dans la marmite de fonte au contact du beurre de Guérande à la limite de la fusion perversement fouettée par des oignons de Roscoff défrisés du bulbe au contact direct d’un céleri de sel comme condiment craintif mais vivant à la bonne température où se découvre impudiquement la seule pomme de terre Monalisa entière de passion et possessive de son environnement est nue pensive et goûte le jus douloureux de fièvre qui mijote au feu d’un bois fièrement conquérant dont la carotte Flyaway dite la Nantaise moins connue que “Lulu la Nantaise” célèbre en bouche et en culte n’a pas l’intention de se flinguer et porte haut en couleur sa résistance à la cuisse on s’en doute même si le bouillon de volaille de belle nature de carcasse (et pas de Caracas) s’émulsionne gentiment presque dévotement au sacrifice qui est le sien dans la plénitude d’être le liant par le même sourire que le vrai champignon de Paris pouponné avec les bons minéraux dans le Val d’Oise (et pas en Chine) sans oublier le poireau de service qui s’est fait attendre présentement en sa vigne sensible comme une asperge, délicat comme le duvet d’une groseille à maquereau et voilà qu’il plonge à son tour en un tour de main essoré et quelle ambiance dans la marmite en effervescence avec tout ce beau monde…

Alors l’on pourra me dire que cette recette est impossible à réaliser et qu’il est temps que je m’occupe de mon oignon voire de mes oignons que de raconter des cracks… chaud devant, vous voilà servi…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Vous avez dit épi …

Défi de Lili littérartiste Poésie de l’aléatoire N°1 (projet d’une lycéenne, à encourager, participer)


L’épi s’entête s’affole d’avoir perdu pied au moment où l’épicentre de l’épineuse épaisseur du trouble s’évapora en un souffle de fouet aux regards multiple de la galaxie des curieux avides de croiser la peur de cet épi sans tête qui divague sur la chaussée épilée de vie morale.

Épinard de Fer, son ami, n’avait pas l’oraison facile et soulevant son épigastre d’une inquiétude légitime devant l’épicurien … épi … épingla la suceuse variation du trouble au vent dormeur qui n’avait pas le tourbillon, non plus facile et dont l’épine dorsale souvent douloureuse le laissait dans le plat pays des vents ouest sans.

Il n’était pas à prendre avec des épincettes dans ses épisodes transitoires … l’épi … mais il fallait mettre les pieds dans le plat pour le faire réagir avant que l’épi phénomène ne se prenne pour un effet papillon … et l’épiner en toute connaissance de cause pour son bien.

Bref, en toute vérité l’épi avait perdu son K dans l’Épire des cas et il fallait qu’il remonte la pente. Mais le soutenir était épidermique à l’épice bien senti. De fait, l’Épinard de Fer se saoula et perdit lui aussi sa tête avec un mauvais pinard au retour bien arrosé de pluie alla s’encastrer dans un épicéa et expira …

A cet épilogue tragique sans corps ni tête, l’épi se donna le dernier coup d’épi d’épée fort peu …épique.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Droit devant

Photographie : inconnu a la cigarette

Photographie : inconnu a la cigarette

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Je suis toxique comme un mollusque, c’est ce que m’a dit, très franchement, ma dernière copine (conquête, gueuse…) en date. De toute façon elle a une addiction à la connerie. Comment ai-je eu plaisir à la draguer, l’emballer, la coucher et puis la jeter…

C’est vrai, l’adrénaline je la bois à flacon quand une femme à ce don de vie, de liberté dans son comportement, ses attitudes, et… une garde-robe de galante et tout la fois de… pirate.

C’est vrai, grandir ne m’intéresse pas. Devenir un homme, quelle importance, je suis un humain cela me suffit.

D’un shoot à un autre je passe d’une femme à une autre et y a rien à comprendre et commencer à comprendre c’est déjà mourir… trop tôt…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Victor Noir… en bleu

Dita Von Teese kisses Victor Noir - Père Lachaise

Dita Von Teese kisses Victor Noir – Père Lachaise

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Wesh, je me réveille entre sous oreiller et étouffement au cauchemar de l’étranglement genre problème cardiaque à la grosse sueur qui se marre, je me suis entortillonné dans les draps.

J’ai aujourd’hui le réveil possédé. Je m’assois sur le rebord du lit, les mains sur mon visage buriné des mauvaises images de ce mauvais rêve dans cette chambre accueillante qui me révèle dans mon esprit embrumé qu’il s’est passé des choses interdites aux profanes.

Hier au soir, je suis arrivé à Azy au collet d’une fatigue imposante et tenace. Je devais absolument m’arrêter (je n’aime pas le mot : halte) et me suis installé au seul hostel à trente kilomètres à la ronde. J’ai eu un moment où l’hésitation fleurie comme un printemps en équateur. On a humide, on a chaud, on a le malaise qui nous tient la main et pourtant on franchit le seuil… et quel seuil. La poignée de la porte a fait un couinement saisissant, improbable : brrra. J’ai eu un effet peur avec un relâchement intempestif de l’intestin en un prout de bienvenue. Je fus irradié de gêne au même moment qu’une sirène (pas le signal fort bruyant) fort blonde et sympathique m’accueillit.

— Bonjouir… pardon… bonjour, dit-elle d’un sourire paradis.
— Bon jour, dis-je tout autant dans le trouble de mon eau d’esprit à la vue féerique présentée et l’inconvenance de mon abandon imprévu d’un pet.

Aux formalités d’usage d’un hôtel, je quittais mon adorable hôtesse pour la table déjà servie à mon égard, m’avait-on dit avec le sourire enchanteur d’une serveuse aussi improbablement belle qu’intelligente, dans la salle à manger aux décors d’animaux… empaillés.

Je crois bien que c’est au repas que les choses sont devenues pour moi incontrôlables et que ce mal réveil me fait penser à la fée Tsé (inconnue dans nos régions pourtant) qui impose son dévolu lors d’un dîner et je soupçonne mon envoûtement par la patronne de l’hôtel mais pas que…

Je vais prendre un bain à me décrasser le cauchemar toujours collé entre ma gorge et mon poumon gauche. La salle de bains est à quelques pas. C’est un calvaire. J’ai vraiment des douleurs qui s’imposent, m’arrachent des grimaces dans tout le corps. De pas en pas incertains, ma ligne d’horizon se défile et pourtant, je franchis un autre seuil.

Le bac à bain est là et je vois un flash « EASY« , qui se répète jusqu’à extinction dans ma tête écrasée comme dans un étau… avant une dernière vision :

— Quel boloss ! dit la sirène à la serveuse 95C, s’il n’avait pas été si beau… n’empêche que cette nouvelle formule, le bleu de peau tient bien… et le plus, c’est ce phallus… je vais pouvoir m’amuser… un beau macchabée… style Victor Noir…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Retour à l’origine

Photographie Sophia Loren

Photographie Sophia Loren

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Je vais vendre le Tableau. Le seul que j’ai hérité de ma grand-mère. Ce n’est pas rien… car je n’ai plus rien d’autre de vendable, je suis fauché. Bientôt à la rue. Le mot rue me fait frissonner depuis quelque temps. J’ai des pavés dans la tête et du goudron uriné sous mon nez.

Je vais prendre le train. Ce train du matin à nuit affichée… salle d’attente étriquée même avec une centaine de places assises, ce lundi matin, cette longue attente avec des inconnus sur le quai, un rocher perdu dans la nature de la ville, de ma ville, de la ville de tout le monde et je ressens toute l’amertume qui monte en moi comme une odeur nauséabonde de souvenirs de ville bourgeoise…

Dans ma valise, le fameux Tableau. Enveloppé. Il n’est pas bien grand. Il représente le portrait d’une femme. Ce n’est pas ma grand-mère, c’est sa sœur. Une belle femme à la Sofia Loren dans les années 60.

Ce matin il fait froid par ce vent bronchitique qui tousse par rafales. Je me suis couvert des pieds à la tête avec mon écharpe fétiche reçu des mains de ma troisième amantes (je n’aime pas le mot maîtresse dans ce cas présent)… non cinquième… en fait qu’importe, j’y tiens.

La lampe incandescente au-dessus de moi accouche d’ombres difformes sorties de l’abdomen de ce quai. J’ai hâte d’un nouveau ciel, le vrai celui qui traîne des nuages, draine des formes en des scènes parfois fantasques…

Enfin le train arrive. Je monte dans le wagon, il y a foule, cherche ma place, je suis dans le sens de la marche côté couloir. Je préfère, sinon j’ai tendance à vomir ce qui dérange les autres passagers. Ce voyage ne m’inspire pas. Depuis le début j’ai un mauvais pressentiment. Mais comment faire autrement. Je n’ai qu’un seul acheteur. J’ai à ma droite une femme d’un certain âge. Elle me sourit tout le temps… C’est presque inquiétant…

Je n’ose plus la regarder et pourtant son sourire s’imprime sur ma nuque. Je ressens une légère électrisation, une vilenie à la limite du supportable.

— Vous ne pouvez pas vendre ce tableau…

J’entends cette voix de femme, tout prêt de moi, j’en suis certain. Je me détourne. Elle me sourit.

— Je vous demande pardon ?
— Vous ne pouvez pas vendre ce tableau.
— Et… pourquoi ?
— Il est hanté.
— Hanté ?
— Hanté depuis que votre grand-mère soit décédée d’une manière… étrange.
— Enfin… vous êtes qui ?
— La demi-sœur de votre grand-mère…
— Germaine ?
— Oui.
— Mais, il paraît que vous êtes morte depuis… dix ans…
— Vrai…
—…

Je respire profondément et je commence à suer comme si j’étais dans une lessiveuse.

— De toute façon, reprend cette femme, le tableau est revenu à sa place…
— Je… ne vous crois pas…

Je me lève brusquement et me dirige vers l’emplacement aux bagages, j’ouvre ma valise, je défais l’emballage du Tableau. Il n’est plus là, c’est une toile blanche devant mes yeux.

Tout en moi est ralenti… je m’entends respirer sourdement… je tombe dans un infini à l’intérieur du… Tableau.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018