Agenda Ironique Février de l’An 2018

Muséum d'histoire naturelle de Nantes - Photo de iotop

Muséum d’histoire naturelle de Nantes – Photo de iotop

Bon alors, je m’y colle pour la première fois et donc je suis un peu fébrile.

Je ne suis pas très prolixe sur ce genre de domaine et pour informations voici des liens : ICI ou ICI

Et celui du mois de Janvier : victorhugotte 🙂

Le thème : le conte.

  • Enfant ou adulte
  • Long ou court
  • Poésie ou prose
  • Une morale bien sûre
  • Pour corser le tout avec 4 mots imposés :
    ⇒ quadragésime
    ⇒ tringueld,
    ⇒ gagnant,
    ⇒ truculence
    vous pouvez les placer dans le désordre ou l’ordre et même en faire des anagrammes ou les triturer selon votre bon vouloir.

– Date de départ du 1 février 2018 au 22 février 2018
– Vote du 23 au 27 février. (Les votes ICI)

  • Faites savoir par un commentaire et lien quand votre œuvre est en ligne sur votre blog.

Bonne plume et bonne encre (défense de couler) 🙂

(je suis à votre écoute pour toute question (et si je peux répondre)… en commentaire) 🙂

Mise à jour  le 27/02/2018 :

1) contribution de Palimpzeste

2) contribution de AlphonsineUne morale en cache …

3) contribution de lateliersouslesfeuilles  8 février 2018 à 21h 33 min :  nono le poireau

4) contribution de victorhugotte 

5) contribution de jobougon 

ledessousdesmots

Valentyne

 carnetsparesseux

laurence délis

chachashire

Max-Louis (Alias iotop)

Embarquement d’un possédé

Oeuvre de Frantisek Kobliha

Oeuvre de Frantisek Kobliha

Blog popinsetcris contrainte écriture.


Le train est en retard. Normal. Cette normalité me faire regretter le temps d’une SNCF qui faisait du mot exactitude son leitmotiv, sa raison de tenir ses engagements ou ses engagements : sa raison d’être.

Bref, voilà le départ. Et il roule, il roule, il roule. Boggies à caresser les rails. Wagons wagonnant wagonne. Et puis, par un incident contraire aux bons usages, il s’arrête sur une voie dans le froid d’une campagne endormie d’hiver à seize heures vingt-cinq. Une campagne possédée d’une aura entre moiteur et fluide s’évaporant de terre.

Je note l’heure sur mon mémo de portable. Heureusement qu’il me reste de la charge, je n’ai même pas un lampion en cas de panne, si la nuit survient. Et la nuit est vorace en cette saison. Elle se costume d’un blouson bien noir et se pantalonne de quelques étoiles bien timides dont les nuages capuchonnent par jeu leur lumière déjà fantomatique.

Je suis seul dans ce wagon. C’est presque inquiétant. Quand, j’entends ou je crois entendre un son pianissimo. Je me retourne sur mon siège, de droite, je me lève un peu, je me rassois.

Horreur ! J’entrevois, là, sur la fenêtre, en hologramme, une tête des mauvais jours, des yeux irradiés d’une méchanceté inédite, un genre matriarcal dix fois pire que la norme d’une certaine époque.

Je crois l’instant propice à l’arrêt brutal du cœur. Je me mets à trembler comme un feuille, tellement j’ai peur. Je n’ose retourner la tête vers cette satanée vitre. J’ai les yeux d’un zigoto ahuri. Et voilà que mon corps ne me répond plus, du tout. Je suis en… lévitation. Je… je… dans une confusion totale, en position assise à flotter dans le couloir du wagon.

Je traverse à présent… la vitre. Je suis conscient et ne ressens plus rien comme… mort. La nuit m’enveloppe dans un brouillard campagnard et à peine si je distingue ma direction entre un champ floral et une forêt de pins. Et puis, là, en contre-bas, deux personnes qui m’observent.

— Son regard a croisé celui du spectre de la mère Pichylin. Pauvre homme. Rien ne viendra le sauver même “un leveur de sorts”. Brrrrrr, j’en ai froid dans le dos. Rentrons.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Contrat de dupe

Dessin de Gahan Wilson

Dessin de Gahan Wilson

Blog popinsetcris contrainte écriture.


J’ai croisé l’autre jour (qui n’a pas de nom) un personnage, genre olibrius de la famille des vagabonds zigomars. J’ai eu le défaut de lui offrir un billet de loterie (et tiens-toi bien, ce n’est pas simple à la lecture) avec la certaine incertitude à ne pas gagner et de ne pas savourer son gain, même avec de la chance, qui n’est pas la première à se représenter, car elle n’a rien d’un caractère obéissant.

Pourtant, pas de bol… pour moi. Il a gagné de quoi s’offrir un saphir gros de quelques dizaines de carats. Je suis irisé… euh… non, hérissé. J’en suis en barbarisme, qu’aujourd’hui rien ne me va. Mon horizon est une plate-forme de peaux de bananes, de désillusion, d’amertume, et d’un fléchissement.

En effet, je t’écris, après ma disparition involontaire, très chère, de mon modeste appartement luxueux de trois cents mètres carrés. Et pourtant, je suis dans un état larmoyant, du corps à l’âme. Ce coquin de vagabond vient de m’embaucher comme porte-bonheur et le pire… ça fonctionne. A le bougre. Je suis pris au piège entre contrat exclusif et de bouledogues du style Pulp Fiction.

Mon restant de vie est dans votre cœur. J’aurais voulu vous adorer mille fois par addition d’amour. Je reste votre époux aimant et désorienté. Aime-moi encore…

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

Ça brûle maman

Blog popinsetcris contrainte écriture.


Je ne crains pas la forêt, sauf, il faut l’avouer, le bleu de la vaste étendue de futaie des Trois Cercles des Éperviers. Je vais toujours accompagner de mon… doudou. Je sais c’est bête, mais c’est mon talisman et on ne rigole pas. J’ai cinquante ans d’âge, l’air oxyde, le caractère placide, la volonté d’acide, mais j’ai mes faiblesses comme mon animal de compagnie, le Lipomel, un genre de croisement entre le corps d’un renard et d’une tête de bélier. Efficace à la chasse, audacieux devant la difficulté, obéissance de premier choix, ce n’est pas un genre Mario. Non, non, c’est du sérieux cet animal-là, mais il y a du tendre en lui, c’est aussi sa faiblesse.

Et il n’est pas comme nous tous, il n’a pas peur du feu et maman nous le dit et redit sous tous les tons, le feu ça brûle. Il y a aussi un autre feu qui incendie, et pour nous consoler, mes frères et sœurs, quand nous étions à cet âge des amourettes, elle nous promettait un superbe crayon fabriqué par le magicien de cette fameuse forêt de TCE (Trois Cercles des Éperviers) mais que jamais nous n’avons eu.

Et c’est bien en ce jour que je vais m’y aventurer, pour me le procurer, car il guérit les brûlures. Mais au moment de partir, maman m’apporte mon bonbon préféré : la frise de fraises confites. J’en raffole tellement que rien ne compte que ça. Je suis un fada de cette confiserie. Je suis carrément damné. Je remets, une nouvelle fois, à un autre jour ma recherche du crayon guérisseur des brûlures du… cœur.

Les mamans sont parfois étrangement possessives.

© Max-Louis MARCETTEAU 2018

L’enfant dépossédé de ses rêves. Chapitre 3/5

Oeuvre de Dik Ket

Oeuvre de Dik Ket

— C’est toi l’arbre qui me parle ?
— Oui mon garçon.
— Tu m’as fait peur.
— Et à moi donc !
— Comment aurais-tu peur, tu n’es que végétal.
— Mais je suis vivant.
— Vivant et parlant. Je rêve.
— Rêve ou réalité, qu’importe, tu viens de franchir mon territoire.
— Territoire ? Qu’est-ce ?
— Une parcelle de terre, un espace privé, une onde éprise de vie pour moi et dont la terre que j’aime ne peut être foulé par un inconnu.
— Je ne suis pas un inconnu. Je suis celui qui est né sur cette terre.
— Pas celle-ci. J’en suis certain.
— Et pourtant, l’arbre, je suis ta sève.
— Tu me chantes un drôle de couplet, gamin.
— Je suis en vérité l’enchanteur de cette terre et d’un mot, je te transforme en bipède galopant dans la steppe.

Et aussi étrange que cela puisse paraître, l’arbre se métamorphose en un genre de farceur qui me rit béatement au nez.

— Fichtre et mille rameaux d’automne, me voici dans un drôle de déguisement.
— Et moi, étonné de mon pouvoir. Je crois que j’ai été ensorcelé un instant et me voilà à tes côtés avec désarroi.
— Tu es celui qui devait accomplir ma renaissance et pour te remercier voici le bâton à la crosse recourbée et presque tranchante, pour te guider dans ce territoire.
— Merci à toi.

Il disparaît à ma droite et je prends à main gauche. Hasard du chemin, hasard des rencontres, je ressens en moi un changement. Je franchis des rivières, des ponts d’arbres, des entre falaises, le soir se prend à aimer le jour qui va s’étendre dans le drap les huit heures à venir.

Je vais par une deuxième nuit dormir en compagnie de l’étrange, de l’insolite, du saugrenu, et surtout de l’inattendu. À mon réveil dans le creux d’un arbre couché comme un cercueil, je ne retiens rien et la faim me tenaille comme une pince qui a la dent dure. Je n’ai pas suivi de stage de survie. Et je reste sur ma faim à défaut de m’empoisonner ou l’inverse. Je suis à jeun, je suis la fatigue, je suis ce tout d’enfant et ce rien de vie dans un monde mystérieux, ignoré, inaccessible.

Je reprends mon chemin qui n’est plus d’azur depuis longtemps et j’empreins des traces plus ou moins marquées qui m’amène sur un lopin marécageux. Je reste immobile. Enraciné par la peur. Mains jointes entre mon bâton, j’attends. Mais quoi attendre ? La non vie ? L’enfant que je suis commence à pleurer, et l’adulte qui sommeille en moi se prend à trembler. J’ouvre les yeux de l’angoisse et des rires ironiques de ma cervelle embrumée crispe mon ventre torturé par une faim qui n’a pas de nom.

(à suivre…)

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

L’enfant dépossédé de ses rêves. Chapitre 1/5

Barbara, du blog lireditelle, a proposé à ses élèves (6ᵉ) d’écrire un conte avec la … Bnf (Voir ICI et ICI). J’ai donc, moi aussi, relevé le défi … dans une certaine mesure, et avec un retard certain.

 


Le soleil a tiré le rideau depuis longtemps. Je fais de même, bien après lui. La bougie à bout de souffle, s’éteint. Demain, je pars. Demain, j’ouvre un nouvel horizon. Demain sera différent. C’est dit. Demain, est au bout de mes doigts. Je respire déjà demain, le Grand Loup Garou ne viendra pas cette nuit me pincer le ventre. Non. Et à la première heure, je prends mon baluchon qui m’attend impatient, lui aussi de quitter cet endroit dont je suis l’esclave enfant. Le portefaix.

J’ai quelques larmes, là, sous ma couverture. Je suis l’enfant dépossédé de ses rêves. Je suis l’enfant trop grand, trop lucide, trop du trop de cette réalité qui me mord entre chair et cœur.

J’ai quelques larmes, là, sur mes joues. Je suis l’enfant entre désir de vivre encore et celui d’arrêter de respirer. Je suis l’enfant entre papa et maman, qui n’existe plus.

Mon sommeil n’est pas mon sommeil. Je me perds dans les méandres du clair-obscur.

Et déjà le temps du matin bonheur arrive. Le coq chante quand la nuit, enfin, déchante. Je me lève en des craquements furtifs, griffures sèches dans ce tableau gris de mon nouveau départ.

Je ne veux pas avoir ce dernier regard sur ce déjà passé envahissant. Je prends mon baluchon. Je me dirige vers la lucarne. Je voudrais m’envoler. Mais qui suis-je pour demander un tel vœu ? Je n’ai que mes petits bras, mes petites jambes et mon petit cœur qui devient de minutes en minute de plus en plus gros. J’ouvre cet hublot et enjambe la liberté. Je ne pense pas me noyer. Non, je suis dans ce moment d’inconscience consciente automatique. L’instinct de survie.

Le ciel impose ses premières couleurs orangées taffetas prismatique. Je descends lentement par le cordage improvisé d’une liane et pose pour la première fois le pied sur la chaussée de terre, empreinte de mes anciennes douleurs. Je souris. Le village est encore sous la couverture des rêves.

Je cours comme un ralenti qui ne dit pas son nom. Seul le silence de mon souffle s’oppose au silence presque offusqué de le déranger à cette heure matinale. Et je cours, cours, cours, cours de plus en plus … lentement. De la route de terre noire empierrée par endroit aux nids-de-poule égarés, le premier jour dépose ses lumières, sa fraîcheur, sa naissance, son avenir.

Je m’arrête au bord du ruisseau que je crois être des Trois Galets. J’ai chaud, trop chaud. Je ne suis pas habitué au grand air, à courir dans les champs et les bois. Non, je suis asservi aux tâches domestiques tous les jours, sans répit, sans récompense dans une royale demeure.

Agenouillé, je bois de son eau, de sa vie, de son sang entre mes mains recroquevillées possédées de gratter sol et ciel, enfin, la liberté, je la ressens. Et là, je tourne la tête d’un quart et mes yeux en coin : un papillon vient se poser sur mon épaule. Aussi étrange que cela puisse paraître, il pèse fortement. Ma chair se froisse, frissonne. Il a l’envergure d’un moineau.

Je me redresse, lentement, aussi lentement que la liberté me l’autorise : ce papillon. Et il me parle ! Le papillon me parle, dans le creux de mon oreille gauche, je l’entends. Sa voix est suave. Cette réalité m’enchante ou suis-je enchanté par l’eau de ce ruisseau ?

Prends le premier galet à tes pieds et lis à la première ondée son appel. Et ne prononce jamais le mot : blanc, jusqu’à ton arrivée à destination.

Me voilà à présent debout, et le voilà qui s’envole, l’air d’avoir tout dit, de s’être approprié une part de moi. Et je rage, intérieurement. La liberté ne m’est pas acquise. Non ! Je quitte une geôle pour une autre chaîne. Je rage et les larmes sombres noircissent mes mains, mon premier jour éveillé. Et puis, je respire l’amertume de mon premier Soleil, une simple ombre plus brillante que les autres.

(à suivre …)

©Max-Louis MARCETTEAU 2017

Chat ? Une souris ?

Tom et Jerry - The Yankee Doodle Mouse - May 1943

Tom et Jerry – The Yankee Doodle Mouse – May 1943

Dans un lointain passé, une souris blanche était chat.

Étrange transformation, née d’une surpopulation,

En l’an vingt-quatre mille de la lunaison des BQVA

Tribu SouriceauX du continent des neuf Tentations !

Ce doux peuple aux mœurs agréables, fromageaient

De l’aube au crépuscule sur les territoires moelleux,

Des Tentations Crémières qui d’une initiation offraient

Le gîte et le couvert, pour trois lunaisons, au mieux !

Entre temps, nos SouriceauX copulaient à la seule

Raison qu’une soirée d’amour n’a jamais eu d’égale

A une querelle et que les combats étaient linceuls

A toutes rencontres c’est-à-dire une peine capitale !

Cependant, les naissances nombreuses envahissaient

Ce garde manger, royal endroit, étonnant capital,

Qui s’épuisait à une allure inquiétante et paniquait

De ne pouvoir vivre de sa tranquillité immémoriale !

Les Tentations Crémières consultèrent la Tentation

Des Contes gruyères qui avait inventé Le Trou-Souris

Piège qui étouffait sa proie en se resserrant à l’action

Des contorsions de l’animal, à sa respiration d’appétit !

De Tentation en Tentation aucune des neuf était

En mesure de satisfaire leurs véritable souhait : réduire

L’effectif des SouriceauX ! Par une nuit Lunaire le trajet

D’une idée s’éclaira d’une créature aux crocs à bénir !

Ils sacrifièrent un SouriceauX en un Chat pour déguster

Les siens en complicité avec son odeur ce qui évita

Un temps la méfiance de ceux-ci, et ramenèrent le degré

De population de souris à la baisse par ce Golgotha !

Aujourd’hui, les Chats sont les prédateurs des souris !

Voilà comment naît le début d’une chaîne alimentaire

Par une inconvenance à se reproduire dans l’infini,

Ce que la Nature ne sait pas admettre, toute fière !

©Max-Louis MARCETTEAU